Découvertes pour la vie

Les visages de la recherche en santé

Bienvenue au livre hommage à la recherche en santé des IRSC, où vous trouverez des récits sur la recherche qui change des vies, menée ici même au Canada, livrés par des chercheurs et des patients dans leurs propres mots.

Apprenez des chercheurs eux-mêmes pourquoi ils font carrière dans le domaine de la santé, quels problèmes de santé ils essaient de résoudre et quelles connaissances nouvelles ils créent.

Vous pourrez aussi lire les histoires de patients qui ont participé à la recherche en santé ou qui ont été touchés par elle. Bon nombre de ces profils font partie du livre hommage des IRSC pour le 150e anniversaire du Canada et sont identifiés par le logo Canada 150.

Consultez cette page Web régulièrement, de nouveaux récits étant constamment ajoutés.


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Une sortie de l’hôpital mieux planifiée pourrait améliorer le sort des enfants ayant survécu à une sepsie dans les pays à revenu faible ou intermédiaire

Dr Matthew Wiens
Université de la Colombie-Britannique

Le nombre d’enfants mourant d’une sepsie après avoir été admis à l’hôpital est le même que ceux ayant reçu leur congé. Ce problème mondial est particulièrement flagrant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, puisque les enfants dans ces milieux socioéconomiques défavorisés ont accès à un nombre restreint de ressources de leur système de santé engorgé et fragile.

Les décès constatés à la sortie de l’hôpital ont tendance à être ignorés malgré la Déclaration du millénaire de l’Organisation des Nations unies. Bien qu’une diminution considérable de la mortalité infantile ait été observée, environ 18 000 décès de causes évitables surviennent encore chaque jour, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Le Dr Matthew Wiens étudie les conséquences de sorties de l’hôpital mieux planifiées comme un outil de santé publique de précision pour aider les enfants vulnérables souffrant de sepsie. Le taux de mortalité infantile pourrait être réduit en mettant l’accent sur des interventions et la planification coordonnée de la sortie des patients, conjointement avec un meilleur dépistage de l’infection, des pratiques de réduction des risques et un suivi régulier précoce. Ces mesures aideraient les hôpitaux et les représentants des centres de santé à améliorer les processus de sortie du patient de l’hôpital.

Par exemple, un programme d’aiguillage communautaire en Ouganda a permis de démontrer qu’un meilleur système de sorties de l’hôpital double le taux de réadmissions et réduit ainsi le taux de mortalité. Traiter de ces enjeux partout dans le monde aidera les autres communautés à réduire la mortalité infantile associée à la maladie.

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Twitter: @Matthew_Wiens, @BCCHresearch

Parlons-en ! Les questions toujours sans réponse sur les maladies inflammatoires de l’intestin chez l’enfant

Les 10 priorités de recherche qu’ont en commun les patients, les soignants et les cliniciens dans le domaine des maladies inflammatoires de l’intestin chez l’enfant

Dr Anthony Otley
Université Dalhousie

Au Canada, le taux des maladies inflammatoires de l’intestin (MII) est l’un des plus élevés dans le monde, et le nombre d’enfants et d’adolescents touchés ne fait qu’augmenter chaque année.

Un partenariat pour l’établissement des priorités a permis de recueillir des témoignages de patients, de soignants et de cliniciens d’un bout à l’autre du le Canada qui sont touchés de près ou de loin par les MII, et de dresser la liste des 10 principales questions sans réponse sur les causes et la prise en charge de ces maladies. Pour faire connaître cette liste, une vidéo facilement accessible en ligne a été créée en anglais et en français. La diffusion publique de cette vidéo pourrait augmenter la probabilité que les chercheurs sur les MII chez l’enfant se concentrent davantage sur les domaines identifiés comme étant des priorités communes.

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Twitter: @mirapeds, @IMAGINE_SPOR, #CIDSCANN

La vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse en protègerait les bébés à naître

Dr Bahaa Abu-Raya
Université de la Colombie-Britannique

Les nourrissons courent un grand risque de développer une forme grave de coqueluche (ou « toux coquelucheuse ») dans les premières semaines suivant leur naissance. Dr Abu-Raya, pédiatre et infectiologue pédiatrique, a prodigué des soins cliniques à des nouveau-nés souffrant d’une forme grave de coqueluche. Cette expérience médicale l’a incité à mener une étude visant à élaborer et à mettre en œuvre de nouvelles stratégies d’immunisation chez les femmes enceintes.

Les recherches du Dr Abu-Raya ont permis d’établir les principes fondamentaux des recommandations canadiennes sur la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse. Elles ont aussi été intégrées aux recommandations internationales afin de mieux définir les stratégies idéales pour la prévention de la coqueluche chez les femmes enceintes. Le Dr Abu-Raya a reçu le prix des jeunes chercheurs 2019 de la Société européenne des maladies infectieuses pédiatriques. Ce boursier Vanier mène aussi une recherche translationnelle sur la réponse immunitaire à la suite de la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse. Les résultats de cette recherche permettraient de mieux guider les responsables des politiques de santé publique dans leurs décisions.

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Petite conversation!

Améliorer l’impact réel des services d’orthophonie sur les enfants qui tardent à parler

Mme Elaine Kwok
Université Western Ontario

En Ontario, les enfants d’âge préscolaire qui tardent à parler et leurs familles peuvent obtenir un soutien gratuit dans le cadre d’un programme provincial. Les orthophonistes de ce programme fournissent des services pour aider les enfants d’âge préscolaire à devenir de meilleurs communicateurs en utilisant de nouveaux sons, en comprenant de nouveaux mots, en devenant plus confiants lorsqu’ils communiquent et en les incluant dans des activités à la maison et dans la communauté. Une grande partie de nos recherches actuelles ont porté sur le nombre de nouveaux sons et mots que les enfants peuvent utiliser après le traitement, mais elles ont négligé d’autres changements réels tels que la confiance en soi et la participation aux activités quotidiennes.

Dans le cadre de mon projet de doctorat, je collabore avec des services d’orthophonie en Ontario pour suivre toute la croissance des enfants d’âge préscolaire qui reçoivent des services pour un retard de la parole et du langage. En examinant les changements survenus chez les enfants pendant la thérapie, nous comprendrons mieux les différentes manières dont les services actuels peuvent aider les enfants à se développer. Nous interrogeons également les parents et les orthophonistes pour trouver des moyens d’améliorer les services actuels. Ces résultats garantiront que les futurs services d’orthophonie aident les enfants à développer non seulement de meilleures compétences en langage et parole, mais également une meilleure capacité de participer à la vie quotidienne par la communication.

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Twitter: @ElaineYLKwok, @ASLDlab, @WesternU

Un paradoxe respiratoire

Étude de l’impact de l’exposition aux endotoxines de poussière domestique sur le développement de la respiration sifflante et de l’atopie chez les enfants canadiens

Mme Laura Wang, Dr Tim Takaro, Mme Jaclyn Parks
Université Simon-Fraser

À l’heure actuelle, l’asthme est la principale cause d’hospitalisation chez les enfants au Canada. Dans la littérature, il existe un paradoxe concernant les effets de l’exposition aux endotoxines pendant l’enfance sur le développement de la respiration sifflante, de l’atopie et de l’asthme. D’un côté, certaines recherches semblent indiquer que l’exposition aux endotoxines peut exacerber les symptômes de respiration sifflante et d’atopie en provoquant une inflammation et une hypersensibilité dans les voies nasales et les voies respiratoires. À l’inverse, d’autres études concluent que l’exposition précoce peut contribuer à prévenir le développement de la respiration sifflante et de l’atopie en entraînant le système immunitaire à réduire les symptômes d’hyperréactivité.

À l’aide des données de l’étude de cohorte CHILD, des tests de signification et une analyse de régression logistique ajustée ont été effectués. Nos recherches contribueront à dégager un consensus sur les effets des endotoxines sur la respiration sifflante et l’atopie, précurseurs habituels du développement de l’asthme. En identifiant en outre les expositions nocives et bénéfiques, nous pouvons réduire l’apparition et les effets de maladies chroniques infantiles telles que l’asthme, et offrir des possibilités de prévention aux parents.

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Twitter : @SFU_FHS, @CHILDSTUDY

Étude Pathways in ASD – le récit d’une famille

Une équipe nationale multidisciplinaire mène une étude sur des enfants autistes canadiens et leur famille pour aider à la création de politiques et de pratiques axées sur le patient

Dr Peter Szatmari
Chef, Programme de collaboration en santé mentale des enfants et des adolescents
Hospital for Sick Children et Centre de toxicomanie et de santé mentale
Professeur et chef de la division de la santé mentale des enfants et des adolescents de l’Université de Toronto

L’étude appelée Pathways in Autism Spectrum Disorder (ASD) est l’étude longitudinale la plus vaste et la plus approfondie au monde portant sur les enfants ayant un TSA (trouble du spectre de l’autisme). Notre recherche se fonde sur la conviction que, pour créer des interventions efficaces et fondées sur des données probantes visant les personnes ayant un TSA, nous devons cerner et décrire leurs trajectoires développementales afin de savoir comment et quand intervenir. Il y a quatorze ans, les chercheurs de Pathways ont recruté plus de 400 enfants ayant reçu un diagnostic de TSA dans cinq régions du Canada. Aujourd’hui, nos chercheurs continuent à les étudier en tant que jeunes adultes.

Ayant à cœur le concept de recherche axée sur le patient, nous avons réalisé une vidéo sur tableau blanc qui offre un point de vue sur l’étude de la part d’une famille participante (composite). Dans la vidéo, des parents abordent leur réaction au diagnostic de TSA reçu par leur fils, leur décision de participer à l’étude et leurs espoirs à l’égard de leur fils et des résultats de l’étude. Cette vidéo montre que la recherche scientifique et l’empathie pour les familles peuvent coexister d’une façon avantageuse pour les deux parties, et exprime notre gratitude envers les familles pour leur participation à l’étude.

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Twitter : @PathwaysASD
Courriel : peter.szatmari@camh.ca; chalum@mcmaster.ca

Prévenir les naissances prématurées et leurs conséquences

Chercher des façons de prévenir la principale cause de mortalité infantile et de morbidité à l’échelle mondiale

Dre Sarah McDonald
Université McMaster

Les naissances prématurées (avant 37 semaines) sont la principale cause de mortalité infantile et de morbidité à l’échelle mondiale. Au Canada, près des deux tiers des décès de nourrissons peuvent être attribués à une naissance avant terme. En tant qu’obstétricienne et chercheuse spécialisée dans les grossesses à haut risque, j’ai vu de mes yeux l’impact que les naissances prématurées et leurs conséquences ont sur les bébés, leurs parents et leurs proches. Ces bébés et leur famille nous motivent, mon équipe et moi, à chercher à prévenir les naissances prématurées ainsi qu’à trouver des moyens d’en atténuer les conséquences.

À l’aide d’un financement reçu des IRSC, mon équipe a découvert que la progestérone administrée par voie vaginale réduit le taux de naissances prématurées et de mortalité néonatale de 50 %. Ces travaux ont reçu une reconnaissance nationale et internationale, et guideront l’élaboration de nouvelles recommandations pour la pratique clinique sur le recours à la progestérone. Nous nous employons actuellement à trouver des moyens de prévenir d’autres complications résultant des naissances prématurées, par exemple le recours prénatal aux corticostéroïdes, le clampage différé du cordon ombilical et le mode d’accouchement. De plus, nous collaborons avec les parents pour faire en sorte de répondre à leurs questions clairement et utilement.

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Twitter : @DrSDMcDonald

Comment va la santé des garçons?

Comment les praticiens peuvent aider les victimes de sexe masculin à éviter les problèmes de santé mentale

Dre Christine Wekerle
Université McMaster

L’idée selon laquelle les garçons ne sont pas des victimes, ou qu’ils peuvent surmonter n’importe quelle situation en jouant les « durs à cuire », est un mythe. Pourtant, on demande régulièrement aux garçons et aux jeunes hommes de prendre des initiatives, d’être à la hauteur et de ne montrer ni faiblesse ni vulnérabilité. Mais qu’arrive-t-il si un garçon subit des sévices sexuels? Les praticiens des soins de santé savent-ils vraiment comment agir en faveur de la santé masculine en cas de traumatisme de nature sexuelle?

Un réseau de chercheurs canadiens dans le domaine des traumatismes, CIHRTeamSV, a découvert que les hommes ayant subi des sévices sexuels pendant leur enfance sont plus de quatre fois plus susceptibles de faire une tentative de suicide. En outre, à l’adolescence, ils peuvent présenter des risques accrus pour leur santé sexuelle, des symptômes de traumatisme ou une attitude agressive. Ces hommes sont également plus susceptibles que les victimes de sexe féminin d’être hospitalisés pour des problèmes de santé mentale. Notre recherche aborde ce fossé entre les besoins existants et l’aide à la disposition des victimes de sexe masculin de deux façons principales : 1) en faisant mieux connaître les lacunes existantes en matière de services qui tiennent compte des traumatismes subis; 2) en améliorant les pratiques relatives aux programmes de résilience. Actuellement, il n’existe aucune intervention sexospécifique, et les thérapeutes qui traitent les traumatismes n’abordent pas l’impact des sévices sexuels subis dans l’enfance sur le plan de l’identité de genre. Notre équipe a élaboré une approche fondée sur la technologie visant à offrir des programmes de résilience qui tiennent compte des traumatismes subis; une approche facile à employer et à se procurer, et qui permet d’éviter les préjugés liés à la « maladie mentale ».

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Ocytocine et maternité

De l’allaitement à l’attachement

Dre Phyllis Zelkowitz
Institut Lady Davis de recherches médicales et Université McGill

Jusqu’à 20 % des femmes enceintes connaissent des problèmes de santé mentale durant la grossesse et après la naissance. Ces problèmes affectent non seulement la mère, mais aussi le fœtus en développement et l’enfant. Afin de mieux comprendre les effets de la maladie mentale chez la mère sur la relation mère-enfant et le développement du nourrisson, il est essentiel d’intégrer des facteurs neurobiologiques, psychologiques et environnementaux.

L’équipe de recherche en santé mentale périnatale des IRSC a choisi d’étudier une hormone appelée ocytocine en raison du rôle qu’elle joue dans de nombreux aspects de la transition vers la maternité, dont le travail et l’accouchement, l’allaitement et l’interaction mère-enfant. Plus précisément, nous nous sommes demandé si cette hormone est liée aux symptômes de dépression et d’anxiété vécus par les mères, ainsi qu’à leur comportement envers leur enfant. Notre approche innovatrice incorporait des facteurs cognitifs de nature biologique, psychologique et sociale en rapport avec la santé mentale des mères, leur comportement maternel lors de leurs interactions avec leur enfant, ainsi que leurs relations humaines. Nos conclusions proposent de nouvelles connaissances sur les façons dont l’ocytocine atténue les effets du stress sur les nouvelles mères, a une incidence sur leurs humeurs et leurs comportements, et influence leur capacité à déchiffrer les signaux donnés par le bébé. Ces connaissances nous aideront à élaborer des stratégies d’intervention préventive qui seront utiles aux mères et aux nourrissons.

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Choisir l’intervention chirurgicale optimale pour la perte de poids du patient

RÉMISSION vise à étudier les déterminants du rétablissement métabolique à la suite des trois opérations les plus couramment pratiquées pour la perte de poids.

Dr André Tchernof
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et École de nutrition, Université Laval

La chirurgie bariatrique est maintenant reconnue comme le seul traitement ayant de bons résultats à long terme sur l’obésité grave, avec plus de 350 000 opérations réalisées partout dans le monde chaque année. Pourtant, il n’y a jamais eu d’étude clinique pour comparer dument les effets à long terme des approches chirurgicales actuelles sur les maladies métaboliques, comme le diabète de type 2. Notre équipe étudie les déterminants du rétablissement métabolique à la suite des interventions chirurgicales pratiquées pour la perte de poids, comme la gastrectomie longitudinale, le pontage gastrique et la dérivation avec switch duodénal chez l’humain et dans les modèles animaux pertinents. Issu d’une longue expérience clinique de la chirurgie bariatrique, notre projet a débuté en 2015 et vise trois grands axes de recherche : 1) métabolisme, 2) microbiote intestinal et 3) interactions intestin-cerveau. Le programme s’appuie sur deux composantes fondamentales qui fournissent respectivement : 1) des données cliniques et des échantillons des patients subissant des interventions chirurgicales bariatriques et 2) des modèles animaux pour obtenir des renseignements sur les effets mécanistes des interventions chirurgicales. RÉMISSION est l’acronyme de « Reaching Enduring Metabolic Improvements by Selecting Surgical Interventions in Obese iNdividuals » (Obtention d’améliorations métaboliques durables par la sélection des interventions chirurgicales destinées aux personnes obèses). L’équipe de recherche réunit des chercheurs du Canada œuvrant dans trois provinces et huit universités ou centres, de même que des collaborateurs aux États-Unis et en Europe. L’équipe de coordination clinique est formée de Mélanie Nadeau (M.Sc.), de Suzy Laroche (IP) et de Mélissa Pelletier (M.Sc.).

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Transition dans les soins aux adultes atteints de douleur chronique

Combler les lacunes entre les soins de première ligne et les services interprofessionnels de traitement de la douleur chronique

M. Kyle Vader
Université Queen’s

En tant que physiothérapeute œuvrant dans une clinique interprofessionnelle spécialisée en douleur chronique, j’ai pu constater de mes propres yeux les difficultés auxquelles font face les patients pour avoir accès à un traitement complet de la douleur. C’est ce qui m’a motivé à améliorer mes compétences en recherche et à poursuivre des études de doctorat en sciences de la réadaptation à l’Université Queen’s, sous la supervision du Dr Jordan Miller.

La douleur chronique touche environ un adulte sur cinq et constitue l’un des principaux facteurs contribuant aux années vécues avec une incapacité, aux coûts élevés des soins de santé et à la perte de productivité au travail. Les adultes atteints de douleur chronique font couramment état d’une prise en charge sous-optimale en soins de première ligne, ce qui fait qu’ils sont parfois dirigés vers des services interprofessionnels de prise en charge de la douleur chronique. Bien qu’on ait démontré l’efficacité et la rentabilité de cette approche, l’expérience des adultes qui ont reçu de tels services révèle l’existence de problèmes, tant pour les patients que pour les fournisseurs de soins.

Soutenue par une bourse d’études supérieures du Canada Frederick-Banting et Charles-Best des IRSC, ma recherche doctorale vise à comprendre et à décrire les transitions entre les soins de première ligne et les services interprofessionnels de traitement de la douleur chronique. Cette recherche a pour but de combler les lacunes et de promouvoir une prise en charge efficace de la douleur chronique dans le continuum des soins.

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Le jeûne, une solution contre l’obésité?

Analyse des mécanismes neuronaux, moléculaires et transcriptionnels de l’activité et de la production de la leptine

Dr Alexandre Caron
Southwestern Medical Center de l’Université du Texas, Département de médecine interne, Division de la recherche hypothalamique

La leptine, qui tire son nom du mot grec leptos (mince), est une hormone produite par les cellules adipeuses qui réduit l’appétit. Plus la quantité de tissu adipeux dans le corps est grande, plus la sécrétion de leptine est importante. À l’inverse, le jeûne cause une chute du taux de leptine, ce qui provoque l’envoi de signaux de famine au cerveau pour l’encourager à manger. Il semble donc qu’un taux élevé de leptine, comme on peut le voir dans les cas d’obésité, ne constitue pas un signal métabolique critique. En effet, ce serait plutôt la chute du taux de leptine pendant le jeûne qui serait la clé dans les adaptations métaboliques. Cette idée a un certain mérite sur le plan de l’évolution, puisque l’obésité n’est pas aussi dangereuse que la famine.

Mes recherches portent sur d’importantes questions au sujet du fonctionnement de la leptine : pourquoi le taux de leptine chute-t-il en période de jeûne? Qu’est-ce qui régule la production de leptine par les cellules adipeuses? Comment la leptine régule-t-elle l’appétit? Pour répondre à ces questions, j’utilise une approche multidisciplinaire qui conjugue outils de génie génétique et outils de neurosciences modernes. Mes conclusions pourraient permettre d’établir de nouvelles cibles pour la mise au point de traitements contre l’obésité et le diabète.

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Prévention de l’agression sexuelle (AS) chez l’enfant

Qu’en est-il des garçons? Comment les données probantes nous guident elles?

Dre Christine Wekerle
Université McMaster

La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant garantit les droits des jeunes en matière de protection de la jeunesse, notant en particulier que l’exploitation et les agressions sexuelles constituent des risques importants pour un développement sain. La recherche montre que les sévices psychologiques causés par l’AS ne sont pas bien reconnus et qu’ils ont des répercussions sur l’identité de genre, les relations intimes et la santé, en plus de créer un risque de violence sexuelle. En 2018, le taux d’incidence de la violence sexuelle dans les fréquentations chez les adolescents était de 20 % chez les filles et de près de 6 % chez les garçons. Cette exploitation sexuelle des garçons a été le fait d’hommes et de femmes adultes, et cette victimisation accroît le risque de problèmes d’agression, de toxicomanie, d’automutilation et de maladies transmises sexuellement.

La pratique tenant compte des traumatismes est une étape clé vers la création d’environnements sécuritaires sur les plans physique et psychologique qui permettent aux garçons d’acquérir des compétences pour des relations sociales sûres. Il s’agit là d’un élément crucial, car l’AS laisse prévoir que les victimes utiliseront la sexualité pour faire face à leurs émotions, d’où une probabilité accrue de pratiques sexuelles à risque. De plus, des relations de soutien à long terme sont essentielles pour agir contre les faibles taux de divulgation de l’AS chez les garçons et les taux élevés de problèmes de santé physique et d’hospitalisations chez eux. Au nombre des stratégies pratiques pour renforcer la résilience figurent l’augmentation de la positivité et de saines façons d’établir des relations. En tant que praticiens, nous devons changer notre mentalité et demander non pas « Qu’est ce qui ne va pas chez toi », mais plutôt « Qu’est-ce qui t’est arrivé? Et comment puis-je t’aider? » Nous pourrons ainsi passer de trajectoires influencées par la conscience du traumatisme à des trajectoires d’habilitation par le traumatisme pour les garçons.

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Au jeu, au lit, au repos!

Diffusion des Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour la petite enfance (de 0 à 4 ans)

Mme Negin Riazi, Dre Erica Lau, Dr Guy Faulkner
Université de la Colombie-Britannique

Publiées en novembre 2017, les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour la petite enfance reconnaissent l’intégration naturelle et intuitive de l’activité physique tout au long de la journée. Nous avons mené des recherches formatives sur la perspective des intervenants quant à ces directives, aux messagers potentiels et aux méthodes de diffusion. Conclusion? Les garderies représentent un milieu clé pour faire connaître les directives, les fournisseurs de services de garde sont des messagers importants, et les médias sociaux sont la voie de communication à privilégier. Toutefois, malgré l’approbation et le soutien continuellement exprimés par les intervenants, nous avons décelé un besoin crucial de faire traduire les directives et de les diffuser dans un format qui soit créatif, stimulant et facilement accessible par un large public.

Un dessin animé a été créé au sujet des directives pour résumer et présenter les recommandations en matière d'activité physique, de sommeil et de sédentarité pour trois groupes d'âge (nourrissons, tout-petits et enfants d'âge préscolaire). La vidéo décrit aussi les bienfaits mentaux, physiques, sociaux et émotionnels de ces recommandations. Elle vise à faire connaître les directives ainsi que les avantages de les respecter, et à inciter l'auditoire à consulter d'autres ressources sur le site Web Crée ta journée idéale de ParticipACTION. Cette vidéo s'avère un outil d'application des connaissances essentiel à la diffusion des directives dans tout le Canada.

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Asphyxie du nouveau-né : des solutions pour une vie prospère

Le cerveau d’un bébé peut-il être réparé?

Dre Pia Wintermark
Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

Certains bébés souffrent d'asphyxie à la naissance, c'est-à-dire que leur cerveau et d'autres organes n'ont pas reçu suffisamment de sang ou d'oxygène. Cette affection représente 23 % des décès de bébés dans le monde et mène souvent à la paralysie cérébrale et à des problèmes d'apprentissage et de fonctionnement au quotidien. Dans les pays à revenu élevé, on a démontré que le refroidissement du corps entier pouvait prévenir les lésions cérébrales dans certains cas; or, de nombreux bébés subissent tout de même des lésions malgré ce traitement. Il n'existe actuellement aucun traitement pour réparer le cerveau de ces bébés.

C’est pourquoi nous étudions les mécanismes de réparation en jeu dans les lésions cérébrales des bébés ayant souffert d’asphyxie à la naissance et essayons de déterminer si le sildénafil (ViagraMD) pourrait réparer les lésions. Puisque le sildénafil est un médicament peu coûteux qui peut être administré par voie orale, on pourrait l’utiliser n’importe où dans le monde, y compris dans les pays où les outils de refroidissement du corps ne sont pas facilement accessibles et où la réparation des lésions est plus réalisable que leur prévention. L’accès à un traitement abordable et facile à administrer après la naissance pourrait améliorer le taux de survie, le développement précoce du cerveau et les résultats à long terme, permettant ainsi aux bébés de réaliser leur plein potentiel de développement. Ce projet est donc susceptible d’aider de nombreuses familles partout dans le monde qui sont aux prises avec les conséquences désastreuses de l’asphyxie.

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Twitter : @PiaWintermark

Une belle mort

Évaluation des éléments des soins palliatifs de qualité dans la collectivité

Dawn Guthrie
Université Wilfrid-Laurier

Tout le monde devrait pouvoir bénéficier de soins palliatifs de qualité en fin de vie. Nous sommes un peu au courant du type de soins palliatifs prodigués aux patients à l’hôpital, mais nous ne savons presque rien de la qualité de ceux que les gens reçoivent lorsqu’ils choisissent d’être soignés à domicile ou dans un centre communautaire.

Si nous voulons que nos proches reçoivent de bons soins en fin de vie, nous devons être mieux renseignés sur ceux qui leur sont offerts actuellement dans la collectivité, ce qui nous aidera à les améliorer.

Tout au long de ma carrière de chercheuse, je me suis concentrée sur l’analyse de vastes ensembles de données afin d’examiner l’interaction des personnes avec le système de soins de santé et les méthodes d’évaluation de ces derniers. 

Je travaille actuellement sur un important projet financé par les IRSC qui vise à cerner les indicateurs les plus utiles pour l’évaluation de la qualité des soins reçus. Nous collaborons avec des collègues d’universités canadiennes et étrangères, des organismes de soins et des gouvernements pour créer un ensemble d’indicateurs de qualité qui ont fait l’objet d’essais cliniques et qui peuvent être utilisés partout au pays pour mesurer la qualité des soins dans la collectivité.

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Vieillir autrement

Soutenir l’innovation technologique dans le secteur de la santé et du vieillissement

Josephine McMurray
Université Wilfrid-Laurier

Nombre de technologies fort prometteuses sont mises au point dans le but d’aider les aînés à conserver leur indépendance et à demeurer chez eux. On peut se demander si ces innovations sont bien conçues et si elles sont vraiment utilisées, et pourquoi tant d’entre elles ne mènent pas à de bons résultats.

Je travaille à l’intersection des affaires, de la technologie et des soins de santé. Mes recherches portent sur les rapports entre les enjeux commerciaux et stratégiques et le développement de nouvelles technologies visant à favoriser un vieillissement en santé.

Beaucoup d’innovateurs du secteur des technologies de la santé et du vieillissement sont incapables de comprendre le modèle d’affaires ou de prédire le degré d’adoption des nouvelles technologies. Je travaille sur plusieurs projets qui se penchent sur le milieu fertile de l’innovation dans ce domaine, les clés de la réussite commerciale et les manières dont celle-ci devrait être mesurée.

Je me concentre aussi sur les « grappes » régionales d’innovation en santé et d’entrepreneuriat qui réunissent des chercheurs et des fournisseurs de soins de santé avec l’industrie, les gouvernements et les intervenants locaux pour conceptualiser, élaborer et commercialiser ou adopter des technologies innovatrices liées à l’âge. Enfin, je dirige un groupe de recherche qui examine le rôle des femmes dans l’innovation et l’entrepreneuriat régionaux.

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Twitter : @AgeWell_DRIVE

S’épanouir ensemble!

Mieux connaître les programmes florissants de soutien par les pairs des communautés marginalisées

Simon Coulombe
Université Wilfrid-Laurier

Mes recherches en psychologie visent à mieux comprendre la notion de bien-être et à réduire les inégalités en santé mentale chez les communautés marginalisées, comme les personnes LGBTQ+, les nouveaux arrivants, les personnes présentant des incapacités mentales ou physiques et les occupants de logements sociaux. 

J’examine les nombreux facteurs susceptibles d’avoir une incidence sur la santé mentale, avec un intérêt particulier pour les rôles des services communautaires de santé mentale, et j’étudie l’impact des milieux de vie, d’étude et de travail.

Mon équipe travaille actuellement sur un projet financé par les IRSC (Thriving Together) visant à examiner des programmes florissants de soutien par les pairs en santé mentale au Canada. Avec un nombre croissant d’hôpitaux, de centres de traitement et d’organismes communautaires qui embauchent des pairs aidants formés (et parfois rémunérés), je cherche à déterminer quels éléments produisent les programmes les plus réussis. Ces travaux faciliteront la création et à la mise en place d’initiatives et de politiques de soutien par les pairs plus efficaces dans tout le pays.

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Un nouveau regard sur les enjeux LGBTQ

Déterminer les effets de l’exclusion sociale sur la santé et le bien-être des personnes LGBTQ

Robb Travers
Université Wilfrid-Laurier

Je m’intéresse depuis longtemps à la façon dont différentes formes d’exclusion sociale affectent la santé et le bien-être des minorités de genre et des minorités sexuelles – en particulier les communautés transgenres ainsi que les jeunes et les réfugiés LGBTQ.

Ma formation en psychologie communautaire et en santé publique m’a amené à participer, au cours des 15 dernières années, à des projets de recherche communautaire financés par les IRSC. Ces projets portent principalement sur les obstacles auxquels les jeunes LGB font face en matière d’accès à des services de traitement des dépendances et de refuge en Ontario; les problèmes vécus par les jeunes LGBTQ qui migrent à Toronto, y compris la vulnérabilité au VIH; les enjeux qui touchent les réfugiés LGBT au Canada, et la façon dont l’exclusion sociale influe sur la santé des personnes transgenres.

Plus récemment, j’ai été chercheur principal dans le cadre d’une étude sur la santé et le bien-être des personnes LGBTQ de la région de Waterloo. L’une des plus vastes en son genre au Canada jusqu’à présent, l’étude a permis de sonder des personnes de ce groupe sur des questions comme la sécurité communautaire, la discrimination, le soutien social et l’accès aux soins de santé. Elle visait à mettre le doigt sur le soutien et les services déjà offerts aux personnes LGBTQ de la région de Waterloo et sur ceux qui manquent, dans l’objectif de véritablement changer les politiques et les programmes locaux. 

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Formation de calculs rénaux chez l’enfant

Nouvel éclairage sur le métabolisme du calcium

Dr R. Todd Alexander
Université de l’Alberta

Près d’une personne sur dix produira un calcul rénal au cours de sa vie, et l’incidence de cette affection est en hausse constante, même chez l’enfant. La production d’urine trop riche en calcium constitue le principal facteur causal de la formation de calculs rénaux. Le Dr Alexander étudie donc les mécanismes de régulation de l’excrétion du calcium par la miction et les raisons d’une surproduction de calcium urinaire chez certaines personnes. Un des multiples modèles utilisés à son laboratoire s’est avéré particulièrement efficace pour comprendre l’excrétion du calcium urinaire : l’étude auprès d’enfants atteints d’une maladie rare perturbant l’équilibre calcique, traités en clinique pour des calculs rénaux. Ainsi, en plus de contribuer à expliquer l’origine des calculs rénaux chez l’enfant, ces travaux pourront être transposés aux adultes et améliorer les traitements pour toutes les personnes aux prises avec cette douloureuse affection.

Lire aussi :

Twitter : @todd2_todd

L’essai DIalysis Symptom COntrol-Restless Legs Syndrome (DISCO-RLS) (Contrôle des symptômes liés à la dialyse – syndrome des jambes sans repos)

Dr David Collister
Méthodologie de la recherche en santé à l'Université McMaster

Le Dr David Collister est un néphrologue inscrit au programme de doctorat en méthodologie de la recherche en santé à l'Université McMaster, sous la supervision du Dr Michael Walsh. Comme chercheur, le Dr Collister s'intéresse à la prise en charge des symptômes chez les patients atteints d'une maladie rénale, en particulier le syndrome des jambes sans repos (SJSR). 

Le SJSR est un trouble neurologique qui cause une envie irrésistible de bouger les jambes, particulièrement au cours de périodes d'inactivité. Cette envie disparaît avec le mouvement, ce qui n'est pas sans être problématique la nuit pour les personnes atteintes. Le SJSR touche environ 30 % des personnes aux prises avec une maladie rénale, chez qui il entraîne souvent une piètre qualité de vie. 

La recherche a montré que plusieurs types de médicaments sont efficaces pour traiter le SJSR en l'absence de maladie rénale, mais seules quelques études ont porté sur le traitement de ce syndrome chez les personnes atteintes d'une maladie rénale. Il s'agit d'un facteur important à considérer, car les médicaments peuvent agir différemment chez les personnes présentant une maladie rénale, du fait de leur fonction réduite. 

Le but de l'essai DISCO‑RLS est de vérifier si deux médicaments différents (gabapentine et ropinirole, seuls ou en combinaison), comparés à des placébos (des pilules dont l'aspect, l'odeur, le goût et la sensation qu'elles procurent sont les mêmes que les médicaments actifs), améliorent les symptômes du SJSR chez les patients dialysés.

Lectures complémentaires :

Les cellules pancréatiques productrices d’insuline pourraient théoriquement prévenir la maladie rénale diabétique

Dr Paraish Misra
Université de Toronto

Le diabète est causé par la perte ou le dysfonctionnement des cellules productrices d'insuline du pancréas, ce qui entraîne une glycémie élevée. Bien qu'il existe de nombreux traitements pour aider les patients à contrôler leur glycémie, aucun ne peut rétablir le contrôle précis que procure un pancréas en santé. Par suite d'une perturbation du contrôle glycémique, de nombreux patients développent des complications comme une maladie rénale. La maladie rénale diabétique est la cause la plus fréquente d'insuffisance rénale dans le monde.

J'ai commencé mes études en médecine à l'Université McGill et terminé ma formation en néphrologie à l'Université de Toronto. Mon intérêt pour la médecine régénérative m'a incité à me joindre aux laboratoires de la Dre Cristina Nostro, spécialiste de la biologie des cellules souches, et du Dr Darren Yuen, spécialiste de la maladie rénale diabétique. La Dre Nostro a mis au point un moyen d'utiliser des cellules humaines pour produire des cellules pancréatiques productrices d'insuline dans un récipient de laboratoire. Sous sa conduite, nous avons trouvé un moyen de produire ces cellules plus efficacement, dans le but ultime de les utiliser pour guérir le diabète. En collaboration avec le Dr Yuen, nous cherchons une méthode permettant d'intégrer ces cellules au système immunitaire humain en toute sécurité et nous tentons de déterminer si elles peuvent être utilisées pour prévenir la maladie rénale diabétique.

Lecture complémentaire

Un rêve d’innovation devient réalité

Mieux comprendre les mécanismes de réponse réparatrice dans les cas d’atteintes rénales chroniques et de cancer du rein pour améliorer le traitement et le diagnostic

Dr Casimiro Gerarduzzi
Université de Montréal et Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Mon ambition d'étudier les processus cellulaires intervenant dans la réparation d'atteintes chroniques (fibrose) et le cancer a pris naissance durant mon programme de doctorat à l'Université McGill. L'objectif de mon projet était de comprendre les mécanismes de signalisation des régulateurs homéostatiques de la réparation et du développement et de découvrir des applications thérapeutiques potentielles fondées sur la capacité cellulaire intrinsèque d'inhiber la fibrose et le cancer.

Durant mon stage postdoctoral à l'École de santé publique de l'Université Harvard, je me suis surtout intéressé à la survie cellulaire, puisque les signaux apoptotiques se dérèglent en cas de fibrose et de cancer. Mon idée était de réactiver le signal apoptotique des cellules vicieuses afin d'induire leur retrait par mort cellulaire et de faire disparaître le phénotype fibrotique ou oncogénique.

J'ai approfondi mon expérience postdoctorale à l'Hôpital Brigham and Women's/École de médecine de l'Université Harvard en me spécialisant en néphrologie, puisque le rein est un organe vital pouvant faire l'objet d'une surveillance non effractive grâce à son produit, l'urine. C'est alors que je suis devenu expert dans les techniques in vivo/in vitro qui sont nécessaires à l'étude de la fibrose rénale et des hypernéphromes.

Grâce à l'appui de KRESCENT, ma recherche m'a dernièrement amené à l'Université de Montréal, où je tente de prévenir les maladies rénales et possiblement de mettre au point des traitements novateurs qui amélioreront la santé des Canadiens atteints de ces maladies.

Lectures complémentaires :

À l’avant-garde de l’innovation dans les soins de santé et de la recherche sur la santé autochtone, l’hypoglycémie et les essais cliniques

Dr Stewart Harris
Professeur, École de médecine et de dentisterie Schulich à l’Université Western
Chercheur principal, Diabetes Alliance

Le Dr Harris et son équipe sont des chefs de file de la recherche sur la santé autochtone, l’hypoglycémie et les essais cliniques dans le contexte du diabète de type 2.

Au cours des deux dernières décennies, le Programme sur la santé autochtone du Dr Harris a permis de forger des partenariats authentiques avec plus de 30 communautés des Premières Nations de tout le pays. Dans le cadre d’interventions novatrices en amélioration de la qualité, le Dr Harris et son équipe travaillent directement avec ces communautés à la conception de solutions intégrant les connaissances autochtones pour améliorer le traitement des maladies chroniques et réduire les disparités en matière de santé.

Le Programme sur l’hypoglycémie du Dr Harris vise à mieux comprendre l’épidémiologie de l’hypoglycémie dans le monde réel. Par des enquêtes populationnelles inédites auprès de personnes souffrant de diabète, de leurs proches et de leurs fournisseurs de services de santé, le Dr Harris s’efforce d’approfondir notre compréhension de l’hypoglycémie et de sa prise en charge comme jamais auparavant.

Le Programme sur les essais cliniques du Dr Harris a contribué à plus de 30 essais cliniques lancés à l’initiative de chercheurs et financés par l’industrie pharmaceutique dans le domaine du diabète. Ce programme fournit une information de valeur inestimable au secteur médical pour mieux comprendre comment prévenir, diagnostiquer et gérer le diabète et ses complications.

Lecture complémentaire

Une perspective plus large sur le VIH

Réinitialiser le programme de recherche sur le VIH/sida auprès des communautés africaines, caribéennes, autochtones et noires au Canada

Ciann Wilson, Ph.D.
Université Wilfrid-Laurier

Beaucoup de gens, y compris des politiciens, parlent d'une ère post-VIH, mais ils ont tendance à voir surtout l’expérience des hommes gais de la classe moyenne et de race blanche. La réalité, c'est que les communautés autochtones et noires du Canada sont touchées de façon disproportionnée par le VIH/sida et que les taux de VIH continuent d’y augmenter.

Chez les Autochtones, par exemple, la consommation de drogues injectables est le principal mode de transmission du VIH, mais la recherche considère rarement la consommation de telles substances comme un mécanisme de survie face au traumatisme intergénérationnel.

Pour freiner adéquatement la transmission du VIH, nous devons acquérir une compréhension plus nuancée des cultures sexuelles, qui inclut les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues, les personnes trans ou non binaires, les travailleurs du sexe, et les habitants des communautés rurales ou éloignées.

Ma recherche financée par les IRSC – et par le Canadian Aboriginal AIDS Network – tient compte des réalités des communautés autochtones, noires, et mixtes noires-autochtones. Mon travail vise à faire connaître les réalités des personnes marginalisées, avec pour but en fin de compte d’améliorer leur santé et leur bien-être.

Lecture complémentaire

Twitter: @ciann_wilson

Les jeunes et les préjugés à l’égard du poids

Comment les vivent-ils?

Mme Alexa Ferdinands
Université de l’Alberta

Comme diététiste autorisée, j’ai travaillé avec de nombreux patients obèses. Ma formation et ma pratique m’ont amenée à analyser de quelle façon le discours dominant en santé publique sur les interventions contre l’obésité (p. ex. « manger moins, bouger plus ») peut conduire à un préjugé à l’égard du poids. Cela se produit quand les gens jugent les autres en raison de leur grosseur. Les enfants et les adolescents obèses font l’objet de préjugés dans presque tous les aspects de leur vie, préjugés qui peuvent se manifester de façon claire ou subtile, par exemple par l’intimidation et l’exclusion sociale. Pour les personnes qui les subissent, les préjugés à l’égard du poids ont de graves conséquences sur le plan de la santé et sur le plan social pendant toute leur vie.

Jusqu’ici, les stratégies de réduction des préjugés liés au poids ont surtout ciblé les attitudes et les croyances individuelles, négligeant les façons dont les facteurs structurels (p. ex. les médias, les politiques publiques) peuvent perpétuer ce problème dans la société. De plus, la recherche sur les préjugés à l’égard du poids a rarement considéré le point de vue des jeunes, qui peuvent être d’importants agents de changement. Bénéficiant d’une bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC, j’utilise pour ma recherche doctorale qualitative une approche participative auprès des jeunes qui ont un problème d’obésité pour comprendre comment ils composent avec ces préjugés au quotidien. Par l’approfondissement de notre connaissance de ce que sont les préjugés à l’égard du poids et de leur source, nous pourrons commencer à découvrir des cibles en vue d’un changement social. 

Lecture complémentaire

Twitter:@alexaferdinands

L’après-diarrhée

Comprendre le véritable impact des infections d’origine alimentaire pour la population canadienne

Dre Shannon Majowicz
École de la santé publique et des systèmes de santé, Université de Waterloo

Dre Eleni Galanis
Centre de contrôle des maladies de la C.-B. et École de santé publique et des populations, Université de la Colombie-Britannique

Chaque année, plus de quatre millions de Canadiens contractent des infections d’origine alimentaire qui peuvent durer longtemps après la fin de leur diarrhée. Certaines personnes sont paralysées, font des fausses couches, éprouvent des troubles rénaux ou digestifs, ou peuvent même mourir des suites des infections. Tout en sachant que ces graves conséquences existent, nous ne savons trop comment elles se produisent ni combien elles coûtent au système de santé canadien. Cela signifie que nous ne soupesons pas comme il faut l’incidence des infections d’origine alimentaire dans la priorisation des décisions de politique.

À la jonction de la recherche clinique et de la recherche en santé des populations, l’étude des Dres Majowicz et Galanis mise sur la riche collection de dossiers de santé de la Colombie-Britannique pour déterminer quelle fraction des personnes atteintes connaît des complications après une infection d’origine alimentaire, de même que les coûts pour le système de santé. Financées par la fondation du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, l’Université de Waterloo et les IRSC, les chercheuses seront en mesure d’aider les Canadiens à connaître les services de santé publique et les services cliniques offerts en la matière, d’aider les médecins afin qu’ils puissent mieux diagnostiquer et traiter les patients, et de fournir aux responsables des politiques les données probantes dont ils ont besoin pour assurer l’innocuité des aliments.

Lecture complémentaire

La résolution de la forme tridimensionnelle des molécules peut aider à guérir le cancer

Comprendre le mécanisme structural des kinases du cycle cellulaire pourrait conduire à une intervention thérapeutique contre la maladie

Dr Nicolas Tavernier
Programme en biologie des systèmes, Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum, Sinai Hospital System

Comme chercheur en biologie cellulaire, mon but est d’approfondir notre compréhension de la base moléculaire de la tumorigenèse.

La division cellulaire est réalisée par une myriade de protéines, incluant une classe d’enzymes appelées protéines kinases qui transfèrent un marqueur appelé phosphate sur d’autres protéines (leurs substrats) pour en moduler l’activité, la fonction ou l’emplacement dans la cellule.

La surexpression ou la suractivation de ces kinases entraînent la dérégulation de la division cellulaire et favorisent la tumorigenèse. Par conséquent, expliquer comment les protéines kinases sont activées ou désactivées de façon contrôlée clarifiera la façon dont le cancer se forme et pourrait théoriquement être traité.

À cette fin, nous utilisons principalement la cristallographie des protéines suivie de la diffraction des rayons X. Cette puissante technique révèle la structure des protéines et de leurs complexes à une résolution atomique. Cela permettra de comprendre comment elles fonctionnent et peuvent être dérégulées en réaction à une maladie.

En voyant littéralement comment les protéines travaillent ensemble, nous serons en mesure d’inactiver le processus de développement du cancer avec des molécules pharmaceutiques et de la médication.

Lecture complémentaire

Essai T1ME

Améliorer le contrôle du diabète de type 1 grâce à l’autogestion, à la formation et au soutien virtuels

Dre Gillian Booth
Centre for Urban Health Solutions (C-UHS), Institut du savoir Li Ka Shing, Hôpital St. Michael
Professeure, Département de médecine et Institut des politiques, de la gestion et de l’évaluation de la santé de l’Université de Toronto
Chercheuse adjointe principale à l’Institut de recherche en services de santé

La Dre Gillian Booth s’intéresse principalement aux résultats en santé liés au diabète, et plus précisément à l’incidence des facteurs relatifs à la situation socioéconomique, à l’environnement bâti et aux soins de santé sur le risque de diabète et de complications associées. Afin de mieux comprendre ces enjeux, elle utilise de grandes bases de données provinciales sur les soins de santé et des enquêtes connexes, ainsi que la méthodologie des systèmes d’information géographique (SIG) permettant d’étudier les facteurs contextuels influant sur l’apparition du diabète.

L’essai T1ME ou Type 1 diabetes virtual self-Management Education and support (autogestion, formation et soutien virtuels pour le diabète de type 1) vise à améliorer la vie des personnes touchées par le diabète de type 1 (DT1) en les aidant à contrôler leur diabète aisément et de manière conviviale. En plus des soins habituels, ce projet comprendra une prestation électronique de soins de santé et de services de soutien connexes, notamment des courtes consultations fréquentes en ligne avec l’équipe de soins du patient, des cours en ligne et du soutien à l’autogestion. Nous estimons que ce modèle de soins « contacts fréquents, mais moins physiques » améliorera non seulement le contrôle sur le DT1, mais aussi l’expérience thérapeutique générale des personnes atteintes de DT1.

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La qualité des soins prodigués aux patients atteints d’insuffisance rénale aiguë

Dr Samuel Silver
Professeur adjoint
Université Queen’s

J’utilise des données administratives et des revues systématiques pour guider la conception d’interventions d’amélioration de la qualité visant les résultats chez les patients atteints d’insuffisance rénale. Mes intérêts de recherche portent principalement sur la prestation des soins aux patients atteints d’insuffisance rénale aiguë, et ce, en milieu hospitalier et en clinique externe. Je commence également à élargir ma recherche aux patients traités dans un centre d’hémodialyse.

J’ai entrepris une formation en recherche sur les services de santé et l’amélioration de la qualité afin d’acquérir les compétences nécessaires pour appliquer rapidement les résultats de ma recherche à de vastes populations de patients. Je ne voulais pas mettre fin à mes travaux après avoir découvert une façon d’améliorer les soins et je souhaitais aussi prévoir des solutions aux problèmes ciblés dans le domaine des soins de santé. Les possibilités mises à ma portée grâce au programme KRESCENT-IRSC m’ont exposé à un mentorat et à des collaborations indispensables pour maintenir un succès et une productivité qui, je l’espère, m’aideront à améliorer les résultats des soins de santé et l’expérience des patients atteints d’insuffisance rénale.

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Twitter: @drsamsilver

Comprendre la virulence bactérienne pour réduire la résistance aux antibiotiques

Dr Christian Baron
Vice-doyen à la recherche et au développement
Faculté de médecine
Université de Montréal

Les bactéries résistantes aux antibiotiques peuvent causer le rejet des traitements prodigués aux patients, entraînant ainsi une augmentation des taux de mortalité et de morbidité et une hausse des coûts pour le système de santé. Ce phénomène est préoccupant, car il favorise l’évolution de ce qu’on appelle les « superbactéries ». Notre programme de recherche est principalement axé sur les mécanismes associés à la virulence bactérienne et sur la conjugaison (transfert de plasmides) médiée par les systèmes de sécrétion de type IV. Il s’agit de complexes macromoléculaires présents dans les membranes des bactéries, qui transfèrent des plasmides codant pour les gènes de la résistance aux antibiotiques et les facteurs de virulence des protéines traversant l’enveloppe cellulaire. Notre recherche vise à comprendre ce processus biologique au niveau moléculaire. L’information tirée de nos travaux pourrait permettre de concevoir des molécules capables d’atténuer la virulence bactérienne (p. ex. celle de l’Helicobacter pylori qui cause des maladies gastriques et des cancers de l’estomac). Les inhibiteurs des systèmes de sécrétion de type IV peuvent aussi réduire la population bactérienne et, par le fait même, la propagation des gènes de la résistance aux antibiotiques

Un petit coup de main de nos amis

Utilité du soutien social pour protéger la santé mentale des mères

Mme Erin Hetherington
Université de Calgary

Jusqu’à une femme sur sept au Canada pourrait souffrir de dépression postpartum (DPP). Lorsque non traitée, la DPP peut devenir débilitante pour les mères, les enfants et les familles. Bien qu’aucune mère ne soit à l’abri de la DPP, les femmes ayant déjà vécu des problèmes de santé mentale sont plus à risque de développer la maladie. Ma recherche s’appuie sur les données d’une étude de cohorte longitudinale en cours à Calgary, intitulée All Our Families. Nous suivons cette cohorte de 3 000 paires mère-enfant en nous interrogeant sur le rôle du soutien social sur la santé mentale des mères. Nous avons constaté que les femmes bien soutenues par leur famille et leurs amis sont moins à risque de DPP, même si elles ont déjà souffert de dépression. Du point de vue de la santé publique, le soutien est bénéfique pour toutes les mères, mais les stratégies de soutien ciblées pourraient s’avérer particulièrement efficaces pour celles qui ont déjà eu des problèmes de santé mentale. Nous avons récemment commencé à examiner l’évolution du réseau de soutien des femmes au fil du temps. En plus d’être un grand honneur, l’obtention d’une bourse d’études supérieures Vanier des IRSC m’a fourni de nombreuses occasions de réseautage et d’application des connaissances. En tant que mère et chercheuse passionnée, ces travaux sont particulièrement importants pour moi au plan personnel, et je continuerai de mener des recherches à la fois captivantes et utiles aux familles.

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Twitter: @elhether

Dompter les superbactéries

Vers une compréhension moléculaire de la résistance aux antibiotiques

M. J. Andrew Alexander
Université de la Colombie Britannique

Avez vous déjà souffert d’une infection bactérienne pour laquelle des antibiotiques étaient jugés nécessaires? Peut être connaissez vous quelqu’un qui a subi une intervention chirurgicale ou reçu un traitement de chimiothérapie et à qui des antibiotiques ont été prescrits pour combattre une infection potentiellement mortelle? Les antibiotiques sont une pierre angulaire des soins de santé modernes, car leur capacité de soigner et de prévenir l’infection permet de réaliser un nombre incalculable d’actes médicaux (remplacements d’articulations, interventions chirurgicales et traitements contre le cancer). Toutefois, les antibiotiques perdent graduellement leur efficacité, les bactéries y devenant résistantes.

Par mes travaux, je cherche à comprendre comment les bactéries acquièrent une résistance aux antibiotiques, et ce que nous pouvons faire à ce sujet. À l’aide de techniques comme la radiocristallographie, j’étudie les détails moléculaires de la façon dont les protéines bactériennes interagissent avec les antibiotiques. Visualiser les changements dans les protéines de bactéries résistantes peut faciliter notre compréhension de la manière dont la résistance est acquise. J’espère également par mon travail aider à la conception de nouveaux antibiotiques pour traiter des souches résistantes de bactéries.

Une fois que nous aurons compris comment la résistance bactérienne fonctionne aux niveaux atomiques, nous pourrons aider à mettre au point de nouveaux médicaments efficaces contre des infections bactériennes auparavant résistantes.

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Twitter : @J_A_Alexander

Stimuler le « Pac-Man » du cerveau pour traiter la SLA

Le défi du seau d’eau glacée se popularise au profit de cette maladie des motoneurones

Mme Maneka Chitiprolu
Étudiante de cycle supérieur
Département de médecine cellulaire et moléculaire
Université d’Ottawa

On estime que 3 000 Canadiens et Canadiennes vivent avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA) sans avoir accès à des options thérapeutiques viables. Ma recherche propose l’autophagie comme stratégie de traitement pour éliminer les inclusions pathologiques associées à la SLA.

Chez les patients atteints de SLA, des amas de protéines se forment et produisent un ARN toxique qui se multiplie et tue les cellules neuronales, en raison d’une combinaison de mutations génétiques et de facteurs de stress environnemental. L’incapacité subséquente des motoneurones à transmettre les messages du cerveau jusqu’aux muscles entraîne une faiblesse musculaire, une paralysie et finalement la mort dans les trois à cinq ans qui suivent le diagnostic.

Pour éliminer les agrégats pathologiques liés à la SLA, je me suis concentrée sur un processus cellulaire de contrôle de la qualité appelé autophagie. L’autophagie, qui signifie se manger soi-même en grec, aide les cellules eucaryotes à fonctionner comme des experts en recyclage. Quand les organites se détériorent ou deviennent obsolètes, la voie de l’autophagie se déclenche : ils sont tous rassemblés dans une structure à double membrane appelée autophagosome, puis transportés jusqu’aux lysosomes, où ils sont dégradés en substituants primaires pour être réutilisés. Ce recyclage cellulaire est important pour la survie de l’organisme. Mes récents résultats permettent d’élucider les mécanismes moléculaires sous-tendant l’autophagie sélective qui facilite la dégradation des agrégats toxiques associés à la SLA. Cette recherche fournit pour la première fois un modèle unificateur qui réunit de multiples mutations (C9ORF72, p62, MSN, FUS) et modifications liées à la SLA en une seule voie.

Dans nos efforts pour traiter la SLA, ces mécanismes procurent une base pour la mise au point de médicaments qui activent la dégradation de substrats propres à la maladie, comme les agrégats d’ARN.

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Qu’est-ce qui compte dans l’établissement des priorités en matière de santé maternelle?

Se pencher sur l’établissement des priorités ethnographiques au Ghana

Dre Lauren J. Wallace
Département de la santé, du vieillissement et des sociétés
Université McMaster

Les dernières décennies ont donné lieu à une prolifération fort attendue de politiques importantes fondées sur des données probantes visant à réduire les besoins insatisfaits en santé des mères partout dans le monde. Malgré tout, des inégalités subsistent.

L’étude du rôle des données probantes dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de santé maternelle devrait nous permettre de perfectionner la théorie et les pratiques actuelles en matière de santé mondiale. Dans les programmes de santé maternelle, il existe de nombreux défis qui sont le reflet de plus grandes tensions associées aux politiques en matière de santé mondiale. Il faut notamment comprendre les causes en amont de la mortalité et de la morbidité et s’y attaquer tout en assurant un équilibre entre les perspectives et les besoins de divers programmes et intervenants.

L’élaboration de politiques fondées sur des données probantes en matière de santé maternelle n’est pas une mince affaire à l’échelle nationale et soulève de nombreuses questions fort complexes. Quels sont les types de données probantes les plus fiables et les plus pertinents dans divers contextes? Les gens perçoivent-ils différemment le rôle des données probantes dans l’établissement des priorités? Quel est le lien entre les types de renseignements utilisés dans l’établissement des priorités, la mise en œuvre des politiques et la santé de la population à l’échelle nationale?

En tant que boursière postdoctorale des IRSC travaillant au Ghana, j’utilise l’ethnographie pour explorer les liens qui existent entre les données probantes, les processus d’établissement des priorités et les politiques qui en découlent, et la santé maternelle. Compte tenu de sa riche histoire en matière d’aménagements institutionnels pour l’établissement de politiques fondées sur des données probantes, le Ghana constitue un cas unique pour l’étude de ces questions.

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Améliorer le bien-être des enfants

Recherche de pointe pour prévenir le diabète de type 1, la maladie cœliaque et les troubles du métabolisme du calcium

Dr Farid Mahmud
Scientifique associé et endocrinologue
Hôpital pour enfants de Toronto (SickKids)

La recherche du Dr Farid Mahmud, scientifique associé et endocrinologue à l’Hôpital pour enfants de Toronto, porte principalement sur les affections et complications associées au diabète (dont les facteurs de risques d’athérosclérose), les signes précoces d’insuffisance rénale et la maladie cœliaque. En outre, le Dr Mahmud cherche aussi à comprendre l’impact des déterminants sociaux de la santé sur la maladie chronique chez les jeunes.

Le Dr Mahmud est chercheur principal de l’essai longitudinal d’évaluation et d’intervention alimentaire sur la maladie cœliaque et le diabète dans le cadre du Réseau canadien d’essais cliniques de FRDJ (RCEC de FRDJ). Cet essai financé par FRDJ évalue les résultats du dépistage et du traitement de la maladie cœliaque chez les enfants et les adolescents aux prises avec le diabète de type 1 (DT1). Faisant participer les adolescents et les jeunes adultes, le Dr Mahmud est aussi le principal chercheur canadien d’AdDit (Adolescent Type 1 Diabetes Cardio-Renal Intervention Trial), essai qui évalue les effets protecteurs des statines et des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine sur les adolescents à risque élevé atteints du DT1.

Actif en clinique dans le domaine du diabète et de l’endocrinologie, le Dr Mahmud est aussi spécialiste des troubles pédiatriques du métabolisme du calcium. Il agit comme professeur adjoint et comme mentor en milieu clinique et à l’Université de Toronto.

Ce projet fait partie du partenariat entre FRDJ et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour vaincre le diabète, dont les fonds proviennent de l’Initiative sur les essais cliniques novateurs de la Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada.

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Endiguer la progression du diabète

Dr Timothy J. Kieffer
Université de la Colombie-Britannique

Maladie chronique caractérisée par une élévation de la glycémie, le diabète croît à une vitesse alarmante. Actuellement, 10 millions de Canadiens et 450 millions de personnes dans le monde sont diabétiques. Le diabète est source de nombreuses complications débilitantes qui portent atteinte à la qualité et à la durée de vie. L’insuline a été découverte par des Canadiens il y a près de 100 ans. Depuis, de nombreux patients s’injectent de l’insuline chaque jour dans le but de maîtriser leur glycémie. Cela est toutefois astreignant et ne reproduit qu’imparfaitement la sécrétion d’insuline par les cellules d’îlot dans le pancréas.

Chez certains patients, le diabète peut être traité efficacement au moyen de la greffe d’une petite quantité de cellules d’îlot productrices d’insuline prélevées sur le pancréas de donneurs. Bien que cette intervention soit relativement simple et efficace, la pénurie sévère de tissu d’îlots signifie que seuls quelques patients peuvent recevoir ce type de greffe. En collaboration avec l’industrie, mon équipe de recherche étudie la possibilité d’utiliser des cellules souches humaines pour fabriquer de grandes quantités de cellules productrices d’insuline pouvant servir à traiter le diabète. Nous cherchons des façons de protéger les cellules des attaques immunitaires et mettons à l’essai différentes méthodes de transplantation des cellules. Notre but est de produire une réserve illimitée de cellules pouvant être greffées à des patients afin de ramener leur glycémie à la normale et d’éliminer l’injection d’insuline.

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Quelles sont les meilleures façons de contrer l’hypoglycémie?

Une équipe de recherche étudie comment les médicaments prescrits pour traiter le diabète de type 1 peuvent être à la fois bénéfiques et néfastes

Dr Rémi Rabasa-Lhoret
Institut de recherches cliniques de Montréal, Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Le Dr Rabasa-Lhoret est endocrinologue à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), directeur de la clinique de diabète et de l’Unité de recherche sur les maladies métaboliques de l’IRCM ainsi que professeur à l’Université de Montréal. Sa recherche porte sur les moyens de contrer l’hypoglycémie (taux de glucose sanguin bas) qui peut être causée par des médicaments contre le diabète de type 1.

Ainsi, il testera différentes stratégies utilisées pour prévenir l’hypoglycémie provoquée par l’exercice, vérifiera l’efficacité du pancréas artificiel dans le contrôle de la glycémie, analysera les conséquences de l’hypoglycémie sur le cœur, mesurera l’efficacité de divers traitements de l’hypoglycémie, et mettra en place un registre des personnes atteintes du DT1 au Québec ayant recours à de nouvelles technologies et thérapies pour prévenir l’hypoglycémie. Son équipe se penche aussi sur des façons de prolonger la durée de vie utile du dispositif de perfusion de la pompe à insuline.

Le Dr Rabasa-Lhoret a publié plus de 300 articles, présenté des données à plus de 100 conférences et supervisé 45 étudiants diplômés. Il a reçu nombre de prix et récompenses, y compris la bourse de recherche 2017 de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Ce projet fait partie du partenariat entre FRDJ et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour vaincre le diabète, dont les fonds proviennent de l’Initiative sur les essais cliniques novateurs de la Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada.

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Diabète de type 2 chez l’enfant

Établir les prédicteurs et les mécanismes associés à la maladie chez l’enfant ainsi que ses complications rénales précoces

Dre Brandy Wicklow
Université du Manitoba

La prévalence du diabète de type 2 (DT2) durant l’enfance continue d’augmenter dans le monde et affecte de façon disproportionnée les enfants autochtones. Notre équipe DREAM (Diabetes Research Envisioned and Accomplished in Manitoba) s’est intéressée au dépistage précoce du DT2 chez les enfants ainsi qu’à la détermination de facteurs de risque modifiables et leurs complications.

Nous étudions actuellement deux cohortes longitudinales prospectives. Créée en 2008, la cohorte des naissances de la prochaine génération est la plus importante cohorte prospective au Canada formée d’enfants nés de mères et de pères ayant reçu un diagnostic de DT2 durant l’enfance (< 18 ans). Cette étude a permis de montrer que l’exposition in utero au DT2 de la mère confère un risque élevé de morbidité et de mortalité néonatale et infantile, ainsi qu’un risque à long terme d’obésité et de DT2 chez l’enfant. La deuxième cohorte, appelée iCARE, suit des enfants et des adolescents atteints de DT2 pour établir l’histoire naturelle de la maladie rénale. Cette étude a démontré que le DT2 chez les enfants est associée à des taux élevés de dysfonction rénale précoce causée par des facteurs biologiques et psychologiques (stress ou détresse.)

Les données préliminaires tirées de ces études de cohortes pointent vers des modifications épigénétiques dans des gènes clés en jeu dans le métabolisme normal, débouchant sur la transmission du DT2 d’une génération à l’autre. Les cohortes fournissent aussi de l’information précieuse sur l’histoire naturelle du DT2 durant l’enfance et guideront la mise au point (en partenariat avec nos patients, parents et membres du milieu) d’interventions cliniquement utiles.

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Twitter : @bwicklow1

Co-infections tropicales et VIH

Le traitement de maladies tropicales négligées peut il réduire la sensibilité au VIH en Afrique?

M. Sergey Yegorov
Département d’immunologie, Université de Toronto

Comme boursier d’études supérieures du Canada Vanier, je suis heureux d'avoir l'occasion de participer à une collaboration internationale de recherche entre le Canada et l’Ouganda qui vise à prévenir des infections virales et parasitaires communes qui sont endémiques en Afrique de l'Est. Le VIH touche 1 adulte sur 15 environ. Le paludisme représente une grave menace, particulièrement chez les jeunes personnes, et son traitement est considéré comme une priorité urgente. La schistosomiase est une affection tropicale négligée qui demeure rarement diagnostiquée même si sa prévalence dépasse 60 % dans certaines communautés.

Ma recherche de doctorat a fait ressortir des écarts dans le diagnostic du paludisme dans les établissements de santé publique en Ouganda, ce qui donne à penser que la prévalence réelle de la maladie est masquée par de hauts taux de surdiagnostic. Par contre, nous avons constaté que la schistosomiase intestinale était associée à des facteurs de risque sociocomportementaux du VIH, alors qu’un essai clinique sur le traitement de cette maladie chez des Ougandaises a révélé une réduction substantielle de la sensibilité au VIH après un traitement anthelminthique.

Les conclusions de ma recherche laissent croire que lutter contre des maladies traitables mais négligées pourrait aider à réduire la propagation d’infections débilitantes, comme le VIH, en Afrique.

Lire aussi :

Twitter : @S_Yegorov

Gagner sans souffrir!

Associer des cibles moléculaires au traitement de la douleur au niveau des cellules et des circuits circulaires

Seyed Mohammad Amin Kamaleddin Ezabadi
The Hospital for Sick Children, Université de Toronto

La douleur chronique est un problème de santé fort répandu qui est traité avec des analgésiques. Cependant, tous les analgésiques actuels, comme les opioïdes, ont une efficacité potentielle limitée, des effets indésirables non prévus, et un fort potentiel addictif. Trouver des cibles médicamenteuses au niveau moléculaire est nécessaire, mais insuffisant, pour mettre au point des traitements efficaces sur le plan clinique contre la douleur chronique.

J’étudie comment le traitement de la douleur dans la moelle épinière est perturbé dans des états pathologiques. En analysant l’activité électrique de types cellulaires individuels dans la moelle épinière de la souris, je peux aider à explorer comment différentes stratégies thérapeutiques peuvent réduire la douleur chronique. À terme, la qualité de vie de plus de six millions de Canadiens bénéficiera de traitements de la douleur hautement efficaces comportant un minimum d’effets non voulus.

De plus, les troubles neurologiques, mon domaine de spécialisation comme chercheur, représentent 38 % du fardeau de maladie, ce qui est plus que le cancer (~ 12,7 %) et les maladies cardiovasculaires (~ 11,8 %) combinés. Je sens, par conséquent, une responsabilité de diriger des groupes d’action au sein de sociétés bénévoles et professionnelles qui militent en faveur d’un financement accru de la recherche en neurosciences.

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Lutter contre le cancer en misant sur la réparation de l’ADN

Les cellules cancéreuses ont souvent du mal à réparer leur propre ADN. Peut-on utiliser cette caractéristique contre elles?

Dr Eric Zhao
Université de la Colombie Britannique

Comme biologiste computationnel et boursier d’études supérieures du Canada Vanier au programme de M.D.-Ph.D. de l’Université de la Colombie-Britannique, j’ai cherché de nouvelles façons de personnaliser le traitement du cancer. Dans le cadre du projet d’oncogénomique de l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique, j’ai analysé des centaines de génomes du cancer. Des modifications de l’ADN, appelées mutations, surviennent pour de nombreuses raisons, comme l’exposition à la fumée de cigarette et aux rayons ultraviolets. Les cellules humaines saines ont des outils pour réparer l’ADN muté, mais les cellules cancéreuses perdent souvent cette capacité. Cela peut rendre les tumeurs vulnérables à une chimiothérapie conçue pour endommager l’ADN, car si les cellules saines réussissent à réparer les dommages, les cellules cancéreuses sont mises à mal.

Pouvons-nous adapter des traitements pour exploiter cette vulnérabilité? Pour répondre à cette question, nous avons relevé toutes les mutations dans environ 500 cancers avancés de différents types. Les schémas de mutation de l’ADN peuvent révéler si un cancer répare correctement l’ADN.

En ce qui concerne les cancers du sein, nous avons constaté que les cancers incapables de réparer l’ADN endommagé étaient plus sensibles aux chimiothérapies à base de cisplatine et de carboplatine. Cette connaissance pourrait aider à améliorer les plans de traitement personnalisés pour certaines personnes atteintes de cancer. Nous avons également mis en évidence des schémas de mutation résultant de la chimiothérapie qui montrent comment les traitements du cancer eux-mêmes peuvent altérer l’ADN.

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Comment peut on prévenir l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence?

Dre Claire Godard-Sebillotte
M.D., candidate au doctorat
Université McGill, Département de médecine familiale

En tant que gériatre, je suis témoin des difficultés que doivent surmonter au quotidien les personnes atteintes de démence et leurs aidants lorsqu’ils naviguent dans le système de santé, résultat de la fragmentation et du manque de coordination des services médicaux, sociaux et communautaires. Ces difficultés pourraient expliquer en partie pourquoi les personnes atteintes de démence se présentent à l’urgence et sont hospitalisées deux fois plus souvent que les autres. Certaines de ces utilisations des hôpitaux de soins aigus pourraient pourtant être évitables.

Le but de mon doctorat est d’explorer comment nous pourrions éviter l’utilisation des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence. Je répondrai à deux questions. Premièrement, avons-nous déjà conçu et mis en œuvre une intervention efficace au niveau des services de santé pour prévenir l’utilisation des hôpitaux de soins aigus? Pour répondre à cette question, je synthétiserai la littérature sur le sujet. Deuxièmement, est-ce que la continuité des soins avec un médecin de famille prévient des visites excessives à l’hôpital? Ici, je mènerai une étude à l’aide de méthodes statistiques avancées (scores de propension) pour mesurer l’effet de la continuité des soins de première ligne sur l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence au Québec.

J’espère que ma recherche inspirera à terme des politiques de soins de santé visant à réduire l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence, et débouchera sur de meilleurs soins.

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Twitter : @McGillFamMed

Transmission du legs : nouvelles connaissances sur le rôle des gènes et de l’environnement dans l’apparition du diabète de type 2 chez les jeunes Oji-Cris

Lien entre la variante génétique HNF-1αG319S et cette maladie à multiples facettes

Mme Taylor Morriseau
Université du Manitoba

Dans les années 1980, les Drs Heather Dean, Ronald Mundy et Michael Moffatt ont modifié le paysage médical en présentant 20 cas – fortement contestés, mais soigneusement diagnostiqués – de diabète de type 2 (DT2) chez des enfants d’âge scolaire. Étonnamment, ces jeunes patients ojis cris étaient unis par leur descendance de quatre communautés de Premières Nations du nord est du Manitoba. Compte tenu du lieu et de la généralisation de la maladie, une variante génétique unique (appelée HNF-1αG319S) a tôt fait d’être identifiée. Il s’agit certes du prédicteur le plus fiable du DT2 à l’heure actuelle, mais on ne comprend pas encore clairement pourquoi autant de jeunes sont touchés, alors que les incidences étaient incroyablement faibles il y a deux générations à peine.

Nous croyons que la réponse réside dans notre histoire coloniale complexe qui a fait passer les stratégies alimentaires fondées sur le territoire vers l’alimentation occidentale. Il manquait jusqu’ici une base expérimentale pour comprendre comment le polymorphisme HNF-1αG319S influe sur l’apparition du DT2, base qui incorpore les influences environnementales postcoloniales.

Sous la direction de la Dre Christine Doucette et du Dr Vernon Dolinsky, ma recherche dans le cadre de la bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC porte sur la caractérisation du premier modèle murin reflétant la variante HNF-1aG319S. En modifiant les régimes expérimentaux pour qu’ils correspondent à l’apport nutritionnel actuel par rapport à celui par le passé des Ojis Cris, nous déterminerons les marqueurs du développement du diabète. Nous pourrons ainsi mieux comprendre la relation entre la génétique, l’alimentation et le diabète au sein de la population oji crie. La recherche est un autre fil de la longue trame historique tissée par des patients, des membres de la communauté, des soignants et des chercheurs dévoués, sur fond d’espoir que la descendance de la jeune population actuelle sera épargnée du fardeau de la maladie.

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Twitter : @TaylorMorriseau, @DREAM_trainees

Sous représentés et inexplorés

Déterminer si l’exercice peut améliorer la qualité de vie des adolescents et des jeunes adultes ayant reçu un diagnostic de cancer

Amanda Wurz
M.Sc., ACSM-CPT candidate au doctorat
Université d’Ottawa

Nous savons tous à quel point un diagnostic personnel de cancer, ou ce même diagnostic pour un ami, un collègue ou un proche, peut avoir des conséquences catastrophiques. Par contre, nous sommes moins nombreux à connaître un adolescent ou un jeune adulte (AJA) qui a reçu un diagnostic de cancer, cette population étant beaucoup moins souvent touchée. Les AJA atteints de cancer doivent vivre avec les conséquences de la maladie durant une période critique de leur développement, ce qui peut théoriquement amplifier les effets indésirables sur leur qualité de vie.

La recherche a démontré que l’exercice peut améliorer la qualité de vie des adultes âgés ayant reçu un diagnostic de cancer, mais les AJA atteints de cancer sont largement sous représentés et non considérés dans cette recherche. Mon travail de doctorat vise à déterminer si l’exercice peut améliorer la qualité de vie de cette population. Nous avons réalisé une intervention innovante fondée sur l’exercice au domicile de participants deux fois par semaine pour leur montrer comment faire de l’exercice et les aider à acquérir les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour continuer tout seuls.

La bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC m’a permis d’accroître la sensibilisation à l’exercice chez les AJA atteints de cancer et de proposer des objectifs en vue d’interventions ou de programmes futurs pour que cette population puisse commencer à bouger pour améliorer sa qualité de vie.

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Dre Jennifer Brunet, superviseure au doctorat

Twitter : @AmandaWurz

Là où les molécules génétiques résident dans nos cellules n’est pas un aspect négligeable!

Le lieu des molécules d’ARN dans la cellule est-il important pour la vie? Très certainement!

Mme Ashley Chin
Institut de recherches cliniques de Montréal et Université McGill

Les cellules ont toutes sortes de formes et de tailles – et souvent, elles sont fortement polarisées. En fait, ces propriétés sont indispensables pour le bon fonctionnement des cellules dans le corps humain. La perte d’organisation et de polarité des cellules est mise en cause dans nombre d’effroyables maladies, dont le cancer. Comme si ce n’était pas assez, la perte de polarité permet aux cellules cancéreuses d’être plus invasives, et donc à la maladie de se propager à d’autres tissus et organes.

La polarisation des cellules est régie par un système d’adressage mal compris qui ressemble aux systèmes de transport en commun des grandes villes. Bien que la recherche actuelle porte avant tout sur l’étude des protéines participant au contrôle de la polarité, j’ai l’ambition de décoder la fonction d’une autre protéine tout aussi importante appelée ARN, une cousine de l’ADN.

Ma recherche doctorale est centrée sur la compréhension de la manière dont la polarité des cellules est régulée par le trafic d’ARN. Des panneaux d’arrêt et des feux de circulation sont placés à des endroits bien précis pour que la circulation automobile soit ordonnée et fluide, et il en est de même pour les molécules d’ARN au niveau cellulaire. En fait, des molécules d’ARN mal placées ont été incriminées dans des troubles comme la maladie d’Alzheimer et la dystrophie myotonique. Comme les cellules cancéreuses présentent de graves défauts de circulation, mon projet sera un pas de plus vers le décryptage des origines du cancer sous l’angle de la biologie moléculaire.

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Combiner la biologie et la nanotechnologie pour s’attaquer à la maladie auto-immune

Des nanoparticules artificielles spécifiques de maladie enrayent l’auto-immunité hépatique, épargnant l’immunité générale contre l’infection et le cancer

Dr Channakeshava Sokke Umeshappa
Université de Calgary

Inspiré par le récit de l’éradication de la variole par la vaccination durant mes études en médecine vétérinaire, je suis devenu un passionné de la recherche scientifique en immunologie et en immunothérapie.

Les maladies auto-immunes du foie comme la cirrhose biliaire primitive, la cholangite sclérosante primitive et l’hépatite auto-immune évoluent vers des affections chroniques et débilitantes qui nécessitent une intervention médicale prolongée. Les approches thérapeutiques actuelles sont non spécifiques et consistent à utiliser des médicaments immunosuppresseurs pour ralentir la progression de la maladie et atténuer les symptômes. Leur utilisation entraîne une immunosuppression systémique qui conduit à des infections microbiennes secondaires et à des cancers.

Au cours de mon programme postdoctoral, j’ai établi une plateforme de nanomédecine spécifique de maladie, consistant en un métal enduit de cibles antigéniques de cellules immunitaires spécifiques du foie, induisant la maladie, capables d’entraver la progression des maladies auto-immunes du foie.

Ces nanomédicaments sont uniques en ce sens qu’ils ciblent expressément des cellules immunitaires qui causent la maladie et les convertissent en cellules suppressives localement. Cela peut ensuite détourner le réseau régulatoire de l’organisme pour ralentir la progression de maladies existantes dans un organe atteint comme le foie. Ils épargnent l’immunité générale et préservent les défenses contre l’infection et le cancer.

Mon travail répond donc à un besoin clinique non satisfait dans le traitement des maladies auto-immunes. Il facilite le programme translationnel pour la mise au point d’un médicament candidat contre les maladies auto-immunes du foie chez les humains.

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Twitter : @CUmeshappa; @UCalgaryMed

Mettre au point des outils miniatures dirigeables pour la chirurgie minimalement effractive du cerveau

Dr Kyle W. Eastwood, boursier Vanier
Étudiant en médecine (M.D.-Ph.D.) à l’Université de Toronto

Notre recherche a pour but de créer de nouveaux outils miniatures pour une forme minimalement effractive de chirurgie du cerveau appelée neuroendoscopie. Ce type d’intervention chirurgicale consiste à utiliser des instruments millimétriques avec de longues et minces caméras pour accéder sans danger aux profondeurs du cerveau.

La neuroendoscopie est utilisée depuis des décennies pour aider à traiter les personnes aux prises avec des tumeurs, des kystes ou un œdème cérébral. Elle réduit la durée de la chirurgie et le temps de rétablissement des patients, comparativement aux autres techniques. Toutefois, la neuroendoscopie est actuellement utilisée seulement pour un nombre limité de types particuliers de chirurgie. L’utilisation sélective de la technique dépend en partie de la conception actuelle des instruments.

La recherche au Hospital for Sick Children a porté sur la mise au point d’instruments dirigeables complétant l’appareillage existant, et permettant aux chirurgiens de recourir à la neuroendoscopie pour une plus vaste gamme d’interventions. Nous avons conçu des outils manuels de moins de deux millimètres dont l’extrémité est articulée comme le poignet.

À terme, le but de cette recherche est de permettre aux chirurgiens d’intervenir sur des tumeurs plus grosses et difficiles à atteindre par des moyens beaucoup moins invasifs.

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L’usage du cannabis en milieu de travail au Canada

Mieux comprendre les habitudes d’utilisation et les perceptions parmi les travailleurs canadiens

Nancy Carnide et Peter Smith
Institut de recherche sur le travail et la santé

Malgré l’appétit vorace des employeurs et des responsables des politiques pour des renseignements permettant de les guider dans l’élaboration de politiques et d’initiatives de prévention, le manque de connaissances subsiste sur la fréquence à laquelle les travailleurs canadiens consomment du cannabis et sur leur perception de son usage au travail.

Grâce à une subvention Catalyseur des IRSC, nous avons mené un sondage auprès de plus de 2 000 travailleurs canadiens afin de recueillir des renseignements, avant la légalisation, sur les habitudes de consommation de cannabis au travail, sur les perceptions des travailleurs concernant les risques et les effets de l’usage du cannabis au travail, sur la connaissance des effets du cannabis et sur les normes du travail entourant son usage. Nous espérons obtenir les résultats de cette étude d’ici la fin de 2018. La plupart des participants à cette étude ont aussi accepté que l’on communique de nouveau avec eux, et notre objectif est de faire un suivi auprès de ces travailleurs afin de pouvoir mieux comprendre l’incidence de la légalisation sur la santé et la sécurité en milieu de travail au Canada.

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Twitter : @nancycarnide, @iwhresearch

Unis pour la science

Répondre aux besoins en santé mentale au Canada

Mme Danielle Rice
Université McGill

En tant que stagiaire en santé mentale déterminée à améliorer les soins fondés sur des données probantes pour les personnes atteintes de troubles mentaux, je suis parfaitement consciente du grand nombre de Canadiens ayant des problèmes de santé mentale qui ne reçoivent pas de soins adéquats, malgré la disponibilité de traitements efficaces. Grâce à la bourse d’études supérieures du Canada Vanier, j’ai eu l’occasion de commencer à me pencher sur le traitement des troubles liés à la consommation d’opioïdes afin de déterminer l’approche psychothérapeutique la plus efficace en combinaison avec un agent pharmacologique (p. ex. traitement par agonistes opioïdes). En faisant appel à des méthodes de revue systématique, nous nous employons actuellement à colliger des résultats sur le type de psychothérapie qui améliore le plus efficacement l’état des personnes atteintes de troubles liés à la consommation d’opioïdes, ce qui représente une priorité en Amérique du Nord pour les patients, les membres de leur famille et les décideurs. Pour avoir une incidence plus marquée sur les soins de santé mentale, je me suis associée à l’Institut canadien d’information sur la santé par l’entremise d’une bourse d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC afin de comprendre les besoins des Canadiens en matière de santé mentale et de dépendance. L’effet combiné de cette bourse axée sur les politiques et les services de santé et du caractère fortement axé sur la recherche de la bourse Vanier me permettra d’acquérir les compétences grâce auxquelles je pourrai avoir un apport significatif à cet important domaine de recherche.

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Twitter : @DanielleBRIce__

Réseau de stagiaires SALTY : la prochaine génération de chercheurs en SLD

Réseau national, intégrateur et multidisciplinaire de stagiaires contribuant à développer et à faire progresser la recherche sur la fin de la vie dans le système des soins de longue durée au Canada

Mme Mary Jean Hande, Ph.D., et Mme Vasuki Shanmuganathan, Ph.D.
Université Mount Saint Vincent et Université York

En tant que stagiaires postdoctoraux travaillant sur le projet SALTY (Seniors – Adding Life to Years) financé par les IRSC, nous codirigeons le réseau des stagiaires SALTY, qui offre à de nombreux stagiaires et étudiants l’occasion de comprendre les complexités quotidiennes du système des soins de longue durée (SLD) du Canada. Dirigé par Mme Janice Keefe (Ph. D.) (Université Mount Saint Vincent) et Mme Carole Estabrooks (Ph.D.)(Université de l’Alberta), le projet de recherche sur quatre ans vise à améliorer la qualité de vie des personnes âgées dans le système de SLD. En outre, le réseau offre aux stagiaires l’occasion de recevoir du mentorat d’une vaste équipe pancanadienne de chercheurs chevronnés de diverses disciplines dans les domaines de la recherche en santé, de même que de suivre d’autres formations comme le programme d’été sur le vieillissement des IRSC, et la possibilité d’échanger avec des décideurs et des intervenants clés. Les stagiaires du projet SALTY définissent la complexité des SLD du point de vue des systèmes et des politiques, ainsi que du point de vue des résidents et de leurs fournisseurs de soins rémunérés et non rémunérés, avec un accent particulier sur la démence, le sexe, et les voix sous-représentées. En tant que codirectrices des stagiaires, nous pouvons affirmer que le réseau fournit un soutien inestimable aux chercheurs émergents qui souhaitent faire progresser les connaissances sur les soins en fin de vie pour les résidents profitant de SLD et leur application dans le secteur.

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Twitter : @SALTY_ltc, Facebook : SALTY

Les campus pour aînés en tant que mécanismes intégrateurs d’un large éventail de soins

Des environnements adaptés qui profitent non seulement aux personnes âgées, mais aussi à la collectivité dans son ensemble

Mme Frances Morton-Chang (Ph.D.)
Université de Toronto et AdvantAge Ontario

La plupart des gens préfèrent rester chez eux et dans leur communauté aussi longtemps que possible. Toutefois, de nombreuses personnes âgées peuvent se buter à des problèmes en essayant d’agir de la sorte. En tant que gérontologue et chercheuse en politiques de la santé comptant plus de 20 années d’expérience professionnelle appliquée, j’ai étudié une multitude d’approches novatrices en matière de soins de santé destinés aux aînés, en portant une attention particulière aux populations vulnérables et ayant des besoins élevés. L’un de ces modèles est celui des campus pour aînés, lieux physiques qui offrent une gamme d’options interreliées sur le plan de la santé, des services sociaux et du logement grâce à la prestation de services coordonnés, à des partenariats de collaboration et à une infrastructure commune. Alors que les campus pour aînés existent sous des formes variées depuis des décennies, rares sont les travaux de recherche scientifique sur ces modèles innovants.

Grâce à une bourse d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC, cofinancée par les IRSC et AdvantAge Ontario (association provinciale représentant les foyers et services sans but lucratif pour les personnes âgées), ainsi qu’au soutien en nature de l’Université de Toronto, j’ai eu l’occasion de combler cette lacune en matière de recherche fondée sur des données probantes et de façonner le développement futur. En utilisant une approche d’étude de cas, j’ai étudié les facteurs qui influencent l’évolution et le fonctionnement continu des campus pour aînés, y compris les politiques et programmes pertinents qui peuvent affecter leur capacité à maximiser la capacité individuelle et systémique. Les résultats fournissent des informations précieuses sur les relations, les partenariats et les ententes intersectorielles clés nécessaires pour offrir un large éventail de soins aux aînés, malgré un système de santé fragmenté. Ils montrent également que les campus offrent une solution locale prometteuse pour résoudre les problèmes liés tant à l’offre qu’à la demande dans le système pour un éventail d’adultes plus âgés et leurs aidants naturels, avec la possibilité d’aider d’autres membres de la collectivité concernée.

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Enjeux relatifs au poids

Beaucoup plus compliqué que l’apport et la dépense caloriques

Dre Angela Alberga
Université Concordia

Au cours de mes études de maîtrise et de doctorat, j’ai travaillé à l’essai HEARTY financé par les IRSC pour améliorer par l’exercice la santé physique et mentale des adolescents obèses. C’est par ces expériences de travail auprès des enfants et des adolescents que j’ai pris conscience de la prévalence et des méfaits de la stigmatisation du poids (ce qui englobe les taquineries, l’humiliation et l’intimidation).

J’ai reçu une bourse de recherche postdoctorale Banting des IRSC à l’Université de Calgary pour étudier la réduction de la stigmatisation du poids par l’éducation, les soins de santé et la politique publique. Je suis maintenant professeure adjointe et chercheuse-boursière – Junior 1 (Fonds de recherche du Québec – Santé) au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée de l’Université Concordia à Montréal (Québec).

Mon programme de recherche à l’Université Concordia vise à mieux comprendre comment les facteurs liés à la société, à l’école et aux soins de santé et les autres facteurs institutionnels influent sur les enjeux relatifs au poids, dont l’obésité, les troubles de l’alimentation, l’inactivité physique, la stigmatisation du poids et la discrimination.

Je travaille auprès de la collaboration d’Obésité Canada « L’importance de tous les corps », un partenariat multidisciplinaire de chercheurs sur l’obésité et les préjugés liés au poids. Nous voulons faire connaître ces préjugés, changer les politiques et fournir des recommandations pratiques pour aider les professionnels à améliorer la qualité des soins, de l’enseignement et de l’expérience pour leurs patients et étudiants obèses.

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Twitter : @DrAlberga

L’abc de l’obésité sévère chez les enfants

Subvention d’équipe en soins bariatriques

Dr Geoff Ball, avec les Dres Catherine Birken, Jill Hamilton, Louise Masse, Amy McPherson, Katherine Morrison
Université de l’Alberta, Université de la Colombie-Britannique, Université de Toronto, Université McMaster

À l’aide d’une subvention d’équipe en soins bariatriques (Équipe ABC3 (en anglais seulement)), notre équipe a contribué à l’amélioration de la compréhension et de la gestion de l’obésité sévère (OS) grâce à huit études régionales et nationales dirigées par des membres de l’équipe de partout au pays. Certaines des principales conclusions jusqu’ici sont les suivantes :

  • En Ontario, nous avons présenté les premières estimations au niveau provincial de l’OS (0,9 % chez les 0-4 ans; 3,1 % chez les 5-18 ans). Nous avons également montré que les enfants atteints d’OS présentaient un plus haut taux de consultations externes, de visites à l’urgence et d’hospitalisations que leurs pairs plus minces.
  • En Alberta, plus de six enfants obèses sur dix dirigés vers un programme multidisciplinaire de gestion du poids ne se sont pas inscrits. En outre, les enfants qui avaient attendu plus longtemps et dont l’obésité était plus sévère avaient moins de chances d’amorcer un traitement.
  • À partir de données nationales pour 1 200 enfants inscrits au Registre canadien de gestion du poids pédiatrique, nous avons montré que l’Edmonton Obesity Staging System for Pediatrics [système d’Edmonton de classification de l’obésité pédiatrique] permet de mieux évaluer la sévérité de la maladie que l’IMC seul.
  • Des entrevues avec les familles ont révélé que les parents d’enfants obèses atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) voulaient du soutien et des services comprenant des approches individualisées et empathiques de spécialistes tant de l’invalidité que de la gestion du poids. Les enfants présentant un TSA accordaient de l’importance à l’activité physique, mais se souciaient moins de leur poids.
  • Chez les enfants présentant une OS inscrits à un programme de gestion du poids pédiatrique, 60 % ne présentaient aucun facteur de suralimentation notable. Par contre, les 40 % restants étaient susceptibles d’avoir besoin d’approches personnalisées de gestion du poids pour éliminer les causes sous-jacentes de leur suralimentation (p. ex. faible estime de soi).
  • Des essais innovants sont en cours à Toronto (groupe d’entraide et visites à domicile pour les parents) et à Vancouver (intervention de cybersanté et encadrement virtuel du mode de vie) pour examiner les effets sur le poids et les résultats de santé.

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Twitter : @team_abc3

Démarrer la conversation avec les adolescents

Les cartes de conversation, un outil de communication clinique bilingue pour changer le comportement des adolescents à l’égard de leur mode de vie

Mme Maryam Kebbe
Université de Alberta

L’obésité à l’adolescence est difficile à gérer avec succès. Puisque la plupart des adolescents obèses ne répondent pas aux recommandations minimales en matière de mode de vie, notre équipe a créé des cartes de conversation pour adolescents (CCA), un outil clinique bilingue destiné à faciliter la communication entre les adolescents et les fournisseurs de soins et à aider les adolescents à modifier leur comportement.

À l’aide de synthèses des connaissances et de données qualitatives et quantitatives recueillies au cours des dernières années, nous avons identifié plus de 150 facteurs qui aident ou pourraient aider les adolescents obèses à adopter de saines habitudes de vie, ou qui les découragent de le faire. Les quinze priorités dans chacune de ces trois catégories ont été incluses dans notre outil et organisées selon les combinaisons suivantes : nutrition, activité physique, sédentarité, sommeil, bien-être mental, relations et facteurs cliniques. Chaque carte contient un énoncé individuel au sujet d’un facteur favorable ou défavorable à l’adoption et au maintien de changements de mode de vie sains.

Les prochaines étapes? Nous mènerons un essai contrôlé randomisé pilote auprès d’une cinquantaine d’adolescents d’une clinique de première ligne à Edmonton (Alberta) pour examiner la faisabilité, l’acceptabilité, l’attrait et l’utilité de notre outil. Cela nous donnera un aperçu de la meilleure façon d’utiliser les CCA dans un contexte clinique.

Maryam Kebbe est candidate au doctorat à l’Université de l’Alberta. Elle a reçu une bourse d’études supérieures du Canada (doctorat) des IRSC.

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Twitter : @KebbeMaryam

Environnement initial et risque d’obésité

Peut-on réduire les risques d’obésité associés à l’exposition précoce aux antibiotiques avec des aliments bénéfiques au microbiome?

Teja Klancic, M.Sc.
Université de Calgary

Les antibiotiques sont des médicaments qui sauvent des vies et dont les effets néfastes à long terme sur le métabolisme étaient considérés comme négligeables. Cependant, des recherches semblent indiquer que les changements qui se produisent dans notre flore intestinale (aussi appelée microbiote intestinal) lorsque nous prenons des antibiotiques peuvent augmenter les risques d’obésité plus tard dans la vie. L’exposition aux antibiotiques au début de la vie est particulièrement significative, car les nourrissons n’abritent pas encore de population bactérienne stable et courent ainsi plus de risques de problèmes à long terme.

Le microbiote intestinal est modifié par la prise d’antibiotiques, mais l’alimentation peut aussi causer des changements profonds. Les prébiotiques sont des ingrédients alimentaires non digestibles qui nourrissent sélectivement les bactéries favorisant la santé dans l’intestin. Compte tenu de l’épidémie d’obésité actuelle chez les enfants et du taux élevé d’exposition des nourrissons aux antibiotiques, nous avons besoin de nouvelles études pour concevoir des stratégies de réduction des risques de préjudice, surtout lorsque l’exposition aux antibiotiques en début de vie est inévitable.

Mes projets de doctorat visent à déterminer si la prise d’antibiotiques en association avec des prébiotiques pourrait réduire les risques d’obésité plus tard dans la vie. Ces travaux permettront d’acquérir des connaissances importantes sur la capacité des fibres prébiotiques à inverser certaines des séquelles métaboliques découlant d’un traitement aux antibiotiques en début de vie. Cela pourrait déboucher sur une nouvelle thérapie pour réduire le fardeau de l’obésité et améliorer la santé à long terme.

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Motivé, en forme et fort : éliminer la stigmatisation liée au poids dans l’activité physique

Comment des messages et des espaces d’activité physique où le poids n’est pas un facteur stigmatisant peuvent favoriser l’activité physique, peu importe la taille

Maxine Myre
Bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC, Université de l’Alberta

L’activité physique favorise l’épanouissement physique et psychologique, le sentiment d’appartenance, l’acquisition de compétences et l’atteinte d’objectifs.

Toutefois, lorsque les femmes sont jugées, humiliées et victimes de discrimination en raison de leur poids, cela tend à influer sur leurs façons de s’engager dans l’activité physique. Elles craignent de s’exposer en raison de leur apparence physique, sont la cible de commentaires désobligeants, et ont de la difficulté à utiliser les appareils ou les aires d’activité. Les femmes en surpoids sont également considérées comme paresseuses, ou elles deviennent plus actives juste dans l’espoir de maigrir.

Reconnaissant le besoin de voir sous un nouvel angle la question du poids et de l’activité physique, je veux par ma recherche déterminer comment l’activité physique peut devenir sécuritaire et accessible pour les femmes, toutes tailles confondues.

J’atteindrai cet objectif en examinant l’effet d’images montrant des personnes de divers gabarits dans des messages sur l’activité physique. J’apprendrai également des expériences de femmes dans des espaces d’activité physique où le poids corporel n’est pas un facteur de discrimination.

Je suis reconnaissante d’avoir obtenu une bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC pour mener cette recherche. En particulier, je suis heureuse de constater que la stigmatisation liée au poids est une question de santé qui mérite d’être étudiée aux yeux des Canadiens.

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Attachez vos tuques!

Une vraie course à l’intégration professionnelle

Dre Christiane Pereira Martins Casteli
Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale
Faculté des sciences infirmières (FSI) et Faculté de médecine (FMED)
Université Laval

S’installer dans un autre pays veut dire prendre un nouveau départ. Dès que j’ai quitté le Brésil, j’ai pressenti que mon déménagement au Canada serait quelque chose de déterminant dans ma vie professionnelle.

J’avais déjà entrepris une carrière, mais je devais maintenant acquérir de l’expérience au niveau local à Québec, me créer un réseau de contacts professionnels et prendre racine pour vraiment m’intégrer. Pouvais-je réussir?

Pour combler mes attentes, un tourbillon d’idées m’est venu en tête. J’ai commencé par prendre un cours de français, faire du bénévolat et du réseautage dans le but d’accélérer mon intégration. Cinq mois plus tard, je trouvais une occasion de stage postdoctoral.

Avec des mentors du système de santé et du milieu universitaire, j’ai profité d’un apprentissage pratique en participant à la mise en œuvre d’un modèle d’hospitalisation à domicile. Cela m’a permis de développer une vision plus critique de l’environnement et de parfaire mes compétences professionnelles afin de pouvoir contribuer à une meilleure prestation des soins et services de santé.

Au cours de la dernière année, la question épineuse que je me posais a commencé à trouver réponse. Je peux dire qu’il est possible de réussir professionnellement dans une langue étrangère et d’adopter une nouvelle culture et des méthodes de travail différentes. Il faut avoir l’esprit ouvert, travailler fort, ne pas se décourager et ne jamais oublier de bien attacher sa tuque!

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Twitter : @CIUSSS_CN, @universitelaval

Déterminer le chevauchement moléculaire entre la MPOC et le cancer du poumon

Combler le fossé entre la science de laboratoire et l’application des connaissances

Erin Marshall
Université de la Colombie-Britannique (C.-B), Centre de recherche sur le cancer de la C.-B.

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie de personnes partout dans le monde. Venant à comprendre les conséquences de la MPOC de par mes expériences personnelles, j’ai développé un intérêt pour les mécanismes moléculaires qui accompagnent la progression de la MPOC vers le cancer du poumon. Les personnes atteintes de MPOC risquent sept fois plus d’avoir un cancer du poumon, même lorsque le tabagisme (un facteur de risque pour les deux maladies) est pris en considération. Biochimiste de formation, je m’applique à faire avancer notre compréhension des phénomènes moléculaires qui permettent peut-être au cancer de se développer chez ces patients.

Grâce à une bourse d’études supérieures du Canada Vanier, je peux contribuer à combler l’écart entre la science de laboratoire et l’engagement du public. Le leadership scientifique repose sur la participation communautaire. Pour avoir une incidence sur notre monde, il faut faire connaître les découvertes de manière efficace. Par conséquent, bien que les avenues actuelles d’application des connaissances scientifiques soient vitales pour notre domaine, le besoin demeure de rapprocher les auteurs des découvertes et ceux qui les utilisent. Je crois que nous serons ainsi plus à même de générer des données scientifiques accessibles et de favoriser des décisions éclairées.

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Repenser l’ergothérapie pour améliorer la vie sociale des aînés

Sous-titre : Y-a-t-il une solution rentable à leur isolement?

M. Pier-Luc Turcotte
Université de Sherbrooke

Les personnes qui ont une vie sociale active sont en meilleure santé et vivent plus longtemps. Mais près d’une personne aînée sur deux est à risque d'isolement social. Heureusement, les ergothérapeutes peuvent les aider avec un éventail d'interventions pour améliorer leur vie sociale.

Les ergothérapeutes peuvent notamment bâtir des liens avec des ressources de la communauté ou offrir des interventions en groupe, en plus de suivis personnalisés pour aider les aînés à avoir une vie sociale pleine de sens pour eux. Cependant, ces interventions sont peu offertes dans les services d'ergothérapie à domicile auprès des aînés.

Mon projet de doctorat permettra à des décideurs, des membres de la communauté et des ergothérapeutes de collaborer pour implanter des interventions axées sur la participation sociale des aînés. L’objectif de ce processus passionnant est d’inclure tous les acteurs qui gravitent autour de la personne qui reçoit des services à domicile, afin de favoriser sa participation sociale.

Ces recommandations serviront à guider les cliniciens, les décideurs et les membres de la communauté dans l'implantation de services à domicile qui améliorent durablement la santé de la population vieillissante canadienne.

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S’attaquer aux inégalités sociales dans le dépistage colorectal qui sauve des vies

Comprendre comment les inégalités surviennent et ce qui fonctionne pour les réduire

Mme Alexandra Blair, candidate au doctorat
Université de Montréal, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM)

Le cancer colorectal est la troisième cause de décès liés au cancer au Canada. En moyenne, ce cancer est diagnostiqué chez 73 Canadiens chaque jour, et 26 en meurent.

Ce constat est particulièrement dévastateur compte tenu des outils à notre disposition pour prévenir la maladie. Un dépistage colorectal régulier par recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) ou par test immunochimique fécal (TIF) est actuellement recommandé pour tous les adultes de 50 à 75 ans afin de découvrir les signes précoces de croissance tumorale. Ce dépistage sauve des vies. Toutefois, seulement 20 à 30 % des Canadiens d’âge admissible s’y soumettent régulièrement. Ce taux est encore plus bas dans certains sous­-groupes, comme chez les immigrants récents au Canada ou les personnes sans médecin de première ligne.

Financée par une bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC, ma recherche doctorale a consisté, à l’aide de données de recensement pour tout le Canada et de méthodes épidémiologiques, à identifier les déterminants sociaux du dépistage colorectal, à découvrir pourquoi certains groupes étaient moins enclins à se soumettre au dépistage que d’autres, et à déterminer si nos programmes de dépistage provinciaux actuels parviennent à réduire les inégalités dans le recours au dépistage.

En appuyant cette recherche, les IRSC m’ont aidée à me préparer à une carrière productive en épidémiologie sociale et en recherche sur l’équité en santé.

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Comprendre le génome non codant du cancer du sein luminal

Analyser comment des mutations jouent un rôle dans l’apparition ou la progression de la maladie

Dr Samah El Ghamrasni, Ph.D., boursier postdoctoral Banting
Réseau universitaire de santé/Centre de cancérologie Princess Margaret

Le génome humain est constitué de régions codantes, ou de séquences codant des protéines particulières, ainsi que de régions non codantes auparavant appelées « ADN poubelle ». Les avancées dans les technologies de séquençage de la prochaine génération ont permis de constater l’importance de cet « ADN poubelle » dans la régulation de nos cellules et de leurs fonctions. Avec la subvention de carrière catalyseur Susan Komen et la bourse postdoctorale Banting des IRSC, je peux étudier l’effet de changements dans les régions non codantes du génome humain sur le programme d’expression des gènes.

Le cancer du sein est considéré comme la deuxième cause de décès liés au cancer chez les Canadiennes. Bien que des milliers de mutations aient été découvertes en lien avec la maladie, la pertinence fonctionnelle de ces mutations en dehors des régions codant des protéines demeure inconnue. Cela m’a amené à cartographier le génome non codant des tumeurs du sein et à analyser les mutations dans ces régions qui peuvent influer sur l’expression de gènes clés. Une bourse de chercheur en début de carrière des IRSC m’a permis de voyager pour faire connaître les résultats de ma recherche à un plus vaste auditoire de scientifiques et de défenseurs des patients. Nos découvertes rendront possible une meilleure compréhension du mécanisme moléculaire qui sous-tend l’apparition et la progression du cancer du sein, ce qui conduira à de meilleures stratégies thérapeutiques pour les femmes qui en sont atteintes.

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Twitter : @SamahElgh, @UHN, @pmcancercentre

Améliorer la qualité des soins pour les patients à l’urgence

Établir un ensemble de mesures de la qualité pour la prise en charge des patients présentant une fracture de la hanche et en vérifier l’utilisabilité

Mme Sarah Filiatreault
Université du Nouveau-Brunswick

Je suis infirmière autorisée et je possède plus de 16 ans d’expérience en soins intensifs au Canada, en Australie et au Royaume-Uni. Je termine actuellement ma maîtrise en sciences infirmières à l’Université du Nouveau-Brunswick, sous la supervision de la Dre Marilyn Hodgins.

Ma recherche porte sur l’élaboration, la validation et l’évaluation de mesures fondées sur des données probantes de la qualité des soins à l’urgence. J’ai réussi à publier une synthèse des directives de pratique clinique fondées sur des données probantes pour la prise en charge des patients présentant une fracture de la hanche, y compris une synthèse des recommandations pour la période préopératoire. Ce travail a guidé l’établissement d’un ensemble de mesures de la qualité que j’entends mettre à l’essai dans ma recherche de thèse. J’espère que non seulement il procurera aux intervenants régionaux l’information qui éclairera leurs décisions quant à la qualité des soins à l’urgence, mais qu’il constituera la base d’un programme de recherche que je pourrais poursuivre dans la suite de mes études de doctorat.

J’ai présenté mon travail à la conférence de 2018 de l’Association canadienne pour la recherche sur les services et les politiques de la santé, où j’ai reçu le deuxième prix du concours d’affiches pour étudiants de l’ISPS des IRSC. Ce prix a renforcé encore ma détermination à améliorer la qualité des soins pour les patients aux urgences par la recherche sur les services et les politiques de santé.

Comprendre comment le cerveau fonctionne

Y a-t-il un moyen de contourner les lésions de la moelle épinière?

Dr Mohsen Jamali
Université Harvard/Hôpital général du Massachusetts

Quand j’ai commencé à étudier la médecine, j’ai appris l’anatomie, l’histologie et la physiologie humaines. De tous les organes humains, le cerveau est devenu ma structure favorite. La manière dont une substance chimique pouvait miraculeusement changer la mentalité d’un individu me fascinait. Ces observations ont piqué ma curiosité et ont été à l’origine d’une intense passion pour l’étude des rouages internes de cet organe.

Après avoir obtenu mon baccalauréat en sciences et mon diplôme en mathématiques en Iran, j’ai déménagé au Canada et entrepris mes études supérieures en neurosciences à l’Université McGill. Je me suis concentré sur le codage sensoriel de l’auto-mouvement sous la conduite de ma superviseure, la Dre Cullen. Notre recherche a débouché sur de nombreuses publications dans des revues à comité de lecture.

Intéressé par une carrière en neurosciences, j’ai décidé d’explorer de nouveaux domaines de recherche et me suis joint au laboratoire du Dr Williams pour mes études postdoctorales. Ici à Harvard, ma recherche porte principalement sur i) la mise au point d’une nouvelle méthode de « contournement » des lésions de la moelle épinière consistant à enregistrer les signaux du cortex moteur et à stimuler directement ensuite les nerfs périphériques pour provoquer le mouvement des membres, et ii) la compréhension des mécanismes de cognition et de compréhension des neurones individuels en les enregistrant chez les humains. Le but principal de ma recherche comme chercheur indépendant est d’utiliser des approches computationnelles en neurophysiologie pour mieux comprendre comment le cerveau fonctionne.

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Cibler les cellules cancéreuses du poumon

La recherche de nouvelles cibles thérapeutiques pour combattre les métastases et la pharmacorésistance

Dr Kabir A. Khan
Boursier postdoctoral Banting des IRSC, Institut de recherche Sunnybrook/Université de Toronto

Un des principaux buts de ma recherche actuelle en tant que boursier postdoctoral Banting des IRSC consiste à définir des marqueurs et des cibles médicamenteuses contre un phénomène appelé « cooption vasculaire ». On croyait généralement qu’une tumeur devait induire une augmentation de son propre approvisionnement en sang pour se développer, processus appelé angiogenèse tumorale. Cela a été le point de départ de la mise au point d’agents anticancéreux appelés inhibiteurs de l’angiogenèse.

Cependant, les cellules tumorales peuvent détourner la vasculature existante (cooption vasculaire) dans les organes richement vascularisés, comme les poumons, rendant inutile l’angiogenèse. Cela pourrait expliquer pourquoi certains patients ne répondent pas à ces inhibiteurs ou y deviennent résistants.

J’essaierai de mettre en évidence des marqueurs de cooption vasculaire pouvant permettre de prédire la réponse de patients à certains médicaments, ainsi que de fournir de nouvelles cibles pharmaceutiques pour bloquer les vaisseaux sanguins dont se sont emparées les tumeurs. J’examinerai aussi des traitements qui tournent le système immunitaire contre les tumeurs et qui sont utilisés en combinaison avec d’autres médicaments pour améliorer les résultats dans des cancers où l’immunothérapie s’est révélée peu efficace. Ces études supposeront des modèles expérimentaux de métastases pulmonaires où la tumeur primaire a été excisée chirurgicalement. Ces modèles imitent fidèlement les conditions de traitement des patients et ont une plus grande chance d’application clinique.

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Twitter : @taxiforkab

« Pizza et politique »

Une initiative de collaboration dirigée par des étudiants pour encourager les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs débutants en soins de première ligne à explorer les controverses de l’heure en matière de politiques de soins de santé au Canada, à les examiner et à en débattre

Le groupe d’étudiants « Pizza et politique »
Université McGill, Département de médecine familiale

Que savez-vous de la controverse actuelle au sujet de la rémunération des médecins au Québec? Et du programme canadien proposé de couverture publique des médicaments (assurance-médicaments)? Comme étudiants des cycles supérieurs et chercheurs débutants en soins de première ligne, nous sentions l’obligation d’approfondir notre compréhension des controverses actuelles au sujet des politiques canadiennes de soins de santé.

À cette fin, nous avons lancé au printemps 2018 « Pizza et politique », une série de séminaires dirigés par des étudiants et conçus pour encourager les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs débutants à examiner les réformes des soins de santé au Canada et à en débattre. Notre espace est unique parce qu’il offre un cadre collaboratif, où le jugement n’a pas sa place, et amusant pour explorer d’importants thèmes relatifs à la politique des soins de santé. Cette initiative a été financée par le Département de médecine familiale de McGill et la Société des étudiants diplômés en médecine familiale de McGill.

Nous continuons d’organiser des séminaires bimensuels à mesure que nous développons nos compétences et acquérons une expertise. « Pizza et politique » favorise une communauté diversifiée, engagée et informée qui tire parti de la perspective unique de chaque membre. Nous avons même utilisé cette plateforme pour inviter des conférenciers influents à notre département, présenter une affiche à une conférence internationale, et publier des articles d’opinion dans des revues à comité de lecture.

Twitter : @McGillFamMed

Se préparer à un tsunami de démence

Les réformes des soins de première ligne fonctionnent-elles?

Mme Nadia Sourial (candidate au doctorat)
Université McGill

La démence est une maladie dévastatrice et mortelle qui prive les personnes touchées de leur mémoire et de leur autonomie. Comme la population vieillit, on s'attend à ce qu'un Canadien âgé sur cinq en soit éventuellement atteint.

Les gouvernements provinciaux ont mis en œuvre des réformes qui ont pour but d’assurer des soins de meilleure qualité aux patients âgés complexes, atteints de démence par exemple, en étendant le rôle des groupes de médecine familiale. Mais comment dissocier l’effet de ces réformes de celui d’autres changements survenant au même moment dans le système de santé et des différentes caractéristiques des patients? De plus, sans preuves fiables de leur effet, comment les décideurs peuvent-ils prendre des décisions éclairées en matière de politiques? 

Ma recherche de doctorat, dans le cadre du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement, consiste à utiliser des méthodes d’inférence causale de pointe pour étudier, à l’aide de données couvrant l’ensemble de la population, l’impact de ces réformes en Ontario et au Québec sur les personnes atteintes de démence. Ma mission est d’aider à guider les investissements provinciaux et nationaux à venir dans les soins de la démence et, à terme, d’améliorer la vie d’une population vulnérable croissante à cet égard. Sur une plus vaste échelle, j’espère que l’évaluation des politiques nous aidera à mieux comprendre les réformes et les politiques de la santé semblables au Canada.

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Twitter : @nadiasourial

Lien moléculaire et neurobiologique entre les mauvais traitements subis durant l'enfance et le suicide

Une approche post mortem

Daniel Almeida
Université McGill

Les premières années de la vie constituent une période pendant laquelle le cerveau est plus sensible et capable de se modifier en réaction à son environnement. Par conséquent, les expériences indésirables vécues alors sont susceptibles d'engendrer des résultats psychologiques négatifs, et ce, jusqu'à l'âge adulte. Nos recherches visent à comprendre les changements moléculaires précis qui surviennent dans le cerveau à cause des mauvais traitements subis durant l'enfance et la façon dont ces modifications peuvent augmenter le risque de dépression majeure et de comportement suicidaire.

L'étude des modifications épigénétiques représente une manière intéressante de s'attaquer à cette question, car ces changements contribuent au développement du cerveau et réagissent aux expériences environnementales. Ma thèse de doctorat examine les modifications épigénétiques de l'ADN extrait de tissus du cortex cérébral de personnes qui, victimes de mauvais traitements durant l'enfance, se sont enlevé la vie. De récents progrès de la technologie de séquençage nous ont permis de nous concentrer sur des changements précis de type cellulaire apportés à l'épigénome et au transcriptome des neurones pyramidaux de la couche V.

Nos données ont révélé que les mauvais traitements subis durant l'enfant étaient associés au dérèglement de l'expression des gènes qui sont cruciaux pour le développement et le fonctionnement sains du cerveau. Les connaissances acquises grâce à ces recherches renforceront notre compréhension de la neurobiologie du suicide et de l'impact de forts prédicteurs du suicide sur notre cerveau. Nos recherches visent à comprendre les changements moléculaires précis qui surviennent dans le cerveau à cause des mauvais traitements subis durant l'enfance associés à un dérèglement et la façon dont ces modifications peuvent augmenter le risque de dépression majeure et de comportement suicidaire.

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Vivre dans un monde d'étrangers

Étude du traitement des visages par les nourrissons et les enfants

Dre Kirsten Dalrymple
Université du Minnesota

Environ un Canadien sur 50 ne développera jamais la capacité de reconnaître les visages. Ce trouble s'appelle prosopagnosie développementale ou cécité des visages. Ces personnes sont incapables de reconnaître des personnes familières (p. ex., des membres de la famille et des amis proches) ou même leur propre visage dans des photographies. J'étudie le traitement normal et anormal des visages chez les nourrissons et les enfants afin d'essayer de comprendre ce phénomène.

Après avoir obtenu mon diplôme de l'Université de la Colombie-Britannique, j'ai amorcé mon programme de recherche au Collège Dartmouth. Une bourse postdoctorale Banting m'a permis de transférer mes travaux à l'Institut du développement de l'enfant de l'Université du Minnesota, où je conçois des mécanismes de mesure du traitement des visages pour évaluer si les enfants éprouvent de la difficulté à reconnaître les figures. Également, j'enregistre de jeunes nourrissons (âgés de 3 mois) en train de regarder des visages. Les recherches antérieures indiquent que les nouveau-nés préfèrent regarder les visages plutôt que les objets. Nos recherches préliminaires laissent entendre que le côté droit du cerveau stimule peut-être cette préférence et qu'il joue un rôle particulier dans le traitement des visages entre adultes. La compréhension des mécanismes de traitement des visages par le cerveau pourrait nous aider à mieux saisir le développement de ce phénomène ou son absence chez des enfants ordinaires autrement.

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Rendre la chirurgie laparoscopique sans danger

Quand applique-t-on trop de force sur ces tissus abdominaux?

Amanda Khan, candidate M.D./Ph.D.
Université de Toronto — CIGITI (Centre for Image Guided Innovation and Therapeutic Intervention) à l'Hôpital pour enfants de Toronto (SickKids)

Quand je me trouvais dans la salle d'opération durant mes études de médecine, je m'interrogeais souvent sur les limites de la force que les chirurgiens peuvent appliquer lorsqu'ils opèrent sur des tissus. Ils ne peuvent absolument pas assurer le contrôle de leurs outils chirurgicaux et sont susceptibles de blesser accidentellement des tissus en les tenant trop longtemps.

Auparavant, les chirurgiens adoptaient une approche « ouverte » des opérations en touchant et en palpant les tissus. Ils pouvaient ainsi établir intuitivement la force à employer. Cependant, avec le passage à la chirurgie laparoscopique (qui fait appel à des instruments chirurgicaux longs et minces qui pénètrent l'abdomen par de minuscules incisions), les chirurgiens ne sont plus en mesure de jauger directement leur force.

Mes recherches visent à résoudre ce problème en créant une analyse histologique et deux appareils de mesure de précision novateurs. Ces initiatives aideront à déterminer la limite de la force pouvant être exercée sans danger sur divers tissus gastrointestinaux. Mon but ultime consiste à intégrer ces données dans la conception d'« outils intelligents » susceptibles de limiter automatiquement la force qu'un chirurgien peut appliquer sur chaque type de tissu.

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Trouver des approches axées sur la médecine de précision pour des traitements de la sclérose en plaques et des troubles mentaux graves

Identifier des biomarqueurs qui mèneront à de meilleurs traitements

Dre Kaarina Kowalec
Institut Karolinska

Je voulais être chercheuse dès l'âge de 10 ans, à peu près au moment où ma mère a reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ma curiosité scientifique m'a menée à la préparation d'un doctorat à l'Université de la Colombie-Britannique et à l'obtention d'une bourse postdoctorale Banting des IRSC. Durant mes études, j'ai identifié un sous-groupe de personnes atteintes de sclérose en plaques qui, si elles possédaient un biomarqueur génétique donné, couraient un plus grand risque de subir une lésion hépatique causée par un traitement médicamenteux couramment employé.

Ces travaux m'ont poussée à élargir la portée de mes recherches pour inclure les traitements utilisés en santé mentale. À titre de boursière Banting des IRSC à l'Institut Karolinska de Suède, j'examine pourquoi des personnes atteintes de troubles mentaux graves comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression et l'anorexie mentale, ne réagissent parfois pas aux traitements en raison de certains facteurs. Les résultats de mes recherches pourraient aider à l'élaboration de tests de dépistage des personnes qui ne réagiront pas à un traitement afin d'être en mesure de présenter une solution de rechange plus tôt.

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Twitter : @KaarinaKowalec

Combler les écarts : Établir des liens entre la recherche, la pratique et les politiques en matière de santé

Vers la mise en application et l'échange des connaissances dans le domaine de la recherche en santé

Dr Jonathan Lai
Université McGill

Il existe dans le domaine de la recherche sur les services de santé une grave congestion qui ralentit la mise en application de ses résultats. L'utilisation des connaissances provenant des premières lignes pour éclairer la recherche est tout aussi sous-optimale. Ma recherche vise donc à aborder cet enjeu : l'établissement de liens entre la pratique fondée sur des données probantes et les données probantes fondées sur la pratique.

J'ai commencé comme neuroscientifique. Intéressé par la relation qui existe entre le cerveau et l'esprit, j'en suis venu à étudier le cerveau et les troubles qui découlent des différences au niveau de son développement. Financée en partie grâce à la bourse d'études supérieures du Canada Vanier des IRSC, ma formation aux cycles supérieurs a porté sur le lien entre la biologie et le comportement en autisme.

Vers la fin de mon doctorat, j'ai pris conscience qu'il existait une congestion au niveau des données probantes et de la pratique. J'ai donc obtenu une bourse de recherche postdoctorale qui m'a permis d'effectuer des recherches axées davantage sur l'impact des politiques. Pour mieux comprendre les besoins des personnes atteintes d'autisme, je me suis efforcé de cerner les besoins en matière de santé et de services ainsi que les facteurs qui laissaient entrevoir des changements dans l'utilisation des services.

Mon travail actuel comme titulaire d'une bourse d'apprentissage en matière d'impact sur le système de santé des IRSC va plus loin. Dans une optique axée sur les systèmes, je travaille maintenant avec un organisme non universitaire pour combler l'écart entre les connaissances et la pratique, chercher à comprendre l'interface entre le milieu universitaire, la prestation des services et les politiques, et ainsi créer un changement durable dans notre secteur de la santé et des services sociaux.

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Lutter contre les contaminants environnementaux

Comment faire en sorte de manger des aliments salubres?

Dre Mélanie Lemire

Professeure adjointe, Centre de recherche du CHU de Québec, Département de médecine sociale et préventive, Université Laval
Titulaire de la chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique

Les produits locaux de la terre, des rivières et de la mer sont d'une qualité exceptionnelle et jouent un rôle de premier plan dans la transmission de la culture. Cependant, certains de ces aliments sont susceptibles d'emmagasiner des contaminants issus de l'environnement. Il importe de trouver des solutions qui empêcheront une exposition élevée aux contaminants par les femmes enceintes et les enfants, ce qui risquerait d'avoir des conséquences négatives ultérieurement. En outre, les supermarchés proposent des aliments ultratransformés qui sont tout aussi nuisibles. Comment pouvons-nous donc manger en toute sécurité et éviter les contaminants?

Quand je réalise mes recherches auprès des collectivités côtières, notamment autochtones, je déclare d'abord que je suis une fille du Bas-Saint-Laurent, une région rurale du Québec. Ainsi, les membres de la collectivité concernée voient que je connais bien les réalités des régions éloignées. Je collabore avec des partenaires communautaires pour discuter des avantages et des risques de la consommation d'aliments locaux. Je réunis des experts de diverses disciplines et des collègues d'un éventail d'autres organismes afin de réaliser des projets qui s'attaquent à ces enjeux. Je tire la plus grande fierté quand je constate que nos résultats influent sur les décisions prises aux niveaux local et régional et qu'ils soutiennent la mise au point d'outils destinés aux collectivités et aux praticiens.

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Mise au point d'une méthodologie novatrice alliant perceptions du public et recherche

Comment les discussions dans les médias sociaux peuvent aider à l'élaboration et à l'évaluation de programmes et de services de santé publique

Dre Meghan Lynch
Université de Toronto

Financées par une bourse d'études supérieures du Canada Vanier, mes recherches doctorales portaient sur les expériences et les perceptions d'enseignants à la maternelle au sujet des politiques d'éducation nutritionnelle et de saine alimentation qui visent leurs élèves. Après avoir constaté que les méthodes actuelles utilisées pour se faire une idée de ces expériences et de ces perceptions ne produisaient pas de résultats efficaces, j'ai intégré la netnographie, type d'ethnographie en plein essor qui est rarement employé en recherche en santé.

Cette méthodologie de recherche qualitative possède les mêmes objectifs que l'ethnographie, mais elle adapte les travaux à l'étude de contextes utilisant Internet (comme les babillards électroniques, Facebook, les blogues, etc.). En combinant le recours aux babillards électroniques, aux commentaires d'articles de nouvelles et à des entrevues par courriel et en personne, j'ai constaté que la netnographie engendrait une augmentation du nombre d'observations possibles de la part des enseignants. Plus précisément, l'analyse des discussions dans les médias sociaux a révélé des perspectives qui n'étaient pas ressorties des recherches antérieures. En alliant cette méthode à des entrevues qualitatives traditionnelles, je comprends comment d'importants facteurs sociaux peuvent influer sur la conception et la mise en œuvre des programmes et des politiques.

Je continue de tester empiriquement et d'intégrer la netnographie par l'entremise de recherches appliquées sur l'alimentation et la nutrition et de descriptions de cette méthode comme une démarche universitaire et non universitaire complémentaire pour l'élaboration et l'évaluation des politiques.

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Comment les données génomiques et les données cliniques connexes peuvent aider les enfants au Canada

Un nouveau cadre éthico-juridique mènera à de meilleurs traitements par les médecins

Vasiliki Rahimzadeh
Université McGill

Qu'arriverait-il si la clé de la découverte des étiologies les plus complexes des maladies infantiles dépendait d'une meilleure utilisation des données que nous possédons déjà plutôt que de la production de plus de données? J'analyse cette question dans mon projet de thèse, qui se concentre sur la nécessité de normes éthico-juridiques relatives aux données génomiques et aux données cliniques connexes sur les enfants au Canada.

Avec l'appui de la bourse d'études supérieures du Canada Vanier et en partenariat avec l'Alliance mondiale pour la génomique et la santé, mes travaux font appel à l'analyse comparative de politiques en matière de données et à des méthodes Delphi pour valider un cadre éthico-juridique d'échange de données pédiatriques. On faciliterait ainsi l'application rapide des découvertes cliniques, ce qui permettrait aux médecins d'établir des diagnostics plus exacts à propos de maladies génétiques rares et ferait en sorte que les enfants demeurent à l'avant-garde de la révolution génomique.

Par ailleurs, la bourse Vanier m'a permis d'examiner des systèmes et des applications de partage de données sans rapport avec la médecine et la recherche clinique et de proposer le recours à des technologies de chaînes de blocs inhérentes aux cryptomonnaies comme le bitcoin (des systèmes de données échangées de façon efficace et sûre qui aident les populations de patients vulnérables).

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Twitter: @projectpedigree

Il est temps de se réveiller!

Mise au point du métabolisme des cellules bactériennes pour maximiser l'efficacité antibiotique

Jonathan M. Stokes, Ph.D.
Institut de génie médical et de science médicale, Département de génie biologique, et Centre de biologie synthétique, Massachusetts Institute of Technology Institut Broad du MIT et de Harvard

Les antibiotiques tuent les bactéries en empoisonnant les machines cellulaires qui exécutent des fonctions comme la copie de l'ADN, la fabrication de protéines ou la construction d'une enveloppe cellulaire. Les bactéries peuvent survivre à une antibiothérapie a) en mutant la cible du médicament de façon que l'antibiotique ne puisse s'y fixer; b) en dégradant l'antibiotique pour l'inactiver; c) en pompant le médicament hors de la cellule. Cependant, il y a des cas où les bactéries peuvent survivre à une antibiothérapie en fermant la machine. Ces cellules, appelées persisters, deviennent inactives jusqu'à la disparition de l'antibiotique. Elles commencent ensuite à croître de nouveau et évitent d'être tuées parce qu'elles ne possèdent pas de gènes d'antibiorésistance. Malheureusement, nous nous sommes rendu compte récemment que les bactéries persistent souvent sur la voie d'une antibiorésistance totale. Par conséquent, comment peut-on tuer des bactéries qui ne font rien? On réveille les cellules endormies!

Mes travaux appliquent des technologies biochimiques et de calcul de pointe pour mettre au point des moyens de relancer le métabolisme cellulaire bactérien qui peut rendre les bactéries sensibles aux antibiotiques. Par mes recherches, je vise à accroître l'utilité de nos antibiotiques les plus précieux pour le traitement des infections, ainsi qu'à tirer parti du métabolisme distinct de diverses bactéries afin de concevoir des antibiothérapies propres à chaque espèce qui puissent tuer les mauvaises bactéries tout en gardant heureuses les bonnes.

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Twitter : @ItsJonStokes

Légalisation du cannabis au Canada

Évaluer l'impact du passage d'un marché illicite à un marché légal

Mme Elle Wadsworth
Université de Waterloo

Mes intérêts en recherche portent sur les politiques liées aux drogues depuis mes études de premier cycle, que j'ai effectuées au Royaume-Uni. Après avoir terminé une maîtrise en études sur la toxicomanie et avoir travaillé pendant plusieurs années dans le domaine de la recherche sur les politiques en matière de drogues, je me suis dit que le Canada serait l'endroit idéal pour poursuivre mes études doctorales étant donné la légalisation imminente du cannabis.

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée au monde et, au cours de la période d'interdiction du cannabis à des fins non médicales au Canada, les Canadiens ont acheté la drogue illégalement. La légalisation du cannabis au Canada vise à mettre en place un marché légal et à réduire (et éventuellement éliminer) le marché illicite. Ma recherche portera sur les modes d'accès des Canadiens au cannabis et sur la question de savoir si ces modes d'accès changeront après la légalisation. Nous mènerons un sondage auprès des jeunes et des adultes un mois avant la mise en œuvre, puis ferons des suivis annuels après la mise en œuvre. L'étude permet d'établir des comparaisons au Canada, surtout dans les cas où les lois provinciales diffèrent, ainsi que des comparaisons entre le Canada et des états américains. Les résultats contribueront à l'ensemble des données probantes évaluant l'impact de la légalisation du cannabis sur le marché illicite et les politiques de santé publique qui en découlent à un moment pertinent, c'est-à-dire tandis que le monde entier nous observe.

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Twitter : @ElleShawad @WhattheCrackPod @UWaterloo

Suppression de la réplication du VIH-1 par les enzymes APOBEC3

Le VIH-1 riposte pour éviter un système de défense naturel du corps

Dre Linda Chelico
Université de la Saskatchewan

Le laboratoire Chelico étudie des enzymes humains (la famille APOBEC3) qui peuvent résister à la réplication du virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) en modifiant chimiquement l'ADN du virus et en le rendant inopérant. Le virus riposte en produisant une enzyme (le facteur d'infectivité virale ou Vif) qui amène par la ruse le corps à détruire ses propres enzymes de défense. La compréhension du fonctionnement des enzymes humaines et de la façon dont le Vif l'empêche permettra de mener à la conception de nouveaux traitements pour les personnes infectées par le VIH.

Comme ce combat se livre au niveau des protéines, nous recourons à des techniques biochimiques et biophysiques pour caractériser l'interaction entre les protéines humaines et virales et la manière dont les enzymes APOBEC3 se déplacent dans l'ADN du VIH. Nous serons ainsi en mesure de mettre au point de nouveaux réactifs qui perturberont le fonctionnement du Vif du VIH et de développer de nouveaux traitements contre ce virus. Bien que le VIH puisse être traité comme une maladie chronique mais gérable au Canada grâce aux traitements actuels, on fait présentement face à des effets secondaires sur la santé, à la résistance virale, à la stigmatisation et à l'absence de guérison. La mise au point d'un composé thérapeutique susceptible d'utiliser les défenses propres à l'organisme offre la possibilité d'atténuer les problèmes des traitements actuels du VIH.

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Twitter : @usask

Quand la radiothérapie traditionnelle ne fonctionne pas, il faut chercher ailleurs

Développement de nouveaux médicaments susceptibles de lutter contre le cancer du sein triple négatif

Benoit Paquette, PhD
Université de Sherbrooke

Les cancers du sein sont classés en cinq sous-types, dont le cancer du sein triple négatif (CSTN) et le luminal A. Les patientes atteintes de ce dernier cancer connaissent rarement une récidive et la plupart d'entre elles sont guéries. Cependant, environ 30 % des patientes atteintes de CSTN font face à une récidive trois ans après les traitements. Et, malheureusement, les traitements actuels sont inefficaces pour guérir ces patientes.

Notre équipe examine des recherches sur des études précliniques des modèles du CSTN qui montrent que la radiation accroît l'invasion des cellules tumorales, le nombre de cellules de ce type en circulation et le développement des métastases. Bien que ces effets indésirables de la radiation aient été observés chez les patientes atteintes de CSTN, ils sont inexistants chez celles souffrant de cancer luminal A. De nouveaux médicaments sont maintenant en train d'être conçus afin de bloquer la récidive chez les patientes atteintes de CSTN.

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En quête d'un traitement de la cécité cornéenne

Pourquoi des gens éprouvent-ils des problèmes causés par le gène SLC4A11 qui est lié aux yeux?

Dr Joseph Casey
Université de l'Alberta

Toute la lumière que nous voyons traverse la cornée, surface extérieure de l'œil. Tout ce qui réduit la clarté cornéenne a une incidence négative sur notre vision. Les dystrophies cornéennes sont des maladies oculaires qui opacifient la cornée d'une personne.

La dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs (FECD) atteint une personne sur 25 de plus de 50 ans. La dystrophie endothéliale congénitale héréditaire (CHED) est rare, mais elle touche les enfants à la naissance ou au cours des deux premières années de vie. Ces deux types de dystrophie cornéenne découlent de changements génétiques (de l'ADN) hérités des parents.

Les patients atteints de FECD ou de CHED ont une vision très trouble en raison de l'accumulation de liquide dans la cornée. Des gouttes ophtalmiques spéciales ou l'utilisation d'un séchoir à cheveux sur la cornée peuvent procurer un certain soulagement, mais, au bout du compte, seule une greffe de cornée améliorera efficacement la vision à long terme.

De concert avec les Dres Isabelle Brunette (Université de Montréal) et Stéphanie Proulx (Université Laval), nous nous efforçons de comprendre ce qui ne va pas dans les yeux des personnes dont la FECD ou la CHED est causée par des modifications à un gène appelé SLC4A11. Nous avons recensé certains médicaments susceptibles de corriger le problème de l'opacification des cornées des patients. En outre, nous nous penchons sur de nouvelles approches visant à retarder la baisse de la vue chez les personnes atteintes.

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La médecine factuelle et la recherche clinique

Les deux sont essentielles, mais aucune n'est idéale

Dr Muhammad Siddiqui, MBBS, M.Sc., Ph.D.
Autorité sanitaire de la Saskatchewan — Regina

J'ai travaillé comme praticien au Pakistan jusqu'en 2007, puis j'ai déménagé au Royaume-Uni pour faire un doctorat en recherche sur le diabète et suivre une formation postdoctorale en recherche clinique et épidémiologique. Au cours de mon expérience clinique dans un centre de soins tertiaires, j'ai eu la chance de pouvoir répondre aux besoins de nombreux patients, et l'aide que j'apportais à des collègues pour qu'ils améliorent leurs compétences me procurait une joie constante. Mon expérience de travail dans un hôpital m'a permis de comprendre la nécessité, pour les cliniciens, de se tenir au courant des nouvelles connaissances qui les aideront dans leur pratique.

À titre de clinicien, j'ai lu sur les recherches les plus récentes en médecine dans diverses revues et j'ai assisté à des séminaires et à des ateliers. J'ai toutefois constaté que je pourrais offrir un service encore meilleur comme chercheur en aidant une population beaucoup plus vaste.

Aujourd'hui, en qualité de chercheur scientifique, je comprends mieux la médecine factuelle et les essais cliniques, les exigences des bonnes pratiques cliniques de la Conférence internationale sur l'harmonisation (BPC de l'ICH), l'éthique médicale, les exigences en matière de recherche pour la réalisation des essais, et l'application des connaissances. J'encourage les cliniciens, les résidents et les étudiants du premier cycle à se renseigner sur l'incidence possible de leur recherche médicale sur leur pratique. Je les encourage aussi à recourir consciencieusement, explicitement, judicieusement et raisonnablement aux données probantes lors de la prise de décisions sur les soins des patients pris individuellement. Ils pourraient notamment renforcer les capacités, donner des conseils et consulter sur tous les aspects de la recherche (y compris la conception et l'éthique de la recherche ainsi que les statistiques relatives à Regina et à la région environnante).

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Aider à améliorer la vie des prématurés

Comprendre leurs problèmes respiratoires, neurologiques et cardiovasculaires pour réduire les risques

Dr Georg Marcus Schmölzer
Université de l'Alberta

Chaque année, 15 millions de bébés naissent prématurément dans le monde entier. Une importante proportion d'entre eux souffrent pendant toute leur vie de maladies pulmonaires chroniques ou de déficiences neurodéveloppementales. Cette situation impose un lourd fardeau sur les ressources en santé et les familles, étant donné que ces nourrissons doivent être souvent réadmis à l'hôpital. L'amélioration des soins aux bébés nés trop tôt diminuera les complications à long terme et assurera une meilleure qualité de vie à ces nouveau-nés et à leur famille.

En réponse à ce besoin, en 2014, nous avons établi le Centre d'étude de l'asphyxie et de la réanimation (CSAR en anglais) comme programme de calibre mondial propre au Canada. Nos recherches visent : 1) à comprendre les changements respiratoires, cardiovasculaires et neurologiques fondamentaux qui surviennent immédiatement après la naissance; 2) à perfectionner les diagnostics, à atténuer les risques et à améliorer la survie et la qualité de vie des prématurés.

Nos travaux ont modifié la façon dont ces bébés reçoivent un soutien respiratoire à la naissance et dans l'unité néonatale de soins intensifs. Notre approche a été adoptée dans des salles d'accouchement du monde entier. Le CSAR réalise actuellement une dizaine d'essais randomisés destinés à améliorer la survie et à s'attaquer aux maladies pulmonaires chroniques et aux déficiences neurodéveloppementales.

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Amélioration de la santé mentale maternelle et du développement de l'enfant par une intervention vidéo axée sur la rétroaction (VID-KIDS)

Un essai clinique vise à améliorer la qualité et les bienfaits de l'interaction mère-enfant

Nicole Letourneau, inf. aut., Ph.D., MACSS, titulaire de la chaire de l'Alberta Children's Hospital Foundation en santé mentale des parents et des enfants, directrice de RESOLVE Alberta et chercheuse principale du programme d'étude CHILD

Panagiota Tryphonopoulos, inf. aut., Ph.D., Université de Calgary, Faculté des sciences infirmières et École de médecine Cumming (pédiatrie, psychiatrie et sciences de la santé communautaire)

Les interactions sensibles et réceptives entre les mères et leur nourrisson jettent les fondements du développement sain des enfants. La qualité de ces échanges diminue lorsque la dépression postpartum de la mère accroît le risque de problèmes comportementaux et cognitifs chez les enfants.

De nouvelles interventions sont-elles susceptibles de soutenir les mères et leur nourrisson quand ils font face à ce problème?

Une étude pilote a révélé que le recours à une vidéo guidée par une infirmière a amélioré les interactions mère-enfant dans le contexte de la dépression postpartum maternelle. En motivant les mères à jouer davantage, les nourrissons semblaient prêts à interagir. Grâce au financement des IRSC, notre équipe de recherche a élargi la portée de l'étude pilote pour évaluer les effets de la guidance interactive par rétroaction vidéo pour l'amélioration de l'interaction entre les mères déprimées et leur nourrisson (VID-KIDS) à Calgary. Elle se penche sur l'efficacité de VID-KIDS du point de vue des interactions maternelles, du développement du nourrisson, des symptômes maternels de dépression et d'anxiété et du sentiment d'efficacité personnelle sur le plan du parentage. En cas de réussite, il est possible que VID-KIDS soit intégré dans les services de santé publique fournis à Calgary afin de favoriser à la fois la santé mentale maternelle et le développement optimal de l'enfant.

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Twitter : @DrNLetourneau

L'échange de données sur la santé publique entre organismes communautaires

Peut-elle mener à l'équité en santé pour les membres de la population?

Mme Nicole Andruszkiewicz
Mme Christina Carfagnini
Mme Cassie Ogunniyi
Mme Allison Branston
Dr M. Mustafa Hirji

Santé publique et services d'urgence, région du Niagara

Les agences locales de santé publique (ALSP) peuvent faire progresser l'équité en santé en communiquant des données démographiques et sanitaires locales à leurs partenaires communautaires. Ces derniers peuvent se servir de cette information pour adapter les services aux besoins de leur clientèle. Notre équipe de Santé publique et services d'urgence, région du Niagara, a dirigé un projet local financé par Santé publique Ontario et cinq autres ALSP. Nous voulions trouver les meilleurs moyens de choisir, d'analyser et de distribuer des données sur la santé avec des partenaires communautaires locaux.

Nous avons notamment effectué une revue de la littérature et un sondage en ligne, dialogué et réalisé un projet pilote qui a fait ressortir trois thèmes communs : l'importance de comprendre les besoins des organismes communautaires; l'intérêt à établir des relations, la confiance et la réciprocité entre les organismes en matière d'échange de données; la nécessité d'accroître la capacité des partenaires communautaires qui peuvent utiliser et interpréter celles-ci.

Nous sommes en train de mener une étude d'impact pour évaluer l'échange de données avec trois organismes pilotes et de rédiger un guide visant à aider d'autres ALSP à transmettre de l'information à leurs partenaires communautaires afin d'améliorer la santé des membres de la collectivité.

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  • Lien vers des produits des projets communautaires locaux

Twitter : @NRPublicHealth

Projet « Jeunesse en santé » de Brock

Aperçu du développement cérébral des adolescents et de leur prise de risques pour leur santé

Dre Teena Willoughby
Université Brock

L'adolescence constitue une période sensible du point de vue de l'adoption de comportements dangereux pour la santé, comme la consommation de substances, l'inactivité physique, une mauvaise alimentation et des pratiques sexuelles risquées. Selon le modèle de double système imaginé à propos du développement cérébral des adolescents, des régions du cerveau en jeu dans le traitement des émotions et des récompenses potentielles semblent matures à l'adolescence, tandis que celles mises à contribution pour le contrôle des réactions émotives et impulsives ne le sont pas encore.

Un tel décalage explique peut-être pourquoi les adolescents ont tendance à aimer la nouveauté et sont plus enclins que les adultes à prendre des risques. Le projet « Jeunesse en santé » de Brock évalue le modèle de double système par une étude longitudinale des comportements dangereux pour la santé au cours de l'adolescence. Il s'intéresse notamment à l'activité cérébrale, à la génétique, à l'état endocrinien, à l'activité physique, à la personnalité et aux facteurs environnementaux. Âgés de 8 à 13 ans lors de la première année, 1 200 garçons et filles participent à l'étude. Ils répondront à des sondages annuels pendant 5 ans. En outre, un sous-ensemble prend part à un volet d'analyses de laboratoire d'une durée de trois ans. Ce projet produira les réalisations suivantes : une enquête intégrée du développement des comportements dangereux pour la santé qui sont adoptés par les adolescents, un soutien (ou non) fondé sur des données probantes du modèle de double système, des mises à jour annuelles des facteurs qui ont une incidence sur les comportements dangereux pour la santé et l'activité cérébrale au fil du temps, et une application généralisée des constatations grâce une solide équipe de chercheurs et de partenaires et à des stratégies intégrées de transfert des connaissances.

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Twitter : @Brock_LDRC

Laisser les enfants prendre des risques pour assurer leur sécurité

Jouer à l'extérieur est important pour la santé et le développement des enfants

Dre Mariana Brussoni
Université de la Colombie-Britannique

Autrefois, il était normal que les enfants passent de longues heures à l'extérieur et loin d'adultes vigilants. Aujourd'hui, toutefois, ils sont plus souvent à l'intérieur, supervisés et devant un écran. Nous commençons à peine à comprendre les conséquences, y compris les effets sur l'activité physique, la santé mentale et le développement cognitif. L'une des principales raisons de ce changement est la perception que le monde n'est pas aussi sûr qu'avant, malgré le fait que les taux de blessures subies durant l'enfance sont à leur plus bas.

À titre de chercheuse, de psychologue du développement et de parent, je suis bien au fait des statistiques sur les blessures et des effets possibles de la surprotection sur la santé et le bien-être des enfants. J'ai pour vocation de mieux comprendre ce problème et d'aider à restaurer l'équilibre. Mon laboratoire a conçu OutsidePlay.ca [en anglais seulement], outil en ligne qui aide les parents à gérer leurs craintes et à élaborer un plan de changement afin que leurs enfants puissent jouer à l'extérieur même en présence de quelques risques. Cette initiative s'inscrit dans un effort collectif destiné à faire en sorte que les enfants perçoivent le monde comme un lieu plein de possibilités plutôt que de dangers.

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Twitter : @mbrussoni

Santé sexuelle et santé mentale

Les deux côtés d'une même médaille

Mme Neelam Saleem Punjani
Université de l'Alberta

La santé mentale, la santé physique et les conditions sociales constituent trois aspects essentiels de la vie qui sont interdépendants et interreliés. Bien que la communauté internationale se soit engagée à s'attaquer aux problèmes de santé mentale liés à la santé sexuelle et reproductive, trop de filles et de femmes souffrent encore des effets d'une faible estime de soi, de la culpabilité, de l'anxiété, de la dépression et du suicide.

Les parents sont traditionnellement ceux qui renseignent les jeunes sur la santé sexuelle, mais leur malaise, leur embarras et le manque de connaissances rendent la tâche ardue. Cette situation risque d'engendrer de multiples facteurs de stress pour les parents et les enfants.

Ma recherche doctorale examinera le stress et l'anxiété chez les jeunes filles (de 11 à 19 ans) et leurs parents à propos de la santé sexuelle et de la sexualité. Elle mènera à l'élaboration d'interventions éducatives factuelles et axées sur la personne pour résoudre ces problèmes.

Cette recherche pourrait aider à améliorer les soins de santé mentale dispensés aux jeunes filles ainsi que la santé sexuelle par le recours à des politiques, à des stratégies, à des programmes, à des services, à des statistiques, à de la formation et à des publications. Les résultats seront utiles pour les adolescentes et leurs parents de même que pour les infirmières et les professionnels de la santé. Il sera possible d'en tenir compte lorsqu'on se penchera sur les aspects de la santé sexuelle qui ont un rapport avec la santé mentale.

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Twitter : @NeelamPunjani

Aider les familles à faire face à la maladie d'Alzheimer grâce à l'innovation scientifique

La lutte pourrait-elle inclure une prévention axée sur la bêta-amyloïde et la tau?

Dr Donald Weaver
Réseau universitaire de santé et Université de Toronto

Lorsqu'un couple a été marié pendant 40 à 50 ans et s'est bâti une vie ensemble, il est déchirant de voir l'un de ses membres ne plus reconnaître l'autre. Chaque semaine, dans notre clinique des troubles de la mémoire, je dois dire à des gens atteints de démence, habituellement la maladie d'Alzheimer, et à leurs proches que je ne dispose d'aucun médicament curatif qui puisse aider. La maladie d'Alzheimer touche les patients, leur conjoint, leur famille et peut-être même la santé socioéconomique des pays. Le besoin de médicaments « curatifs » qui modifient l'évolution de cette maladie est devenu une priorité neuropharmacologique non seulement au Canada, mais dans le monde entier.

Situé à l'Institut de recherche Krembil du Réseau universitaire de santé, mon laboratoire se concentre sur la conception, la synthèse et l'optimisation de nouvelles molécules pour le traitement de la maladie d'Alzheimer. Par exemple, nous travaillons sur des stratégies médicamenteuses pour atténuer les effets potentiellement toxiques d'une inflammation excessive du cerveau, qui contribue peut-être à la maladie. Par ailleurs, à l'aide de techniques de conception de médicaments assistée par ordinateur, nous sommes en train de mettre au point des traitements novateurs visant à bloquer le pliage anormal des protéines cérébrales, comme la bêta-amyloïde et la tau, qui favorisent la progression de la maladie d'Alzheimer. Grâce au financement des IRSC et d'autres organismes, nous avons réussi à développer une nouvelle classe d'agents uniques capables de prévenir le pliage anormal à la fois de la bêta-amyloïde et de la tau. Récemment, nous nous sommes associés avec les Laboratoires Servier, société pharmaceutique parisienne. Nous avons hâte de collaborer avec eux pour mettre sur le marché un médicament qui modifiera l'évolution de la maladie et aidera les nombreuses personnes et familles en attente d'un tel agent.

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Twitter : @DrDonWeaver @KrembilRI

Des soins pour les personnes atteintes de démence

Participation active à la vie : facteur clé dans la promotion de la santé

Dre Alison Phinney
Université de la Colombie-Britannique

Plus jeune, lorsque j'étais infirmière, je m'occupais de personnes atteintes de démence et je me demandais souvent comment elles de vivaient avec la maladie. Cette curiosité m'a menée à des études doctorales dans le cadre desquelles j'ai mis au point des méthodes de mobilisation des personnes atteintes de démence dans la recherche, par des entrevues et l'observation des participants, afin de mieux comprendre leur vécu. Depuis, j'ai continué à explorer ce domaine d'intérêt, intégrant les sciences sociales et les perspectives en matière de santé, pour connaître les actions qui peuvent être entreprises dans les organisations et les communautés afin de soutenir l'identité individuelle et la citoyenneté sociale d'un nombre accru de personnes souffrant de démence. Nos recherches actuelles emploient des méthodes qualitatives appliquées permettant d'étudier les perceptions et les expériences des gens relativement aux activités significatives, et la façon dont les communautés peuvent aider ces personnes à poursuivre ce genre de participation. Nous avons découvert que pouvoir s'exprimer de façon physique et créative est essentiel au bien-être, et permet aux gens de conserver leur rôle de citoyens à part entière.

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Les acides biliaires... c’est la vie!

Life is BilE Acid UTIFUL!

Dr Olivier Barbier
Université Laval

Les acides biliaires se situent au croisement des sciences du médicament, de la nutrition, du microbiome et de l'environnement. Si certains d'entre eux sont utilisés en clinique, d'autres jouent un rôle central dans les relations entre l'alimentation, les microorganismes intestinaux et notre organisme. Non seulement les acides biliaires facilitent les échanges d'informations entre les organes (le foie et l'intestin, par exemple), mais ils participent aussi à la communication entre les cellules (pour moduler l'inflammation du foie par exemple), tout en permettant à la cellule de contrôler sa propre disparition. Ils jouent aussi un rôle essentiel dans la nature, puisqu'ils servent de phéromones pour permettre aux saumons, truites et autres anguilles de se reproduire et de fuir leurs prédateurs!

Les acides biliaires sont donc des objets d'étude fascinants, tant du point de vue des sciences fondamentales que pour leur potentiel thérapeutique. Leurs applications, tant cliniques qu'environnementales, ne sont qu'effleurées et restent à découvrir pour la plupart. C'est à cette tâche que s'attellent les membres du laboratoire de pharmacologie moléculaire du Centre de recherche du CHU de Québec – Faculté de pharmacie de l'Université Laval. En combinant des approches de biologie moléculaire à la métabolomique ciblée, Olivier Barbier (directeur du laboratoire), Mélanie Verreault et Jocelyn Trottier (professionnels de recherche et cofondateurs du laboratoire), ainsi que plusieurs étudiants des cycles supérieurs et stagiaires de recherche, décryptent les propriétés pathophysiologiques de ces molécules et leur trouvent de nouvelles applications.

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Étendre la portée d’interventions fondées sur des données probantes au moyen de partenariats et d’une approche axée sur la santé publique

Des messages au sujet des bienfaits pour la santé peuvent être aussi efficaces que les vaccins

Dre Theresa Tam
Administratrice en chef de la santé publique du Canada, Agence de la santé publique du Canada

J'ai entrepris ma carrière comme spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques, car le soin des patients m'attirait et je voulais comprendre les interactions humains-agents pathogènes. Consciente de l'importance de la santé publique pour lutter contre les causes profondes de la maladie, j'ai étudié en épidémiologie et fait mon entrée dans la fonction publique fédérale avec en ligne de mire les maladies infectieuses et l'impact de l'immunisation sur la population.

À titre d'administratrice en chef de la santé publique du Canada, je continue d'assouvir ma passion pour la science par mon engagement à constituer une solide base de données probantes pouvant inciter à l'action en santé publique. Ce rôle me permet de mettre à profit des réseaux et des partenariats existants, qui transcendent les domaines d'expertise, les frontières et les cultures, afin de travailler en collaboration pour trouver des solutions aux questions vastes et complexes que nous avons à affronter à l'échelle nationale et internationale.

Je crois que la santé publique doit réduire les inégalités afin que tous les Canadiens puissent jouir d'une santé optimale. Cela suppose de faire appel à d'autres secteurs et d'incorporer la recherche et l'innovation d'autres disciplines afin que leurs fruits puissent être communiqués au public. Un message de santé publique peut être aussi important et efficace qu'un vaccin. Grâce à de solides données probantes et à des partenariats innovants, j'entends utiliser ma voix pour livrer des messages crédibles, utiles et qui favorisent l'autonomie.

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Aider les patients canadiens à avoir accès à des médecins de famille et à des infirmières

Comment les données de MAAP-NS pourraient rapporter au système de santé du Canada

Dre Emily Gard Marshall
Université Dalhousie

Le vieillissement et la multimorbidité croissante de la population canadienne rendent extrêmement important l'accès aux soins de santé de première ligne. À mon arrivée en Nouvelle-Écosse en 2009, j'ai essayé de trouver un médecin de famille. Après plusieurs tentatives infructueuses, je me suis dit : « J'aimerais bien pouvoir appeler chaque médecin et infirmière praticienne de la province pour savoir s'ils acceptent de nouveaux patients! »

C'est ainsi que j'ai lancé « MAAP-NS: Models and Access Atlas of Primary Care in Nova Scotia », la première étude canadienne jumelant les données de recensement sur les fournisseurs et les pratiques de soins de première ligne aux résultats en matière d'égalité et d'exhaustivité à partir de données administratives. Depuis, des chercheurs ont recueilli des données MAAP à l'Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve et en Colombie-Britannique. J'ai entrepris des études pour comprendre ce que c'est d'être un patient sans médecin et quelles démarches peuvent être suivies pour améliorer l'accès aux soins de première ligne dans le système de santé du Canada. Collectivement, mon équipe intersectorielle et interdisciplinaire s'emploie à créer un pôle national de recherche sur les soins de première ligne doté d'ensembles de données robustes, multiméthodes et couplés qui répondent aux besoins du système de santé.

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Le financement de démarrage des IRSC donne naissance à un programme d’éducation national pour hommes atteints du cancer de la prostate

Aider les patients et leurs partenaires à composer avec les effets secondaires des traitements médicamenteux contre le cancer

Dr Richard Wassersug
Université de la Colombie-Britannique

Il y a dix ans, j'ai reçu une petite subvention des IRSC. Ce coup de pouce a donné naissance à un programme d'éducation national visant à aider les hommes atteints du cancer de la prostate à composer avec les effets secondaires de leurs traitements. Ce programme est maintenant financé par l'industrie, et un livre en a été tiré. J'ai aussi été communicateur scientifique, scientifique résident et chroniqueur pour des émissions comme Daily Planet et la chaîne Discovery canadienne, et je collabore actuellement à une émission radiophonique sur les ondes de CBC. Plus d'une douzaine d'articles ont été publiés sur cette recherche.  

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Recherchées : aptitudes naturelles en résolution de problèmes!

Du questionnement incessant jaillit la découverte : une chercheuse fait part de son cheminement de carrière

Dre Katey Rayner
Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

Être scientifique n'est pas exactement ce que j'imaginais. J'ai été attirée par la recherche biomédicale simplement parce que j'aimais comprendre les causes des maladies pour qu'on puisse ensuite les guérir. Cependant, au cours des dix dernières années, je me suis rendu compte qu'être scientifique signifie aussi détenir une expertise de pointe dans la compréhension du fonctionnement du corps humain.  

J'ai vu combien notre compréhension des maladies du cœur a évolué. Dans mon laboratoire, nous tentons de comprendre ce qui déclenche l'inflammation anormale des artères et quels outils nous pouvons utiliser pour mieux diagnostiquer les maladies du cœur avant qu'elles ne provoquent une crise cardiaque. Les études comme la nôtre finissent par produire des résultats en clinique : le premier essai clinique utilisant un anti-inflammatoire a permis de réduire l'incidence des crises cardiaques et des AVC. C'est donc un succès : notre recherche contribue aux progrès permettant d'aider les millions de personnes pour qui les traitements actuels contre les maladies cardiovasculaires sont simplement inefficaces.   

Mais surtout, en cours de route, j'ai eu du plaisir à travailler avec les plus brillants jeunes scientifiques du Canada, ce qui est de loin l'aspect de mon travail que je préfère le plus!

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Une sommité mondiale en néonatalogie divulgue sa recette personnelle du succès

Une curiosité insatiable, une écoute attentive et une croyance inébranlable en ses moyens : trois ingrédients essentiels à un impact durable

Dr Shoo Lee
Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC
Hôpital Mount Sinai

Tout au long de ma carrière, mon objectif est toujours resté le même : produire un impact. En se posant constamment des questions, en écoutant attentivement et en croyant en soi-même, on peut accomplir des réalisations surprenantes.

Je suis d'origine modeste. Mes parents étaient analphabètes, mais ils accordaient beaucoup d'importance à l'éducation et donnaient priorité au paiement des frais de scolarité, même lorsque nous n'avions pas assez à manger. J'ai gardé cette leçon à l'esprit tout au long de mes études de médecine et dans mon travail pour faire du Canada un leader mondial en soins néonataux.

J'ai maintenant la chance d'être directeur scientifique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC, ce qui me permet de faciliter la mise en œuvre d'améliorations qui auront un impact sur la santé et le bien-être de tous les Canadiens. Nous avons d'abord demandé à nos chercheurs et à nos cliniciens : comment pouvons-nous VOUS aider à produire un impact? À partir de leurs réponses, nous avons élaboré notre plan stratégique – Les assises d'une vie en santé – lequel a guidé nos principales initiatives, entre autres Trajectoires de vie en santé et Initiative sur les naissances prématurées. Nous avons ensuite axé nos efforts sur le développement des capacités par le financement de chercheurs en début de carrière et d'équipes de cliniciens-chercheurs et la création de chaires de recherche appliquée pour scientifiques en milieu de carrière.

Avec toutes ces ressources en place et celles à venir, voici venu votre tour de produire un impact!

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Saisir une occasion alléchante de s’aventurer en territoire inexploré

Le soutien des IRSC a contribué à démontrer que la « CapZ » est une protéine dynamique contrôlant les signaux des maladies du cœur

Dr Glen Pyle
Université de Guelph

Comme boursier postdoctoral à l'Université de l'Illinois, je me suis retrouvé en présence d'une protéine appelée « CapZ », dont la fonction semblait bien définie. Mais certains détails des études réalisées sur cette protéine laissaient supposer qu'elle pouvait avoir un rôle plus important et inexploré, ce qui offrait une occasion alléchante de m'aventurer en territoire inconnu. Ces idées inspirées par notre curiosité ont constitué la base de notre premier projet financé par les IRSC, et nous travaillons à élucider le mystère de la CapZ depuis ce temps.

À nos débuts, la CapZ était considérée comme une protéine passive mais importante, contribuant à tenir en place le muscle cardiaque. Avec le soutien des IRSC, nous avons démontré que la CapZ est en fait une protéine dynamique qui contrôle les signaux des maladies du cœur.

Nous avons découvert que de légères variations de la quantité de CapZ avaient un effet protecteur contre les crises cardiaques, et nous travaillons maintenant à transformer cette découverte en un traitement pour les patients.

Plus récemment, nos travaux soutenus par les IRSC ont permis de découvrir que ces mêmes variations de la quantité de CapZ avaient pour effet de ralentir le vieillissement du cœur. Il s'agit d'un fait intéressant, car les niveaux de CapZ varient selon le sexe, ce qui pourrait expliquer l'écart dans l'espérance de vie des hommes et des femmes.  

Le financement des IRSC a été essentiel à l'application des résultats de nos recherches en contexte réel, dans la lutte contre les maladies du cœur.

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À l’avant-garde d’une « révolution génétique »

Une fascination pour la génétique moléculaire a donné le coup d’envoi à une brillante carrière en génétique et en génomique

Dr Paul Lasko
Institut de génétique des IRSC
Université McGill

Ma fascination pour la génétique moléculaire remonte à l'époque où je travaillais à un projet de recherche dans un laboratoire indépendant en tant qu'étudiant de premier cycle au Harvard College, quand j'ai commencé à travailler avec la mouche à fruits, ou drosophile, dans le cadre de mon projet de doctorat au Massachusetts Institute of Technology. Durant ma formation postdoctorale à l'Université de Cambridge, je me suis tourné vers l'étude du contrôle génétique du développement, processus par lequel une cellule unique engendre un organisme multicellulaire. 

À l'Université McGill, en 1990, j'ai créé mon propre groupe de recherche fondamentale sur les drosophiles afin de comprendre les mécanismes génétiques qui contrôlent la reproduction et le développement des animaux, depuis la fertilisation jusqu'à l'âge adulte. 

Nos travaux ont notamment porté sur le gène vasa, qui est relié à la biologie des cellules germinales et des cellules souches chez l'humain. Le dérèglement de ce gène est associé aux syndromes de malignité et d'infertilité masculine. En 1999, j'ai participé au « jamboree d'annotation » de Celera, un effort sans précédent et historique de la communauté internationale pour modéliser le génome humain en se servant d'information tirée de la séquence génomique de la drosophile.

En collaboration avec le laboratoire de Nahum Sonenberg, mon groupe a aussi accompli de nombreux progrès dans l'analyse de l'expression génique, ce qui améliore notre compréhension des mécanismes de croissance et de communication des cellules. Une bonne partie de cette recherche est axée sur une protéine clé appelée eIF4E, qui a été associée au cancer et à l'autisme.

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Comme un incendie de forêt, le programme de recherche FIREWELL s’étend à tout le Canada

Protéger les pompiers par la prévention des blessures pouvant survenir dans l’exercice de leurs fonctions

M. Robert D’Amico
Association des pompiers professionnels de Hamilton, AIP, section 288

Le poids combiné de l'équipement porté par un pompier et de l'outillage qu'il doit transporter peut s'élever à une cinquantaine de kilos, ce qui peut contribuer à des blessures aux os et aux articulations. Il y a sept ans, j'ai décidé de participer au programme de recherche FIREWELL qui offrait une occasion unique de faire équipe avec des chercheurs pour aider à prévenir les blessures subies par les pompiers dans l'exercice de leurs fonctions. Il est important d'effectuer des recherches pouvant expliquer comment et quand les pompiers se blessent.

Nous nous servons des conclusions de cette recherche pour concevoir des outils qui montrent aux pompiers quelles erreurs ils commettent et pourquoi ils les commettent, et qui leur expliquent comment la répétition d'une mauvaise technique peut engendrer des blessures graves après 10 à 15 ans.

Les résultats de notre recherche financée par les IRSC ont été affichés dans des sites Web et des postes d'incendie et ont été abordés à différentes occasions.

FIREWELL est actuellement étendu à tout le pays, et j'espère participer à d'autres recherches utiles aux pompiers de tout le Canada.

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Influer positivement sur la prestation des soins de santé

Le Bureau médical de l’avenir : Une solution de cybersanté unique et intégrée pour les médecins de première ligne

Dre Robyn Tamblyn
Institut des services et des politiques de la santé
Université McGill

Je suis devenue chercheuse en santé car je voulais changer les choses, et j'ai étudié en sciences infirmières pour améliorer la santé des gens. J'ai pu constater, toutefois, que le système était confronté à des défis majeurs et complexes, et que la recherche était essentielle pour influer sur la santé d'un grand nombre d'individus et véritablement améliorer les résultats de santé des populations et la performance du système.

Ma recherche est axée sur la création de technologies avancées pour la surveillance des événements indésirables dans la population, et sur la conception de nouveaux outils pour améliorer l'innocuité, l'efficacité et la qualité des soins de santé. Un de ces systèmes s'appelle le Bureau médical de l'avenir (MOXXI), une solution unique et intégrée conçue à l'intention des médecins de première ligne pour leur permettre de voir toutes les ordonnances et tous les services médicaux obtenus par leurs patients, pour ainsi les aider à mieux gérer et comprendre la consommation de médicaments et les problèmes de santé des patients.

Je me passionne pour la création d'innovations en cybersanté qui amélioreront l'efficacité et l'efficience des soins centrés sur les patients et les populations. En tant que directrice scientifique de l'Institut des services et des politiques de la santé (ISPS), je suis impatiente de relever les prochains défis liés à la conception de nouvelles méthodes de prestation des soins de santé, et de travailler avec les IRSC, le personnel de l'ISPS et notre communauté de chercheurs à la réalisation de notre vision : une recherche sur les services et les politiques de santé exceptionnelle appuyant l'amélioration de la performance des systèmes de santé.

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Interventions pour traiter l’autisme chez les enfants d’âge préscolaire : Voir ce qui se fait de mieux

Évaluer les services aux enfants d’âge préscolaire atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA) pour optimiser le potentiel et le rapport coût-efficacité

Dre Isabel Smith
Université Dalhousie

Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) étant diagnostiqué chez un nombre grandissant d'enfants, les gouvernements investissent des ressources considérables dans des programmes d'intervention ciblant les enfants d'âge préscolaire. La recherche montre que les programmes d'intervention comportementale précoce et intensive (ICPI) permettent d'améliorer les capacités linguistiques et de résolution de problèmes des enfants, ainsi que leur fonctionnement au quotidien.

Cependant, les modèles actuels de prestation des services aux enfants atteints d'un TSA varient grandement, et il est difficile d'en prévoir les résultats sur chaque enfant. On sait encore peu de choses sur les programmes qui produisent les meilleurs résultats pour l'argent investi par les familles et les gouvernements.

Existerait-il un moyen plus efficace et moins coûteux d'offrir une meilleure qualité de vie aux enfants et aux familles? Est-il possible d'adapter les interventions aux besoins individuels pour en optimiser les résultats?

Avec des fonds des IRSC et d'autres sources, une équipe de recherche sous la direction de la Dre Isabel Smith du Centre de santé IWK à l'Université Dalhousie étudie le programme d'ICPI de la Nouvelle-Écosse pour, entre autres choses, le comparer à d'autres programmes. Les résultats de cette recherche pourraient fournir des réponses aux importantes questions susmentionnées et contribuer à guider les décisions relatives aux programmes et aux politiques avec des données probantes partout au Canada.

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Groupe de travail sur l’infection à Helicobacter pylori dans le Nord canadien

Community-driven research in Canadian Arctic communities

Dre Karen Goodman
Université de l’Alberta

Helicobacter pylori (H. pylori) est le nom d'une bactérie qui peut infecter les parois de l'estomac humain. Cette bactérie est répandue partout dans le monde, et on estime sa prévalence à 70 % dans les pays en développement et à 40 % dans les pays développés, bien que des baisses aient été observées dans certaines régions au cours des dernières décennies.

L'infection à H. pylori peut persister à long terme et causer de l'inflammation gastrique chronique et, dans certains cas, un ulcère gastroduodénal ou un cancer de l'estomac. La prévalence estimée de H. pylori est beaucoup plus élevée dans le Nord du Canada (taux de 50 % et plus rapportés pour plusieurs communautés arctiques) que dans le Sud (taux plus proches de 30 % ou moins).

Le Groupe de travail sur l'infection à Helicobacter pylori dans le Nord canadien (CANHelp) résulte d'une collaboration entre chercheurs universitaires, dirigeants de communautés nordiques et fournisseurs de soins de santé qui étudient H. pylori en réponse aux inquiétudes des communautés.

Les objectifs de notre recherche communautaire consistent à décrire le fardeau de la maladie et les facteurs de risque associés à l'infection à H. pylori, à concevoir des approches de gestion clinique afin de réduire les risques pour la santé et à élaborer des stratégies d'échange de connaissance favorisant une meilleure compréhension de l'infection à H. pylori.

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Voici FROOGIE!

Une appli pour téléphones intelligents qui aide les familles à consommer plus de fruits et de légumes

Dre Sara Kirk
Université Dalhousie

Nous voulons tous que nos enfants jouissent d'une bonne santé dès leur jeune âge et plus tard dans la vie.

Une alimentation équilibrée incluant un apport élevé en fruits et en légumes peut contribuer à réduire les risques de certains types de maladies chroniques. Malheureusement, les chercheurs du Healthy Populations Institute à l'Université Dalhousie ont constaté que les familles d'aujourd'hui ont du mal à consommer des aliments sains – comme des fruits et des légumes – en quantité suffisante.

C'est pourquoi Froogie a vu le jour. En collaboration avec Weusthem, un concepteur local, nous avons créé cette application amusante et agréable à utiliser qui permet aux familles de tenir le compte des fruits et des légumes qu'elles consomment.

Froogie (contraction de fruit et veggie en anglais) fournit des conseils et des rappels qui aident à consommer la quantité recommandée de fruits et de légumes en fonction de l'âge. Tous les personnages animés de Froogie vivent des rebondissements ayant pour but d'encourager les familles à « voir la vie en vert » (live life on the veg).

Pour en savoir plus sur Froogie, visitez Froogie app. L'application est téléchargeable gratuitement à partir du App Store ou de Google Play.

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De gauche à droit : Dr Yuns Oh, Dre Mary Jean Hande, Dre Christine Kelly et Mme Aliya Jamal

Financement direct des soins à domicile aux aînés canadiens

Solution utile au maintien de l’autonomie, ou source de problèmes pour les fournisseurs de services?

Dre Christine Kelly
Université du Manitoba

La plupart des aînés veulent avoir le choix de « vieillir chez eux », c'est-à-dire à leur domicile et dans leur communauté, au lieu de devoir déménager dans un établissement de soins ou rester à l'hôpital. Pour répondre à cette demande, les politiques de soins à domicile « directement financés » (DF) ou autogérés constituent un mécanisme de plus en plus utilisé. Les soins à domicile DF permettent aux personnes pourvues des ressources financières nécessaires d'engager et de gérer du personnel soignant ou de s'organiser avec leurs propres fournisseurs de soins au lieu de se prévaloir des services publics offerts par le gouvernement. Les défenseurs de ce modèle en font valoir la sensibilité culturelle, la rentabilité, ainsi que les effets positifs sur l'autonomie et même sur les résultats de santé. Cependant, ce modèle contribue aussi à la précarisation du travail des fournisseurs de soins. Plutôt qu'une évaluation du programme, notre recherche est une étude qualitative approfondie de la question suivante : Quelle est l'influence des programmes DF sur les expériences, les conditions de travail, les politiques et la définition théorique des soins à domicile au Canada?

Cette étude est axée sur les disparités en lien avec la déficience physique, le sexe, l'origine raciale et la citoyenneté.

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Des intérêts de recherche alimentés par l’expérience personnelle

Comment un chercheur est devenu fasciné par l’application de la biologie à la création de traitements novateurs

Dr Uri David Akavia
Université McGill

Je me suis lancé en recherche en santé lorsque je suis devenu patient à l'âge de 7 ans. J'étais très impressionné par mes médecins, et je voulais aussi vraiment comprendre la maladie de Crohn (dont je suis atteint). J'ai fini par m'intéresser de plus en plus à la biologie et à ses usages thérapeutiques possibles.

Dans mon laboratoire, nous travaillons à comprendre l'interaction entre le métabolisme et l'expression du cancer. À l'heure actuelle, nous concevons de nouvelles technologies qui nous aideront à mieux mesurer l'expression génique, et nous travaillons à produire de nouveaux ensembles de données. Nous tentons aussi de manipuler des régulateurs métaboliques connus à l'aide des technologies d'édition génique, afin de pouvoir examiner en profondeur le rôle de ces régulateurs dans le métabolisme du cancer.

Nous nous attaquons au cancer du sein à l'aide de modèles informatiques du métabolisme afin d'essayer de prédire les faiblesses métaboliques et de concevoir des approches thérapeutiques. Nous espérons que notre recherche nous permettra d'avoir un impact sur le traitement des patients.

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Faire plus de place aux femmes âgées en recherche

Un mouvement visant l’étude des différences hommes-femmes

Dre Paula Rochon
Institut de recherche du Women’s College

J'ai été amenée à travailler avec les personnes âgées en partie à cause de mes grands-parents, qui insistaient sur l'importance de demeurer en santé en vieillissant. Ma grand-mère était une athlète convaincue, ce qui était rare pour une femme de sa génération. J'admirais son dévouement et cela m'a inspiré à devenir gériatre et à me spécialiser en recherche gériatrique.

Ma recherche démontre que plus de 85 % des centenaires en Ontario sont des femmes. Pourtant, les données d'études sur les médicaments souvent prescrits aux personnes âgées ne sont presque jamais différenciées selon le sexe. Par conséquent, il est difficile pour les médecins de savoir s'ils devraient prescrire des doses plus faibles aux femmes, par exemple.

À présent, par mon travail de recherche et la direction d'une initiative appelée Women's Xchange, je veille à ce que la recherche tienne compte des différences, tant biologiques que sociales, entre les hommes et les femmes.

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Y a-t-il un moyen de mesurer la douleur chez les gens qui ne peuvent l’exprimer verbalement?

Les échelles d’observation peuvent aider à résoudre le problème

Dr Kenneth D. Craig
Université de la Colombie-Britannique

La douleur peut-elle être ressentie par les bébés et les jeunes enfants, ou par les personnes souffrant d'un handicap intellectuel ou d'une déficience cérébrale? Étonnamment, lorsque cette question est devenue le thème de nos travaux à l'Université de la Colombie-Britannique il y a une vingtaine d'années, les chercheurs se demandaient si ces patients pouvaient avoir de la difficulté à verbaliser le problème. Nous avons découvert qu'ils s'expriment haut et fort lorsqu'on porte attention à leur langage non verbal. Nous avons aussi constaté que l'expression faciale pouvait fournir des renseignements précieux à ceux qui sont attentifs. C'est pourquoi les échelles d'observation sont maintenant d'usage courant dans les points de services de santé où la douleur demeure un sérieux problème pour les populations incapables de communiquer verbalement. Plutôt que d'étudier la douleur de manière insensible, les chercheurs peuvent montrer plus d'humanité en aidant les patients à y faire face. Cette étude n'est qu'un exemple du leadership exercé par le Canada en recherche sur la douleur chez l'enfant.

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Faire évoluer les systèmes de santé pour aider les aînés à faible revenu dans les logements sociaux

Explorer le nouveau rôle de la paramédecine communautaire

Dre Gina Agarwal
Université McMaster

Notre population change rapidement. Avec l'accroissement de l'espérance de vie, plus de gens doivent vivre pauvrement dans des logements sociaux. Cela a pour effet d'augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et de chute chez les personnes âgées. Les aînés à faible revenu déclarent souvent une mauvaise santé générale, ce qui entraîne des appels au 911 et des visites coûteuses aux services d'urgence. Notre système peine à répondre à la demande.

Comment pouvons-nous améliorer la vie des aînés à faible revenu et alléger le fardeau pour notre système de santé?

Ma recherche jette un regard neuf sur les séances « portes ouvertes » hebdomadaires organisées pour les aînés dans les immeubles à logements subventionnés par des ambulanciers paramédicaux, et sur l'utilité de ces séances pour réduire les visites aux urgences des hôpitaux. Ces séances incluent des évaluations des risques, de l'information sur la santé, des services d'aiguillage vers différentes ressources (p. ex. MedsCheck) et le suivi avec le médecin de famille. Lancé en 2010 comme projet pilote, ce programme paramédical communautaire connaît un tel succès qu'il a été adopté par dix services paramédicaux de l'Ontario et continue de s'étendre!

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Découvrir ce que nous avons dans le ventre

Comprendre comment les microbes peuvent causer la maladie, mais aussi servir à atténuer les lésions gastro-intestinales

Dr Philip M. Sherman
Directeur scientifique, Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC
Hôpital pour enfants de Toronto, Université de Toronto

Je suis un gars des Prairies : je suis né et j'ai grandi à Edmonton, en Alberta. J'ai étudié la médecine à l'Université de Calgary avant de déménager à San Francisco pour faire ma formation en pédiatrie. En Californie, j'ai été troublé par le nombre d'enfants hospitalisés pour de graves problèmes gastro-intestinaux et le manque de connaissances sur la cause de leur état. C'est ce qui m'a amené à me spécialiser en gastroentérologie pédiatrique, puis à mener une carrière gratifiante comme médecin-chercheur à l'Hôpital pour enfants de Toronto.

J'ai déjà participé à des études axées sur le patient, notamment sur Helicobacter pylori et les maladies intestinales inflammatoires chez les enfants, mais je travaille maintenant à caractériser les rôles interactifs entre les bactéries intestinales et l'hôte. Mon équipe évalue la façon dont les microbes néfastes causent des maladies humaines, comme la colite, et dont les microbes bénéfiques, appelés probiotiques, peuvent servir à prendre en charge les lésions gastro-intestinales et à atténuer les troubles intestinaux causés par le stress comme le syndrome du côlon irritable.

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Promouvoir des soins novateurs pour les femmes enceintes obèses

Des scientifiques examinent des façons d’aider les femmes obèses à éviter les problèmes liés à la grossesse et à donner naissance à des enfants en santé

Dres Barbra de Vrijer et Genevieve Eastabrook
Institut de recherche en santé Lawson

À l'Institut de recherche en santé Lawson, avec l'aide de cochercheurs, les Dres Barbra de Vrijer et Genevieve Eastabrook élaborent de nouveaux outils pour répondre aux besoins des femmes enceintes obèses confrontées à des issues négatives (p. ex. prééclampsie, retard de croissance intra-utérin). Leurs travaux ciblent la santé cardiovasculaire et métabolique de la mère et l'effet du stress chronique associé sur le placenta et le fœtus au moyen de nouvelles technologies comme l'imagerie par résonance magnétique ainsi que de l'évaluation des facteurs de stress métabolique (métabolomique), de la réaction placentaire au stress (autophagie) et de la rigidité des vaisseaux sanguins maternels (analyse des ondes de pression). La détection des changements au métabolisme et de l'inflammation durant la grossesse aidera non seulement les femmes enceintes à éviter les issues négatives de la grossesse, mais favorisera aussi la santé des bébés. Les modifications de la plasticité métabolique, formée entre la conception et deux ans, pourraient en effet prévenir l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires chez les enfants.

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L’étude du cerveau, d’hier à aujourd’hui

Des chercheurs se penchent sur l’apport du Canada aux neurosciences, à la psychiatrie et à la santé mentale, de la confédération à aujourd’hui

Dr Frank W. Stahnisch
Université de Calgary

Le cerveau est un organe fascinant pour les chercheurs. Dans notre monde rempli de communications et d'interactions, une connaissance historique approfondie nous aide à mieux nous situer et à comprendre les concepts de la santé, de la maladie et de la recherche. Les contributions du Canada aux neurosciences sont aussi intrigantes que complexes, qu'on pense aux premiers neurologues et psychiatres ou aux établissements comme l'Institut neurologique de Montréal et l'Hotchkiss Brain Institute (HBI) de Calgary.

À l'Université de Calgary, le Dr Frank W. Stahnisch et une équipe de stagiaires et de chercheurs étudient des exemples fascinants de contributions canadiennes : des traitements neurologiques, des chirurgies tumorales, des percées sur l'épilepsie, sans oublier la découverte des cellules souches neuronales. En examinant en profondeur l'évolution et l'importance des neurosciences et de la recherche en santé mentale publique, nous voulons élargir notre compréhension du cerveau moderne, de sa place dans la société et de sa forme générale.

Notre histoire riche en partage de connaissances scientifiques et économiques avec d'autres pays, en schémas d'immigration et en formation en recherche à l'étranger représente pour nous une possibilité de mettre notre recherche en valeur.

Comme le Canada est devenu au cours des 150 dernières années une société du savoir, ses recherches en neurosciences sont devenues un élément central de son système de santé, de ses établissements de recherche et même de ses sciences humaines en général.

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Pourquoi certains métaux sont-ils si toxiques pour les bactéries? D’où vient leur puissance dans la lutte contre les germes?

Depuis l’Antiquité, des métaux sont utilisés pour leurs propriétés antimicrobiennes. Aujourd’hui, des chercheurs veulent comprendre ces propriétés!

Dr Raymond J. Turner
Université de Calgary

Le laboratoire de biochimie microbienne du Dr Turner étudie la résistance des bactéries aux antimicrobiens, en particulier les interactions entre les microbes et les métaux. Vu la progression de la résistance aux antibiotiques, il devient urgent de trouver des options de rechange aux traitements aux antimicrobiens.

Les antimicrobiens à base de métaux, utilisés depuis des millénaires, sont de plus en plus considérés comme une solution possible. Par contre, on ne comprend toujours pas exactement par quel mécanisme ils tuent les bactéries. Nous nous intéressons donc à de nombreux métaux antimicrobiens, dont le cuivre, l'argent et le sélénium, et nous examinons la toxicité des antimicrobiens à base de métaux pour les bactéries.

Pour nos travaux, il est essentiel d'étudier toutes les formes de la croissance bactérienne, soit les bactéries libres d'une seule espèce et celles en colonies qui adhèrent à une surface (biofilm), et sous différentes conditions (carbone et sources d'énergie). Nous avons pu déterminer que l'efficacité des antimicrobiens à base de métaux variait grandement selon le type de croissance des microbes.

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Mais comment réparer un cœur brisé?

Comprendre les nouvelles actions intracellulaires d’une enzyme pour combattre les cardiopathies

Dr Richard (Rick) Schulz
Université de l’Alberta

Après un traitement initial – même réussi –, une crise cardiaque peut engendrer une insuffisance cardiaque.

Souvent, dans les cardiopathies, la capacité du cœur à se contracter est altérée en raison d'un stress oxydatif accru (c'est-à-dire que les cellules fonctionnent moins bien en raison de la présence d'un trop grand nombre de molécules d'oxygène).

Ce phénomène active des métalloprotéases matricielles (MMP), des enzymes qui clivent d'autres protéines du muscle cardiaque.

Nous avons découvert que les MMP avaient une action intracellulaire qui cause une dysfonction contractile chez les personnes atteintes de cardiopathie ischémique (p. ex. après avoir subi une crise cardiaque) et d'insuffisance cardiaque. En inhibant les MMP-2 afin de réduire la gravité des dommages initiaux causés par une crise cardiaque, nous espérons prévenir l'insuffisance cardiaque.

Les MMP-2 intracellulaires sont une cible thérapeutique unique comparativement aux MMP extracellulaires, et les médicaments inhibant leur activité devraient traiter efficacement les cardiopathies, avec moins d'effets indésirables.

Notre recherche vise à révéler les rôles pathologiques et physiologiques des MMP-2 intracellulaires et à traduire ces connaissances en nouveaux traitements efficaces pour les cardiopathies.

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Laboratoire de dynamique vasculaire

Vous êtes assis? Levez-vous et sautez!

Dre Maureen MacDonald
Université McMaster

Vous êtes assis? Levez-vous et sautez! Sentez-vous votre fréquence cardiaque augmenter? Votre cœur peut ainsi faire circuler plus de sang vos vaisseaux sanguins pour répondre à la demande de votre organisme. Le laboratoire de dynamique vasculaire de l'Université McMaster étudie les artères chez l'humain afin d'en caractériser la rigidité, l'épaisseur et la réaction à des stress comme l'exercice ou la maladie.

En étudiant ces propriétés, nous comprendrons mieux comment améliorer l'état des artères par l'exercice physique et comment les différents états pathologiques peuvent les affecter. Sous la direction de la Dre Maureen MacDonald, nous étudions, au moyen d'un système d'imagerie échographique, ces mécanismes chez des personnes de tous les groupes d'âge (jeunes enfants, adolescents, adultes et aînés) ayant différents problèmes de santé (coronaropathie, paralysie cérébrale, sclérose en plaques, lésion de la moelle épinière) et une capacité d'effort physique variée.

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Ah, la vitamine A?

Mieux comprendre le rôle de la vitamine A dans la santé et la maladie

Dr Robin Clugston
Université de l’Alberta

Même si la vitamine A a été découverte il y a plus d'un siècle, on en apprend encore beaucoup sur son importante contribution à la santé.

Tout le monde sait qu'il faut avoir un apport alimentaire régulier en vitamine A pour rester en santé. Toutefois, la première chose que l'on admet dans mon laboratoire, c'est qu'il en reste beaucoup à découvrir au sujet de ce nutriment.

Qu'il s'agisse de questions fondamentales sur le métabolisme de la vitamine A ou sur les liens entre carences et maladies, nous cherchons à y répondre pour améliorer la santé des Canadiens pour les 150 prochaines années et au-delà.

En tant que nouveau professeur adjoint à l'Université de l'Alberta, je me considère extrêmement chanceux d'entreprendre une carrière en recherche en santé. Non seulement j'ai l'occasion de produire de nouvelles connaissances scientifiques, mais j'ai aussi la chance de former les scientifiques canadiens de la prochaine génération et de travailler avec eux; c'est d'ailleurs ce qui m'a d'abord attiré vers cette carrière.

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Mettre en pratique les résultats de la recherche : le plus beau métier du monde

Tout premier centre de navigation en pédiatrie de son genre au Nouveau-Brunswick, SoinsNavi aide les enfants qui ont des problèmes de santé complexes à accéder aux soins

Mme Jennifer Belyea
SoinsNavi

Au milieu de l'année 2016, j'ai été invitée à devenir conseillère pour les familles auprès de SoinsNavi. Le centre, une idée des Dres Rima Azar (Université Mount Allison) et Shelley Doucet (Université du Nouveau-Brunswick), est le premier service de navigation en pédiatrie du genre dans notre région. Il va sans dire que j'étais très enthousiaste qu'on me demande de contribuer à une initiative aussi novatrice. En tant que mère de deux enfants qui ont des besoins de santé complexes et que travailleuse sociale, je suis parfaitement au courant des obstacles que les familles doivent surmonter.

Ainsi, en janvier 2017, je me suis jointe à l'équipe comme coordonnatrice de programme, un poste qui me convient tout à fait personnellement et professionnellement. Je n'aurais jamais pu prévoir combien ce serait gratifiant de faire partie d'une équipe de recherche : il y a une certaine confiance qui nous vient quand on offre un programme étroitement lié à des recherches solides, avec une équipe de professionnels dévoués. De plus, le volet d'évaluation du programme permet d'assurer une qualité et une responsabilisation hors du commun pour un programme pour les patients.

C'est extrêmement satisfaisant de mettre en pratique les résultats de la recherche et de les voir prendre vie.

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WikiTrauma : une plateforme d’échange de connaissances pour les professionnels de la santé

Adapter les nouvelles plateformes d’échange de connaissances aux stratégies d’amélioration des soins de santé dans tous les contextes

Dr Patrick Archambault
Centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Lévis

Le Dr Patrick Archambault travaille depuis 2008 comme urgentologue, médecin aux soins intensifs et clinicien-chercheur au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, à l'Hôtel-Dieu de Lévis.

Il a consacré sa carrière de chercheur à l'utilisation des wikis et des autres systèmes collaboratifs de rédaction dans l'application des connaissances en soins de santé. Créateur de WikiTrauma, une plateforme de partage d'outils de connaissances entre les professionnels de la santé, il dirige également trois projets portant sur la prise de décision partagée comportant la création d'aides à la décision sous forme de wiki pour les patients.

En 2015, le CISSS de Chaudière-Appalaches a été sélectionné par la Fondation canadienne pour l'amélioration des services de santé pour la mise en place et l'adaptation du projet collaboratif ACE (Acute care for elders – Soins actifs pour les personnes âgées) aux services de l'Hôtel-Dieu en vue d'améliorer les soins de santé aux personnes âgées. En 2017, le Dr Archambault a obtenu une subvention de quatre ans des IRSC pour améliorer la coordination de la transition des patients âgés entre l'hôpital et la maison dans le but de formuler un modèle qui pourrait être reproduit à l'échelle du système.

L'objectif ultime est de tirer des leçons de cette expérience afin de créer une nouvelle plateforme de connaissances pouvant servir à adapter une stratégie d'amélioration des soins de santé à n'importe quel contexte local et à formuler des normes d'interopérabilité pour l'adoption de ces outils à l'échelle nationale.

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Un avenir plus lumineux pour les enfants ayant des troubles du développement cérébral

CHILD-BRIGHT réunit fournisseurs de soins de santé, responsables des politiques et chercheurs pour créer de nouveaux traitements et améliorer les services

Dre Annette Majnemer
Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

J'ai toujours été inspirée par la résilience et les réalisations des enfants atteints de handicap et de leurs familles; mes travaux cherchent donc à trouver comment les appuyer le mieux possible.

Au Canada, environ 850 000 enfants sont aux prises avec des troubles du développement cérébral comme le trouble du spectre de l'autisme, la paralysie cérébrale et le déficit de l'attention. Beaucoup auront toute leur vie des troubles de mobilité, de langage, d'apprentissage et de socialisation ou de la difficulté à s'occuper d'eux-mêmes. Pour changer les choses, nous avons lancé, avec la collaboration de nos collègues de SickKids et de l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, le réseau CHILD-BRIGHT, un réseau innovateur visant à améliorer la vie de ces enfants et de leur famille.

De concert avec les patients, CHILD-BRIGHT permet aux fournisseurs de soins de santé, aux responsables de politiques, aux décideurs du domaine de la santé et aux chercheurs d'œuvrer à créer de nouveaux traitements et à améliorer les services pour venir en aide à ces enfants.

Le financement des IRSC dans le cadre de la Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada nous permet de mobiliser ce réseau d'envergure, qui donne lieu à des contributions et à un leadeurship d'importance dans la recherche en santé des enfants au Canada.

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Une décennie de progrès dans les soins aux prématurés amène d’énormes bénéfices

De tout petits patients auront un avenir meilleur grâce à l’amélioration des soins pendant la grossesse et après la naissance

Dr Prakesh S. Shah
Hôpital Mount Sinai – Université de Toronto

Les bébés nés trop tôt (avant 29 semaines de grossesse) sont plus à risque de complications. Mon objectif est d'améliorer les soins fournis à ces nouveau-nés fragiles par une collaboration multidisciplinaire et des efforts d'amélioration de la qualité tant au Canada qu'à l'étranger.

Comme directeur du réseau international pour l'évaluation des résultats (iNEO) et du nouveau Réseau sur les naissances prématurées du Canada, je mène les efforts collaboratifs visant à explorer les causes des naissances prématurées, à améliorer les soins pendant la grossesse et à offrir à ces nouveau-nés et à leur famille le meilleur départ possible.

Dans les 10 dernières années, nos efforts d'amélioration de la qualité ont entraîné une réduction des infections chez les extrêmes prématurés et l'amélioration de la santé de leurs yeux et de leurs poumons. Dans l'avenir, notre équipe composée de parents, de chercheurs, de fournisseurs de soins maternels et néonatals et d'experts du développement de l'enfant s'efforcera d'améliorer le potentiel à long terme des enfants nés tôt dans la grossesse.

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ENVISION : un avenir meilleur pour les familles des Premières Nations du Manitoba

Des liens familiaux solides et le soutien parental aident à créer un milieu familial épanouissant pour les enfants autochtones

Dre Marni Brownell
Université du Manitoba

Au Centre d'élaboration de la politique des soins de santé du Manitoba, nous travaillons en collaboration avec Nanaandawewigamig (le Secrétariat à la santé et au développement social des Premières Nations du Manitoba) pour étudier les programmes et politiques favorables à la santé et au bienêtre des Premières Nations de la province. Parfois, les familles des Premières Nations ont de la difficulté à créer un environnement propice pour leurs enfants. En raison de décennies de traumatismes dus aux pensionnats indiens et à la rafle des années 60, des enfants autochtones grandissent dans la pauvreté, dans l'isolement social ou dans des cadres familiaux instables.

Dans le cadre du projet ENVISION, nous étudions les programmes de visites à domicile, qui visent à mettre à profit les forces que les parents et les gardiens peuvent offrir à leur famille et à améliorer le développement et la santé des enfants dans la structure familiale. Les intervenants à domicile travaillent à renforcer les liens familiaux et à aider les parents en atténuant leur stress et en améliorant leurs occasions d'emploi. Ils font aussi le pont entre les familles et les services sociaux et les services de santé dans leur milieu. Nos travaux montrent que les programmes de visites à domicile changent réellement la donne pour les familles des Premières Nations manitobaines.

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Découvrir les avantages des méthodes cliniques axées sur les patients

L’amélioration de la résolution des symptômes, des résultats pour la santé et de la satisfaction des patients et la baisse des coûts des soins de santé sont à notre portée!

Dre Moira Stewart
Université Western

Comme patiente, je veux que les soins de santé que je reçois m'aident à aller mieux et à me sentir mieux. Je veux que mes renseignements soient gérés avec respect, et je veux ressentir de l'empathie et de la compréhension de la part des cliniciens pour être en pleine confiance pendant que je combats la maladie.

Pendant une trentaine d'années, j'ai travaillé comme chercheuse au sein d'une équipe interdisciplinaire de l'Université Western s'efforçant de définir et d'étudier une méthode clinique axée sur les patients. Cette méthode mènerait, d'après nos résultats, à une atténuation des symptômes des patients, à une amélioration de leur état de santé et leur satisfaction et à une réduction des coûts des soins de santé. Elle est axée simultanément sur la santé, la maladie et le vécu des patients par rapport à la maladie, le tout de manière holistique et contextualisée, et vise à trouver un terrain d'entente entre le patient et le clinicien et à développer leur relation au fil du temps. Notre travail ne porte pas seulement sur les concepts, mais aussi sur les tâches qu'il est possible d'enseigner, d'apprendre, de mesurer et d'étudier.

Dans cette optique, notre équipe de recherche a créé des mesures et a étudié les effets sur les résultats pour les patients, les cliniciens et le système de santé. Les données qui en sont tirées s'appliquent aux cliniques de soins de première ligne, aux cliniques sans rendez-vous, aux services d'urgence et aux unités de chirurgie et d'oncologie.

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Apprendre de nos erreurs pour rendre notre monde plus sain et plus sûr

Une erreur de débutant a conduit ce médecin à plaider en faveur de routes plus sûres

Dr Donald Redelmeier
Institut de recherche en services de santé

J'étais un jeune médecin en début de pratique quand j'ai amené par inadvertance un de mes premiers patients à provoquer un accident de la route. Je rappelais certains de mes patients depuis mon cabinet et l'ai joint sur son cellulaire. Nous étions au milieu de la conversation quand il a eu un accident. Notre discussion l'a distrait et a indirectement causé son accident.

Je me suis dit que cette expérience n'était pas une coïncidence. En faisant des recherches par la suite, j'ai découvert que les conversations sur cellulaire quadruplaient le risque d'accident de la route chez le conducteur moyen. Cela comprenait les automobilistes possédant des années d'expérience de conduite. J'ai publié mes travaux, puis j'ai rencontré le ministre des Transports. J'ai ensuite contribué à l'adoption de lois contre l'utilisation du téléphone cellulaire au volant.

Cet événement indésirable qui s'est produit tôt dans ma carrière est un des nombreux exemples au Canada où la science nous aide à apprendre de nos erreurs et à rendre le monde plus sûr.

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Explorer les conséquences à long terme de l’adversité en début de vie

Les conséquences de l’adversité durant l’enfance peuvent se faire sentir tout au long d’une vie

Dr Michael Kobor
Université de la Colombie-Britannique

De plus en plus de données probantes soutiennent l'effet formateur du contexte environnemental durant l'enfance sur le développement et l'état de santé à long terme.

Plus précisément, l'adversité en début de vie a été associée à divers niveaux de développement et problèmes de santé, comme l'obésité, les maladies cardiaques, la dépression et l'anxiété, qui pourraient survenir des années, voire des décennies, après l'exposition initiale.

Des mécanismes épigénétiques (modifications chimiques de la séquence d'ADN et changements structurels de l'ADN par l'altération des protéines histones) réagissent aux facteurs environnementaux et peuvent modifier l'accessibilité et la fonction de l'ADN sans en changer la séquence elle-même. Ainsi, ce sont des régulateurs importants et réactifs de la fonction génomique qui peuvent servir de mémoire moléculaire établissant un lien entre l'exposition précoce et l'état de santé à long terme.

Mon laboratoire utilise la levure et les rongeurs, ainsi que les études de cohortes chez l'humain pour découvrir les mécanismes épigénétiques de base et déterminer leur corrélation avec l'exposition humaine et les états pathologiques.

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La raison est sa boussole, mais sa passion est le vent

Une carrière vouée à améliorer les soins de fin de vie pour les patients appartenant aux populations vulnérables et leur famille

Dre Kelli Stajduhar
Université de Victoria

Il y a vingt ans, la Dre Kelli Stajduhar, chercheuse en santé de l'Université de Victoria, était infirmière au plus fort de la crise du sida en Colombie-Britannique.

Après avoir dirigé le projet de recherche Rapid Assessment, Response and Evaluation (RARE) visant à comprendre l'épidémie de VIH/sida chez les utilisateurs de drogues injectables à Victoria en 1999, et à y répondre, la Dre Kelli s'est découvert une passion pour la recherche en santé auprès des populations marginalisées et des aidants naturels. Cette passion l'a conduite à participer à de multiples projets de recherche au cours des années qui ont suivi.

Kelli a travaillé en oncologie, en soins palliatifs et en gérontologie pendant près de 30 ans comme infirmière, éducatrice et chercheuse, concentrant ses efforts sur les populations vulnérables et les besoins de santé en fin de vie pour les personnes mourantes et leur famille. Elle est actuellement chercheuse principale dans le cadre du projet de recherche iPANEL en Colombie-Britannique, qui réunit des chercheurs en soins infirmiers, des praticiens et des administrateurs afin d'intégrer une approche palliative au système de santé.

Les autres projets en cours comprennent une recherche internationale collaborative sur les aidants naturels; l'évaluation de l'intégration d'une approche palliative des soins actifs et des soins en résidence; et une étude basée à Victoria sur l'accès aux soins de fin de vie des populations structurellement vulnérables.

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Recherche avant-gardiste sur la stimulation cérébrale profonde et les ultrasons focalisés

Rétablir par ultrasons les fonctions cérébrales des personnes atteintes de maladies neurologiques et psychiatriques

Dr Andres Lozano
Université de Toronto

Titulaire de la chaire en neurochirurgie de l'Université de Toronto, Andres Lozano est un neurochirurgien et un scientifique affilié au Réseau universitaire de santé. Ses travaux visent à rétablir les fonctions cérébrales des personnes atteintes de maladies neurologiques et psychiatriques.

Il est mieux connu pour ses travaux sur la stimulation cérébrale profonde dans le traitement des tremblements, de la maladie de Parkinson, de la dystonie, de l'épilepsie, de la dépression, de l'anorexie et de la maladie d'Alzheimer. Son équipe étudie également les ultrasons focalisés comme forme de neurochirurgie non effractive.

Le Dr Lozano a publié plus de 500 manuscrits; il est le neurochirurgien le plus fréquemment cité au monde d'après Thomson Reuters. Il a occupé des postes de direction dans un certain nombre de sociétés savantes et a formé plus de 60 boursiers postdoctoraux du monde entier. Au nombre des prix et reconnaissances qu'il a reçus pour récompenser ses travaux, le Dr Lozano a été nommé officier de l'Ordre du Canada, a reçu l'Ordre royal d'Espagne et a été élu membre de la Société royale du Canada.

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Une question de survie : L’intelligence artificielle (IA) au service du diagnostic

Alimentées par IA à une fraction du coût, de nouvelles technologies d’imagerie permettent de détecter des signes subtils de maladie

Dr Alex Wong
Université de Waterloo

De nos jours, les médecins doivent faire preuve de beaucoup de jugement afin de détecter la présence d'un cancer ou d'une cardiopathie à partir d'imagerie par résonance magnétique, de tomodensitogrammes ou d'examens échographiques. Mon laboratoire de recherche a mis au point une technologie permettant de détecter des signes subtils de cancer ou de cardiopathie à partir d'images médicales, signes qui risqueraient autrement de passer inaperçus.

Nous avons lancé le premier système sans contact visant à évaluer le débit sanguin artériel et veineux, ce qui permet la détection précoce des cardiopathies. Nous avons également été les premiers à concevoir une nouvelle forme de microscope en champ lumineux qui capte des images près de 100 fois plus grandes que les microscopes traditionnels.

Propulsées par intelligence artificielle, ces deux technologies coûtent une fraction du prix des équipements conventionnels, ce qui pourrait rendre les cliniques de cardiologie et les laboratoires de pathologie plus abordables pour les petites communautés.

Deux de mes grands-parents ont succombé à une maladie cardiaque. J'espère que mes recherches aideront à ouvrir une nouvelle ère de soins préventifs afin de détecter de telles maladies plus tôt, permettant ainsi aux gens d'être en meilleure santé et de vivre une longue vie épanouissante.

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Les Canadiens des régions rurales : champions de la planification des soins palliatifs

Comprendre les données pour démontrer comment les communautés rurales répondent à leurs besoins en soins palliatifs

Dr Kyle Whitfield
Université de l’Alberta

De nombreuses communautés rurales en Alberta et partout au Canada prennent l'initiative de répondre aux besoins en soins palliatifs de leurs membres. Ils planifient et évaluent les soins palliatifs aux personnes atteintes de maladies limitant l'espérance de vie ainsi qu'à leurs aidants naturels, et mettent en place le soutien nécessaire.

En tant que planificateur professionnel et diplômé au doctorat en planification urbaine et régionale, je m'intéresse aux facteurs qui facilitent et entravent les efforts des communautés rurales pour planifier et fournir les soins nécessaires en vue de maintenir les personnes à domicile ou dans leur milieu. Ma recherche porte sur l'engagement civique et la capacité des citoyens de diriger, de défendre et, parfois, de fournir leurs services de santé.

Une des choses que nous découvrons est le désengagement des gouvernements et la responsabilisation des communautés à l'égard des services de santé. Le travail de planification et de prestation des soins par la communauté se fait bénévolement. Or le déséquilibre est évident, comme en témoignent les problèmes d'épuisement des bénévoles dans les communautés rurales.

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Une carrière consacrée aux maladies héréditaires

Comprendre comment un diagnostic adéquat, le dépistage de certaines populations, des consultations génétiques et un diagnostic prénatal peuvent réduire l’incidence de la transmission de gènes mutés

Dr Vazken M. Der Kaloustian
Université McGill

Lorsque j'étudiais la médecine dans les années 1960 au Liban, j'ai réalisé que de nombreuses maladies étaient causées par des facteurs environnementaux, comme les infections, mais que beaucoup d'autres étaient d'origine héréditaire. Mon attention s'est portée sur ce deuxième groupe.

Comme je viens d'un pays méditerranéen où les taux de mariage consanguin (union de deux parents de sang ou biologiques) sont élevés, ce qui engendre des troubles liés à la transmission autosomique récessive (transmission de deux gènes mutés, un par parent), je me suis intéressé à des maladies comme la thalassémie majeure, qui pourraient être évitées par un diagnostic adéquat, le dépistage de certaines populations, des consultations génétiques et un diagnostic prénatal.

Plus tard, mon attention s'est portée sur les maladies congénitales et héréditaires produisant divers types de problèmes physiques. Un de ces problèmes, la dysplasie ectodermique héréditaire (syndrome de Clouston), est plus fréquent dans certaines familles de la région de Huntingdon, au Québec.

Nos études concertées ont mené à l'identification du gène muté, ce qui a permis de diagnostiquer de nombreux patients d'origine canadienne-française, mais aussi d'origine indienne, irlando-écossaise, africaine, espagnole, française et malaysienne. Cependant, l'incidence élevée dans des populations de souche canadienne-française au Québec laisse supposer l'existence d'un effet fondateur.

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Un paradoxe obsédant

Inspiré par l’étude d’une population qui représente la joie et l’espoir

Dr K.S. Joseph
Université de la Colombie-Britannique et BC Children's and Women's Hospital

Ma recherche est axée sur l'amélioration de la santé des mères et des bébés. Un aspect particulièrement fascinant de la périnatalogie porte sur les paradoxes inexpliqués qui hantent ce champ de recherche depuis des décennies.

L'exemple le plus frappant est le paradoxe du croisement des courbes de mortalité périnatale : le taux de décès des bébés de faible poids est considérablement moins élevé chez les mères fumeuses que non fumeuses.

Lorsque le poids à la naissance est plus élevé, les courbes de mortalité s'inversent. 

Plusieurs hypothèses ont été offertes pour expliquer ce paradoxe, mais aucune ne fait consensus. Certains périnatalogues considèrent le phénomène comme une curiosité scientifique sans signification clinique, tandis que d'autres pensent que l'explication de ce paradoxe fera avancer les connaissances scientifiques et fera évoluer la médecine périnatale et l'obstétrique au plan théorique. 

J'espère que mon travail permettra de contribuer un peu à la littérature sur le paradoxe du croisement des courbes de mortalité périnatale.

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Lever les barrières et favoriser la réinsertion sociale

Mieux comprendre les symptômes liés aux lésions cérébrales traumatiques légères

Dre Dawn Good
Université Brock

Notre laboratoire étudie les enjeux liés à la création et à l'entretien de liens auxquels font face les personnes ayant subi une commotion ou un traumatisme craniocérébral. Les dommages causés aux systèmes neuropsychologique et physiologique influent souvent sur la façon dont les personnes pensent et dont elles se présentent, ce qui se répercute sur leurs échanges avec les autres.

Le manque de stimulation physiologique et le ralentissement des processus cognitifs pouvant résulter d'une lésion cérébrale peuvent réduire les capacités d'une personne à se concentrer, à remarquer ou à comprendre les indices sociaux, ou à répondre avec empathie. Les processus décisionnels peuvent aussi être altérés, ce qui se peut traduire par la prise de risques et la recherche de sensations accrues.

Lorsque les autres interprètent ou comprennent mal la cause de tels comportements, un individu ayant subi des lésions cérébrales traumatiques légères court alors le risque d'être socialement exclu. Dans notre laboratoire, nous cherchons des façons de contrôler l'éveil physiologique de manière efficace, confortable et durable, afin de modifier l'issue de ces situations et de favoriser la réussite sociale.

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Combler les lacunes dans les soins aux survivants de la violence fondée sur le sexe

Recherche pour innover dans le traitement des agressions sexuelles et de la violence conjugale

Dre Janice Du Mont
Institut de recherche du Women's College

J'ai choisi la recherche parce que je tiens à m'assurer que les victimes de violence fondée sur le sexe aient accès à des soins qui répondent à leurs besoins immédiats et qui les aident à surmonter leurs traumatismes à long terme. Mes recherches ont donné lieu à l'amélioration des soins offerts aux victimes d'agression sexuelle ou physique en Ontario, particulièrement en ce qui concerne les soins liés au VIH, l'utilisation de drogues et la documentation de preuves médicales. Je travaille actuellement à l'élaboration d'un programme d'enseignement pour les fournisseurs de soins de santé spécialisés. Le programme porte sur l'évaluation et le traitement des personnes âgées victimes de violence, problème de santé publique qui prend de l'ampleur avec le vieillissement de la population. Je mène aussi une étude sur les services d'aide aux personnes transgenres ayant survécu à une agression sexuelle. L'idée est d'interroger les infirmières du Réseau ontarien des centres de traitement en cas d'agression sexuelle ou de violence familiale sur leurs connaissances et leurs compétences en matière de soins pour la clientèle transgenre. L'objectif (comme pour toutes mes recherches) est de combler les lacunes dans nos approches de soins offerts aux différents survivants de la violence, rendant notre système de santé plus efficace et plus accessible.

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Soigner les nourrissons gravement malades

Étude de traitements pour favoriser le développement du cerveau chez les nouveau-nés

Dr Steve Miller
Hôpital pour enfants de Toronto

Chaque année au Canada, des milliers de bébés naissent gravement malades, y compris les prématurés et les bébés qui souffrent d'une cardiopathie congénitale. Ces nouveau-nés présentent un risque élevé de lésions cérébrales, notamment de paralysie cérébrale. Mon équipe de recherche se concentre sur la compréhension des causes de lésions cérébrales chez les nouveau-nés. L'objectif est de déterminer des stratégies de soins cliniques favorisant le développement optimal du cerveau et une issue favorable pour les bébés gravement malades à la naissance. En utilisant l'imagerie par résonance magnétique (IRM) chez les bébés prématurés ou nés avec une cardiopathie congénitale, nous avons découvert des modèles de croissance et de lésion cérébrales liés aux aspects particuliers de leurs soins. Ces modèles sont aussi prédictifs du développement futur de l'enfant. En combinant les résultats des IRM et les données sur les soins de santé recueillies pendant le séjour en unité de soins intensifs, nous avons aussi déterminé les médicaments et les pratiques qui favorisent le développement du cerveau chez les bébés prématurés ou atteints d'une cardiopathie congénitale.

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Un bon départ dans la vie

Outil de mesure du développement de la petite enfance qui permet aux chercheurs de mesurer l’état de santé des jeunes populations

Dre Magdalena Janus
Offord Centre for Child Studies, Université McMaster

La façon dont les enfants se développent en bas âges a des répercussions tout au long de leur vie. Des communautés au Canada et ailleurs dans le monde suivent le développement des enfants à l'aide de l'Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE). Il s'agit d'un questionnaire rempli par les enseignants mesurant le développement de l'enfant dans les domaines suivants : santé physique et bien-être, compétences sociales, maturité affective, développement cognitif et langagier, habiletés de communication et connaissances générales.

Comme les données recueillies portent sur tous les enfants de la maternelle, l'IMDPE dresse un portrait de la situation des populations d'enfants dans l'ensemble des écoles, des quartiers, des villes, des provinces et même des pays. Grâce à ces renseignements, nous pouvons étudier ce qui favorise le développement de l'enfant et évaluer les quartiers qui présentent les conditions les plus favorables. Les enfants dont les résultats de l'IMDPE sont faibles sont plus susceptibles de faire face à des situations défavorables dans la vie, sur le plan scolaire, émotionnel et dans leurs relations avec leurs pairs. L'approche, qui s'étend à toute la population et qui vise à renforcer les domaines dans lesquels les enfants sont le plus vulnérables, permet aux écoles, aux communautés et aux gouvernements de prendre des décisions éclairées quant à la meilleure façon de soutenir le développement de la petite enfance.

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Vivre plus longtemps, vivre mieux

Favoriser une approche interdisciplinaire axée sur le travail d’équipe pour la recherche sur le vieillissement

Dr Yves Joanette
Institut du vieillissement des IRSC
Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM)

L'interdisciplinarité, l'interaction avec les utilisateurs de connaissances et le travail d'équipe constituent des principes qui ont défini mes études et ma carrière en recherche et en administration de la recherche, et qui continuent de me guider aujourd'hui.

Dès ma jeunesse, j'ai commencé à m'intéresser au cerveau. Je me souviens avoir vu une exposition sur les sciences et le cerveau à l'Expo 67 à Montréal. Le cerveau était décrit comme une entité vaste et inconnue. J'ai alors voulu en apprendre plus sur ce terrain inconnu et l'explorer davantage.

J'ai d'abord fait une formation en orthophonie, car la parole et le langage sont des facultés propres à l'humain, inextricablement liées au cerveau. J'ai ensuite suivi une formation de cycle supérieur – et j'enseigne depuis au niveau universitaire – en neurosciences, en linguistique, en psychologie et en sciences cognitives. Cette formation, combinée à mon intérêt pour les effets du temps (ou du vieillissement) sur la communication, m'a mené là où je suis aujourd'hui.

J'ai toujours travaillé avec des utilisateurs de connaissances – principalement des cliniciens, comme des neurologues et des orthophonistes. Mes recherches ont mené à l'élaboration et à l'usage répandu en milieu clinique d'outils diagnostiques des troubles de la parole.

Dans le cadre de ma carrière en recherche, j'ai également occupé divers rôles : administrateur principal de l'université, chef du Fonds de recherche du Québec – Santé et fondateur d'un centre de recherche sur le vieillissement mondialement reconnu. Actuellement, je suis directeur scientifique à l'Institut du vieillissement des IRSC. 

C'est un privilège de travailler avec mon équipe à Montréal, mes collègues des IRSC à Ottawa (ou du « 160 », soit l'adresse de la rue Elgin), notre communauté de chercheurs, les professionnels de la santé, les groupes de patients et les organisations partenaires.

Ensemble, nous améliorons la santé et le bien-être des personnes âgées au Canada.

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Les réponses sont en nous

Approches collaboratives visant à améliorer la santé mentale des jeunes

Dre Srividya Iyer
Université McGill

Quelque part en Inde, dans la chaleur intense des étés du sud, une petite fille, fatiguée d'avoir passé la matinée à jouer, attendait impatiemment l'heure de la sieste. Pour l'aider à s'endormir, sa grand-mère lui récitait les contes les plus hypnotiques, certains inventés, d'autres inspirés de grandes épopées. Leurs héros imparfaits et leurs nobles méchants étaient rongés et poussés par des passions qu'ils devaient contrôler en puisant dans leur force intérieure. Ces histoires piquaient la curiosité de la jeune fille quant aux luttes et aux forces intérieures et collectives. Cet intérêt l'a menée vers une carrière en psychologie.

Cette petite fille veille aujourd'hui à ce que les jeunes canadiens aient accès en temps opportun à des soins de grande qualité en santé mentale, et à ce qu'ils puissent goûter au bien-être et participer à la vie sociale. Son travail fait progresser les services et les recherches en santé mentale au Canada et à l'étranger.   

Bien que les travaux actuels de la Dre Iyer soient beaucoup plus complexes que les histoires de sa grand-mère, elle demeure convaincue que les solutions qu'elle et son équipe tentent de trouver résident à l'intérieur des gens qu'ils veulent aider, comme c'était le cas pour les protagonistes.

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De parent à partenaire : mon parcours dans le monde complexe de la santé mentale chez les jeunes

Bâtir des ponts d’espoir et des réseaux de soins avec les familles et les soignants des jeunes ayant des problèmes de santé mentale

Mme Mary Anne Levasseur
Coordonnatrice du soutien par les pairs pour les familles, PEPP-Montréal

Mon parcours a commencé il y a plusieurs années, lorsque mon fils, alors adolescent, a présenté les premiers signes d'un problème grave de santé mentale. Malheureusement, ni moi ni personne n'a été en mesure de reconnaître ces signes. Cette période a été très difficile pour mon fils et pour notre famille, jusqu'à ce que nous trouvions les services de soins de santé appropriés.

Accompagner mon fils dans ce parcours voulait non seulement dire être sa mère, mais aussi assumer le rôle de soignante, de gestionnaire et de porte-parole pour tout ce qui concerne la santé. En cours de route, j'ai rencontré d'autres familles qui entamaient des parcours similaires. J'ai décidé que je voulais les aider. Une occasion s'est présentée avec les chercheurs cliniciens de PEPP-Montréal, donnant naissance au groupe de soutien par les pairs pour les familles. Six ans plus tard, nous sommes des familles aidant toujours d'autres familles à bâtir des ponts d'espoir. Mon intérêt pour la santé mentale et le soutien par les pairs pour les familles m'a amenée à devenir partenaire de recherche patient-famille dans le cadre de plusieurs initiatives des Instituts de recherche en santé du Canada. Je travaille aussi à bâtir des réseaux de soins dans d'autres domaines de soutien aux familles/soignants. Je souhaite que davantage de patients, de familles et de soignants s'allient aux chercheurs afin d'améliorer les soins de santé pour tous.

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Mener le combat contre le glioblastome

Des chercheurs canadiens s’attaquent à l’une des formes les plus mortelles de cancer

Dr Samuel Weiss
Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC
Université de Calgary

Mes professeurs de troisième année de premier cycle en neurochimie, qui ont tous deux fait la découverte de connaissances fondamentales sur le cerveau, m'ont encouragé à poursuivre mes études dans un programme postdoctoral en biochimie et, par la suite, en chimie du cerveau.

Aujourd'hui, mon laboratoire étudie la biologie des cellules souches des tumeurs cérébrales chez l'humain en vue de mettre au point des traitements contre une des formes les plus mortelles et virulentes de cancer : le glioblastome. Nous étudions plus particulièrement la biologie fondamentale qui joue un rôle dans l'apparition et la récidive de tumeurs cérébrales, et les changements génétiques et métaboliques qui surviennent lorsque les tumeurs primitives provoquent des métastases.

En étudiant comment et pourquoi ces tumeurs évoluent, nous espérons élaborer des traitements très ciblés qui détruiront ou transformeront ces cellules fatales, avec comme objectif ultime d'améliorer le taux de survie lié à cette maladie dévastatrice.

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Gérer les risques mondiaux pour contrer les menaces transnationales à la santé

Relever les défis en santé mondiale par une approche scientifique

Dr Steven Hoffman
Institut de la santé publique et des populations des IRSC
Labo de stratégie mondiale, Université York

Comment circonscrire les menaces à la santé mondiale, comme les pandémies? Aucun gouvernement ne possède à lui seul les ressources ou les capacités nécessaires pour protéger ses citoyens contre les menaces à la santé publique qui dépassent les frontières. Cependant, l'étude des mécanismes de gouvernance mondiale peut nous aider à concevoir de meilleures approches de réduction des risques sanitaires.

Ma recherche est axée sur la lutte à des problèmes de santé mondiale comme la résistance aux antimicrobiens, les pandémies, la toxicomanie et la fausse information sur la santé. Comme nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté, nous serons inévitablement confrontés à des menaces encore plus sérieuses ignorant les frontières. Dans mon rôle de directeur scientifique aux IRSC, je peux mettre en place un programme de recherche permettant de faire face collectivement à ces risques mondiaux et de promouvoir l’équité en santé. J'ai bon espoir que mes efforts contribueront à protéger les gens, en particulier les plus vulnérables, contre les menaces transnationales à la santé publique.

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Une nouvelle thérapie génique pour venir en aide aux personnes atteintes d’une maladie génétique oculaire

Un appel à l’aide d’une famille à l’origine d’une longue et brillante carrière en sciences de la vue

Dr Ian M. MacDonald
Université de l’Alberta

Je travaille avec une équipe de professionnels dévoués qui se consacrent à la recherche translationnelle sur les maladies héréditaires de l'œil.

J'ai commencé à m'intéresser à ce domaine de recherche dès mes études de premier cycle en génétique, suivies de mes études supérieures également en génétique. Je me suis vraiment spécialisé lorsque j'ai été contacté par une famille aux prises avec un trouble héréditaire de la rétine appelé choroïdérémie, qui voulait savoir si quelqu'un faisait des recherches à ce sujet. Ce contact initial a été le point de départ d'une carrière de 30 ans en sciences de la vue (avec le financement du Conseil de recherches médicales et, plus tard, des Instituts de recherche en santé du Canada) qui m'a mené de la cartographie génétique au clonage de gènes et à la thérapie génique.  

À l'été 2017, l'Alberta Ocular Gene Therapy Team a complété avec succès la première expérience clinique de thérapie oculaire génique pour la choroïdérémie (sur des humains) à l'Université de l'Alberta, à Edmonton. L'Hôpital Royal Alexandra a ainsi acquis une reconnaissance internationale et a démontré aux Canadiens que nous disposons d'une plateforme qui rendra possible la mise à l'essai de thérapies géniques sur des humains.

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La volonté d’un chercheur de réduire le recours inutile à des antibiotiques

Miser sur les innovations en santé pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients

Dr John Conly
Université de Calgary et Alberta Health Services

Je suis médecin-chercheur formé en infectiologie à l'Université de Calgary. J'ai toujours été fasciné par les enquêtes et la recherche.

Je m'intéresse notamment au vaste domaine de la résistance aux antibiotiques, aux moyens d'améliorer les habitudes de prescription ainsi qu'aux politiques qui pourraient réduire l'utilisation non nécessaire des antibiotiques chez les humains et les animaux.

Je participe aussi activement à la recherche sur les risques d'infection aux points de service de santé, en particulier à cause des microbes résistants aux antibiotiques, et sur les façons d'adopter des approches innovatrices, comme de nouvelles technologies, pour prévenir ces infections.

Dans un champ de recherche connexe, je travaille à la conception et à l'application d'innovations en santé pour améliorer la qualité générale des soins et la sécurité des patients.

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Les médicaments que nous prenons : les bons, les mauvais et les terribles

Mettre à profit les statistiques pour évaluer les risques et les avantages de médicaments d’usage courant

Dr Samy Suissa
Institut Lady Davis de recherches médicales, Hôpital général juif

Des millions de Canadiens tirent des bienfaits des médicaments qu'ils prennent tous les jours, mais ces mêmes médicaments causent des préjudices à des milliers d'autres.

Je dirige le RCEOM (Réseau canadien pour l'étude observationnelle des médicaments), un regroupement national de plus d'une centaine de chercheurs et d'adjoints de recherche financés par les IRSC qui mène des études pancanadiennes sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments.

J'effectue mes travaux dans le domaine de la pharmacoépidémiologie, une science faisant appel à des méthodes statistiques de pointe pour évaluer les risques et les avantages de médicaments communément prescrits dans la population. Pour mon travail, j'exploite les mégabases de données existantes sur des millions de patients mises sur pied par des programmes d'assurance-maladie comme celui de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et du Clinical Practice Research Datalink du Royaume-Uni, pour trouver rapidement réponse à des questions d'intérêt pour la santé publique concernant l'innocuité des médicaments.

Cette recherche a contribué à la détection de risques importants associés à des médicaments prescrits pour l'asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), ainsi que des médicaments pour le diabète (y compris les nouvelles formes d'insuline) et divers traitements de maladies cardiovasculaires.

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Les effets des protéines (connexines) à jonctions lacunaires sur la santé humaine

Une solide base de connaissances permet à des chercheurs d’explorer une deuxième famille de protéines formatrices de canaux appelées pannexines

Dr Dale W. Laird
Université Western Ontario

Notre programme de recherche porte sur plus d'une vingtaine de maladies humaines liées à des gènes qui codent pour les protéines (connexines) en cause dans les communications intercellulaires à jonctions lacunaires. Les mutations de la moitié des 21 gènes membres de la famille des connexines se traduisent par des anomalies du développement allant de la perte auditive jusqu'à l'insuffisance d'un organe réduisant l'espérance de vie. Nous suivons une approche multidimensionnelle incluant des cultures organotypiques, des souris génétiquement modifiées, des cellules de patients atteints de maladies liées aux connexines et des cellules souches humaines pour explorer l'étendue des mécanismes qui mènent à des maladies dans certains tissus, mais qui épargnent d'autres organes. Lorsqu'on comprendra mieux comment les mutations génétiques liées à la connexine causent des maladies et des difformités qui s'aggravent souvent avec l'âge, on pense que les découvertes en découlant pourraient mener à des études précliniques et à des traitements pour les maladies liées aux jonctions lacunaires. Au cours des dernières années, nos recherches se sont étendues à une deuxième famille de protéines formatrices de canaux appelées pannexines.

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Le jardinage en milieu urbain : une approche autochtone de promotion du bien-être

Les jardins communautaires contribuent-ils à la santé individuelle et collective des jeunes Autochtones?

Dre Kathy Moscou
Université de Brandon

J'ai choisi la recherche en santé afin de travailler avec les communautés à mieux comprendre les facteurs influant sur les résultats de santé. Dans le cadre de cette recherche communautaire, nous travaillons avec des organismes autochtones de Winnipeg et de Brandon. Nous examinons ce qui contribue à la santé des quartiers et explorons l'utilité possible de jardins communautaires pour favoriser la santé individuelle et collective des jeunes Autochtones. À l'intérieur d'un cadre inspiré de la « roue médicinale », nous étudions les bienfaits globaux du jardinage en milieu urbain sur la santé. Les jeunes conçoivent, installent et entretiennent eux-mêmes des jardins ornementaux, ce qui fournit des indicateurs visuels et culturellement pertinents des bienfaits sur leur santé.

Notre méthode de recherche fait appel à des photos et à des entretiens (photovoix). Cette étude permettra d'enrichir les connaissances sur les approches autochtones de promotion du bien-être et de développer les capacités de recherche communautaire.

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On ne peut trop insister sur l’importance d’un squelette solide!

Prévenir l’ostéoporose par des interventions alimentaires précoces

Dr Wendy Ward
Université Brock

La plupart des Canadiens ne pensent pas à l'importance d'avoir un squelette sain et solide avant d'avoir subi une fracture en raison de l'ostéoporose ou, dans mon cas, avant que cela n'arrive à un proche.

Maladie sournoise qui réduit la qualité et l'espérance de vie, l'ostéoporose est traditionnellement gérée avec des médicaments. Or mon équipe tente de savoir si une stratégie alimentaire ou à composante alimentaire pourrait contribuer à prévenir l'ostéoporose ou du moins à réduire les risques d'ostéoporose et de fractures de fragilité plus tard dans la vie. 

Nous nous servons de modèles bien caractérisés nous permettant de modifier l'alimentation des mères durant la grossesse ainsi que celle de leurs enfants peu de temps après la naissance, afin de réunir les conditions propices au développement d'une ossature plus saine et solide qui sera moins vulnérable aux fractures durant le vieillissement. Nous étudions les bienfaits potentiels de divers aliments et de leurs principaux composants sur la santé des os, notamment l'huile de poisson, les graines de lin, le soya, les fruits et leurs acides gras ou composés bioactifs correspondants. Nous utilisons une technologie d'imagerie 3D de pointe permettant d'évaluer la solidité des os.  

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Cibler la recherche en vue d’un avenir meilleur : réduire le risque de naissance prématurée

Comprendre les effets de l’anxiété et de la dépression pendant la grossesse

Mme Kamala Adhikari Dahal
Université de Calgary

Malgré les travaux de recherche clinique et les interventions visant à réduire l'incidence mondiale des naissances prématurées, les taux ne diminuent pas. Voilà pourquoi il m'a semblé nécessaire d'examiner les facteurs de risque modifiables, plus particulièrement l'effet de l'exposition de la femme enceinte à des facteurs de stress sociaux à plusieurs niveaux, ainsi que de l'anxiété et de la dépression.

Mes travaux, qui consistent à analyser les données issues des études de cohorte All Our Families et Alberta Pregnancy Outcomes and Nutrition, guideront les décideurs quant à l'allocation de ressources visant à prévenir les naissances prématurées (milieux, populations, thèmes).

Les résultats pourront servir à la conception d'interventions populationnelles de réduction de l'anxiété et de la dépression chez les femmes enceintes vulnérables. Les IRSC m'ont remis une bourse d'études supérieures du Canada Vanier pour la réalisation de ce projet. Grâce à cette bourse et au milieu de formation doctorale idéal que m'offre l'Université de Calgary, je pourrai mener ce projet à bien et faire ma place en recherche scientifique.

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De l’aspirine pour prévenir les infections à VIH

Exploration d’un moyen simple et abordable de prévenir la propagation du VIH

Dr Keith Fowke
Université du Manitoba

Avec plus de 1,5 million de nouveaux cas d'infection à VIH dans le monde chaque année, des approches novatrices en matière de prévention sont essentielles. Pour qu'il y ait transmission du VIH, il faut un virus viable et une cellule hôte sensible. Or, la plupart des approches biomédicales de prévention mettent l'accent sur le contrôle de la propagation du VIH (utilisation du condom) ou tentent de le neutraliser (médicaments, vaccins, microbicides contre le VIH). Toutefois, limiter le nombre de cellules cibles sensibles au VIH dans les voies génitales constitue une approche préventive qui n'a jamais encore été explorée.

L'inflammation mobilise des cellules immunitaires activées (très sensibles aux infections à VIH) vers les voies génitales, où elles peuvent entrer en contact avec le VIH. Nos études portent sur les travailleuses du sexe du Kenya, qui sont fortement exposées au VIH, mais qui demeurent néanmoins non infectées. En effet, nous avons noté que ces femmes présentaient moins d'inflammation, ce qui se traduit par une diminution des cellules cibles du VIH dans les voies génitales. Afin de reproduire ce phénomène, nous avons donné aux Kényanes une faible dose quotidienne d'anti-inflammatoire (aspirine) pendant six semaines; une réduction de 35 % des cellules cibles du VIH dans les voies génitales a été observée. 

Peut-on prévenir le VIH en utilisant des anti-inflammatoires sécuritaires et peu coûteux? D'autres études sur le sujet nous permettront de répondre à cette question.

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Aider les enfants handicapés à réaliser leur plein potentiel

Des interventions exploitant la réalité virtuelle pour favoriser l’expression artistique et les mouvements physiques

Dr Alexander MacIntosh
Université de Toronto

Tous les enfants ont le droit de vivre pleinement et d'exploiter leur plein potentiel. En créant des technologies de réalité virtuelle pour les jeunes aux prises avec des handicaps, notre objectif est de les aider à s'épanouir dans l'art, la musique et les activités physiques qui sont importantes pour eux.

Nous menons nos recherches et créons ces technologies de réalité virtuelle en travaillant en étroite collaboration avec les enfants, les adolescents et leur famille. Ensemble, nous élaborons des jeux de réalité mixte nécessitant l'utilisation d'objets matériels (comme des instruments de musique et des blocs de construction), qui aident les enfants à réaliser leurs objectifs de physiothérapie et d'ergothérapie chez eux. Nous concevons aussi des jeux interactifs sur ordinateur contrôlés par des programmes personnalisés de reconnaissance des gestes. Ces jeux permettent aux enfants de pratiquer les mouvements nécessaires pour atteindre et saisir des objets. Grâce à nos recherches sur l'interprétation des mouvements, nous pouvons élaborer un soutien sur mesure visant à renforcer le potentiel créatif et fonctionnel des enfants et des adolescents handicapés.

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Sauver des vies grâce à des hôpitaux plus propres

L'utilisation de rayons UV pour désinfecter les chambres d'hôpital

Dr William Anderson
Université de Waterloo

Les gens vont à l'hôpital pour être soignés, pas pour tomber malades. Malheureusement, un patient canadien sur dix contracte une nouvelle infection pendant son séjour à l'hôpital.

Nous travaillons à résoudre cette problématique dans mon laboratoire de génie chimique à Waterloo, dans le cadre de la Coalition for Healthcare Acquired Infection Reduction (coalition pour la réduction des infections nosocomiales).

Récemment, nous avons testé un nouveau système de désinfection par ultraviolets. Cet appareil fixé au mur se met en marche automatiquement chaque fois que la chambre est vide, produisant des rayons UV qui éliminent les microorganismes responsables des infections.

Après l'installation de ces appareils dans les salles de bains, les salles de service et les pièces de rangement pour l'équipement de l'hôpital St. Mary (Kitchener), nous avons observé une réduction significative du nombre de bactéries pathogènes sur les surfaces et dans l'air.

C'est très satisfaisant de savoir que nous mettons en place des solutions qui sauvent des vies – et que nous contribuons du même coup à réduire les quatre milliards de dollars investis chaque année au Canada pour contrer les infections nosocomiales.

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Bien manger pour tenir le cancer en échec

Explorer les façons d’encourager une alimentation saine au Canada

Dre Rachel Murphy
Université de la Colombie-Britannique

Moins d'un Canadien sur trois consomme les portions quotidiennes de fruits et légumes recommandées. La malnutrition peut entraîner des effets négatifs sur la santé à long terme; 30 % de tous les cas de cancers y sont liés, en plus d'autres maladies chroniques. Mes recherches visent à comprendre en quoi la nutrition et d'autres comportements s'inscrivant dans un mode de vie sain peuvent prévenir le cancer. Elles ont aussi pour but d'élaborer des solutions pour encourager une saine alimentation.

Mes recherches sur la santé des populations ont permis d'identifier des marqueurs biologiques qui pourraient nous aider à comprendre les mécanismes par lesquels de bonnes habitudes alimentaires influent sur le cancer.

J'étudie aussi des programmes qui portent sur l'alimentation saine, notamment un programme en milieu scolaire qui vise à encourager, très tôt, l'adoption de saines habitudes alimentaires, et un programme qui enseigne des connaissances en matière de nutrition dans les communautés afin de faciliter l'adoption d'une saine alimentation.

Saisir l'importance de la nutrition constitue la clé pour assurer une bonne santé. Nos recherches fourniront des données pertinentes pouvant contribuer à prévenir l'incidence de nombreux cancers.

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Parcours d’un médecin dans le domaine de l’épidémiologie : deux pays, deux cohortes

Utilisation de données à long terme pour améliorer les traitements contre l’asthme

Dr Malcolm Sears
Université McMaster

J'ai eu l'occasion de suivre une formation et de travailler en Nouvelle-Zélande, où le problème de l'augmentation et de l'aggravation des cas d'asthme est un enjeu considérable. À partir de la cohorte de naissances de l'étude multidisciplinaire de Dunedin sur la santé et le développement, nous avons établi les facteurs de risque et surveillé la détérioration de la fonction respiratoire chez des individus souffrant d'asthme persistant, de l'enfance à l'âge adulte.

Ici au Canada, un partenariat avec le RCE AllerGen et les Instituts de recherche en santé du Canada a permis de suivre la cohorte de naissances de l'étude CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development). Plus de 40 chercheurs utilisent cette cohorte pour étudier les facteurs génétiques, épigénétiques, environnementaux, infectieux, psychosociaux, hormonaux, nutritionnels ainsi que les facteurs relatifs au microbiome sous-jacents à l'asthme et aux allergies. La cohorte de l'étude CHILD, regroupant des enfants aujourd'hui âgés de 5 à 8 ans, fournit de solides assises pour les études d'envergure portant sur les origines développementales de la santé et des maladies. L'étude de la Nouvelle-Zélande évalue actuellement les « enfants » de la cohorte en tant qu'individus de 45 ans, générant des données uniques d'une grande valeur. L'étude CHILD devrait se poursuivre ainsi au cours de l'enfance et de l'adolescence, jusqu'à l'âge adulte, employant des technologies novatrices qui donneront lieu à de nouvelles découvertes prometteuses sur la santé.

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Un nuage à l’horizon

Une seule bouffée de cigarette peut mener à une dépendance à vie

Dre Jennifer O'Loughlin
Centre de recherche du CHUM

Bien que la cigarette fasse six millions de victimes chaque année, un article publié récemment dans The Lancet laisse entendre que le pire est encore à venir. Cent millions de personnes sont décédées durant le 20e siècle, et ce nombre passera à un milliard si rien n'est fait pour contrer le tabagisme.

Pendant les 17 dernières années, notre équipe a suivi 1 294 élèves de septième année à Montréal afin de mieux comprendre les premières origines du tabagisme. À ce jour, la plus importante découverte réside dans le fait que les symptômes de la dépendance à la nicotine se manifestent très rapidement après la première bouffée de cigarette chez certains enfants. Cette vulnérabilité les expose à un risque élevé de tabagisme régulier à l'âge adulte, avec tous les risques concomitants que cela comporte pour la santé. Nous ne sommes pas en mesure de déterminer quels enfants sont les plus vulnérables, alors le message de santé publique est que même une seule bouffée de cigarette peut entraîner une dépendance à vie. Dans le cadre d'un autre projet, nous notons les disparités sociales observées dans les programmes de lutte contre le tabagisme en milieu scolaire. Ces données guideront la mise au point de mesures pertinentes et efficaces visant à réduire le tabagisme, surtout dans les milieux défavorisés.

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Cancer de la prostate : de l’espoir grâce à la recherche

Lien entre la protéine mTOR et la virulence du cancer

Drs Vincent Giguère et Étienne Audet-Walsh
Centre de recherche sur le cancer Goodman, Université McGill

On croyait d'abord que la protéine mTOR était localisée dans le cytoplasme de la plupart des cellules humaines. Toutefois, on a non seulement découvert la présence de cette protéine dans le noyau des cellules cancéreuses de la prostate, mais aussi l'existence d'une corrélation entre le contenu en mTOR du noyau et la virulence du cancer. Il y a peu de signes de la présence de la protéine mTOR dans le noyau de cellules prostatiques saines, mais sa présence dans le noyau augmente considérablement à mesure que le cancer progresse vers une issue défavorable. Plus le cancer est virulent, plus grandes sont la concentration et l'activité de la protéine mTOR dans le noyau. En conséquence, une signature du gène dépendant de la mTOR a été décelée avec succès, ce qui pourrait contribuer à prédire la probabilité de récidive chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate.

De plus, les travaux réalisés par les Drs Giguère et Audet-Walsh démontrent que le récepteur des androgènes, principal facteur du développement du cancer de la prostate, agit avec la protéine mTOR dans le noyau pour exercer son action oncogène sur les cellules cancéreuses de la prostate. La présence de la protéine mTOR permet à ces dernières de reprogrammer leur métabolisme afin de soutenir leur croissance et leur prolifération rapides.

Ces deux chercheurs travaillent au Centre de recherche sur le cancer Goodman, en collaboration avec la Dre Simone Chevalier, au Centre universitaire de santé McGill.

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Aider ceux qui aident les autres

Accroître les soins aux personnes atteintes d’un cancer

Dre Sylvie Lambert
Université McGill

Au Canada, la qualité des soins offerts aux personnes atteintes d'un cancer repose sur les soins fournis par les partenaires ou les membres de la famille. Le cancer occupe le deuxième rang des maladies nécessitant le plus de soins de santé au Canada. Malgré cela, les aidants naturels demeurent des effectifs travaillant en grande partie dans l'ombre et bénéficiant d'un soutien minime, ce qui se traduit par beaucoup d'anxiété et une mauvaise qualité de vie. Voilà d'ailleurs pourquoi le programme de recherche de la Dre Sylvie Lambert est axé sur la mise au point et l'évaluation de mesures cliniques qui fournissent les meilleurs renseignements et le meilleur soutien possible afin de répondre aux besoins des personnes atteintes d'un cancer et de leur famille. L'équipe de la Dre Lambert tente de réduire au minimum les coûts liés aux mesures pour en assurer la viabilité. Ces mesures comprennent l'utilisation de plateformes en ligne ou d'approches adaptées aux besoins particuliers des aidants naturels.

La Dre Sylvie Lambert est professeure adjointe à l'École de sciences infirmières Ingram de l'Université McGill, et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en soutien à l'autogestion durable pour les personnes atteintes de cancer et leurs aidants naturels.

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Approfondir nos connaissances sur le diabète de type 2

Des percées en matière de recherche sur l’insuline et la croissance cellulaire

Dr Barry I. Posner
Centre universitaire de santé McGill

Mes recherches portent sur l'action de l'insuline et des facteurs de croissance, et mettent l'accent sur leur lien avec la pathogenèse du diabète de type 2. Nous avons découvert des récepteurs hormonaux dans des tissus qui n'avaient jamais encore été considérés comme des tissus cibles. Nous avons également détecté des récepteurs d'insuline et d'autres hormones peptidiques dans les organes circumventriculaires du système nerveux central (SNC), servant de base structurelle permettant d'influencer le fonctionnement du SNC. Nous avons été les premiers à démontrer que les complexes récepteurs de surface cellulaire de l'insuline et des facteurs de croissance sont rapidement intégrés en endosomes, ce qui déclenche la signalisation cellulaire (hypothèse de la signalisation endosomale). Nous considérons les composés de peroxovanadium (pV) comme de puissants imitateurs de l'insuline qui inhibent des phosphotyrosines phosphatases désactivant les récepteurs de l'insuline (RI). Ces découvertes ont mené à des études définissant divers processus endosomaux responsables de la régulation du fonctionnement des RI et des récepteurs de facteur de croissance, y compris la régulation du pH et de la protéolyse. Notre groupe a également été le premier à utiliser une étude d'association pangénomique pour identifier les gènes associés au diabète de type 2.

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Maman en santé, bébé en santé

Mesures visant à améliorer la santé mentale des mères, l’allaitement et la santé après l’accouchement

Dre Cindy-Lee Dennis
Université de Toronto

Mon principe est simple : « Un bébé en santé, ça commence par une maman en santé. » Cette conviction m'a amenée à axer l'ensemble de mon programme de recherche sur l'évaluation rigoureuse de mesures visant à améliorer directement la santé des mères, ce qui entraîne un impact positif indirect sur les nouveau-nés.

Mes champs d'intérêt comprennent : 1) améliorer l'expérience d'allaitement; 2) détecter, prévenir et traiter la dépression et l'anxiété périnatales; 3) évaluer la santé des mères immigrantes et de leur bébé; 4) mettre au point des mesures postpartum faisant intervenir les pères.

L'échelle d'autoefficacité de l'allaitement que j'ai élaborée est devenue l'instrument de mesure de l'allaitement le plus utilisé dans le monde. Cet outil m'offre de nombreuses occasions de collaborer avec des chercheurs de l'étranger, notamment des Émirats arabes unis, du Brésil, de la Turquie et de la Chine.

Je suis actuellement chercheuse principale dans six études multicentriques d'envergure, et cochercheuse dans le cadre de 20 autres études financées. Par ailleurs, j'ai récemment reçu un financement de 17 millions de dollars sur 10 ans de la part des IRSC qui servira à mener un essai. L'objectif est de déterminer si une intervention de quatre phases (de la préconception à la petite enfance) peut 1) réduire le surpoids et l'obésité chez les enfants; 2) réduire les facteurs de risque cardiométabolique; 3) favoriser le développement de l'enfant et sa maturité scolaire à l'âge de cinq ans; 4) avoir des répercussions positives pour les parents.

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Aider les personnes souffrant de déficience développementale à surmonter les barrières à leur santé optimale

Le portrait global : Développer une nouvelle perspective sur la meilleure façon de répondre aux besoins de santé complexes des adultes souffrant de déficience développementale

Dre Yona Lunsky
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et Institut de recherche en services de santé (IRSS)

Les personnes souffrant de déficience développementale ont souvent des besoins de santé complexes et éprouvent des difficultés à obtenir les soins appropriés. Souvent, cela s'explique par le fait que les fournisseurs de soins ne possèdent pas les bonnes connaissances pour les aider, en raison du manque de recherche sur les besoins de cette population.

Nous travaillons à combler cette lacune en explorant davantage les besoins en soins de santé des personnes souffrant de déficience développementale et de leurs familles, afin de s'assurer que notre système de santé ne les abandonne pas. Une partie de notre travail consiste donc à étudier tous les adultes souffrant de déficience développementale en Ontario, afin de dresser un portrait global de ce qui fonctionne dans le système de santé, et de ce qui pose le plus de problèmes.

En nous guidant avec les statistiques et les histoires personnelles racontées par les gens, nous travaillons avec les patients, les familles et les professionnels de la santé à la création d'outils qui aideront les personnes souffrant de déficience développementale à jouir d'une santé optimale.

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Choisir judicieusement : une approche rentable de diagnostic de la douleur lombaire

Un outil de prise de décisions cliniques aide les urgentologues à déterminer quels patients requièrent des radiographies pour des douleurs lombaires

Dre Jill Hayden
Université Dalhousie

La Dre Jill Hayden, épidémiologiste à l'Université Dalhousie, et son équipe ont obtenu du financement des IRSC pour concevoir un outil de prise de décisions cliniques visant à aider les urgentologues à déterminer quels patients souffrant de douleurs lombaires devraient être soumis à un contrôle radiographique.

« Près du tiers des patients qui se présentent aux urgences en raison de douleurs lombaires reçoivent des tests d'imagerie diagnostique », explique la Dre Hayden. « Nous savons pourtant que les pathologies sévères de la région lombaire ne touchent que 5 % des patients. »

« Il est clair, d'après les données scientifiques, que les rayons X ne sont pas sans danger », indique le Dr Kirk Magee, directeur de la recherche au Département d'urgentologie de l'Université Dalhousie. « En plus de produire des radiations, les rayons X peuvent mener à des tests plus invasifs. Outre la sécurité des patients, l'utilisation responsable des ressources doit figurer parmi nos préoccupations. »

Une équipe de chercheurs et de cliniciens talentueux basés en Nouvelle-Écosse et à Ottawa collabore à l'étude de cinq ans menée auprès de 4 000 patients. « Le défi consiste à détecter les patients les plus à risque de pathologie sévère, tout en évitant les radiographies inutiles à ceux qui courent de faibles risques. »

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Heel2Toe : programme d’entraînement à la marche pour personnes âgées

Une stratégie simple pour permettre aux personnes âgées d’améliorer leur démarche et d’avancer à grands pas vers la santé

Dre Nancy Mayo
Université McGill

Lorsqu'elles marchent, beaucoup de personnes âgées ne peuvent maintenir un niveau d'intensité qui favorise la santé et corresponde aux Directives canadiennes en matière d'activité physique, en raison du déconditionnement amené par la maladie, d'un manque d'attention, ou du vieillissement. Les anomalies dans la façon de marcher peuvent amener une cascade de problèmes finissant par créer une démarche lente, instable et traînante, qui augmente les efforts nécessaires pour avancer, ainsi que la fatigue et les risques de chute, de fracture de la hanche, et même de décès.

Les données démontrent que l'entraînement à la marche est un moyen efficace d'améliorer la démarche, mais les bienfaits s'estompent une fois la formation terminée. Les physiothérapeutes se servent de messages verbaux et non verbaux pour inciter les patients à toucher le sol avec leur talon en premier à chaque pas. Cette stratégie simple permet de redresser la posture et d'allonger les foulées.

Mais une fois que les messages verbaux cessent, les patients retrouvent leur démarche inefficace (pied à plat sur le sol). Notre équipe a conçu un appareil de biofeedback qui émet un signal auditif en temps réel pour chaque « bon » pas, où le talon touche le sol en premier : Heel2Toe. Ce produit convient à toutes les maladies pouvant causer des problèmes de démarche.

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Les souvenirs : sont-ils vraiment comprimés entre les pages de notre esprit?

La méthode de stockage des souvenirs dans le cerveau reste un mystère, mais la recherche continue

Dr Wayne Sossin
Université McGill

J'ai commencé à m'intéresser à la mémoire grâce aux ordinateurs. Il est facile de comprendre comment la mémoire est stockée dans les ordinateurs (ce sont nos inventions), mais la méthode de stockage des souvenirs dans le cerveau est un phénomène fascinant qui reste à élucider.

En biologie moléculaire, quelques pionniers ont réussi à résoudre les plus grandes énigmes relatives au fonctionnement de la vie en se posant des questions simples. Cela m'a incité à étudier la mémoire à l'aide d'un modèle simple, où les points de connexion entre les neurones (synapses) qui stockent les souvenirs sont déjà identifiés, et qui me permet de poser deux questions simples : Qu'est-ce qui a causé des changements dans ces connexions? Comment ces changements sont-ils maintenus?

Nos réponses ont de nombreuses implications en santé, notamment pour comprendre comment effacer des souvenirs pathologiques après un traumatisme et comment stimuler la formation de souvenirs dans le cerveau vieillissant et malade. Mais il demeure que nous ne comprenons toujours pas le mécanisme biologique fondamental associé à une fonction aussi élémentaire que la mémoire, et c'est ce qui me motive dans mon travail au quotidien.

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Du laboratoire au chevet du patient : l’histoire fascinante de cinq décennies de recherche en santé

Des chercheurs canadiens font œuvre de pionniers en révélant le rôle des protéines dans les principaux processus biologiques de l’organisme

Drs Nabil G. Seidah et Michel Chrétien
Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)

Constituant un vaste groupe de molécules biochimiquement actives qui sont essentielles au fonctionnement des cellules, les protéines sécrétées, comme les hormones, les enzymes et les récepteurs, et les proprotéines convertases appartiennent à une famille de protéines qui activent d'autres protéines et participent à de nombreux processus biologiques importants.

En 1967, le travail de pionnier accompli séparément par Michel Chrétien et Donald Steiner a révélé que ces produits étaient dérivés de précurseurs inactifs (pro-opiomélanocortine (POMC) et pro-insuline) à la suite du clivage effectué au site des paires de résidus basiques par des protéases spécifiques (proprotéines convertases; PCSK).

Ce modèle précurseur-produit s'est révélé plus tard applicable à la plupart des protéines sécrétées qui sont traitées dans le cerveau et en périphérie.

Il a fallu 40 ans aux équipes financées par le Conseil de recherches médicales et les Instituts de recherche en santé du Canada, successivement dirigées par les Drs Chrétien et Seidah, pour découvrir les neuf membres de la famille des PCSK et valider leurs fonctions dans l'organisme en santé et malade.

Le dernier membre de la famille, la PCSK9, représente une énorme réussite pour notre équipe, puisque son inhibition est utilisée partout dans le monde pour traiter l'hypercholestérolémie. On recherche activement les effets des autres PCSK dans des maladies comme le cancer et les métastases, la neurodégénérescence et d'autres pathologies.

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Aider les écoles à mieux répondre aux besoins des élèves en santé mentale

Des chercheurs s’efforcent d’évaluer l’efficacité réelle des interventions de santé mentale en milieu scolaire

Dre Karen Patte
Université Brock

Mon principal domaine d'intérêt est la promotion de la santé mentale chez les jeunes, et la prévention et la détection précoce des maladies mentales. Les écoles sont un milieu propice aux efforts de cette nature, puisque presque tous les jeunes Canadiens y passent en moyenne 25 heures par semaine.

Lors de nos recherches, les autorités scolaires nous ont toutes dit que la santé mentale était leur priorité de prévention numéro un; pourtant, la majorité des écoles indiquent que les besoins en santé mentale des élèves ne sont pas comblés. Les écoles ont besoin de soutien pour aborder la santé mentale des jeunes, mais nous avons encore peu de données probantes sur la manière d'intervenir efficacement et de façon sécuritaire.

Étant donné l'urgence d'agir, il y a eu une expansion des programmes associés à la santé mentale offerts dans les écoles; cependant, la majorité de ces programmes n'ont pas été évalués ou ne sont pas fondés sur des données probantes. Notre équipe a donc conçu et testé des outils visant à évaluer l'efficacité réelle des interventions de santé mentale en milieu scolaire.

Nous mettrons ces outils en œuvre dans plus de 80 écoles secondaires dans le cadre de l'étude COMPASS en cours. Le projet est conçu pour améliorer continuellement les programmes, les politiques et les ressources scolaires afin de promouvoir la santé mentale des jeunes.

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De gauche à droite : Gaofeng Dong (stagiaire postdoctoral); Hasan Salim (étudiant en dentisterie); Yung-Hua Li (chercheur principal); Xiao-Lin Tian (technicienne et responsable du laboratoire) et Kayla Cyr (étudiante en dentisterie)

Chasseurs de bactéries!

Des microbiologistes buccodentaires s’efforcent d’élaborer de nouvelles stratégies de prévention des caries dentaires

Dr Yung-Hua Li
Université Dalhousie

Les caries dentaires sont une des affections les plus courantes chez l'humain, et presque tout le monde sera touché durant sa vie. Bien que les caries ne mettent pas la vie en danger, leur diagnostic et leur traitement répété représentent un important fardeau financier pour les systèmes de santé publics du monde entier.

Les caries dentaires sont causées par des bactéries vivant dans la bouche. Une bactérie, Streptococcus mutans, est considérée comme étant le principal pathogène cariogène, puisqu'elle est très efficace pour former de la plaque dentaire, métaboliser le sucre et produire des acides qui attaquent la surface des dents. Cette bactérie arrive aussi à s'adapter aux mécanismes de défense de son hôte, ce qui lui permet de mieux survivre dans la cavité orale.

Dans ce projet, nous examinons comment cette bactérie s'adapte aux mécanismes de défense de l'hôte. Les connaissances que nous en tirerons nous permettront d'élaborer de nouvelles stratégies de prévention des caries dentaires.

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La dépendance aux drogues au Canada : d’innombrables défis à relever

Surmonter la dépendance aux drogues grâce à des avancées et à de nouvelles stratégies thérapeutiques

Dr Bernard Le Foll
Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

La dépendance est un défi de taille au Canada. Ce sont l'alcool et le tabac qui ont le plus de répercussions, mais nous sommes aussi aux prises avec une crise des opioïdes et une augmentation de l'utilisation de cannabis. En tant que médecin spécialiste en toxicomanie, je coordonne les soins médicaux au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto afin de donner aux patients l'accès aux dernières avancées dans le traitement de la dépendance.

Nous étudions aussi les processus qui sous-tendent la dépendance dans le but d'élaborer de nouvelles stratégies de traitement dans le laboratoire. Cette approche a porté fruit : nous avons découvert plusieurs nouvelles stratégies thérapeutiques possibles. Nous avons notamment déterminé qu'en modulant la fonction de certains récepteurs ou de certaines zones du cerveau, nous pourrions diminuer la motivation à consommer des drogues et ainsi prévenir les rechutes.

Nous étudions actuellement quelques-unes de ces approches novatrices dans une population clinique, l'idée étant d'élaborer de nouveaux traitements.

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Une survivante du cancer du sein devenue auteure

L’expérience d’une patiente relativement à la recherche en santé se transforme en nouvelle carrière

Mme Martina Wood
Survivante du cancer du sein et défenseuse des patients, Mississauga

Quand j'ai reçu un diagnostic de cancer du sein de stade II en 2014, j'ai voulu faire tout ce que je pouvais.

Lorsqu'on m'a demandé de choisir parmi les traitements possibles, je n'avais pas les connaissances nécessaires pour prendre une bonne décision. C'est alors que je me suis plongée dans des revues médicales et des rapports de congrès, et que j'ai consulté mon pathologiste et une amie infirmière en oncologie.

Les données de recherche que j'ai recueillies étaient « d'avant-garde », notamment une nouvelle ligne directrice qui n'était pas encore une norme de soins en raison d'un décalage dans la mise en œuvre (encore en cours). À l'aide des notes de la conférence de Saint-Gall de 2015, j'ai créé une matrice pour déterminer le sous-type d'une personne et des arbres décisionnels, pour voir ses options (lumpectomie ou mastectomie?, etc.) et les facteurs à prendre en considération pour une recommandation de traitement.

J'ai écrit un livre pour faire part de ces recherches précieuses à d'autres femmes dans un format convivial : Smart Decisions about Breast Cancer : choices, risks, living well, preventing recurrence, publié en octobre 2015 et encore extrêmement pertinent.

Je suis heureuse que mon travail puisse aider d'autres femmes à prendre des décisions éclairées.

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Reconnaître l’influence d’une communication efficace sur les soins aux patients et les résultats

Créer une expérience positive pour les patients grâce à de bonnes aptitudes de communication

Dre Sally Thorne
Université de la Colombie-Britannique

Le programme de recherche de Sally Thorne met au jour les perspectives des patients sur les retombées humaines de la manière dont nous conceptualisons et fournissons les soins pour les affections chroniques, notamment le cancer.

En particulier, la Dre Thorne concentre ses efforts sur les aspects relationnels de la prestation de soins, dont la communication entre les professionnels de la santé et les bénéficiaires de soins, qu'elle voit comme un facteur essentiel des résultats pour la santé.

Quand nous reconnaissons à quel point la communication a une grande influence sur l'expérience des patients, surtout dans le contexte de ces problèmes de santé complexes, nous cherchons inévitablement à savoir comment améliorer la qualité de l'environnement de communication dans lequel les patients reçoivent leurs soins.

Le besoin de connaissances utilisables, bien fondées, cliniquement significatives et pratiques dans ce domaine est exponentiel, et continue d'être le moteur de ce programme de recherche.

Des communications de plus en plus complexes sont requises, étant donné les développements comme une approche palliative à l'égard des soins – pour toutes les maladies chroniques et limitant l'espérance de vie –, de nouveaux instruments juridiques comme les directives préalables et la venue de l'aide médicale à mourir.

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Remanier les gènes pour combattre les bactéries

Étudier comment le remaniement des gènes par la génomique pourrait mener à la création de médicaments antibactériens plus efficaces

Dr Marc Ouellette
Directeur scientifique, Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC
Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL)

Pendant mes études de premier cycle en biologie à l'Université d'Ottawa, j'ai été abasourdi par les mécanismes de variation antigénique chez les trypanosomes africains. L'influence des remaniements de l'ADN chez ces organismes sur l'expression génique était tout simplement ahurissante. C'est pourquoi l'ADN est devenu mon principal intérêt de recherche. Comme doctorant à l'Université Laval, j'ai étudié l'association entre l'ADN et la résistance aux antibiotiques chez les bactéries. J'ai ensuite fait un stage postdoctoral à Amsterdam ayant pour sujet la variation antigénique chez les trypanosomes. J'ai alors commencé à m'intéresser à la façon dont les parasites liés (Leishmania) remaniaient encore plus l'ADN pour résister aux médicaments. Tout mon travail sur les remaniements de gènes chez les bactéries et les parasites a mené à des études sur la résistance aux médicaments! Je suis revenu au Canada en 1990 pour travailler à l'Université Laval. Je me suis concentré sur la résistance aux antimicrobiens en tant qu'enjeu mondial de santé publique et sur l'utilité possible de la génomique, qui pourrait fournir des outils et des cibles pour s'y attaquer.

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Aider les personnes qui consomment à adapter leurs soins de santé

Comprendre les obstacles que rencontre une population marginalisée quant à l’accès aux soins de santé primaires

Dre Karen Urbanoski
Université de Victoria

Karen Urbanoski, chercheuse au Centre de recherche sur les toxicomanies de la Colombie-Britannique (CARBC) et à l'École de santé publique et de politique sociale de l'Université de Victoria, codirige une étude de recherche axée sur le patient portant sur l'offre de soins de santé primaires empreints de compassion et d'empathie aux personnes qui consomment des drogues, une population marginalisée.

Des chercheurs en santé du CARBC s'associent avec des fournisseurs de soins, des décideurs et des consommateurs en vue de déterminer les obstacles à l'accès aux soins de santé primaires pour cette population. « Le projet vise entre autres à aider les médecins à comprendre ce que vit ce groupe lorsqu'il cherche à obtenir des soins de santé, explique la Dre Urbanoski, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la consommation d'alcool et de drogues, les dépendances et la recherche sur les services en santé. C'est très difficile pour ces personnes, qu'elles consomment de la drogue ou soient aux prises avec d'autres désavantages, comme la pauvreté, l'itinérance, la violence, le racisme ou le colonialisme. Nous croyons que ces travaux pourraient être intégrés à la formation et servir à la création d'un modèle de prestation sécuritaire de soins de première ligne. »

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La recherche inclusive pour lutter contre les disparités sur le plan de la santé subies par les collectivités autochtones

La reconnaissance des forces et de la valeur du savoir et des traditions culturelles autochtones peut favoriser la guérison

Dre Charlotte Loppie
Université de Victoria

Toute sa carrière, Charlotte Loppie a veillé à ce que la participation des collectivités autochtones soit au cœur du processus de recherche. Professeure à l'École de santé publique et de politique sociale de l'Université de Victoria et directrice du Centre de recherche autochtone et d'engagement dirigé par la communauté, la Dre Loppie réalise des projets de recherche (en anglais seulement) « constamment proposés et dirigés par des collectivités ou des groupes autochtones, qui sont alors des partenaires à part entière et égale participant activement à tous les aspects du processus de recherche ».

La Dre Loppie collabore actuellement à Visioning Health II, une étude qui s'appuie sur le travail réalisé par Doris Peltier (Réseau canadien autochtone du sida) et Tracey Prentice auprès de femmes autochtones séropositives pour le VIH et qui avait révélé que la recherche tenant compte du savoir, des traditions culturelles et des forces autochtones favorise la guérison des participantes.

L'étude en cours est menée en partenariat avec des femmes autochtones séropositives pour le VIH de huit régions canadiennes et vise à comprendre les répercussions de ce processus de recherche sur la santé des femmes.

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Ces blessures qu’on ne voit pas : sensibiliser la population aux commotions cérébrales

Le mystère entourant les commotions cérébrales demeure une priorité de recherche en santé

Dr Brian Christie
Université de Victoria

Pour les professionnels de la santé qui tentent de comprendre le problème complexe qu'est la commotion cérébrale, il est primordial de mener des recherches pour en percer le mystère, soutient le Dr Brian Christie, chercheur de l'Université de Victoria travaillant sur le cerveau. Le Dr Christie et son équipe s'efforcent principalement de comprendre les mécanismes biologiques déterminant le potentiel d'apprentissage et la capacité de se remettre d'une neuropathologie en lien avec les lésions cérébrales acquises et avec les lésions découlant d'une affection héréditaire.

Le laboratoire clinique du Dr Christie cherche à trouver de meilleures façons d'évaluer et de traiter les lésions cérébrales et la démence chez diverses populations cliniques. Au total, ces activités de recherche (en anglais seulement) ont aidé des milliers d'athlètes de l'île de Vancouver, qui ont reçu de l'information et ont bénéficié de technologies de pointe de traitement des lésions cérébrales et de récupération. 

« Les lésions cérébrales suscitent beaucoup d'intérêt, et nous avons la chance d'avoir profité d'un grand engagement communautaire, se félicite le Dr Christie. Les données générées par de nouveaux outils d'évaluation aideront les médecins, les parents, les joueurs et les entraîneurs à prendre de meilleures décisions quant au traitement et aux stratégies de retour au jeu sécuritaire. »

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COMPASS : montrer de nouvelles orientations pour la promotion de la santé des jeunes

Un outil national d’application de la recherche aide à orienter efficacement et à améliorer les politiques et les programmes en santé des jeunes

Dr Scott Leatherdale
Université de Waterloo

Avec le soutien des IRSC, j'ai créé le système COMPASS, un outil national d'application de la recherche, afin d'orienter plus efficacement les politiques et les programmes de prévention pour les jeunes, et d'en améliorer continuellement l'efficacité.

En tant que système d'apprentissage, COMPASS a été conçu dans le but :

  • de renforcer notre capacité à planifier, à mettre en œuvre, à évaluer et à adapter des stratégies pour promouvoir la santé des jeunes dans divers domaines de prévention;
  • d'amener les chercheurs à utiliser un système de données économique, mais solide, conçu pour tirer profit des expériences naturelles afin de générer des données probantes fondées sur la pratique, alors que des interventions « réelles » sont mises en œuvre dans divers contextes et endroits au fil du temps;
  • de permettre aux intervenants en santé et en éducation locaux, provinciaux et nationaux de planifier, d'adapter et d'évaluer plusieurs programmes et politiques en cours à l'aide de données solides et récentes;
  • de renforcer notre capacité à comprendre et à réduire les disparités en santé dans les groupes de jeunes à risque élevé;
  • d'améliorer notre capacité à comprendre comment les divers environnements sociaux et physiques façonnent les trajectoires de santé des jeunes ou influencent les résultats de diverses interventions au fil du temps;
  • de favoriser les mesures de prévention primaire et la prise de décisions fondées sur des données probantes en faisant participer les utilisateurs des connaissances au processus de recherche.

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Inné ou acquis, peu importe : l’être humain est un tout

Le délicat équilibre entre facteurs génétiques et environnementaux détermine la capacité d’un organisme à s’adapter à son milieu et à s’y épanouir

Dre Marla Sokolowski
Université de Toronto

La capacité d'un organisme à s'adapter à son milieu et à s'y épanouir dépend d'un délicat équilibre entre facteurs génétiques et environnementaux. On reconnaît de plus en plus le rôle clé que jouent les interactions gènes-environnement dans la santé humaine. En effet, un nombre croissant d'études font état de variants génétiques qui accentuent ou atténuent les effets des expositions environnementales entraînant la maladie.

Les drosophiles sont un modèle idéal pour étudier cette relation, compte tenu du fait que leur génotype et leur environnement peuvent être manipulés avec exactitude et que leurs organes s'étudient directement. Mon laboratoire se penche sur un paradigme bien décrit selon lequel, en présence de deux allèles naturels du gène foraging (for), on note des différences touchant des phénotypes complexes, comme le comportement de recherche de nourriture, le métabolisme, la résistance au stress et l'apprentissage et la mémoire en lien avec la disponibilité de la nourriture.

Fait important : le gène for est conservé chez l'humain, et des études ont montré qu'il modulait le comportement et le métabolisme de différentes espèces. Nous espérons utiliser notre expertise en comportement, génétique, biologie moléculaire, épigénétique, neurobiologie, évolution et écologie pour élucider davantage l'importance des interactions gène-environnement et de découvrir les voies par lesquelles l'environnement d'une personne finit par influencer ses caractéristiques biologiques.

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Les risques pour la santé au travail associés à l’économie du partage

En chute libre : les structures règlementaires établies pour les normes d’emploi et de santé au travail ne s’appliquent plus

Dr Ellen MacEachen
Université de Waterloo

On ignore les risques pour la santé que pose la croissance de l'« économie du partage » au Canada. Cette nouvelle réalité présente divers défis, notamment le fait que les structures règlementaires établies pour les normes d'emploi et de santé au travail ne s'y appliquent pas. Des organismes de règlementation s'efforcent d'élaborer des programmes et des politiques, mais les efforts en ce sens ont été inconstants et épars. Nous nous penchons sur le cas du service de covoiturage uberX et évaluons le développement du risque pour la santé au travail et les occasions de règlementation. Cette étude utilise des méthodes de recherche qualitative pour examiner la façon dont Uber et les parties concernées évaluent et gèrent les risques en milieu de travail et la sécurité des passagers, et envisager une règlementation appropriée dans un paysage changeant de risque pour la santé. L'étude créera des connaissances sur les risques du covoiturage, les différences entre les hommes et les femmes, et les mécanismes de ces risques. En consultation avec des intervenants clés, nous trouverons des options règlementaires prometteuses pour les politiques de santé au travail.

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Percer le mystère entourant la cooccurrence de maladies physiques et mentales chez les enfants

Repérer les enfants à risque pour orienter les interventions de prévention ou de réduction de l’incidence de la multimorbidité précoce

Dr Mark Ferro
Université de Waterloo

La multimorbidité (cooccurrence de maladies physiques et mentales) touche environ 10 % des enfants. Parce que beaucoup de maladies physiques et mentales sont chroniques par nature, la multimorbidité a des conséquences qui durent toute la vie. Bien que des données montrent que la maladie physique augmente le risque de maladie mentale, les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont mal compris. Le Dr Ferro étudie le rôle des facteurs biologiques et psychosociaux dans l'apparition de la multimorbidité chez les enfants. Ses recherches indiquent que le risque pour la santé mentale est remarquablement constant chez les enfants atteints de différentes maladies physiques, ce qui laisse supposer un risque inhérent chez ces enfants, peu importe le type de maladie physique. Le travail du Dr Ferro, qui cherche à expliquer à quel point le risque est influencé par les mécanismes biologiques comme l'inflammation systémique, les expériences psychosociales comme les changements dans l'environnement familial, ou une combinaison de ces deux processus, aide à repérer les enfants à risque, ce qui oriente ensuite les interventions de prévention et de réduction de l'incidence de la multimorbidité précoce.

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Atténuer les effets de l’exploitation minière sur la santé des communautés

Appuyer les efforts des pays en développement en vue de l’intégration d’outils d’évaluation des effets sur la santé dans les politiques régissant l’autorisation de l’exploitation minière

Dr Craig Janes
Université de Waterloo

Pour beaucoup de pays, la richesse promise par l'exploitation de métaux, de pétrole et de gaz représente des occasions potentielles de développement économique et social. Mais l'exploitation minière a aussi des répercussions importantes sur la santé des communautés qui vivent sur les sites d'exploitation ou à proximité.

Ces répercussions vont bien au-delà de la pollution et de la dégradation de l'air, du sol et de l'eau, et comprennent les problèmes souvent complexes associés aux effets comme l'afflux de population et les pressions sur le logement et l'infrastructure de services de santé essentiels.

Notre équipe internationale s'est concentrée sur l'élaboration de moyens plus efficaces de gérer ces répercussions, à commencer par la Mongolie, un pays où les intérêts miniers canadiens sont dominants. Au cours des cinq dernières années, avec le soutien des IRSC, nous avons appuyé les efforts mongols, qui ont été couronnés de succès, pour intégrer des outils d'évaluation des effets sur la santé dans les politiques d'autorisation de l'exploitation minière. Récemment, nous avons commencé à étendre ces efforts à deux pays d'Afrique où les intérêts canadiens dominent aussi : la Zambie et la Tanzanie.

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Recueillir des données probantes pour le renforcement du contrôle du tabac

Aussi addictive et nocive qu’il y a 50 ans, la cigarette tue chaque année plus de six-millions de fumeurs

Dr David Hammond
Université de Waterloo

Le tabac demeure la première cause de décès prématurés dans le monde : il tue chaque année plus de six-millions de personnes. Bien que les risques pour la santé soient connus, la cigarette est encore tout aussi addictive et nocive qu'il y a 50 ans. En collaboration avec des gouvernements du monde entier, le Dr David Hammond s'attaque à l'épidémie mondiale du tabac en préconisant des lois plus strictes en matière de contrôle et de nouvelles mesures de prévention.

Ses recherches sur les effets des emballages neutres, les cigarettes faibles en nicotine et la consommation de produits du tabac chez les jeunes fournissent aux décideurs les meilleures données probantes pouvant guider le resserrement de la législation et l'élaboration de nouvelles politiques pour protéger la santé des populations. Le Dr Hammond étudie aussi les politiques visant à réduire la consommation de sucre de la population canadienne.

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CRISPR/Cas9 : une nouvelle technologie de l’ADN offre une lueur d’espoir

Les maladies héréditaires, dont la dystrophie musculaire de Duchenne, pourraient disparaître grâce à la technologie de correction génétique

Dr Jacques P. Tremblay
Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval

Mon équipe de recherche utilise une nouvelle technologie, CRISPR-Cas9, pour créer des traitements pour les maladies héréditaires. Cette technique permet de modifier le génome humain en coupant l'ADN précisément à l'endroit choisi à l'aide d'une nucléase Cas9 et d'un ARN guide (ARNg) qui s'hybride avec une séquence unique de 20 nucléotides dans le génome humain.

Nous avons trouvé la technique CRISPR-Cas9 utile pour enlever une répétition anormale d'un trinucléotide GAA (triplets d'ADN) en clivant avant et après cette répétition. L'intervention augmente l'expression de la protéine frataxine, ce qui serait thérapeutique.

La dystrophie musculaire de Duchenne est due à des mutations ponctuelles ou à des délétions qui changent le cadre de lecture du gène de la dystrophine. Ces mutations entraînent l'absence de la protéine dystrophine sous la membrane des fibres musculaires, ce qui cause des lésions fréquentes aux fibres et une faiblesse musculaire progressive.

Grâce à la technologie CRISPR-Cas9, nous avons pu retirer la partie superflue du gène de la dystrophine afin de restaurer le cadre de lecture normal du gène et l'expression normale de la protéine. La restauration de cette protéine devrait prévenir le développement de la faiblesse musculaire. La technique CRISPR-Cas9 pourrait un jour servir à corriger les gènes responsables de milliers de maladies héréditaires qui touchent des millions de patients.

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Un médecin de famille de première ligne transfère son expérience dans sa recherche

La bonne mise en application des connaissances médicales change la vie des patients

Dr James A. Dickinson
Université de Calgary

Je suis médecin de famille, et je suis devenu chercheur parce que beaucoup de recommandations sur la façon de traiter nos patients ne correspondaient pas à la réalité que nous voyons en première ligne. J'ai donc commencé à travailler sur divers sujets, me demandant principalement si nous appliquions bien les connaissances médicales à la pratique.

Récemment, j'ai commencé à travailler sur des lignes directrices de prévention. Celles-ci visent surtout à éviter tout cas de maladie, mais ne tiennent pas compte des méfaits potentiels associés à l'excès de prévention. Mes collègues et moi utilisons des approches épidémiologiques pour mesurer ces méfaits. Nous tentons ensuite de modifier les politiques et de fournir des renseignements visant un équilibre entre les bienfaits potentiels et les méfaits probables. Cela aide les médecins à déterminer avec leurs patients si les procédures préventives proposées sont bonnes pour eux, et permet la prise de meilleures décisions quant aux tests de dépistage (début, fin, fréquence).

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C’est un fait : la pauvreté a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie

Un partenariat ambitieux entre les médecins, les éducateurs, les gouvernements et les organismes communautaires favorise l’accès des Manitobains aux prestations et améliore leur qualité de vie

Dre Noralou Roos
Université du Manitoba

À titre d'administratrice fondatrice du Centre d'élaboration de la politique des soins de santé du Manitoba, je mène des recherches sur les liens entre les déterminants sociaux et la santé de la population. Les études le démontrent clairement : la pauvreté a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie des gens. La pauvreté entraîne une faible scolarisation, le sous-emploi, des maladies et une mort précoce. Mon équipe et moi avons compilé des études fondées sur des données probantes pour convaincre les professionnels de la santé de diagnostiquer la pauvreté chez les patients afin de leur permettre d'obtenir de l'aide. L'initiative Demandez vos prestations (en anglais seulement) fournit de l'information aux médecins et autres professionnels de la santé pour les amener à poser à tous les patients un ensemble précis de questions au sujet de leurs revenus et des prestations auxquelles ils ont droit. Par exemple, produire sa déclaration de revenus est l'une des meilleures façons d'augmenter ses revenus et de combattre la pauvreté. En effet, en 2016, 21 millions de dollars ont été remis à 9 100 Manitobains gagnant moins de 40 000 $ par année qui ont produit leur déclaration de revenus. Cette initiative repose sur un partenariat ambitieux entre les médecins, les éducateurs, les organismes communautaires et les instances fédérales et provinciales visant à favoriser l'accès des Manitobains aux prestations et à ainsi améliorer leur qualité de vie.

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L’accès à des soins dentaires de qualité est loin d’être universel

Donner la parole à ceux qui n’ont pas accès à des soins dentaires de qualité et susciter la compassion des futurs professionnels de la santé dentaire

Dr Mario A. Brondani
Université de la Colombie-Britannique

On pourrait penser qu'allez chez le dentiste va de soi. Pourtant, quand j'ai été bénévole il y a plus de 20 ans dans une maison de soins infirmiers près de mon cabinet, j'ai été choqué de constater l'état de la bouche de certains résidents. J'ai alors décidé de mener des recherches sur l'accès aux soins de santé buccodentaire chez les personnes démunies ou ne se sentant pas bienvenues dans un cabinet dentaire.

J'aime sensibiliser mes étudiants des cycles supérieurs. Je me concentre sur les aspects généraux entourant la santé dentaire publique (politiques et défense des intérêts en matière de dentisterie gériatrique dans les maisons de soins infirmiers, stigmatisation de certaines personnes de notre société, études qualitatives en santé) et donne voix au chapitre à mes participants.

Je m'implique aussi dans l'amélioration de la formation des futurs professionnels en santé dentaire en faisant la promotion du savoir fondé sur des données probantes, et en suscitant aussi la compassion chez mes étudiants pour qu'ils aient à cœur de s'occuper des personnes défavorisées. La formation doit transcender les murs de la clinique pour permettre aux étudiants d'optimiser la prestation des soins par une meilleure compréhension des diverses facettes de la santé buccodentaire.

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Fière de son passé

Bilan de la carrière d’une chercheuse en santé

Dre Margaret Lock
Université McGill

Ayant d'abord suivi une formation en biochimie et bactériologie, j'ai commencé mes recherches en santé pendant mon doctorat en anthropologie médicale à l'Université de Californie (Berkeley). Mes premiers travaux se sont déroulés principalement au Japon et portaient sur les transitions du cycle de vie, ainsi que sur la mort cérébrale et la transplantation d'organes.

J'ai enseigné à la faculté de médecine et à celle des arts de l'Université McGill pendant plus de 40 ans. De 2002 à 2006, j'ai fait partie d'une équipe qui a reçu une subvention de fonctionnement des IRSC. Notre projet s'intitulait Transfer of Bioscience Knowledge: Gene-Based Vulnerability in Psychiatry. J'ai utilisé ce financement pour suivre les personnes se soumettant au dépistage des gènes de prédisposition et leur réponse au dépistage génétique.

Je suis maintenant à la retraite et je m'intéresse à la génomique et à l'épigénétique, plus précisément aux nouvelles découvertes sur le développement humain, la santé et les maladies.

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L’arthrose, maladie dégénérative des articulations, touche la moitié des personnes de plus de 65 ans

Témoin du déclin de sa grand-mère causé par l’arthrose, une petite-fille dévouée consacre sa carrière à la recherche de solutions

Dre S. Amanda Ali
Réseau universitaire de santé

L'arthrose est une maladie dégénérative des articulations qui touche la moitié des personnes de plus de 65 ans, dont ma grand-mère. Après avoir été personnellement témoin de sa perte d'autonomie et de qualité de vie, j'ai décidé de consacrer ma carrière de chercheuse à la découverte de nouveaux traitements et à l'amélioration des soins.

Il n'existe pas de remède à l'arthrose, mais plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être utilisées pour atténuer les symptômes et freiner la maladie. L'arthrose peut être liée à divers facteurs de risque, notamment l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, les blessures et les gènes. La classification des patients selon leurs propres facteurs de risque pourrait nous aider à mieux adapter le traitement à chacun afin qu'il soit plus efficace.

C'est là l'objectif du laboratoire Kapoor : trouver des marqueurs sanguins qui pourraient servir à classer les patients atteints d'arthrose selon leurs facteurs de risque et, au bout du compte, améliorer les soins prodigués.

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Trouver de nouvelles cibles thérapeutiques pour contrer l’antibiorésistance

Concevoir la prochaine génération d’antibiotiques pour mieux lutter contre l’antibiorésistance

Dr Hans-Joachim Wieden
Université de Lethbridge

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaît que l'augmentation des infections résistantes aux antibiotiques constitue une menace pour la médecine moderne et la santé publique. Son Plan d'action mondial mise d'ailleurs sur la recherche et la mise au point de nouveaux antibiotiques. Plus de la moitié des antibiotiques actuels ciblent le ribosome des bactéries, essentiel à la cellule pour traduire l'information génétique en protéines fonctionnelles. Il est donc crucial de bien comprendre le processus en jeu pour élaborer de nouvelles stratégies antimicrobiennes et surmonter la résistance existante et émergente aux antimicrobiens.

Dans ce contexte, nos recherches portent sur le cycle fonctionnel du ribosome bactérien, et la manière dont les antibiotiques interfèrent sélectivement avec des propriétés importantes et les inhibent. La découverte de nouveaux points d'inhibition ou d'apports moléculaires indispensables au fonctionnement du ribosome bactérien permettrait de trouver des molécules capables de cibler spécifiquement ces processus. Nos recherches permettront de définir les paramètres devant encadrer la conception rationnelle de la prochaine génération d'antibiotiques qui nous aideront à combattre l'antibiorésistance.

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Chaque année, 250 millions de personnes dans le monde contractent une infection parasitaire transmise par un petit insecte volant

Les pays en développement des régions tropicales sont aux prises avec un gros problème : de minuscules mouches des sables porteuses d’une infection parasitaire mortelle, la leishmaniose

Dr Kishor Wasan
Université de la Saskatchewan

Des plaies ouvertes, des ulcères des muqueuses, une enflure du foie, de la fièvre – même la mort : tout ça causé par la piqûre d'une minuscule mouche des sables. L'enjeu est de taille. Dans les pays en développement des régions tropicales, plus de deux millions de personnes sont infectées chaque année (et plus de 250 millions de personnes dans le monde) par la leishmaniose, une infection parasitaire transmise par les mouches des sables femelles infectées. Même dans les pays développés, ce genre d'infections parasitaires est une cause de décès importante chez les personnes immunodéficientes (p. ex. les patients atteints du cancer ou du sida).

C'est là qu'entre en jeu le Dr Kishor Wasan, professeur et doyen à l'Université de la Saskatchewan et professeur auxiliaire et chercheur-boursier universitaire émérite à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC). Il a travaillé sans relâche pour créer une forme d'amphotéricine B administrée par voie orale qui resterait stable dans des conditions tropicales.

L'entreprise de Vancouver iCo Therapeutics inc. a conclu un partenariat avec la UBC pour faire avancer la formule d'amphotéricine B du Dr Wasan pour le traitement de la leishmaniose et d'autres infections fongiques. Les travaux actuels visent à développer une formule qui pourrait être administrée par voie orale sans effets secondaires graves. L'administration par voie orale constituerait une amélioration considérable par rapport au traitement actuel, qui est cher et très toxique, et peut seulement être administré par injection. Une avancée comme celle-ci rend la technologie idéale pour l'application dans les pays en développement. L'entente de commercialisation entre la UBC et iCo garantit que l'élaboration de cette formule d'amphotéricine B appuiera nos objectifs d'accès mondial.

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Le Dr James T. Rutka et son équipe de recherche sur les tumeurs au cerveau dans le laboratoire de l’institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de Toronto.

Du laboratoire au chevet du patient : le chercheur qui rêvait d’un remède

Transformer les découvertes scientifiques en résultats tangibles pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de tumeurs létales au cerveau

Dr James Rutka
Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de Toronto et Université de Toronto

J'ai choisi de faire de la recherche parce que, en tant que neurochirurgien à l'Université de Toronto, je savais que nous avions peu de traitements efficaces pour les patients atteints de tumeurs au cerveau. Mon laboratoire se consacre à améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui sous-tendent la croissance et l'invasion du cancer du cerveau.

Les tumeurs cérébrales sont parmi les cancers les plus mortels et les plus dévastateurs, et nous avons besoin de nouvelles stratégies de traitement pour aider les patients qui en sont atteints. Nous étudions des façons d'arrêter ou de ralentir les principaux « moteurs moléculaires » qui entraînent la propagation des cellules tumorales dans le cerveau. Je me concentre sur une grande voie de signalisation qui est principalement responsable de ce phénomène : la voie des GTPases Rho.

En utilisant de nouveaux médicaments et composés qui ciblent cette voie, dont des nanoparticules d'or conjuguées, j'augmente l'apport de produits chimiothérapeutiques prometteurs dans la zone d'invasion des tumeurs au cerveau à l'aide d'un traitement par ultrasons focalisés guidés par résonance magnétique (MRgFUS).

Le traitement par MRgFUS a la capacité unique de traverser la barrière hématoencéphalique et de permettre l'atteinte de concentrations élevées de médicaments aux zones ciblées à l'intérieur et autour d'une tumeur au cerveau. Les principaux types de tumeurs cérébrales sur lesquels mon laboratoire se concentre avec cette stratégie de traitement sont le glioblastome et le gliome pontique intrinsèque diffus. Il s'agit de cancers pour lesquels il n'existe pas de traitement fiable ou efficace.

Mon objectif à long terme est de pouvoir appliquer les découvertes scientifiques de mon laboratoire de recherche dans des essais cliniques tangibles chez les humains qui amélioreront la survie globale et la qualité de vie des patients atteints de ces tumeurs létales. J'aimerais remercier de tout cœur l'Institut du cancer des IRSC de soutenir généreusement mon programme de recherche à l'Hôpital pour enfants de Toronto, et ce, depuis de nombreuses années.

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Plus d’enfants et de jeunes en détresse que jamais auparavant : explorer un ensemble complexe de facteurs interreliés

Intervention précoce : travailler avec les patients et les familles pour améliorer les résultats en matière de santé mentale des enfants et des adolescents

Dre Leslie Anne Campbell
Université Dalhousie

Le programme de recherche de la Dre Leslie Anne Campbell vise à améliorer les résultats en matière de santé mentale des enfants et des adolescents au Centre de soins de santé IWK d'Halifax, en Nouvelle-Écosse. Ces dernières années, de plus en plus d'enfants et de jeunes canadiens se présentent à l'urgence pour des problèmes de santé mentale ou de comportement, alors que les taux pour les autres affections sont stables.

Nos projets en cours visent à comprendre les causes de cette tendance.

En établissant des liens entre les données existantes et en travaillant avec les communautés pour combler les lacunes dans les données, la Dre Campbell et son équipe peuvent explorer des facteurs de risque et de protection complexes que présentent le nombre croissant de jeunes patients qui se rendent à l'urgence. Nous collaborons avec des jeunes et des familles, au moyen de stratégies de participation des patients, afin de mieux comprendre leur perspective et de l'intégrer à nos orientations de recherche pour nous assurer que nous répondons aux bonnes questions de la bonne façon.

Notre travail vise à orienter les politiques et la planification ainsi qu'à rendre les soins plus efficaces et axés sur le patient et à faire en sorte ce qu'ils soient offerts en temps opportun.

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Une communauté rurale dans une région où les vers sont endémiques

Gare aux infections par des vers!

Une infection par un ver peut nuire à la santé d’une personne tout au long de sa vie

Dre Theresa W. Gyorkos
Université McGill

La recherche sur les infections par des vers ne vous passe probablement jamais par la tête. Au Canada, nous entrons rarement en contact avec des vers. Mais ceux-ci peuvent causer (et causent) des maladies. Les enfants d'âge préscolaire et primaire et les filles et les femmes en âge de procréer vivant dans plus de 100 pays où ces infections sont endémiques risquent continuellement d'être infectés et de souffrir de problèmes de santé.

Selon la charge de vers et l'âge auquel les vers sont acquis, les infections par des vers peuvent avoir une petite ou une grande incidence sur la santé d'une personne tout au long de sa vie. Les vers sont au cœur du programme de recherche international de mon équipe depuis les années 1990, et nombre de nos projets ont été financés par les IRSC.

Une grande partie de ces recherches ont contribué à orienter les politiques en matière de santé visant à réduire la morbidité attribuable aux vers. Récemment, nous avons collaboré avec l'Organisation mondiale de la santé afin d'explorer de nouvelles stratégies pour réduire le fardeau chez les filles et les femmes en âge de procréer.

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Mieux traiter les maladies cardiovasculaires grâce à notre horloge interne, le rythme circadien

Appliquer la biologie circadienne au traitement des patients atteints de cardiopathies

Dre Tami A. Martino
Université de Guelph

Les recherches menées dans mon laboratoire à l'Université de Guelph visent à comprendre comment nous pouvons appliquer la biologie circadienne pour améliorer le traitement des patients atteints de maladies cardiovasculaires. Les cardiopathies ont atteint des proportions épidémiques et touchent environ un adulte sur trois au Canada. Nos travaux portent sur la biologie circadienne et la santé cardiaque chez les hommes et les femmes.

L'objectif de notre recherche financée par les IRSC est d'appliquer la biologie circadienne (sommeil, physiologie et biologie moléculaire de jour et de nuit) à la médecine clinique, plus précisément dans le but de créer de nouveaux traitements pour les crises cardiaques.

Selon nos constatations, nous pourrions être en mesure de créer de nouveaux traitements pour les crises cardiaques pouvant être utilisés parallèlement aux traitements conventionnels, ce qui réduirait la cicatrisation du cœur (expansion de l'infarctus) et améliorerait les issues pour les patients.

Nous avons aussi créé le Centre for Cardiovascular Investigations à l'Université de Guelph, dans le but de faire progresser l'innovation en santé cardiovasculaire au Canada et de former la prochaine génération de scientifiques et de cliniciens.

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Tracer une carte du fonctionnement du corps

L’analyse informatique permet de compiler une mine d’or d’information sur le réseau cellulaire complexe

Dr Gary Bader
Université de Toronto

Le projet du génome humain a dévoilé un grand nombre d'éléments, mais les scientifiques ne comprennent pas encore exactement comment ces éléments interagissent. Il est important de révéler et de comprendre ces renseignements, puisque les biomolécules interagissent à l'intérieur de nous et s'organisent en réseaux et en voies complexes qui contrôlent tous les aspects de la fonction cellulaire.

Les maladies apparaissent quand ce réseau est brisé de façons particulières. En comprenant comment fonctionne ce réseau compliqué, nous pourrions améliorer le diagnostic, le pronostic et le traitement, et réduire le coût des soins médicaux au Canada et dans le monde. Mon laboratoire conçoit des méthodes d'analyse informatique visant à relier tous les renseignements que nous avons sur nos cellules en une carte du fonctionnement du corps humain. Nos méthodes ont mené à la découverte de systèmes biologiques sous-jacents à l'autisme et à la première piste de traitement ciblé pour un cancer infantile du cerveau.

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Unis par une passion commune

Les collaborations scientifiques à incidence élevée d’aujourd’hui aideront grandement à résoudre les enjeux de santé mondiale de demain

M. Thilina Bandara
Université de la Saskatchewan

Les problèmes de santé mondiale d'aujourd'hui sont de nature pernicieuse – vastes, interreliés et complexes – et touchent l'intersection entre les humains, les animaux et l'environnement. Par conséquent, les responsables de la santé publique de demain devront savoir transcender les frontières intellectuelles et institutionnelles.

Avec les conseils de mentors universitaires de tout le campus, les doctorants Thilina Bandara (santé communautaire et épidémiologie) et Arinjay Banerjee (microbiologie vétérinaire) cherchent à contribuer à la science de la formation interdisciplinaire (en anglais seulement). Diplômés du programme de formation intégrée sur les maladies infectieuses, la salubrité alimentaire et les politiques publiques, Mme Bandara et M. Banerjee continuent d'organiser des ateliers scientifiques interdisciplinaires, de collaborer avec des collègues étrangers afin de comprendre les crises de santé publique actuelles et d'améliorer leur propre capacité à diriger des collaborations scientifiques à incidence élevée pour résoudre les enjeux de santé mondiale de demain.

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Les troubles de l’alimentation n’ont pas de genre

Mobiliser et soutenir les hommes qui luttent contre un trouble de l’alimentation

Dr Brad A. MacNeil
Centre des sciences de la santé de Kingston, Hôpital Hôtel-Dieu

Nous avons besoin de méthodes novatrices pour encourager les hommes atteints de troubles de l'alimentation à obtenir des évaluations et des traitements spécialisés. En 2012, notre laboratoire a fondé le Male Assessment and Treatment Track, ou MATT, le seul service de consultations externes du Canada à fournir des évaluations et des traitements spécialisés conçus pour les hommes qui luttent contre des troubles de l'alimentation.

Les hommes peuvent y recevoir une thérapie cognitivo-comportementale individuelle approfondie et des renseignements sur les ressources de soutien et de rétablissement. Le projet MATT représente aussi une plateforme thérapeutique où les hommes peuvent discuter des problèmes liés à la stigmatisation, à l'isolement et à leurs expériences uniques. Depuis la mise en place du MATT, nous avons reçu beaucoup plus d'aiguillages d'hommes (250 %), et beaucoup plus d'hommes ont obtenu une évaluation et un traitement.

Nous continuons à examiner les facteurs associés à la participation des hommes à l'évaluation et au traitement pour un trouble de l'alimentation, leurs expériences uniques liées à la maladie et leur satisfaction quant aux services reçus.

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La curiosité n’a jamais tué personne… mais elle pourrait tuer les cellules cancéreuses

Une carrière de chercheur en santé née d’une fascination pour la façon dont les cellules s’adaptent aux changements dans leur environnement

Dr Jim Uniacke
Université de Guelph

Depuis l'école secondaire, je suis fasciné par la façon dont les cellules s'adaptent aux changements dans leur environnement en ajustant les types de protéines qu'elles fabriquent. Je lisais avidement sur différents aspects de la santé humaine et je rêvais d'avoir une influence mesurable sur notre société.

C'est alors que j'ai commencé à étudier l'influence d'un faible apport en oxygène (hypoxie) sur les mécanismes de synthèse des protéines des cellules humaines.

Les cellules cancéreuses qui vivent dans les tumeurs subissent une hypoxie chronique, ce qui favorise la propagation de la maladie et sa résistance aux traitements. En comprenant comment les cellules cancéreuses s'adaptent à l'hypoxie par des changements à leurs mécanismes de synthèse des protéines, nous pourrons obtenir une nouvelle compréhension de la progression des tumeurs et trouver de nouvelles cibles thérapeutiques pour prévenir cette progression.

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Intégration de la sage-femmerie

Les mères et les nouveau-nés tireront avantage d’une meilleure collaboration interprofessionnelle entre leurs fournisseurs de soins

Dr. Kellie Thiessen
Université du Manitoba

L'accès croissant aux services intégrés de sages-femmes dans le système de soins de santé nécessite que les sages-femmes participent activement au processus de recherche, à la dissémination des connaissances et à la pratique clinique. La Dre Thiessen, clinicienne-chercheuse stagiaire du Programme canadien de cliniciens-chercheurs en santé de l'enfant (PCCCSE), dirige une équipe interprofessionnelle d'experts qui cherchent à créer des stratégies axées sur les données qui orienteront les politiques pour améliorer les issues périnatales et optimiseront l'intégration des services de sages-femmes dans les initiatives de réforme des soins de santé de première ligne.

En ce moment, son équipe étudie les résultats et les coûts associés aux naissances à l'hôpital et hors de l'hôpital au Manitoba, par types de fournisseur de soins. Le but ultime de son programme de recherche est de repérer les obstacles et de concevoir des interventions qui orienteront les stratégies et les politiques pour améliorer la prestation de soins de maternité de façon à tirer le meilleur parti possible des sages-femmes. Les résultats attendus sont une amélioration globale des issues périnatales et systémiques dans le contexte canadien.

Je tiens à remercier mon équipe de recherche : Dr Nathan Nickel, Dre Julia Witt, Dre Margaret Morris, Mme Kristine Robinson, Mme Margaret Haworth-Brockman, Dr Ivy Lynn Bourgeault , Mme Shelley Derksen, Mme Trina Arnold et M. Alex Peden.

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Sauver la vie des bébés grâce à la force de l’épigénétique

Un chercheur veut éliminer le besoin de chirurgie pédiatrique visant à réparer les anomalies congénitales en modulant le développement anormal avant la naissance

Dr Richard Keijzer
Université du Manitoba

Toutes les 10 minutes, quelque part dans le monde, un bébé vient au monde avec un trou dans le diaphragme et un développement anormal des poumons – ce qu'on appelle une hernie diaphragmatique congénitale (HDC). En tant que chirurgien pédiatrique, j'opère ces bébés pour réparer le défaut du diaphragme. Malheureusement, les bébés atteints de HDC ont des difficultés respiratoires graves dues au développement anormal de leurs poumons et, chaque heure, l'un d'entre eux décède des suites de cette anomalie.

Dans notre laboratoire, nous étudions le développement anormal des poumons chez les cas de HDC. Nous avons découvert que certains petits régulateurs des gènes – appelés micro-ARN – jouent un rôle important dans le développement anormal des poumons lié à la HDC. Nous cherchons actuellement à savoir si nous pourrions utiliser ces micro-ARN comme traitement prénatal. Notre but ultime est d'améliorer les issues des bébés atteints de cette terrible pathologie en modulant le développement anormal de leurs poumons avant même leur naissance.

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Un spécialiste en la matière s’attaque de front aux problèmes causés par des médicaments d’usage courant

Un équilibre délicat entre les besoins des patients qui souffrent et une gestion responsable de la douleur

Dr John Wallace
Université de Calgary

J'ai toujours aimé relever des défis. En tant que chercheur médical, j'essaie de résoudre les problèmes causés par certains des médicaments les plus couramment utilisés dans notre société, comme l'aspirine, le naproxène et l'ibuprofène. Ces médicaments peuvent réduire la douleur associée à l'arthrite; malheureusement, ils peuvent aussi causer des saignements à l'estomac et à l'intestin grêle pouvant mettre la vie des gens en danger. 

Au cours des dernières années, nous avons tous entendu, sur une base presque quotidienne, des reportages sur la dépendance aux opioïdes. Les opioïdes sont de puissants analgésiques qui peuvent soulager la douleur intense causée par une blessure ou une maladie comme le cancer, ou ressentie à la suite d'une intervention chirurgicale. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un analgésique puissant qui ne crée pas de dépendance et n'entraîne pas de saignements ni d'ulcères gastrointestinaux à l'instar des médicaments comme l'aspirine. Or, cela est justement l'objet de mes recherches. À l'aide d'une substance naturelle pouvant prévenir les lésions gastrointestinales, nous avons conçu un nouvel analgésique puissant qui ne crée pas de dépendance.  

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Une carrière stimulante et gratifiante : résultat d’un bon calcul

Être une femme en STGM (sciences, technologie, génie, mathématiques) comporte à la fois des défis et des possibilités

Dre Rhonda Rosychuk
Université de l’Alberta

Un enseignant du secondaire avait reconnu mon talent pour les mathématiques et m'avait recommandé une carrière d'actuaire dans l'industrie de l'assurance. Après avoir suivi des cours de mathématiques pures durant mes études de premier cycle, je me suis rendu compte que la science actuarielle n'était pas pour moi, et j'ai commencé à suivre des cours de statistique. La matière m'a vraiment plu, et j'en aimais particulièrement les importantes applications en santé. Après l'obtention de diplômes en statistique et une expérience de travail dans un organisme spécialisé en cancer, je suis devenue biostatisticienne et chercheuse-boursière en santé, travaillant à la conception de méthodes scientifiques au croisement de la recherche en santé et de la statistique, à l'Université de l'Alberta.

Être une femme en STGM dans un département clinique comporte son lot de défis, mais aussi de possibilités. Mes excellentes relations avec mes collègues médecins et statisticiens rendent mon travail gratifiant. Je travaille surtout avec de grands ensembles de données administratives sur les visites aux urgences d'hôpitaux. J'essaie d'utiliser diverses sources et catégories de données pour répondre à des questions sur la fréquence des visites aux urgences.

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Faites connaissance avec l’équipe de recherche en santé et fertilité des IRSC

Une équipe multidisciplinaire de chercheurs et de cliniciens tente de cerner et de combler les besoins des hommes et des femmes ayant des problèmes de fertilité

Dre Phyllis Zelkowitz
Université McGill, Institut Lady Davis, Hôpital général juif

Plus de 250 000 couples au Canada ont de la difficulté à concevoir. De nombreux progrès ont été accomplis ces 30 dernières années dans le traitement médical de l'infertilité au moyen de différentes technologies de reproduction assistée. Avec la capacité de mieux aider les couples infertiles, les séquelles émotionnelles de l'infertilité sont devenues plus apparentes. Au niveau individuel, on peut ressentir de la colère, de la frustration et de l'anxiété, et même souffrir de dépression. Le stress associé à l'infertilité et à son traitement peut aussi miner les relations de couple et décourager les patients de poursuivre leur traitement.

La recherche s'est beaucoup intéressée aux conséquences de l'infertilité et de son traitement sur les femmes, mais a accordé sensiblement moins d'attention à l'expérience de l'infertilité chez les hommes. Ces derniers peuvent se sentir exclus du processus de traitement de l'infertilité, puisque même lorsque les causes d'infertilité sont imputables à l'homme, c'est sa partenaire qui doit subir les tests médicaux et les interventions. Le besoin perçu de demeurer stoïque pour soutenir leur partenaire peut amener les hommes à réprimer leurs propres sentiments de détresse.

La Dre Phyllis Zelkowitz dirige une équipe multidisciplinaire de chercheurs et de cliniciens qui tente de cerner et de combler les besoins en information et en soutien des hommes et des femmes vivant des problèmes de fertilité. L'objectif consiste à concevoir des applications médicales mobiles fondées sur des données probantes et centrées sur le patient qui fourniront de l'information à jour et des services de soutien par les pairs aux patients des cliniques de fertilité et aux hommes ayant des problèmes de fertilité imputables au cancer. « L'éducation en santé de la reproduction contribue à réduire la stigmatisation associée à l'infertilité et fournit aux gens les outils nécessaires pour prendre leur santé en main », explique la Dre Zelkowitz. « Nous espérons que notre travail contribuera à la conception, à la mise en œuvre et à l'adoption d'interventions en santé et fertilité qui profiteront aux patients par l'amélioration de leur qualité de vie générale. »

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Le diabète de type 2 : une véritable énigme à éclaircir

Une carrière consacrée à élucider le mystère entourant la prévention du diabète et de ses graves complications

Dr Hertzel C. Gerstein
Université McMaster

Le diabète de type 2 a touché moins d'un Canadien adulte sur 20 en 1980, mais plus d'un sur dix en 2017. Pour des raisons mal comprises, le diabète de type 2 hypothèque sérieusement la qualité de vie, endommage presque tous les organes, réduit l'espérance de vie et constitue pour la société un fardeau économique énorme et sans cesse croissant. C'est pourquoi je consacre ma carrière à la recherche de moyens de prévenir le diabète et ses graves complications, d'améliorer la vie des personnes diabétiques et de leurs familles, et de mettre la maladie en rémission. Pour ce faire, j'ai demandé du financement pour des études nationales et internationales que je conçois et dirige afin de tester diverses thérapies sur des dizaines de milliers de personnes partout dans le monde, et j'établis des relations de travail fructueuses avec l'industrie, la profession médicale, des organismes de recherche et d'autres chercheurs.

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La recherche m’a aidée à vivre mon chagrin

Le processus de guérison d’une mère conduit à l’amélioration du soutien aux endeuillés

Mme Valerie McDonald
Toronto

Lorsque ma fille de 9 ans, Natalie, est décédée du cancer, les services de soutien aux personnes endeuillées offerts par le Sick Kids manquaient de constance. Chose surprenante, j'ai été aidée en participant à une étude sur les parents en deuil dirigée par une équipe de travailleurs sociaux et de psychologues en hématologie et oncologie. Six mois jour pour jour après le décès de Natalie, j'ai passé deux heures avec un chercheur à parler de mon enfant, de mes sentiments, de mes inquiétudes pour mes autres enfants et du soutien que ma famille aurait aimé recevoir de l'hôpital.

Cette expérience très cathartique s'est avérée un point tournant dans ma transition vers une nouvelle « normalité ». L'étude et des recherches ultérieures dirigées par la même équipe ont mené, en 2009, à la formation d'un groupe de travail sur le soutien aux personnes endeuillées. Aujourd'hui, l'hôpital dispose d'un solide programme de services flexibles conçus pour soutenir toutes les familles en deuil, programme pour lequel je travaille maintenant comme bénévole.

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Face à face : mieux comprendre les gènes qui déterminent les traits du visage

Étudier l’architecture génétique pour comprendre les origines et les fondements génétiques des traits complexes qui rendent chaque individu unique

Dr G.H. Sperber
Université de l’Alberta

« Comment sommes-nous faits? Nous essayons de comprendre l'origine et les fondements génétiques des traits complexes qui distinguent chaque être humain. Le développement et l'évolution des traits physiques, et même comportementaux, relèvent en premier lieu de la génétique. La création du visage, qui est si important pour notre identité et l'accouplement, est fondée sur le développement de la structure cranofaciale sous-jacente. En étudiant les mutations ou les variations génétiques qui mènent à des difformités ou à des anomalies du développement, nous pouvons mieux comprendre les gènes qui déterminent la formation du visage.

Les nouvelles possibilités de manipulation de l'expression génique offertes par le génie génétique pourraient éventuellement permettre de prévenir les maladies ou syndromes héréditaires connus.

Nous traversons une période d'exploration à la fois palpitante et parsemée d'enjeux éthiques. »

Mon bagage en anatomie, en embryologie, en paléoanthropologie et en dentisterie m'a amené à m'interroger sur les origines de notre existence. Ma curiosité demeure motivée par le défi de repousser sans cesse les limites de nos connaissances.

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Photo : avec la permission de la Dre Baylis avec Le Gouverneur général du Canada, Rideau Hall.

Nourrir l’empathie des puissants afin de changer le monde pour le mieux

L’impact national et international des chercheurs en bioéthique travaillant au croisement des politiques et de la pratique

Dre Françoise Baylis
Université Dalhousie

C'est ma volonté de changer le monde pour le mieux qui m'a amenée à devenir chercheuse en bioéthique. Une ambition un brin idéaliste, mais néanmoins sincère. Plus précisément, je voulais protéger et promouvoir les intérêts des femmes.   

Mes études en bioéthique féministe m'ont incitée à étendre l'objet de mes recherches à toutes les victimes d'oppression. J'ai obtenu un doctorat en philosophie avec spécialisation en bioéthique en 1989. À cette époque, la bioéthique n'était pas encore une discipline florissante. Ma thèse portait sur l'éthique de la recherche ex utero sur des embryons humains rejetés à la suite d'expériences de fécondation in vitro.

Depuis ce temps, mes recherches en bioéthique ont couvert la procréation assistée, la recherche sur les femmes enceintes, les embryons et les cellules souches, le remplacement de mitochondries (aussi appelé transfert du génome nucléaire humain) et la modification du génome. Ce travail, au croisement des politiques et de la pratique, génère de l'intérêt aux échelles nationale et internationale. Mon objectif général a toujours été le même : nourrir l'empathie des puissants.

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La synergie entre la recherche fondamentale et appliquée : un élément essentiel à l’avancement des connaissances

Tout simplement stupéfiant : le travail coordonné de milliards de molécules dans la fabrication de cellules, de tissus et d’organismes entiers

Dr Tony Harris
Université de Toronto

Le travail coordonné de milliards de molécules dans la fabrication de cellules, de tissus et d'organismes entiers est un phénomène stupéfiant. La compréhension de ces mécanismes permet de traiter des maladies et de faire avancer la bio/nanotechnologie. Mon équipe financée par les IRSC et le CRSNG, qui se compose d'étudiants diplômés et non diplômés et de personnel scientifique, étudie comment les molécules structurent la couche cellulaire superficielle des embryons de mouche à fruit, une couche semblable à la peau humaine et au contour de nos organes. La mouche à fruit est l'animal de laboratoire qui se prête le mieux à la manipulation moléculaire par la génétique et à l'observation des complexes moléculaires au microscope. Nous déterminons la fonction d'une molécule en la retirant et en observant la réaction des autres molécules, de cellules entières et de tissus. Il est remarquable que les mouches à fruit et les humains soient structurés par les mêmes molécules. Cet animal de laboratoire permet de faire des découvertes à un rythme plus accéléré que les études sur des humains seulement. La synergie entre la recherche fondamentale et appliquée est essentielle à l'avancement des connaissances et à leur utilisation dans la vie quotidienne.

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Les sciences de la vie, un domaine florissant

La recherche sur les interactions gènes-médicaments atteint de nouveaux sommets grâce à la levure de boulangerie

Dr Corey Nislow
Université de la Colombie-Britannique

Theo Dobhzhansky a déjà dit : « il n'y a rien à comprendre à la biologie sans l'éclairage apporté par l'évolution ». Ce credo a guidé mes recherches sur les oursins verts, les grenouilles, les algues, les mouches, les vers, les cochons miniatures et les êtres humains. L'évolution est notre fil conducteur. Nous descendons d'un ancêtre commun et avons tous relevé le défi de nous adapter à notre environnement. Notre laboratoire utilise de la levure de boulangerie pour comprendre les médicaments destinés à l'usage humain, car malgré le milliard d'années d'évolution qui sépare l'homme de la levure, nous partageons la moitié de nos gènes avec cette substance. Et malgré son absence de cerveau, la levure a contribué à la compréhension du fonctionnement des antidépresseurs. En fait, la levure est une experte dans l'utilisation des médicaments pour communiquer, de la même façon que nos neurones interagissent.

Plus récemment, nous avons exploré de nouveaux environnements. D'une part, nous avons expédié de la levure à la Station spatiale internationale afin de comprendre la microgravité et la radiation et, d'autre part, nous avons pris contact avec des pharmacies communautaires afin d'utiliser nos connaissances sur les interactions gènes-médicaments pour aider à surmonter les défis liés à la personnalisation des traitements pharmaceutiques.

L'espace et le milieu pharmaceutique sont des environnements qui exigent une logistique de précision pour mettre en pratique les résultats de la recherche en laboratoire. Mais cette transition est rendue possible par la combinaison des nouvelles technologies et des données massives.

Jamais période n'a été aussi emballante pour travailler dans les sciences de la vie.

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Une puissante technique de séquençage de cellule unique révèle des secrets de la génétique

Explorer des territoires inconnus en biologie des cellules souches, en réparation d’ADN et en diversité génomique humaine avec « Strand-seq »

Dr Peter M. Lansdorp
Université de la Colombie-Britannique

Ma recherche est axée sur le rôle de l'instabilité du génome dans le vieillissement et le cancer. Récemment, nous avons mis au point une puissante technique de séquençage de cellule unique, appelée Strand-seq, afin d'explorer des territoires inconnus en biologie des cellules souches, en réparation d'ADN et en diversité génomique humaine. Nous utilisons Strand-seq pour répondre à certaines questions fondamentales :

  • Quels sont les mécanismes moléculaires qui régulent l'autorenouvellement et la différentiation des cellules souches?
    Pour étudier l'expression génique parallèlement à la réplication de l'ADN, nous combinerons l'analyse de transcrits et de matrices d'ADN dans la même cellule.
  • Quels mécanismes moléculaires ont un rôle à jouer dans la réparation de l'ADN?
    Nous avons une approche unique d'étude des cas de réparation d'ADN qui consiste à représenter graphiquement les échanges de chromatides sœurs, les restructurations et la perte d'hétérozygotie dans des cellules uniques.
  • À quoi ressemble un « génome personnalisé »?
    En produisant des haplotypes complets, qui incluent des inversions polymorphiques, nous générons une information d'une précision sans précédent sur des génomes individuels pour une grande variété d'études.

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Écouter les patients : une expérience instructive

Une passion pour l’amélioration des méthodes de recherche clinique qui motive une chercheuse à aider les gens

Dre Sunita Vohra
Université de l’Alberta

Je suis devenue médecin parce que je voulais aider les gens, et je suis devenue scientifique parce que je voulais améliorer notre façon de prodiguer les soins de santé.

Ce qui me passionne, c'est l'amélioration des méthodes de recherche clinique : existe-t-il de meilleures façons de vérifier si des traitements sont sécuritaires ou efficaces? La plupart du temps, ma recherche est basée sur des questions posées par des patients sur des sujets qui touchent leur santé. L'écoute des patients s'est révélée fort instructive. 

La plupart des Canadiens recourent à la fois aux médecines conventionnelle, complémentaire et traditionnelle pour s'occuper de leur santé; ils ont donc besoin d'information fiable pour guider leurs décisions. Ma recherche est axée sur la production de données probantes de haute qualité qui confirment si des traitements sont sécuritaires et efficaces, pour qui et pourquoi (ou pourquoi pas).

Les soins de santé doivent non seulement reposer sur des données probantes, mais aussi respecter les préférences, les valeurs et les buts des patients. Ma recherche contribue à concilier ces deux obligations, de façon à ce que les soins prodigués soient à la fois fondés sur des données probantes et centrés sur le patient. 

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Ma manière de contribuer à la recherche en santé au Canada

L’histoire personnelle d’une chercheuse qui voulait améliorer le sort des victimes de la dystrophie musculaire de Duchenne

Mme Shannon Thompson
Université d’Ottawa

Voici comment je contribue à la recherche en santé au Canada à titre d'étudiante à la maîtrise au Laboratoire de régénération neurale de l'Université d'Ottawa :

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie dévastatrice qui touche un homme sur 3500 et qui se caractérise par une atrophie musculaire progressive, une perte de mobilité et une réduction de l'espérance de vie. La DMD résulte d'une mutation génétique qui provoque la perte de la dystrophine pleine longueur, une protéine présente dans les muscles squelettiques ainsi que le cerveau.   

La dystrophine a un rôle à jouer dans l'établissement de la polarité des cellules satellites, les cellules souches des muscles, qui se divisent de façon asymétrique pour à la fois réapprovisionner le réservoir de cellules satellites et produire des cellules progénitrices qui iront réparer les tissus musculaires. En l'absence de dystrophine, la polarité cellulaire n'est pas établie, ce qui perturbe la division cellulaire asymétrique. Le tiers des victimes de la DMD souffrent de déficience cognitive non progressive, qui se manifeste principalement par des problèmes d'apprentissage et de mémoire.

Mon but consiste à déterminer si une perte de dystrophine dans le cerveau perturbe également la division cellulaire asymétrique des cellules souches neurales, et à déterminer si cela explique la déficience intellectuelle associée à la DMD.

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Étude des différences individuelles dans la perception de la douleur

Près de 25 % des Canadiens sont touchés par la douleur, qui arrive au premier rang des problèmes de santé humaine pour sa prévalence et son fardeau économique

Dr Jeffrey S. Mogil
Université McGill

La douleur arrive au premier rang des problèmes de santé humaine pour sa prévalence et son fardeau économique pour la société. Près d'un quart des Canadiens en souffrent, et c'est la principale raison qui pousse les gens à réclamer des soins médicaux. Mais la douleur est extrêmement variable. Dans certaines circonstances, certaines personnes ne signaleront pas les stimuli nuisibles comme des causes de douleur, tandis que d'autres pourront ressentir une douleur intolérable après un simple toucher.

Certaines personnes sont très réceptives à l'effet apaisant des placebos, tandis que d'autres ne réagissent pas aux opiacés, même à forte dose. La plupart des gens se remettent complètement des infections ou des traumatismes causés par des accidents, mais d'autres plus malchanceux développent des syndromes de douleur chronique qui peuvent durer des années.

Pour comprendre ces différences individuelles dans la perception de la douleur, nous examinons la douleur sous tous ses angles, depuis ses fondements génétiques jusqu'à sa modulation par des facteurs sociaux comme l'empathie. Nos études effectuées sur des souris et des humains révèlent des différences majeures entre les mécanismes de traitement de la douleur des sujets masculins et des sujets féminins.

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Une bouffée d’air frais!

Des progrès technologiques offrent une occasion unique de traiter des maladies pulmonaires génétiques comme la fibrose kystique

Dr Jim Hu
Hôpital pour enfants, Université de Toronto

Les technologies actuelles en biologie moléculaire et en génétique nous fournissent des moyens sans précédent de détecter les mutations génétiques qui causent des maladies, de concevoir des méthodes de diagnostic, et de comprendre les mécanismes pathologiques. Les progrès de la recherche ont aussi stimulé le développement de thérapies géniques pour des maladies pulmonaires génétiques comme la fibrose kystique.  

La thérapie génique, qui consiste à remplacer un gène porteur d'une mutation induisant une maladie par une copie saine et fonctionnelle du gène, comporte plusieurs avantages par rapport aux interventions chirurgicales ou aux traitements pharmacologiques traditionnels. Mais surtout, cela permet d'agir sur la cause d'une maladie, et non seulement sur ses symptômes. La thérapie génique est conçue comme une intervention non invasive pour usage non courant, ce qui réduit le fardeau pharmacologique et thérapeutique à supporter par les patients et rehausse leur qualité de vie.

La thérapie génique deviendra plus économique avec le temps, ce qui allègera le fardeau financier sur le système de santé. Par ailleurs, certains médicaments sont seulement efficaces pour certaines mutations génétiques. L'approche de la thérapie génique permettrait d'aider, en un seul traitement, tous les patients porteurs de différentes mutations du même gène associé à une maladie.

Notre groupe a déjà démontré que les gènes pouvaient être efficacement implantés dans les poumons de souris, de lapins et de porcs. Ces progrès technologiques offrent une occasion unique de traiter des maladies pulmonaires génétiques comme la fibrose kystique par le remplacement des gènes associés à ces maladies dans les cellules souches pulmonaires, lesquelles sont maintenant directement ciblées par notre groupe pour l'expression génique thérapeutique à long terme. Les découvertes découlant de nos recherches permettront de faire d'importants progrès dans le traitement efficace et rentable des patients atteints de maladies pulmonaires génétiques.

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Inspiré par la première souris transgénique, un ingénieur génétique se remémore ses débuts de carrière

De novice à concepteur de bioprocédés de pointe pour générer du tissu osseux, cartilagineux et cardiaque à partir de cellules souches

Dr Derrick Rancourt
Université de Calgary

Mon projet de devenir ingénieur génétique a été inspiré par la première souris transgénique. À l'instar des jeunes artistes dans la Florence de la Renaissance qui devaient faire leurs classes en ramassant des œufs ou en écrasant de la pierre pour fabriquer de la peinture, ma première corvée a consisté à préparer un extrait d'enzymes à partir de mes propres matières fécales. S'inscrivant dans le test de mutagénicité d'Ames, « fécalase » a simulé la conversion de pro-mutagènes dans l'intestin. Cette expérience m'a permis de vraiment lancer ma carrière. Je voulais ardemment faire mes classes comme novice, et dieu sait que j'ai trimé dur. Lorsqu'il était temps de produire une nouvelle mouture, mon patron avait l'habitude de me passer une boîte de biscuits à l'avoine pour stimuler mes enzymes. Sérieusement, mon premier mentor universitaire m'a initié à la recherche et m'a aidé à décrocher mon premier poste en génie génétique. C'est grâce à sa gentillesse et à mes sacrifices que je suis aujourd'hui ingénieur génétique.

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Concevoir, formuler et mettre au point la prochaine génération de systèmes d’administration de médicaments et de vaccins

Le ciblage localisé, la libération contrôlée et la résistance aux médicaments figurent parmi les nouvelles pistes de recherche prometteuses actuellement explorées

Dr Abdelwahab Omri
Université Laurentienne

Mon programme de recherche est axé sur la conception, la formulation, la mise au point et la caractérisation de systèmes d'administration de médicaments et de vaccins, en particulier ceux qui reposent sur les liposomes. Je m'intéresse particulièrement au ciblage localisé, à la libération contrôlée, à la résistance aux médicaments, à la pharmacocinétique, à la pharmacodynamique, au métabolisme et à la toxicité d'agents biologiques actifs libres et encapsulés dans des liposomes.  

Champs de recherche :

  1. Administration d'oligonucléotides antisens par liposomes. Effet sur la fonction de la glycoprotéine P dans des cellules multirésistantes aux médicaments dans des études in vitro et in vivo. Des agents cationiques en formulation liposomique sont utilisés pour favoriser la pénétration des oligonucléotides antisens dans la membrane cellulaire et pour les protéger contre la dégradation enzymatique (nucléases).
  2. Administration d'antimicrobiens par liposomes en réponse à des pathogènes bactériens résistants aux médicaments : infections pulmonaires et systémiques. Fabrication de liposomes hautement efficaces comme capsules, profil de libération d'antimicrobiens favorable et stimulation de l'activité bactéricide pour surmonter le problème de la résistance bactérienne causée par la faible perméabilité de l'enveloppe cellulaire bactérienne et la production d'enzymes neutralisant les antimicrobiens.
  3. Médicaments et vaccins en formulation liposomique pour administration par voie orale. Les liposomes sont utilisés pour protéger les agents encapsulés contre l'environnement gastrointestinal hostile (faible pH, phospholipases et sel biliaire) et pour stimuler leur intégration à la circulation systémique et accroître l'efficacité de ces agents tout en limitant la fréquence à laquelle ils doivent être administrés. Des formulations liposomiques spéciales seront préparées, caractérisées et soumises à des tests d'efficacité in vitro et dans des modèles animaux.

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La baisse des niveaux d’acide gras non saturés oméga-3, -6 et -9 : un point commun aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer

Exploration de l’utilité possible de certains aliments pour prévenir le développement de cette maladie neurodégénérative

Mme Valerie Desjardins
Université d’Ottawa

En tant que membre du laboratoire Bennett, j'étudie l'abondance de lipides (gras) dans des souris génétiquement modifiées qui reproduisent les symptômes de la maladie d'Alzheimer. L'Alzheimer se caractérise par la détérioration des fonctions cognitives sous l'effet des plaques amyloïdes (substance cireuse et translucide), principalement composées de peptides bêta-amyloïdes. Je surveille la variation du niveau de lipides dans ces souris et je vérifie si un changement dans leur alimentation (riche ou pauvre en lipides) permettra de prévenir la progression de la neurodégénérescence et de ses effets dévastateurs dans le modèle animal.

Ma contribution à ce projet consiste à quantifier le niveau de lipides à l'aide de techniques in silico (simulation par ordinateur) afin de comparer les souris saines aux souris symptomatiques, et l'alimentation normale à l'alimentation enrichie.

Avez-vous déjà remarqué que certains aliments, comme les œufs ou la margarine, sont enrichis d'acides gras oméga-3? Puisque l'Alzheimer s'accompagne d'une baisse des niveaux d'oméga-3, -6 et -9, nous tentons de savoir si la consommation de tels aliments pourrait prévenir le développement de cette maladie neurodégénérative.

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L’évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes

Concevoir des stratégies novatrices pour ralentir, ou même inverser, le développement de la résistance

Dr Alex Wong
Université Carleton

Mon laboratoire étudie l'évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes. Je considère ce travail particulièrement intéressant, car il permet d'appliquer les riches connaissances acquises sur l'évolution au niveau moléculaire à la résolution d'un sérieux enjeu de santé publique. Nous appliquons diverses approches, dont le dépistage génétique, l'évolution expérimentale et la génomique comparative, pour comprendre comment la résistance survient et persiste, et cerner les nouvelles vulnérabilités dans les cellules résistantes.

En fin de compte, notre objectif consiste à concevoir des stratégies pour ralentir, ou même inverser, le développement de la résistance, soit par des mesures de santé publique, soit par la mise au point de nouveaux médicaments.

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Concevoir des stratégies de protection de la santé mentale axées sur la nutrition et guidées par la génétique

Comment le counseling psychogénétique peut fournir aux gens les outils nécessaires pour préserver leur santé mentale et celle de leur famille

Dre Jehannine Austin
Université de la Colombie-Britannique

Je n'avais jamais prévu devenir chercheuse, mais j'ai fini par travailler en recherche sur la santé mentale car je voulais trouver de nouvelles façons d'aider des familles comme la mienne.

J'ai fait un doctorat en génétique psychiatrique et j'ai suivi une formation de conseillère en génétique. Cela m'a procuré le bagage nécessaire pour embrasser toute la complexité des connaissances actuelles concernant l'incidence de la génétique sur les troubles psychiatriques afin de les appliquer d'une façon véritablement utile aux familles confrontées à ces troubles pour les aider à préserver leur propre santé mentale.

Mon équipe se sert des connaissances actuelles sur la génétique des troubles psychiatriques pour aider les personnes aux prises avec ces problèmes ainsi que leurs familles. Nous explorons différentes pistes de recherche. Nous nous employons à concevoir des stratégies de protection de la santé mentale axées sur la nutrition et guidées par la génétique, et nous produisons de nouvelles connaissances sur l'utilité potentielle du counseling psychogénétique pour donner aux gens les moyens de se prendre en main pour une meilleure santé mentale.

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En matière de nutrition et de médication, une approche uniformisée ne convient pas toujours

Étudier l’alimentation et la génétique pour traiter et prévenir les maladies cardiométaboliques et les maladies d’origine immunologique

Dre Leah Cahill
Université Dalhousie

Je suis nouvelle chercheuse principale d'une équipe de recherche récemment formée pour étudier l'incidence de la nutrition, de la génétique et de leurs interactions sur les maladies cardiométaboliques et les maladies d'origine immunologique. À cette fin, je recours à des méthodes de recherche épidémiologiques et cliniques axées sur le patient. Le coût des maladies cardiométaboliques (p. ex. maladies du cœur et diabète de type 2) et des maladies d'origine immunologique (p. ex. maladie de Crohn et troubles hématopoïétique) est exorbitant, à la fois pour le système de santé et la qualité de vie des patients.

Notre objectif consiste à déterminer, par des recherches à l'échelle des patients et des populations, les habitudes alimentaires optimales ainsi que les voies biologiques, les protéines et les microbiotes ayant un rôle important dans le traitement et la prévention de ces maladies. En matière de nutrition et de médication, une approche uniforme n'est pas toujours de mise; il est parfois nécessaire d'adopter une approche plus personnalisée et axée sur le patient.

Ultimement, j'aimerais que les résultats de nos recherches orientent les lignes directrices visant à réduire les risques de maladies cardiométaboliques et les maladies d'origine immunologique.

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Bien vivre sans dialyse

Des combinaisons personnalisées de structures, de processus et de techniques permettent de répondre aux besoins uniques des personnes atteintes d’une maladie du rein

Dre Sara Davison
Université de l’Alberta

La dialyse est le traitement par défaut employé pour la plupart des personnes atteintes d'une maladie du rein à un stade avancé. Cependant, les patients fragiles, en particulier ceux qui souffrent d'autres problèmes de santé, peuvent ne tirer aucun bienfait de la dialyse. En fait, la dialyse pourrait même réduire leur taux de survie et leur qualité de vie. En septembre 2016, la Dre Sara Davison et son équipe, le Kidney Supportive Care Research Group (KSCRG) (en anglais seulement), ont lancé un projet pilote novateur intitulé Conservative Kidney Management (CKM) Pathway (en anglais seulement) dans toute l'Alberta afin de fournir des soins intégrés aux patients ayant peu de chances de bénéficier de la dialyse et ayant opté pour une approche thérapeutique conservatrice.

Ce projet se concentre sur le ralentissement du déclin du fonctionnement des reins parallèlement à la prise en charge active des symptômes et à la préservation de la capacité fonctionnelle et de la qualité de vie. Il comporte des combinaisons personnalisées de structures, de processus et de techniques visant à répondre aux besoins uniques de chaque patient en s'adaptant au contexte (système, communauté). Le KSCRG évalue actuellement le projet Pathway, y compris un outil interactif d'aide à la décision en ligne pour les patients. Le KSCRG a pour vision de réduire la souffrance des personnes atteintes d'une maladie rénale chronique à un stade avancé et de les aider à profiter de la vie.

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Prévention des chutes chez les personnes âgées – l’équilibre trouvé en Saskatchewan

Un programme d’exercice à domicile simple et éprouvé aide les personnes âgées à éviter des chutes potentiellement catastrophiques

Dre Shanthi Johnson
Université de Regina

Les chutes ne sont pas une conséquence inévitable du vieillissement, mais elles représentent un problème commun, complexe et coûteux. Ma recherche, réalisée en partenariat avec les régions sanitaires de Regina Qu'Appelle et de Sun Country, a porté sur un programme d'exercice à domicile simple et éprouvé qui aide les aînés, y compris en région rurale, à demeurer autonomes chez eux. Des bénéficiaires de soins à domicile qui faisaient des exercices à domicile – enseignés par des experts et surveillés régulièrement par l'entremise du réseau de soins à domicile – ont vu leur capacité physique fonctionnelle s'améliorer considérablement avec la réduction des chutes. Le programme d'exercice à domicile, conçu par le Centre canadien de l'activité et du vieillissement (CCAA), comporte dix exercices simples d'intensité progressive, chacun soigneusement conçu pour augmenter la capacité fonctionnelle et prévenir les chutes chez les personnes âgées. Les exercices peuvent être faits à la maison et ne requièrent pas de grand espace ni d'équipement spécial. Les chutes, le manque d'équilibre et la peur de tomber peuvent avoir des effets dévastateurs chez les personnes âgées, et l'exercice constitue leur première ligne de défense.

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Des progrès dans le traitement des AVC prouvent qu’il existe plusieurs façons d’éliminer un caillot!

Amélioration spectaculaire de l’issue clinique des AVC grâce à la recherche sur le diagnostic et les choix thérapeutiques

Dr Michael D. Hill
Université de Calgary

Notre équipe à Calgary travaille à améliorer les soins offerts aux victimes de tous les types d'accidents vasculaires cérébraux (AVC). Nous sommes devenus cliniciens-chercheurs parce que le cycle de la qualité des soins cliniques, de l'amélioration de la qualité des soins et de la recherche clinique alimente l'amélioration constante des résultats sur la santé des patients. L'intégration de la recherche clinique aux soins cliniques stimule nos progrès et fait évoluer le domaine. Nous effectuons des essais cliniques consacrés au diagnostic (par imagerie) et au traitement des AVC. Nous avons complété l'essai ESCAPE (en anglais seulement), qui a démontré que le traitement des patients par thrombectomie endovasculaire (intervention intra-artérielle qui dépasse les plus hautes normes de qualité des soins médicaux) entraînait une amélioration spectaculaire de l'issue des accidents ischémiques cérébraux majeurs. 

Nous travaillons maintenant à la conception de traitements thrombolytiques novateurs pour les AVC mineurs (essai TEMPO-2 (en anglais seulement)) et d'un nouveau médicament appelé NA-1 à utiliser en association avec le traitement endovasculaire pour les AVC majeurs (essai ESCAPE-NA1 (en anglais seulement)).

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Médecine néonatale : modélisation 3D de la naissance des bébés

Utiliser la technologie d’impression 3D pour créer des robots malléables imitant le col de l’utérus durant l’accouchement

Dr James Andrew Smith
Université York

Je suis chercheur en robotique biomédicale à l'Université York. J'ai commencé à modéliser la naissance des bébés durant la première grossesse de ma femme. Plus nous rencontrions de sages-femmes, plus j'avais de questions sur la façon de mesurer la santé d'une grossesse et d'en prédire l'issue. Pour me permettre de comprendre le processus, j'ai fait équipe avec des sages-femmes de l'Université Ryerson et un chercheur en gynécologie et en obstétrique de l'Université McMaster afin de concevoir de nouveaux modèles de l'utérus et du col de l'utérus. À l'aide de mesures d'utérus prises posthystérectomie et de modèles informatiques, nous étudions comment le col de l'utérus s'assouplit pour ensuite s'effacer et se dilater durant l'accouchement afin de laisser sortir le bébé. Nous exploitons les plus récents progrès en matière d'impression 3D pour créer des robots malléables qui imitent le col de l'utérus durant l'accouchement. Nous prévoyons utiliser ce processus afin de créer d'autres modèles sur mesure destinés pour la formation en gestion des naissances à haut risque destinée aux obstétriciens et aux sages-femmes.

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Exploiter le pouvoir de guérison du corps humain

Des chercheurs découvrent une protéine aux propriétés curatives qui pourrait aider à vaincre des maladies comme la sclérose en plaques

Dre Shalina Ousman
Université de Calgary

C'est excitant d'être la première personne sur la planète à faire une découverte qui fait avancer les connaissances ou contribue à un nouveau traitement. Mon laboratoire étudie la sclérose en plaques (SEP) et les lésions des nerfs périphériques. Notre travail s'appuie sur la capacité du corps humain d'activer un mécanisme de guérison lorsque nous subissons une blessure comme une ecchymose. Comme cela se produit probablement pour toutes les maladies, nous cherchons à savoir quels sont ces mécanismes de protection endogènes (c.-à-d. qui se développent ou se manifestent de l'intérieur), pourquoi sont-ils incapables de guérir une maladie ou une blessure, et s'il est possible d'exploiter leurs propriétés curatives pour surmonter la maladie.

Nous sommes ravis qu'une de nos découvertes dans le domaine de la SEP – qui a révélé le rôle protecteur joué par une petite protéine de choc thermique appelée chaîne B de la cristalline alpha dans un modèle de la SEP – se soit avérée potentiellement efficace dans des essais de phase 1 et 2a chez des patients atteints de SEP.  

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Troubles génétiques actuellement incurables, le syndrome du X fragile et le syndrome de Dravet se manifestent par des troubles du spectre autistique et l’épilepsie

Les progrès de la recherche génétique canadienne pourraient s’appliquer à la mise au point de traitements pour d’autres troubles neurodéveloppementaux

Dr David R. Hampson
Université de Toronto

Le syndrome du X fragile et le syndrome de Dravet sont des troubles génétiques qui se manifestent par des troubles du spectre autistique et l'épilepsie, et pour lesquels il n'existe aucun remède. Le Dr David R. Hampson et son équipe à l'Université de Toronto se servent de la thérapie génique médiée par vecteur viral comme nouveau traitement biologique potentiel. L'évaluation de l'efficacité de ce traitement sur le comportement et la neurobiologie de souris utilisées comme modèles du syndrome du X fragile a révélé une réduction des symptômes. 

L'équipe tente d'améliorer davantage la conception du vecteur et le mécanisme de libération du médicament pour traiter le X fragile chez l'humain. Elle s'attend à ce que les connaissances acquises dans le cadre de ses travaux sur le X fragile soient applicables à la création et à la mise à l'essai de vecteurs pour utilisation contre le syndrome de Dravet. Un des principaux avantages de la thérapie génique médiée par vecteur viral est que l'administration d'une seule dose du médicament biologique pourrait se traduire par une amélioration ou une correction durable. L'équipe prévoit aussi que les progrès accomplis dans le cadre de cette recherche pourront s'appliquer à la mise au point de thérapies géniques pour d'autres troubles neurodéveloppementaux.

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Combattre la sepsie, une complication des infections pouvant provoquer la défaillance d’un organe et mener au décès

Des chercheurs se servent du mécanisme de clairance naturelle du corps humain pour accélérer l’élimination de toxines potentiellement mortelles

Dr Jim Russell
Centre for Heart Lung Innovation, Hôpital St. Paul’s

La sepsie tue plus de gens que les crises cardiaques. Imaginez un rhume ou une grippe, mais en dix fois pire. S'ensuit la défaillance des organes : le cœur, les poumons, les reins et, finalement, le cerveau. Même avec des antibiotiques, le tiers des patients atteints de sepsie perdent la vie.

Au Centre for Heart Lung Innovation, le Dr Jim Russell et son équipe tentent de comprendre comment la sepsie provoque la défaillance viscérale et comment améliorer les taux de survie.

Les membres de l'équipe ont été les premiers à découvrir que les inhibiteurs de PCSK9 – utilisés pour abaisser le taux de cholestérol dans les cas de maladie cardiovasculaire – sont efficaces pour combattre la sepsie. Ils travaillent maintenant à mettre au point un inhibiteur de PCSK9 à utiliser en association avec des antibiotiques pour améliorer les chances de succès des traitements, en se servant du mécanisme de clairance naturelle du corps pour accélérer l'excrétion des endotoxines bactériennes causant la défaillance des organes.

Le Dr Russell a reçu le Prix Aubrey J. Tingle 2017 en reconnaissance de sa contribution aux domaines des soins intensifs, du traitement des infections graves et de la conception d'essais cliniques en Colombie-Britannique et ailleurs dans le monde.

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Améliorer les stratégies pour les professionnels de la santé

De nouvelles études prospectives révèlent une amélioration des résultats des grossesses des femmes souffrant de maladies rhumatismales

Dre Evelyne Vinet
Université McGill

L'objectif général de ma recherche consiste à améliorer l'issue  des grossesses des femmes souffrant de maladies rhumatismales pour elles et leurs enfants. J'ai mis sur pied la plus grande cohorte d'enfants nés de femmes atteintes de lupus érythémateux systémique (LES) et, avec cette ressource unique, j'ai démontré que le risque de souffrir de troubles du spectre autistique et de cardiopathie congénitale était plus de deux fois plus élevé chez les enfants de femmes atteintes de LES que chez les enfants de la population générale, ce qui a repoussé les limites des futures études sur l'autoimmunité maternelle et les risques d'effet nuisible sur la santé.

J'effectue actuellement une étude par groupe de discussion évaluant les besoins cliniques et psychosociaux de femmes souffrant de polyarthrite rhumatoïde et de LES, ainsi que les facteurs qui entravent et ceux qui facilitent leur accès aux services de suivi de grossesse afin d'améliorer les stratégies à la disposition des professionnels de la santé qui accompagnent des femmes enceintes souffrant de maladies rhumatismales.

Je travaille aussi à mettre sur pied la cohorte LEGACY (Lupus pregnancy) pour une vaste étude prospective internationale multicentre sur des femmes enceintes atteintes de LES qui vise à évaluer les effets nuisibles sur la grossesse, leurs prédicteurs et les traitements préventifs potentiels. 

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La recherche en santé réussit un triplé!

Trois découvertes majeures dans trois champs de recherche sur la douleur

Dr Terence J. Coderre
Université McGill

Trois champs de recherche sur la douleur; trois découvertes majeures.

J'ai d'abord identifié la molécule responsable du maintien des traces mnésiques dans les nocicepteurs. J'ai démontré que la protéine kinase M-zeta (PKMζ) entraînait une hypersensibilité à la douleur par la potentialisation continue des nocicepteurs, et que l'inhibition de la PKMζ réduisait la douleur en effaçant ces traces mnésiques dans les neurones. Deuxièmement, j'ai établi que l'hypersensibilité à la douleur dépendait des actions d'un neurotransmetteur au site de récepteurs nouvellement découverts à l'intérieur du noyau des nocicepteurs.

J'ai révélé que la douleur persistante entraînait une augmentation d'un type de récepteur métabotropique nucléaire du glutamate-5, et que le blocage de ces récepteurs nucléaires réduisait plus efficacement la douleur que l'inhibition des récepteurs cellulaires en surface.

Troisièmement, j'ai déterminé que les lésions microvasculaires avaient un rôle essentiel à jouer dans la douleur neuropathique et le syndrome de douleur locale complexe (SDLC). J'ai révélé que les lésions à l'origine de la douleur neuropathique et du SDLC causaient des dommages microvasculaires qui réduisent l'alimentation en oxygène des muscles et des nerfs, et que la douleur produite pouvait être atténuée par l'amélioration de la fonction microvasculaire.

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La quête de meilleures méthodes d’évaluation et de traitement des personnes souffrant de maladie intestinale inflammatoire (MII)

Une équipe reconnue comme chef de file dans les études de populations mène des recherches translationnelles axées sur les causes, les résultats et les traitements de la MII

Dr Charles Bernstein
Université du Manitoba

Le Centre de traitement et d'étude de la maladie intestinale inflammatoire (MII) de l'Université du Manitoba, sous la direction du Dr Charles Bernstein, se spécialise en recherche translationnelle axée sur les causes, les résultats et les traitements de la MII, ainsi que sur les points communs entre cette maladie et d'autres maladies immunitaires chroniques.

S'intéressant particulièrement au stress, à l'anxiété et à la dépression dans leurs dimensions liées à la qualité de vie et l'évolution de la maladie, l'équipe est formée de divers professionnels de la santé qui ont à cœur d'améliorer la vie des personnes souffrant de maladies chroniques. Nous faisons figure de chef de file dans les études de populations visant à expliquer la forte incidence de la MII au Canada, et à se pencher sur les effets de la maladie au quotidien.

Le Manitoba offre des possibilités uniques d'évaluer le recours aux services de santé par les patients ayant reçu un diagnostic de MII, y compris leur utilisation des médicaments. Nous avons récemment déterminé que les problèmes d'anxiété et de dépression précèdent souvent de plusieurs années le diagnostic de MII, ce qui laisse supposer que des mécanismes biologiques communs pourraient être en cause dans ces affections.   

Notre recherche actuelle est axée sur un large éventail de sujets comme l'alimentation des personnes souffrant de MII, les conséquences d'autres problèmes de santé, et l'information dont les gens ont besoin pour prendre en main leur santé. On s'intéresse beaucoup dernièrement au microbiome, les microorganismes (comme des bactéries) qui peuplent le corps humain, et en particulier l'intestin, et qui peuvent avoir une incidence sur la santé. Nous espérons qu'une meilleure compréhension du fonctionnement du microbiome et du système immunitaire mènera à la découverte de moyens plus efficaces d'évaluer et de traiter les personnes souffrant de maladie intestinale inflammatoire.

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Les physiothérapeutes : des héros méconnus

Étudier l’exercice pour aider les patients à optimiser leurs capacités physiques

Dre Dina Brooks
Université de Toronto

Les physiothérapeutes sont des héros méconnus. Leur rôle consiste à aider les patients à fonctionner au maximum de leurs capacités physiques.  

Je suis fière d'être physiothérapeute. Ma recherche est axée sur les moyens les plus efficaces d'optimiser les capacités des gens, en me servant de l'exercice thérapeutique comme intervention de choix. Je m'intéresse particulièrement aux personnes souffrant de maladie pulmonaire chronique comme l'emphysème, ou de maladie cardiovasculaire comme la cardiopathie ou un accident vasculaire cérébral. 

Notre groupe étudie les types d'exercice (axé sur la capacité aérobique, la force ou l'équilibre), les appareils d'exercice (p. ex. vélo, tapis roulant) ainsi que le rythme (intermittent ou continu) et la fréquence (1, 2 ou 5 fois par semaine) de l'exercice qui permettent aux personnes souffrant d'une ou de plusieurs maladies de fonctionner au maximum de leurs capacités physiques et de plus facilement participer aux activités qui leur sont importantes.

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La carrière de chercheur en santé prend sa source à la maison

L’influence parentale sur les choix de carrière de leurs enfants façonne l’avenir de la prochaine génération de chercheurs en santé

Mme Ashley Ross
Université de Waterloo

Ma décision de consacrer ma carrière à la recherche en santé a été inspirée par ma mère. Quand j'étais enfant, elle m'a appris l'importance de prendre soin de sa santé ainsi que d'aider les autres, tandis que mon père insistait sur la valeur d'une formation de base en sciences et en mathématiques. Au mois de septembre, j'entamerai mes études doctorales au Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario, rattaché à l'Université de Guelph. Mes confrères et moi combinerons l'utilisation de virus oncolytiques à un traitement photodynamique dans notre recherche d'un moyen de guérir les cancers situés dans les tissus profonds, comme les cancers du cerveau et du sein. Nous tenterons d'améliorer les résultats cliniques des patients atteints de tumeurs difficiles d'accès en activant leur système immunitaire comme arme contre le cancer. Notre système immunitaire est déjà programmé pour tuer les cellules cancéreuses; le but de mon projet consiste à stimuler la mort cellulaire immunogène de façon à ce que les tumeurs ne puissent plus échapper au système immunitaire. Nous commencerons nos recherches sur des souris dans l'espoir de découvrir un traitement curatif contre les cancers humains avec le moins possible d'effets secondaires.

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De patient à enseignant : un juste retour des choses

Un ancien patient de l’Hôpital pour enfants de Toronto se consacre à inculquer à ses étudiants une vision plus large de leur rôle dans la lutte contre les disparités en santé par une meilleure compréhension des déterminants sociaux de la santé

Dr. Kevin Willison
Université Lakehead

J'ai entrepris mon parcours officiel en recherche sur les soins de santé au terme de mes études doctorales à la Faculté des sciences de la santé publique de l'Université de Toronto. Durant mon enfance, j'ai dû faire de longs séjours à l'Hôpital pour enfants de Toronto, ce qui m'a initié au monde des soins de santé. Mon intérêt pour la santé et les sciences sociales demeure aussi vif aujourd'hui qu'à cette époque, stimulé par l'expérience que j'ai acquise en administration de la recherche à l'Hôpital Mt. Sinai (Toronto), en enseignement postsecondaire à des établissements comme l'Institut Michener des sciences de la santé appliquées et, plus récemment, à titre de professeur auxiliaire à l'Université Queen's et à l'Université Lakehead. À travers les divers combats que j'ai eu à mener, j'ai acquis une richesse inestimable : un intérêt pour l'éducation et l'action sur les déterminants sociaux de la santé.

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Contribuer à l’amélioration de la fin de la vie au Canada

Dre Isabelle Marcoux
Université d’Ottawa

S'il y a bien une certitude, c'est que nous mourrons tous un jour ou l'autre. Pourtant, il existe encore un malaise à parler de la fin de vie, avec une conséquence possible : ne pas être bien préparé pour cette importante étape de vie. Quelles sont les volontés de la personne en matière de soins en fin de vie? A-t-elle accès aux soins et services auxquels elle a droit? Comment les décisions se prennent-elles? Elles sont prises par qui?

La Dre Isabelle Marcoux, en collaboration avec d'autres chercheurs et organismes nationaux, mène actuellement la première enquête pancanadienne sur les pratiques médicales de fin de vie. Cette étude permettra d'identifier la prévalence de certaines pratiques médicales avant le décès (abstention et arrêt de traitements, soulagement des douleurs et autres symptômes, sédation palliative, aide médicale à mourir) et de décrire le processus décisionnel sous-jacent. En ayant une meilleure idée de la réalité clinique en fin de vie au Canada, nous pourrons proposer des pistes d'amélioration des soins et services offerts aux personnes en fin de vie et à leurs proches.

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Infirmière 2.0 : TAVIEMC Traitement, Assistance Virtuelle Infirmière et Enseignement

La prochaine génération d’infirmières est virtuelle; tout est possible grâce à la plateforme informatique TAVIEMC

Mme José Côté
Université de Montréal

La profession d'infirmière tire ses origines dans la guérison et dans l'accompagnement des personnes  malades, démunies et  stigmatisées. 

Dans une ère d'avancées technologiques qui nous permet d'offrir des soins en temps réel, nous avons développé un concept d'interventions infirmières virtuelles et une plateforme informatique appelés TAVIEMC pour Traitement, Assistance Virtuelle Infirmière et Enseignement. Concrètement, il s'agit d'interventions Web animées par une infirmière virtuelle qui offre un soutien éducatif personnalisé. La première intervention, VIH-TAVIE, a été conçue pour aider les personnes atteintes du VIH à gérer leurs traitements.

Depuis, une dizaine d'autres interventions ont été conçues pour soutenir d'autres clientèles vivant avec une maladie chronique et aider ces dernières à relever leurs défis de santé. Les interventions infirmières virtuelles TAVIEMC permettent d'offrir une gamme de soins renouvelée et deviennent complémentaires aux services de santé et aux suivis cliniques actuels.

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Pratiques, politiques et principes prometteurs pour mieux soutenir le vieillissement et les soins aux aînés

Répondre aux besoins des populations variées du Canada par l’étude de modèles internationaux de travail de soignant et de vieillissement dans la communauté et en établissement de soins de longue durée

Dre Tamara Daly
Centre pour la recherche et l’éducation sur le vieillissement de l’Université York

Le vieillissement comporte des possibilités et des défis importants pour les individus, les familles et l'ensemble de la société. Dans sa recherche, la Dre Tamara Daly explore comment parvenir à l'équité en santé pour divers aînés et leurs soignants. En tant que professeure agrégée, titulaire d'une chaire de recherche des IRSC sur le genre, le travail et la santé et directrice de YU-CARE (en anglais seulement), la Dre Daly examine comment les rôles sociaux et économiques des femmes et des hommes, ainsi que leurs tâches dans la vie quotidienne, façonnent leur expérience du travail de soignant. À la tête d'équipes de recherche nationales et internationales, elle étudie l'influence des relations – et des conditions où elles se déroulent – sur la santé et les résultats cliniques. Mettant en contact des organismes de soins, des groupes communautaires et des responsables des politiques, sa recherche expose les résultats associés à différents modèles de travail de soignant et de vieillissement dans la communauté et en établissement de soins de longue durée. Ces études internationales révèlent des pratiques, des politiques et des principes prometteurs issus des quatre coins du monde pour soutenir le vieillissement et les soins aux aînés d'une façon qui réponde mieux aux besoins des populations variées du Canada.

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Le temps file quand on contribue au progrès

Trois décennies de recherche génératrice de connaissances mises en pratique au bénéfice de la santé des Canadiens

Dr Eduardo L. Franco
Université McGill

Au cours des trente dernières années, je n'ai pas vu le temps passer tellement j'ai travaillé pour découvrir si un virus pouvait causer le cancer, pour ensuite produire les données scientifiques nécessaires à la prévention des cancers associés au virus du papillome humain (VPH) à l'aide de vaccins, de microbicides ou d'approches de détection précoce améliorées par voie moléculaire. Et les IRSC sont en partie à blâmer. En effet, les IRSC (et leur ancêtre le Conseil de recherches médicales) sont des partenaires indispensables de notre unité d'épidémiologie du cancer depuis les trois dernières décennies. Nous nous sentons privilégiés d'avoir obtenu ce soutien des IRSC qui nous a permis de produire la plupart des connaissances aujourd'hui appliquées sous forme de retombées concrètes sur la santé des Canadiens, comme la vaccination contre le VPH et l'amélioration du dépistage du cancer du col de l'utérus. Par le financement direct de notre recherche ou par l'attribution de bourses aux plus de 100 étudiants diplômés et boursiers postdoctoraux qui ont travaillé avec nous depuis le début de nos recherches, les IRSC nous ont aidés à maintenir le cap sur notre objectif tout en formant la prochaine génération de chercheurs biomédicaux.  

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Exposer le rôle de l’endothéline-1 dans l’athérosclérose et les anévrismes de l’aorte

Contribuer à la compréhension de la biologie et des effets du traitement antihypertenseur

Dr Ernesto L. Schiffrin
Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis et Université McGill

En tant que médecin-chercheur explorant les mécanismes et le traitement de l'hypertension, affection qui contribue le plus au fardeau de la maladie dans le monde, j'ai étudié les vaisseaux sanguins de tissus sous-cutanés prélevés chez des personnes souffrant d'hypertension, de diabète et de maladie du rein chronique afin de comprendre leur biologie et les effets du traitement antihypertenseur. Mon équipe et moi avons démontré que l'endothéline-1 était en cause dans l'hypertension expérimentale et que son niveau augmentait dans les artères des patients sévèrement hypertendus. Notre souris productrice d'endothéline-1 humaine dans l'endothélium avait une lésion vasculaire. Son croisement avec des souris déficientes en ApoE a permis de démontrer le rôle de l'endothéline-1 dans l'athérosclérose et les anévrismes de l'aorte.

Nous avons aujourd'hui conçu une souris productrice d'endothéline-1 humaine inductible qui montre des signes d'hypertension et de lésion rénale, ce qui a mené à l'utilisation d'antagonistes de l'endothéline dans l'hypertension résistante. Après avoir démontré le rôle de l'immunité innée et des lymphocytes T régulateurs dans l'hypertension expérimentale, nous avons révélé l'effet hypertenseur des lymphocytes T gamma/delta et avons aussi étudié les micros ARN dans les artères et le sang de souris et d'humains hypertendus dans le but de découvrir de nouveaux marqueurs et traitements.

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Un chercheur en réadaptation psychiatrique fier de faire partie de la solution

Améliorer le soutien communautaire aux personnes vivant avec une maladie mentale grave comme la schizophrénie

Dr Abraham (Rami) Rudnick
Institut régional de recherche en santé de Thunder Bay

J'ai été initié à la réadaptation psychiatrique lors de ma résidence en psychiatrie, où j'ai pu constater le besoin de mieux soutenir les personnes vivant dans la communauté avec une maladie mentale grave et complexe comme la schizophrénie.

La réadaptation psychiatrique repose sur une série de pratiques éprouvées et orientées vers le rétablissement qui permettent aux personnes vivant avec une maladie mentale grave et complexe d'acquérir et de maintenir des capacités d'adaptation et un réseau de soutien de façon à pouvoir réussir et jouir d'une meilleure qualité de vie dans l'environnement de leur choix.

Depuis ma résidence, j'ai dirigé et soutenu plusieurs recherches en réadaptation psychiatrique, notamment :

  • étude des capacités d'adaptation de personnes souffrant de schizophrénie;
  • intégration de la formation postsecondaire assistée et de l'emploi assisté afin d'aider beaucoup de personnes souffrant d'une maladie mentale à accéder à un travail plus gratifiant et rémunérateur;
  • développement de la réadaptation psychiatrique par le loisir, comme l'équitation, qui procure plus d'occasions aux personnes souffrant de schizophrénie de ressentir de la joie;
  • offre de formation d'humoriste à des personnes souffrant de maladie mentale pour les aider à développer leur estime personnelle;
  • offre de formation en réadaptation psychiatrique à divers intervenants.

J'ai récemment participé à des travaux de recherche et développement liés à l'utilisation d'appareils intelligents (fixes et mobiles) pour, par et avec des personnes souffrant d'une maladie mentale afin de favoriser l'autonomie fonctionnelle de ces personnes et le maintien en contact avec leurs soignants professionnels et naturels.

Nous avons besoin de plus de recherche en réadaptation psychiatrique, et j'espère continuer d'y contribuer pendant encore longtemps.

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Sortir des sentiers battus : réinventer les soins de longue durée en établissement

Nouveau regard et perspective nouvelle : réorienter les efforts sur ce qui fonctionne et cerner des pratiques prometteuses en matière de soins de longue durée en établissement

Dre Pat Armstrong
Université York

Frustrés par la mauvaise presse récoltée par les établissements de soins de longue durée et le manque d'attention portée aux moyens de rendre la vie agréable dans ces milieux, 25 chercheurs et 60 étudiants ont entrepris de réinventer les soins de longue durée en établissement. 

Notre équipe interdisciplinaire regroupe un économiste, un architecte, un spécialiste du culturalisme, un gérontologue, un épidémiologiste, un philosophe, un spécialiste des sciences politiques, des historiens, des travailleurs sociaux, des sociologues, des responsables des politiques de santé ainsi que quatre médecins, deux infirmières et des étudiants de nombreuses autres disciplines.

Certains membres de l'équipe travaillaient déjà dans ce domaine depuis longtemps, tandis que d'autres s'y sont amenés avec un nouveau regard. Par équipes de 12, nous avons étudié 27 maisons dans six pays. Dans notre réflexion collective constante sur ce que nous avons constaté et entendu dans le cadre de nos observations et entrevues, nous avons constaté à quel point notre formation avait été axée sur l'étude des problèmes au lieu des pratiques prometteuses. Mais aujourd'hui, nous avons produit une abondante littérature sur des idées pour réinventer les soins qui valent la peine d'être partagées.

Pat Armstrong est chercheuse principale pour le projet financé par le CRSH intitulé « Re-imagining Long-term Residential Care » [réinventer les soins de longue durée en établissement], étude internationale des pratiques prometteuses à cet égard. Elle reçoit aussi du financement des IRSC pour la portion canadienne du projet « Healthy Aging in Residential Places » [vieillissement en santé en établissement de soins de longue durée].

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Parler de santé et de bien-être sexuels

Dre Natalie Rosen
Université Dalhousie

Une relation sexuelle mutuellement satisfaisante contribue grandement à la santé, au bien-être et à l'épanouissement des personnes. Or, plus de 50 % des personnes se disent insatisfaites de leur vie sexuelle. Au Couples and Sexual Health Laboratory (en anglais seulement), notre objectif est de mieux comprendre comment les couples gèrent les problèmes de nature sexuelle, comme la douleur pendant les relations sexuelles et la baisse du désir sexuel après la naissance d'un enfant. Grâce à nos études financées par le gouvernement fédéral, nous avons cerné plusieurs aspects des interactions des partenaires au sein du couple (comme leur façon de communiquer et leur motivation à avoir des relations sexuelles) qui influent non seulement sur leurs habitudes sexuelles, mais aussi sur leur bien-être psychologique et leur relation de couple. Avec l'aide de collaborateurs de l'Université de Montréal, nous avons mis au point le premier traitement psychologique empirique pour les couples dont la femme ressent de la douleur lors des relations sexuelles. Nous avons l'intention de transposer les résultats liés à d'autres problèmes sexuels dans des interventions similaires, qui peuvent être appliquées à grande échelle pour favoriser le bien-être sexuel de la population canadienne et au-delà de nos frontières. 

Cartographier le génome du cancer du sein pour mieux le comprendre

Dre Samah El Ghamrasni
Princess Margaret Cancer Centre (Toronto)

Le génome humain est constitué de régions (ou séquences) codant pour des protéines spécifiques et des régions non codantes. Boursière postdoctorale travaillant au laboratoire du Dr Trevor Pugh, j'étudie l'effet d'altérations dans les régions non codantes du génome sur l'expression des gènes. Le cancer du sein est considéré comme la deuxième cause de décès lié au cancer chez les Canadiennes. Plusieurs études ont mis en évidence des milliers de mutations dans le cancer du sein. Cependant, on ignore encore la pertinence fonctionnelle des mutations présentes en dehors des régions codantes pour des protéines. Il faut donc déterminer d'autres facteurs favorisant l'apparition du cancer. Je suis en train de cartographier les régions non codantes des tumeurs cancéreuses. J'analyse aussi les mutations, dans ces régions, qui influent sur l'expression génétique. Le repérage de telles mutations permettra de mieux comprendre le mécanisme moléculaire inhérent à l'apparition et à l'évolution du cancer du sein et, ainsi, d'élaborer de meilleures stratégies thérapeutiques pour les patientes atteintes de la maladie.

Dépistage sécuritaire des allergies aux antibiotiques chez les enfants

Dr Moshe Ben-Shoshan
Hôpital de Montréal pour enfants, Centre universitaire de santé McGill

Jusqu'à 10 % des enfants qui suivent un traitement antibiotique présentent des éruptions cutanées. Dans la majorité des cas, ces enfants sont étiquetés comme étant « allergiques à la pénicilline » (ou au médicament en cause), sans évaluation plus poussée. L'étude LAACTAM (β-LActam and other Antibiotics allergy in Children: Tests, assessment and Management) visait à déterminer la prévalence des cas d'allergie aux antibiotiques chez les enfants adressés à la Division d'allergie et d'immunologie clinique de l'Hôpital de Montréal pour enfants. Les travaux que nous avons faits démontrent que, dans cette population, les antécédents et les tests cutanés normalisés actuels sont moins utiles pour prédire les allergies à l'amoxicilline. Nous avons illustré que l'administration progressive supervisée d'amoxicilline (épreuve orale) est un moyen utile et sécuritaire d'évaluer ces enfants. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue JAMA Pediatrics en 2016. Le New England Journal of Medicine Journal Watch compte cette étude parmi les 10 plus importants articles en pédiatrie.

Aider les travailleurs en santé de première ligne à évaluer les facteurs de vulnérabilité des patients

Dre Anne Andermann
Université McGill

Après avoir terminé ma formation en médecine familiale et en santé publique, j'ai travaillé à l'Organisation mondiale de la Santé, à Genève. Dans le cadre de mes fonctions, je me suis penchée sur le renforcement de la capacité en recherche. J'ai aussi été un des principaux auteurs du Rapport sur la santé dans le monde 2008, qui portait sur l'accroissement de l'accès universel aux soins de santé de première ligne. À mon retour au Canada, j'ai instauré une collaboration en recherche qui vise à aider les travailleurs en santé de première ligne à agir sur les causes sociales sous-jacentes d'un mauvais état de santé. La stratégie repose sur des soins directs aux patients, l'orientation des patients et l'appui d'importants changements sociaux. Notre recherche a permis d'établir des mesures concrètes que les travailleurs en santé de première ligne peuvent suivre pour s'attaquer aux déterminants sociaux en pratique clinique (en anglais seulement). Notre recherche (en anglais seulement) montre aussi que les travailleurs de la santé qui savent comment s'informer des enjeux sociaux sont plus portés à dire qu'ils ont aidé leurs patients à résoudre ces problèmes complexes. La trousse d'outils CLEAR (en anglais seulement) est une aide à la décision clinique offerte en ligne gratuitement dans une douzaine de langues.

Le plaisir d’encadrer la prochaine génération de chefs de file de la recherche en santé

Dr David Rosenblatt (chercheur principal)
Mme Camilah Maria Arbabian (étudiante de premier cycle)
Dr David Watkins (associé de recherche)
Mme Lina Sobhi Abdrabo (étudiante des cycles supérieurs)
Université McGill

J'ai eu des professeurs brillants à l'Université McGill. Ils m'ont enseigné que l'étude de patients atteints de maladies génétiques rares permet de faire des découvertes scientifiques et d'acquérir des connaissances fort utiles pour diagnostiquer et traiter ces maladies. En plus de 40 ans de carrière, j'ai démontré, avec mes étudiants, comment les cellules humaines utilisent la vitamine B12 et comment le blocage des voies métaboliques cause des maladies génétiques. Grâce à notre travail, le Canada est reconnu comme un chef de file dans ce domaine de recherche. Ces maladies ne sont étudiées que dans deux laboratoires dans le monde : un à Zurich (Suisse) et l'autre à Montréal.  Un des avantages d'être chercheur dans une université est de côtoyer la crème de la crème des étudiants qui font carrière par la suite en sciences et en médecine.  Pour le Canada, l'encadrement de la prochaine génération de meneurs en recherche et le transfert des connaissances est aussi important que les découvertes scientifiques.

Lutter contre la maladie génétique mortelle la plus courante chez les enfants et les jeunes Canadiens

Dr John Hanrahan
Université McGill

La biologie est un domaine qui m'intéresse depuis toujours. C'est pourquoi j'ai décidé de poursuivre une carrière en recherche alors que je travaillais comme stagiaire pendant mes études de premier cycle. J'ai beaucoup aimé mon projet de doctorat en zoologie à l'Université de la Colombie-Britannique. Je me suis ensuite tourné vers la recherche en santé pendant ma formation postdoctorale à l'Université Yale. Depuis, je travaille à l'Université McGill en recherche fondamentale et appliquée de la fibrose kystique (FK), une maladie génétique. J'ai comme objectifs : 1) de comprendre comment les cellules épithéliales des voies respiratoires transportent le sel; 2) de déterminer le rôle du chlorure et du bicarbonate dans les défenses pulmonaires de l'hôte; et 3) de mettre au point de nouveaux traitements pour aider les personnes atteintes de FK. Avec un collaborateur, j'ai cofondé la société dérivée Traffick Therapeutics inc. et obtenu un investissement de capital de risque. Notre société a ensuite mis au point des candidats-médicaments qui ont grandement amélioré l'efficacité des médicaments contre la FK actuellement sur le marché dans le cadre d'études précliniques. Ces molécules sont en cours de développement par une importante société pharmaceutique, et j'espère que nous obtiendrons une association médicamenteuse approuvée sur le plan clinique. Nous avons aussi établi une biobanque de cellules pulmonaires de personnes atteintes de FK et d'autres maladies pulmonaires. Nous étudions maintenant la réponse de ces cellules à la pollution de l'air. 

Donner espoir aux patients atteints d’un cancer colorectal

Dre Nicole Beauchemin
Université McGill

Mon intérêt pour la recherche en santé vient du dévouement de ma mère pour son rôle d'infirmière : elle cherchait toujours à comprendre la cause des maladies. Mon laboratoire étudie l'apparition et l'évolution du cancer colorectal et cherche de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles thérapeutiques. J'étais chargée de la caractérisation d'un des meilleurs biomarqueurs du cancer colorectal, l'antigène carcinoembryonnaire (ACE). Nous avons ensuite cerné une importante famille de protéines connexes, dont CEACAM1 qui est conservée dans toutes les espèces. Cette protéine a plusieurs fonctions importantes dans un organisme normal, comme la reconnaissance et la tolérance immunitaires, la résistance à l'insuline, le métabolisme des lipides et la différenciation des cellules épithéliales. L'expression de CEACAM1 est réduite dans la plupart des cas de cancer précoce. Cependant, dans bien des cas, cette protéine est de nouveau exprimée en grande quantité lorsque le cancer évolue au stade de métastases. Nous nous sommes servis de modèles murins et d'échantillons de tissus humains pour déterminer comment la réduction de l'expression de CEACAM1 comme inhibiteur des points de contrôle immunitaires au moyen d'anticorps spécifiques peut contribuer à l'activation du système immunitaire. Les modèles murins que nous avons générés ont permis de mettre au point de nouveaux outils thérapeutiques. Nous avons aussi cerné des cohortes de patients humains qui pourraient bénéficier de ces traitements. Nous estimons que le financement accordé par les IRSC nous permettra d'entreprendre des essais cliniques au cours des 18 prochains mois.

Affronter un tueur mondial

Dr Madhukar Pai
Université McGill

La tuberculose est l'une des plus grandes menaces à la santé humaine et la principale infection mortelle. En effet, le tiers de la population mondiale en est infectée, près de 1,8 million de personnes en meurent chaque année, et l'infection n'est toujours pas diagnostiquée ni traitée adéquatement chez 4 millions de patients. Le Pai Global TB Research Group (en anglais seulement), à l'Université McGill et à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, vise à améliorer le diagnostic de la tuberculose et les soins prodigués aux patients infectés, de l'examen diagnostique aux politiques. Il vise aussi à mettre en place des politiques et des outils nationaux afin d'aider les populations vulnérables, depuis les Inuits du Nunavut jusqu'aux habitants de bidonvilles de Mumbai. Notre but est d'utiliser l'épidémiologie translationnelle et les sciences de la mise en œuvre pour sauver des vies et améliorer la santé de la population grâce aux produits, aux connaissances et aux politiques. Nous sommes fiers de faire partie du Centre international de TB McGill, chef de file mondial dans l'étude interdisciplinaire de la tuberculose. Suivez-nous sur Twitter : @tb_pai @paimadhu.

Mieux comprendre les maladies rhumatismales

Dre Sasha Bernatsky
Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

Les liens potentiels entre le cancer et les maladies rhumatismales sont fascinants. Je suis à la tête d'une équipe internationale de plus de 30 chercheurs. Grâce au financement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et des National Institutes of Health (NIH), j'ai confirmé que le profil de cancer des personnes atteintes de lupus érythémateux disséminé était différent de celui de la population générale. Je tente maintenant de déterminer s'il y a corrélation entre certains autoanticorps et le cancer du poumon, non seulement chez les personnes atteintes de lupus érythémateux disséminé, mais aussi dans la population générale.

Je m'intéresse également à un lien possible entre la pollution de l'air et les maladies rhumatismales auto-immunes. Les polluants peuvent pénétrer dans l'organisme par les voies respiratoires et déclencher des réponses inflammatoires. Mon équipe a établi un lien entre la densité de la circulation routière et les cas de lupus érythémateux disséminé à Montréal. Elle a aussi découvert un lien entre le degré de pollution et l'activité de cette maladie, et a émis l'hypothèse selon laquelle les émissions industrielles déclencheraient l'auto-immunité. Cependant, on ignore toujours quels types d'expositions à la pollution augmentent le plus le risque de formation d'anticorps et de maladies rhumatismales.

Lutter contre les superbactéries

Dr Ayush Kumar
Université du Manitoba

Mon laboratoire s'emploie à comprendre les mécanismes moléculaires de la résistance aux antibiotiques contre les bactéries pathogènes. La résistance aux antibiotiques constitue sans doute l'un des plus grands défis en matière de santé humaine à l'heure actuelle. En effet, si on ne s'attaque pas immédiatement à ce problème, la population pourrait bientôt connaître une situation semblable à celle de l'ère préantibiotique, où même la plus petite infection était mortelle. Mon laboratoire étudie aussi les processus qui entraînent une résistance croisée entre les produits ménagers antimicrobiens, comme les savons antimicrobiens, et les antibiotiques. Nos études montrent que l'utilisation de produits antimicrobiens peut favoriser l'évolution de bactéries moins sensibles aux antibiotiques pertinents sur le plan clinique. Enfin, mon laboratoire étudie aussi la prévalence de la résistance aux antibiotiques dans des échantillons d'eau potable prélevés dans les communautés des Premières Nations au Manitoba. Dans l'ensemble, nous espérons que notre travail se traduira par des connaissances utiles pour concevoir de nouveaux antibiotiques et pour ralentir le processus de résistance aux antibiotiques.

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Percer les secrets de la salive

Dr Walter L. Siqueira
Université Western

L'équipe de recherche du Dr Siqueira concentre ses efforts sur la biologie et la biochimie de la salive – un champ de recherche essentiel en santé buccodentaire. Le premier stade de la colonisation des dents par les bactéries est la liaison des composants salivaires, qui forment une pellicule à laquelle les bactéries finissent par adhérer et poser des risques de maladie comme la carie dentaire et la parodontopathie, les deux maladies chroniques les plus répandues dans la population canadienne. La recherche du Dr Siqueira comporte le recours à des approches protéomiques de pointe pour intervenir à ce stade très précoce de la pathogenèse de ces maladies. Son programme, unique au Canada et parmi les rares au monde, couvre d'autres champs de recherche sur la salive, comme la mise au point de tests de diagnostic non invasifs par la salive pour des maladies buccales et systémiques comme l'infection au virus Zika. L'application des connaissances occupe une place importante dans ses travaux qui combinent des études cliniques avec des sujets humains et des analyses avancées par spectromètre de masse pour la fabrication de protéines/peptides synthétiques à utiliser dans le dentifrice et le rince-bouche pour prévenir les maladies buccodentaires.

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De la molécule au marché : mise au point de traitements contre le cancer

Dr Donald Poirier
Centre de recherche de CHU de Québec (Québec City)

Après avoir terminé mes études en chimie organique, j'ai voulu appliquer mes connaissances à la préparation de petites molécules et je me suis spécialisé en chimie médicinale. J'ai alors débuté un programme de recherche au CHU de Québec-Université Laval axé sur le développement d'agents thérapeutiques. Parmi les réalisations dont je suis fier, je mentionnerai : 1) la formation de personnel hautement qualifié, 2) le développement d'outils efficaces pour la préparation en solution ou sur support solide de dérivés stéroïdiens et 3) la conception d'anticancéreux sélectifs et de plusieurs inhibiteurs de la biosynthèse des hormones stéroïdiennes. Des molécules bioactives issues de ces travaux de recherche, deux se démarquent puisqu'elles ont franchi toutes les étapes du développement d'un médicament (conception, synthèse chimique, évaluations biologiques in vitro, in vivo et préclinique). La première est une nouvelle famille d'aminostéroïdes pour traiter différents cancers, dont certains au mauvais pronostique, et la seconde est le premier inhibiteur stéroïdien irréversible non estrogénique de l'enzyme 17β-HSD1, pour traiter le cancer du sein et l'endométriose. Pour ces deux molécules, nous sommes à la recherche d'un partenaire pour la réalisation des essais cliniques, dernier stade avant l'approbation et la commercialisation d'un médicament.

Participation sociale : Mieux favoriser l’activité durant le vieillissement

Dre Mélanie Levasseur
Université de Sherbrooke

La participation sociale est essentielle à la promotion de la santé des personnes âgées, mais environ la moitié seulement des aînés canadiens y ont pleinement accès. La participation sociale couvre les activités sociales et de loisir (faire de l'exercice, visiter des amis, faire du bénévolat) qui répondent à des besoins fondamentaux d'interaction et d'accomplissement de soi. Malgré la contribution des organismes communautaires, des professionnels de la santé et des municipalités dans ce domaine, peu d'interventions efficaces visant la participation sociale rejoignent véritablement les populations vulnérables et sont mises en œuvre au Canada. Des études financées par les Instituts de recherche en santé du Canada ont démontré la faisabilité et l'impact positif de trois interventions prometteuses et complémentaires visant à aider, respectivement, les organismes communautaires, les professionnels de la santé et les municipalités à promouvoir la santé et la participation sociale : Accompagnement citoyen personnalisé pour la participation sociale (intervention individuelle avec des bénévoles); Remodelage du mode de vie® (intervention de groupe avec des ergothérapeutes); Communautés amies des aînés (intervention au niveau des populations sur les politiques, les services et les structures). Puisqu'il est possible de prévenir et de retarder des incapacités, ce programme de recherche indique l'une des voies les plus prometteuses pour vivre vieux et vieillir mieux.

Regarder le portrait global : Personnaliser les traitements aux patients souffrant de maladie chronique

Dre Neeloffer Mookherjee
Université du Manitoba

Puisque chaque système immunitaire est unique, les traitements standards ne conviennent pas à tous les patients. Il est difficile de répondre aux besoins de tout le monde avec un type de thérapie. Une meilleure compréhension du comportement des gènes et des protéines dans le corps humain facilitera la création de traitements sur mesure répondant aux besoins de santé individuels des patients. Au lieu d'étudier un gène à la fois, la Dre Neeloffer Mookherjee et l'équipe de son laboratoire étudient des cellules ou des organismes complets pour comprendre certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde et l'asthme. Les maladies chroniques ont des implications sur la santé publique et, dans bien des cas, l'administration de traitements conformes aux normes thérapeutiques peut compromettre la capacité naturelle d'un patient à combattre les infections. En examinant un groupe de petites molécules, appelées peptides cationiques de défense de l'hôte, son équipe explore des façons de contrôler l'inflammation associée aux maladies chroniques sans compromettre la capacité des patients à combattre les infections. L'exploration de moyens de personnaliser les traitements pour l'asthme et l'arthrite ouvre la voie à des progrès en matière de soins axés sur le patient.

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Aider les jeunes patients à prendre la parole

Dre Roberta L. Woodgate
Collège de sciences infirmières, Université du Manitoba

Dans le domaine de la recherche en santé, les jeunes sont largement réduits au silence, car on considère qu'ils sont vulnérables et ont besoin de protection. La Dre Roberta L. Woodgate du Collège de sciences infirmières de l'Université du Manitoba a opté pour une approche fondée sur les droits de la personne pour donner voix aux jeunes (enfants et adolescents) affligés par la maladie. L'approche couvre un vaste éventail de problèmes de santé : maladie mentale, maladies et besoins de santé complexes, maladies chroniques comme l'hémophilie et le cancer. Elle a conçu des stratégies uniques de collecte de données et d'application des connaissances visant à garantir que les meilleures données de recherche existantes sont mises à la disposition de ceux qui ont une influence sur la santé des jeunes, y compris les parents, les familles, les professionnels de la santé, les décideurs et les jeunes eux-mêmes. Cette approche globale de partage du fruit de ses recherches est efficace pour guider la prestation des services de santé, promouvoir la mise en pratique, stimuler la discussion parmi le public et combattre la stigmatisation de la maladie. Son travail permet de mieux coordonner et intégrer le système de santé et les autres systèmes, pour en venir à améliorer les résultats de santé des enfants canadiens.

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Humble servante des communautés autochtones

Dre Carrie Bourassa
Directrice scientifique de l’Institut de la santé des Autochtones des IRSC
Institut de recherches d’Horizon Santé-Nord (Sudbury)

Je m'appelle Ts'iotaat Kutx Ayanaha s'eek (Morning Star Bear). Je suis une fière Métisse Anishnahbae du clan de l'Ours, sur le territoire du Traité no 4. Je considère comme un honneur de servir la communauté à titre de chercheuse en santé communautaire autochtone, et mon travail est dirigé par les communautés. Pour être pertinente et avoir de l'impact, la recherche en santé autochtone nécessite la participation des communautés et l'adaptation aux connaissances, aux langues, aux méthodes et aux protocoles autochtones. Le Morning Star Lodge à Regina, financé par la Fondation canadienne pour l'innovation, est guidé par les aînés et la tradition, et dirigé par les communautés autochtones. Ce laboratoire emploie un modèle d'apprentissage réciproque et d'éducation holistique qui couvre les méthodes de recherche autochtones; la propriété, le contrôle, l'accès et la possession; et la recherche communautaire; ainsi que la compréhension des concepts de réciprocité, de respect, de pertinence, de responsabilité et de holisme et les processus de contrôle communautaire, de développement des capacités, de collaboration, d'adaptation à la culture et de participation communautaire. Ces laboratoires sont originaux et innovateurs, car ils emploient un modèle de mentorat et fournissent du soutien et de la formation aux étudiants diplômés et non diplômés, en plus de créer un laboratoire communautaire. Un autre laboratoire de la même famille que le Morning Star Lodge financé par la FCI sera ouvert à Sudbury cet automne – le laboratoire d'évaluation,  de formation et de recherche en sécurité culturelle.

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« Bonnes nuits, jours meilleurs » et « Teacher Help » : exploiter le potentiel de la cybersanté

Concevoir des interventions fondées sur des données probantes pour améliorer la santé et le bien-être des enfants canadiens

Dre Penny Corkum
Université Dalhousie

L'adoption et le maintien d'interventions fondées sur des données probantes pour les enfants ayant un problème de santé mentale comportent leur lot de difficultés. Les interventions en cybersanté ont le potentiel d'élargir l'accès aux soins fondés sur des données probantes de façon rapide, efficace et rentable.

La Dre Corkum et ses stagiaires au Corkum LABS (Learning, Attention, Behaviour, and Sleep) travaillent, avec leurs nombreux cochercheurs, collaborateurs et partenaires exceptionnels, à concevoir, à évaluer et à maintenir deux « familles » d'interventions en cybersanté. La première, appelée Bonnes nuits, jours meilleurs, s'adresse aux parents d'enfants insomniaques. Plus de 500 parents anglophones et francophones ont été recrutés pour ce programme, lequel fait actuellement l'objet d'une évaluation dans le cadre d'un essai contrôlé randomisé (ECR). La prochaine étape consistera à adapter le programme aux besoins des parents d'enfants souffrant d'un trouble neurodéveloppemental. 

Le deuxième programme de cybersanté, appelé Teacher Help, vise à fournir aux enseignants les connaissances et les compétences voulues pour offrir un enseignement efficace aux enfants atteints d'un trouble neurodéveloppemental. Ce programme sera évalué dans le cadre d'un ECR national à compter d'octobre 2017.

La prochaine étape consistera à concevoir une intervention intégrée de façon à ce que les parents, les enseignants et les soignants fournissent des soins coordonnés et fondés sur des données probantes dans le but d'améliorer la santé et le bien-être des enfants canadiens. 

Qu’ont en commun un ambulancier, un infirmier en santé communautaire, un policier, un employé de refuge et un médecin?

Ils ont tous à cœur de résoudre des problèmes de santé communautaire et de changer les choses en donnant des moyens d’agir aux communautés

Heather Rushton
MicroResearch Nova Scotia, Centre de santé IWK (Halifax)

Imaginez qu'un ambulancier, un infirmier en santé communautaire, un policier, un employé de refuge et un médecin se rencontrent pour la première fois et sont mis au défi de désigner un problème de santé communautaire qu'ils ont tous à cœur de résoudre. 

C'est précisément le but de MicroResearch NS, projet novateur mobilisant des membres de la communauté qui apprennent à faire face aux problèmes de santé survenant au quotidien.

Le concept de MicroResearch a été créé en Afrique par les Drs Noni MacDonald et Bob Bortolussi de l'Université Dalhousie. Aujourd'hui, en Nouvelle-Écosse, MicroResearch enseigne aux membres de la communauté à résoudre des problèmes de santé locaux par des mesures adaptées à la culture, à la situation et aux ressources locales afin d'améliorer la santé dans les collectivités néo-écossaises.

MicroResearch NS s'est déjà penché sur un éventail de questions, allant des besoins immédiats des adolescents suicidaires après leur congé de l'hôpital jusqu'à la consommation de boissons gazeuses dans la réserve de la Première Nation Paqtnkek, en passant par les solutions que recherchent les sans-abris alcooliques pour améliorer leur vie.

Le programme MicroResearch NS peut changer les choses et y parvient en donnant aux communautés les moyens d'agir par l'entremise de leurs recherches.

Des solutions issues de la convergence de diverses perspectives, interventions et approches

Vouée à la réduction du fardeau des maladies chroniques au Manitoba, l’équipe du réseau DEVOTION accélère les retombées de la recherche

Dr Jon McGavock et Dr Andrew Halayko
Réseau DEVOTION, Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants du Manitoba

Le réseau DEVOTION (Developmental Origins of Chronic Diseases in Children) sur les origines développementales des maladies chez les enfants regroupe une soixantaine de chercheurs, de partenaires de la communauté et de responsables des politiques qui ont une vision commune : améliorer la santé des mères et des enfants et réduire le fardeau des maladies chroniques au Manitoba.   

Le réseau s'articule autour de quatre thèmes de recherche distincts (recherche clinique, recherche sur les politiques, recherche en santé des populations et recherche fondamentale), et les solutions se dégagent d'une variété de perspectives, d'interventions et d'approches.

Se trouvent au cœur du réseau les partenaires communautaires, dont un conseil consultatif autochtone qui guide la prise de décisions et notre méthode de travail avec les communautés autochtones de l'ensemble du Manitoba.

Que ses recherches portent sur la promotion de l'allaitement maternel pour prévenir le diabète de type 2, sur l'identification de marqueurs uniques des maladies pulmonaires ou sur la promotion de la santé buccodentaire dès la petite enfance, le réseau DEVOTION a créé une filière pour la mise en application des découvertes en santé des enfants sous forme de pratiques et de politiques, pour que les Canadiens en profitent plus rapidement.

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  • Paediatric Respiratory Reviews: “Diabetes in pregnancy and lung health in offspring: developmental origins of respiratory disease.”

Soutenir le personnel infirmier, c’est soutenir la sécurité dans les soins de santé

Le personnel infirmier, le plus vaste groupe de professionnels de la santé au Canada, relève les défis du système de santé au quotidien

Jennifer Jackson
King’s College, Londres (R.-U.)

Je suis infirmière autorisée et je mène une étude sur la résilience et la fonction d'infirmière tout en poursuivant un doctorat au King's College de Londres, au Royaume-Uni, une expérience qui s'avère très précieuse pour moi.

Le système de santé canadien comporte de nombreux défis, et nous pouvons apprendre d'autres pays qui font face à des situations semblables. Dans ma recherche, je m'intéresse à la façon dont les infirmières adaptent leur travail en toute sécurité aux pressions subies par les systèmes de santé.

Le personnel infirmier forme le plus vaste groupe de professionnels de la santé au Canada; soutenir la pratique infirmière, c'est aussi soutenir la sécurité dans les soins. Bien que nous aspirions aux meilleures conditions de travail, en réalité, nous sommes souvent à court de personnel ou de budget.   

En sachant comment adapter le travail dans les situations moins qu'idéales, nous pouvons favoriser la sécurité dans les soins offerts aux patients partout au Canada.

SyMBIOTA célèbre 7 ans de recherche

Étude du lien entre la formation de la flore intestinale durant la petite enfance et la santé future

Dre Anita Kozyrskyj
Université de l’Alberta

C'est avec gratitude envers les femmes, leurs bébés et leurs familles qui ont participé à la cohorte de naissances CHILD, envers Malcolm Sears et son équipe qui ont créé cette cohorte et envers les IRSC, le RCE AllerGen et l'Initiative du microbiote des IRSC pour leur financement qu'Anita Kozyrskyj (Université de l'Alberta) et James Scott (Université de Toronto) célèbrent les sept ans de recherche de SyMBIOTA (Synergy in Microbiota).

SyMBIOTA a pour objectif d'étudier des interventions médicales et sociales qui influent sur la formation de l'écosystème complexe de microbes dans l'intestin durant la petite enfance ainsi que sur notre santé future.

À cette fin, l'équipe SyMBIOTA a produit des données probantes sur l'accouchement par césarienne et le traitement aux antibiotiques (travail récompensé par le prix Bruce Squires du JAMC; diffusé dans le documentaire, le cours en ligne et les manuels de cours Microbirth) et, récemment, sur les animaux de compagnie (meilleur article sur le microbiome du BMC; conclusions publiées par Nature, Reuters, TIME et de nombreux magazines d'intérêt général) et sur les produits de nettoyage intérieur. Tous ces types d'exposition durant la petite enfance ont été liés aux allergies alimentaires, à l'asthme ou à l'obésité.

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Les patients partenaires : De vraies personnes contribuant à de vraies recherches

Tenir compte des préoccupations des patients et des soignants dans le processus décisionnel

Annette McKinnon
Toronto

La première fois que j'ai contribué à la recherche, c'était pour aider des contacts Twitter à réaliser un projet sur l'éthique en cybersanté. J'ai été ravie de découvrir qu'il s'agissait d'un « vrai » projet de recherche, dont j'ai été nommée collaboratrice pour mes contributions.

Depuis ce temps, je participe à la recherche comme patiente partenaire au sein d'équipes de recherche, comme auteure de présentations à des conférences, comme évaluatrice de demandes de subvention, et comme diplômée du programme Patient and Community Engagement Research (PaCER), dont l'équipe a produit un article de recherche.

Maintenant que je connais le processus de recherche, je me rends compte de la quantité de travail et du niveau d'organisation nécessaires. Cela a aussi confirmé mon opinion sur la valeur de la perspective des patients/soignants.

Les patients et le public sont propriétaires du système de santé; lorsque des décisions doivent être prises à n'importe quel échelon, nous devrions avoir notre mot à dire.

J'espère que cela deviendra la norme dans chaque projet de recherche et chaque décision liée à la recherche.

Mieux vaut prévenir que guérir

Guider la prévention des blessures liées au sport chez les adolescents et les jeunes adultes

Oluwatoyosi Owoeye
Université de Calgary

Je suis boursier postdoctoral au Centre de recherche en prévention des blessures liées au sport à la Faculté de kinésiologie de l'Université de Calgary. Je détiens une expertise mixte en physiothérapie sportive et en épidémiologie des blessures liées au sport. Ce qui motive mes recherches, c'est ma profonde conviction « qu'il vaut mieux prévenir que guérir ».

Mon travail est axé sur la production et l'application de connaissances sur la prévention des blessures liées au sport et de leurs conséquences sur les adolescents et les jeunes adultes. Mes travaux actuels visent à comprendre l'étiologie (recherche ou attribution de la cause ou de la raison d'un phénomène) des entorses de la cheville et de leurs conséquences, comme l'arthrose post-traumatique. De plus, j'étudie comment concevoir des mesures de protection contre les blessures pour les jeunes pratiquant le basketball et le soccer, y compris des stratégies de prévention des blessures communes par surmenage.

Je participe aussi à des recherches sur la mise en œuvre visant à déterminer les moyens les plus efficaces de mettre en pratique les données probantes sur la prévention des blessures liées au sport afin d'avoir un maximum d'impact sur la santé publique.

Trouver comment aider les mères canadiennes à composer avec la dépression

Réduire les effets négatifs sur la famille des mères aux prises avec la maladie mentale

Dre Simone Vigod
Hôpital Women’s College (Toronto)

Au Canada, une femme sur cinq souffre de maladie mentale durant la grossesse et la période postpartum, ce qui peut avoir des conséquences sur le bien-être des enfants, des familles et des femmes elles-mêmes. Ma recherche vise à déterminer et à comprendre les résultats de santé et les disparités dans l'accès aux soins dans ce domaine, et à trouver des solutions.

Ma recherche a révélé l'augmentation du taux de grossesse parmi les femmes souffrant de maladie mentale sérieuse, et son but consiste maintenant à explorer des stratégies pour optimiser les résultats de santé des mères et des enfants dans cette population. Ma recherche a également mis au jour des barrières dans l'accès aux soins pour la dépression et l'anxiété périnatales.

Nous testons actuellement une série de services en ligne visant à surmonter ces barrières, notamment des services de psychothérapie en ligne et un outil électronique d'aide à la décision pour amener les femmes à faire des choix éclairés concernant la prise d'antidépresseurs durant la grossesse. Nous avons recruté des centaines de femmes de tout le Canada pour ces études en ligne dans un court laps de temps – ce qui témoigne de l'urgent besoin de diffuser les résultats de celles qui s'avèrent efficaces.

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Recherchés : Aspirants détectives pour carrière de chercheur en santé

La saga d’une super détective qui change les choses

Donna Martin
Université du Manitoba

Lorsque j'étais enfant, j'aspirais à devenir détective, afin de pouvoir mener des enquêtes et chercher la vérité. Cette aspiration s'est transposée dans mon rôle d'infirmière chercheuse. Ma passion pour l'équité en santé et la justice sociale guide mes recherches et m'aide à faire la lumière sur les problèmes de santé vécus par les populations marginalisées.

Je suis actuellement cochercheuse principale d'un projet communautaire de trois ans axé sur l'inondation de la Première Nation Little Saskatchewan au Manitoba en 2011, à la suite d'une intervention humaine. Nous documentons les effets sur la santé des jeunes et des aînés et formulons des recommandations relatives à des politiques futures. La moisissure, le surpeuplement des logements, le manque de loisirs, ainsi que la destruction des infrastructures et des moyens de subsistance ont eu des répercussions sur la santé physique des membres de la communauté. Leur santé mentale a aussi été éprouvée par la séparation des familles et le démantèlement de la communauté.

Durant la période qui a suivi leur réinstallation forcée, les membres de la communauté ont affiché une force et une résilience exemplaires malgré la gravité de la situation. Nos conclusions permettront de guider les politiques futures sur la gestion de l'eau, les services de santé et les services sociaux ainsi que la gestion des catastrophes, et faciliteront aussi le développement communautaire.

Aider les patients grâce à des données probantes

Une carrière dédiée à l'identification des lacunes dans les soins d'urgence

Dr Brian H. Rowe
Directeur scientifique, Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC
Clinicien et chercheur, Université de l’Alberta

Étant donné que je viens d’une famille engagée dans la recherche et les soins de santé financés par l’État, j’aspirais à une formation en médecine en vue de mener une carrière dans ce domaine. J’ai d’abord terminé mes études de premier cycle en biologie à l’Université Queen’s et en médecine à l’Université d’Ottawa. J’ai suivi une formation en médecine familiale et en médecine d’urgence à l’Université d’Ottawa pour pouvoir à la fois mieux comprendre les caractéristiques des maladies et intégrer les données probantes dans la pratique. En tant qu’urgentologue, je rencontre beaucoup de patients aux prises avec des troubles cardio-respiratoires (comme l’asthme, l’insuffisance cardiaque, la MPOC, la pneumonie, l’angine, la fibrillation auriculaire, etc.) et des blessures (causées par des chutes, des accidents de la route, des agressions, etc.). La prise en charge de ces patients en situation d’urgence donne l’occasion de cerner les lacunes dans les soins, et ces domaines de recherche ont été au centre de mes intérêts durant toute ma carrière. Après avoir terminé mes études supérieures en épidémiologie clinique à l’Université McMaster, j’ai travaillé dans le Nord de l’Ontario, où j’enseignais, produisais des synthèses de données probantes, menais un essai clinique réunissant des patients qui souffrent d’asthme et explorais des façons de prévenir les blessures. Depuis que je me suis joint à l’Université de l’Alberta en 1997, j’ai eu l’occasion unique d’étendre mon programme de recherche et de continuer d’exercer la médecine clinique. Les résultats de nos recherches cliniques et de nos recherches en services de santé et en santé publique sont directement liés aux patients ou à leurs familles ainsi qu’aux cliniciens et aux responsables des politiques. Ce qui confère à la recherche axée sur le patient son caractère unique est sa façon d’améliorer les soins, les résultats pour les patients et l’efficacité dans le système de santé.

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Passion : La genèse du génie

Une passion pour les virus qui mène à des découvertes

Dr Jason Kindrachuk
Université du Manitoba

Durant mes études à l'Université de la Saskatchewan, j'étais captivé par les reportages sur l'éclosion du virus Ebola, notamment sur « la zone rouge ». J'ai pu suivre ma passion pour les virus émergents et ré-émergents en travaillant dans des laboratoires à haut confinement aux National Institutes of Health à Washington.

En 2014, au début de l'épidémie dévastatrice d'Ebola en Afrique de l'Ouest, je me suis senti appelé à contribuer aux efforts de lutte à l'épidémie, et j'ai soutenu des interventions de soutien diagnostic au Libéria. Aujourd'hui, à Winnipeg, ma recherche vise à mieux comprendre le lien entre les événements moléculaires survenant à l'intérieur des cellules et la sévérité des pathologies et du pronostic clinique associée à certains virus, dont le virus Ebola et le virus de la grippe.

Comme les pays en développement sont touchés de façon disproportionnée par beaucoup de ces virus, ma recherche est également axée sur l'établissement de collaborations avec des chercheurs et des stagiaires de ces pays afin de mieux nous préparer à faire face aux prochaines éclosions virales.

Notre recherche permettra, à terme, de mieux comprendre la pathogenèse des maladies, d'améliorer les soins aux patients et de faciliter la découverte de nouveaux agents thérapeutiques ou de nouvelles stratégies de traitement.

Mon rêve

Aider les communautés autochtones à guérir du traumatisme intergénérationnel et de la dépendance aux psychotropes

Dre Teresa Naseba Marsh
École de médecine du Nord de l’Ontario, Université Laurentienne et Université Lakehead

Durant mes études de doctorat, j'ai entrepris un projet qui allait profiter aux communautés autochtones et contribuer à guérir le traumatisme intergénérationnel (TIG) et la dépendance aux psychotropes (DP).

Mon intérêt à l'égard du TIG et de la DP s'est manifesté à la suite de mes expériences en Afrique du Sud durant l'époque de la colonisation, de l'oppression et de l'apartheid.

Je me suis mise à imaginer l'effet guérisseur potentiel et j'ai réalisé que cela était possible si nous travaillons main dans la main et continuons de construire des communautés saines et des liens familiaux.

Cette étude vise à déterminer si la combinaison de méthodes de guérison autochtones traditionnelles avec un modèle thérapeutique générique, Seeking Safety, s'est traduite par une réduction des symptômes de TIG et de la DP. Un plan de recherche à méthodes mixtes a été utilisé pour évaluer l'impact du projet de mise en œuvre d'Indigenous Healing and Seeking Safety d'une durée de 13 semaines, complété par 17 participants qui ont tous montré des améliorations par rapport à tous les symptômes du TIG et de la DP.

J'espère pouvoir continuer ce travail et enseigner aux cliniciens autochtones comment utiliser ce nouveau modèle thérapeutique.

Mon parcours comme chercheuse en santé : Un moment de réflexion et de célébration

Nous pouvons tous être fiers de la contribution des chercheurs canadiens à la santé dans le monde!

Mme Aimée Dubeau
Hospital for Sick Children

Je suis ravie d'avoir l'occasion de réfléchir à mon parcours dans le domaine de la recherche en santé pour Canada 150.

J'ai entamé mon parcours de chercheuse en tant qu'étudiante dans le cadre du programme coopératif de l'Université de Waterloo, lorsque j'ai été affectée à Statistique Canada pour participer à l'Enquête sur les établissements de soins pour bénéficiaires internes. Ma deuxième affectation, à Ressources humaines et Développement des compétences Canada, m'a permis de travailler en recherche sur l'incapacité. Cela a stimulé mon intérêt pour la recherche clinique et pour les personnes et les expériences qui se cachent derrière les statistiques. J'ai travaillé pour le Toronto Rehabilitation Institute à une étude sur le rétablissement post-AVC, avant de passer un été amusant à Santé Canada à effectuer des recherches sur la pollution de l'environnement et de l'air dans la perspective des cyclistes. Lorsque j'ai reçu mon diplôme, je détenais des compétences variées en recherche et j'ai commencé à travailler comme adjointe de recherche dans le cadre de l'étude CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development), dont je suis maintenant coordonnatrice.

Mon histoire est un excellent exemple de la variété des recherches auxquelles le Canada participe.

Certaines choses ne se voient qu’avec le cœur

Participer à la recherche en santé mentale pour lever le voile sur la maladie mentale

Terry-Lee Marttinen
Sault Ste. Marie, Ontario

Je souffre d'un handicap invisible.

J'ai commencé à participer à la recherche en santé lorsqu'un membre de la famille a reçu un diagnostic de psychose au stade précoce, dans le cadre d'un programme de recherche psychiatrique ciblant les jeunes. J'ai pris part à des études axées sur les soignants, et j'ai siégé pendant plusieurs années au groupe de travail sur les politiques du Réseau ontarien d'intervention pour la psychose au stade précoce, au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

Ma participation à la recherche et à l'élaboration des politiques en santé m'a amenée à étudier les dimensions sociales de la schizophrénie, guidée par les nouvelles connaissances en génétique virale. J'ai participé à des études sur les perspectives des jeunes et des familles, à la recherche sociale et à la recherche sur le rétrovirus endogène humain (HERV-W) dans le but de créer un modèle d'interaction gènes-environnement pour la schizophrénie inflammatoire pendant la préparation de ma thèse de spécialisation à l'Université Algoma en 2012.

En 2014, une recherche interdisciplinaire sur l'histoire de la médecine à l'Oxford Brookes University (OBU) a permis de cerner une interaction entre la malnutrition – associée à la discrimination sexuelle et raciale – et le HERV-W et des virus communs ayant un rôle à jouer dans la modification du génome et la schizophrénie. J'espère retourner à l'OBU pour effectuer des recherches doctorales intersectorielles en génétique psychiatrique.

Nourrir l’esprit

Étude du rôle possible de la nutrition pour aider le cerveau à bien vieillir

Dre Nafisa M. Jadavji
Université Carleton

La déficience cognitive vasculaire (DCV) est la deuxième principale cause de démence, après la maladie d'Alzheimer. Les manifestations cliniques de la DCV sont variables, et il n'existe aucun traitement puisque la pathologie en cause demeure inconnue. Un des facteurs de risque de la DCV est la nutrition, et en particulier les niveaux élevés d'homocystéine, un acide aminé commun dans le sang. Les vitamines du groupe B, comme l'acide folique, peuvent réduire les niveaux d'homocystéine.

Mon programme de recherche est axé sur l'influence de la nutrition sur le cerveau. Nos résultats semblent indiquer que la vulnérabilité du cerveau à la DCV n'est pas causée par les niveaux élevés d'homocystéine, mais par une carence en acide folique. Au niveau intracellulaire, l'acide folique joue un rôle dans des fonctions essentielles à la survie des cellules.

Il est possible que la réduction des niveaux d'acide folique entraîne une modification des cellules du cerveau qui les rend plus vulnérables aux dommages. D'autres recherches seront nécessaires pour comprendre comment se servir de la nutrition pour aider le cerveau à bien vieillir.

Pour des politiques de santé sensibles aux enfants : Donner une voix aux enfants

Le projet TASK se met au travail : Guider les décisions sur les soins de santé aux enfants à l’aide des meilleures données probantes

Dre Wendy Ungar
Hospital for Sick Children

Pourquoi les coûts des services de santé continuent-ils de grimper? Comment peut-on continuer de se les payer? Sommes-nous en meilleure santé grâce à toutes les nouvelles technologies utilisées dans les soins aux patients? La Dre Wendy Ungar et son équipe se tournent vers la génomique pour trouver réponse à ce genre de questions dans le cadre du projet TASK (Technology Assessment at Sick Kids) qui examine la rentabilité des technologies, des traitements et des services destinés aux enfants.

Malgré l'importance d'évaluer la rentabilité des nouvelles technologies, la conception de méthodes et d'outils appropriés constitue un élément tout aussi important du mandat du projet TASK pour s'assurer que la recherche avec des enfants puisse bien se dérouler.

Avec des fonds des IRSC et d'autres sources, la Dre Ungar et son équipe veillent à ce que les décisions relatives au financement des soins aux enfants soient guidées par des données probantes de la plus haute qualité.

Nouvel espoir pour les jeunes aux prises avec la dépression

Un pionnier dans l’utilisation de la stimulation cérébrale pour combattre la dépression chez les jeunes

Dr Frank P. MacMaster
Université de Calgary

Chez les Canadiens âgés de 15 à 24 ans, une personne sur neuf souffre de dépression, le taux le plus élevé de tous les groupes d'âge. La dépression a des impacts négatifs à la maison, à l'école, avec les amis et la famille, et les séquelles peuvent durer des décennies. Malheureusement, les traitements de première ligne sont efficaces pour environ la moitié des jeunes seulement, ce qui signifie que beaucoup continuent de vivre avec la maladie et sont vulnérables au suicide – la deuxième cause de mortalité dans ce groupe d'âge.

La dépression menace leur existence même.

Notre laboratoire est un pionner dans l'utilisation de la stimulation cérébrale pour combattre la dépression chez les jeunes. Ce traitement offre un nouvel espoir à ceux qui souffrent de cette maladie. Notre travail a aussi contribué à propulser la campagne visant à faire de la stimulation cérébrale un service clinique en Alberta.

Un participant à l'étude nous a confié : « … la stimulation cérébrale m'a littéralement sauvé la vie, je n'ose pas imaginer ce que j'aurais pu faire si je n'avais pas eu la chance de participer ».

Le rôle de la recherche en santé dans le chemin vers la réconciliation

Nous sommes tous inspirés par la force et la résilience des peuples autochtones

Mme Kaela Anne Schill
Ki-Low-Na Friendship Society, Kelowna, C.-B.

Je travaille à mon projet de mémoire de maîtrise en sciences avec la Ki-Low-Na Friendship Society. Notre projet explore comment le bien-être psychologique est perçu et vécu par les Autochtones en milieu urbain de 55 ans et plus.

Au moyen de cercles de partage et d'entrevues, les participants nous amènent à comprendre leurs barrières au bien-être psychologique, y compris les politiques passées et présentes fondées sur le colonialisme, les disparités sociales, le traumatisme intergénérationnel, ainsi que le racisme individuel et systémique. Ils ont aussi souligné la force et la résilience de la communauté dans son combat pour parvenir au bien-être psychologique en dépit de ces barrières.

Canada 150 me donne l'occasion, en tant que chercheuse non autochtone travaillant avec une population autochtone, d'avoir une réflexion critique sur mon rôle en recherche et sur le rôle de la recherche dans le processus de réconciliation. Cela sert à préserver le souvenir et la conscience des actes d'oppression et de violence perpétrés contre les peuples autochtones au nom de la recherche, à utiliser le fruit de mon travail pour revendiquer la réparation de cette injustice historique, et à encourager d'autres chercheurs en santé et professionnels de la santé à faire de même.

Transformer la douleur d’un parent en action concrète

Une carrière consacrée à donner plus de temps aux parents d’enfants gravement malades

Dr Emilio Alarcon
Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

Pour la majeure partie de sa vie, mon fils a combattu des problèmes médicaux, y compris le cancer. En tant que parent, cette expérience m'a fait prendre conscience de l'urgent besoin de meilleurs appareils et technologies en clinique, et c'est pourquoi j'ai décidé de poursuivre une carrière universitaire au Canada, pour que d'autres puissent passer plus de temps avec leurs enfants comme j'ai pu le faire avec mon fils.

Mon équipe de recherche travaille actuellement à la fabrication de nouveaux matériaux pour traiter les plaies chroniquement infectées qui ne peuvent cicatriser, ce qui permettra d'améliorer la qualité de vie et de réduire le taux d'amputation des nombreux patients souffrant d'ulcères du pied diabétique. Nous travaillons aussi à mettre au point de nouvelles technologies pour la réparation fonctionnelle rapide de tissus endommagés, y compris la peau et les tissus cardiaque et cornéen. Mon équipe étudie également comment combiner les nanomatériaux avec des polymères naturels pour créer de nouveaux matériaux aux propriétés mieux adaptées à la médecine régénérative.

Nous avons toujours à l'esprit l'intérêt des patients et des familles, et nous visons constamment à doter le Canada de technologies pratiques et utilisables en clinique.

L’intervenant-pivot

Faciliter l’intégration des soins de première ligne et des services communautaires

Dre Simone Dahrouge
Université d’Ottawa et Institut de recherche Bruyère

Nous voulons comprendre comment les services de santé de première ligne peuvent être organisés pour améliorer la qualité et l'équité de la prestation des soins.

Notre projet actuel, Accès aux ressources communautaires (ARC), vise à rendre plus équitable l'accès aux ressources communautaires en santé et services sociaux pouvant aider les personnes à atteindre leurs objectifs en matière de santé. Ces services – comme la prévention des chutes, la cessation du tabagisme et l'autogestion de la santé pour les personnes souffrant de maladies chroniques – sont sous-utilisés, car ils sont difficiles d'accès pour beaucoup de gens. Les obstacles à leur accessibilité incluent la difficulté de s'orienter dans le système, le manque d'options en matière de transport, les barrières linguistiques ou d'autres limites découlant de la situation sociale des patients.

ARC travaille à introduire un « intervenant-pivot » dans les cabinets de médecine familiale pour faciliter l'intégration des soins de première ligne et des services communautaires. L'intervenant-pivot aidera les patients recommandés à ces services par leur médecin traitant à surmonter les problèmes d'accès et à contacter les ressources nécessaires. Il contribuera aussi à la coordination de l'information entre les deux secteurs.

Nous nous attendons à ce que l'intervenant-pivot contribue à réduire les besoins de santé non comblés.

Tout le monde souffre de la maltraitance des enfants

Pourquoi l’enfance ne devrait pas faire souffrir : Maltraiter un enfant peut avoir des conséquences durables

Dre Tracie O. Afifi
Université du Manitoba

La maltraitance des enfants est un important problème de santé publique associé à des carences physiques et psychologiques durant l’enfance et l’adolescence qui persistent la vie entière. Cependant, la prévention de la maltraitance des enfants demeure un défi de taille. L’efficacité des programmes de prévention existants est largement inconnue, et les programmes de prévention ciblant certains types de maltraitance ne sont pas bien développés.

La Dre Afifi travaille à recueillir et à analyser de nouvelles données pour mieux comprendre le problème de la maltraitance des enfants dans le contexte canadien et ses répercussions sur la santé et les services de santé. Sa recherche est axée sur l’identification des facteurs de protection associés à un risque réduit de maltraitance des enfants, et à une probabilité accrue de bonne santé à la suite de mauvais traitements durant l’enfance. Elle applique ces connaissances à la conception et à l’évaluation de nouvelles stratégies d’intervention fondées sur des données probantes pour déterminer l’efficacité des efforts de prévention de la maltraitance des enfants et de ses conséquences. La vision de la Dre Afifi consiste à prévenir la maltraitance des enfants pour ainsi modifier leur trajectoire de vie, améliorer leur santé et renforcer leur milieu familial.

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OASIS : Un système de surveillance de l’asthme de conception ontarienne aux grandes ambitions

Une bouffée d’air frais : OASIS étudie l’impact de la pollution de l’air et du climat sur la maladie

Dre Teresa To
Institut de recherche du Hospital for Sick Children, Université de Toronto

Mon équipe (en anglais seulement), basée au Hospital for Sick Children, a créé un registre des cas d’asthme dans la population appelé OASIS (Ontario Asthma Surveillance Information System). Établi en 2003, OASIS suit plus de deux millions d’Ontariens ayant reçu un diagnostic d’asthme par leur médecin, et estime que l’asthme touche un enfant sur quatre et qu’une personne sur trois développera la maladie au cours de sa vie.

Aujourd’hui, OASIS constitue un des prototypes les plus prometteurs pour la création d’un système national de surveillance de l’asthme, pouvant fournir des statistiques sur l’incidence, la prévalence, le taux de mortalité et l’utilisation des services de santé.

Notre équipe combine aussi plusieurs bases de données démographiques afin d’étudier l’impact de la pollution de l’air et du climat sur la progression de maladies comme l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique. Avec cette recherche, nous comptons identifier des régions géographiques et des populations à risque (p. ex. immigrants, groupes socioéconomiquement défavorisés) afin de concevoir des interventions communautaires ciblées visant à réduire la morbidité associée à l’asthme et à améliorer la santé et la qualité de vie des asthmatiques.

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Trois avec le bébé : Des chercheurs aident à stimuler la fertilité de couples ayant de la difficulté à procréer

Définir les stades du développement humain contribue au taux de succès des médecins travaillant en clinique de fertilité avec des couples impatients de devenir parents

Dr Andrew J. Watson
Université Western Ontario

Notre recherche est axée sur la définition des mécanismes régissant les tous premiers stades du développement humain, depuis la fertilisation et l’implantation de l’embryon dans l’utérus jusqu’au début de la grossesse. Nous avons recours à des modèles animaux et appliquons nos découvertes aux humains afin d’aider les médecins à utiliser des méthodes plus efficaces pour stimuler la fertilité des couples ayant de la difficulté à concevoir. La recherche a démontré que le tout début du cycle du développement humain joue un rôle majeur non seulement sur le succès de la fécondation, mais aussi sur la santé du fœtus, du nouveau-né et de l’enfant, et même sur la susceptibilité à des maladies plus tard dans la vie. Il est essentiel de s’assurer que les cliniques de fertilité appliquent des méthodes sécuritaires et efficaces de sorte que l’aide fournie aux couples ayant de la difficulté à procréer leur permette non seulement de fonder une famille, mais aussi de garantir que celle-ci jouira de la meilleure santé possible tout au long de la vie.

Quand votre cœur saute un battement

La fibrillation auriculaire constitue une des formes les plus communes d’arythmie cardiaque et une cause importante d’accident vasculaire cérébral

Dr William McIntyre
Université McMaster

La fibrillation auriculaire (FA) est la forme la plus répandue d’arythmie cardiaque de même qu’un important facteur de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) aux séquelles invalidantes. Chez de nombreux patients, la FA est intermittente, ce qui en complique la détection et le diagnostic. La FA est souvent détectée pour la première fois après une chirurgie. Lorsque cela se produit, il y a deux scénarios possibles : la FA peut être une réaction normale au stress qui disparaîtra une fois le patient rétabli, ou la FA peut signaler un risque d’AVC que le patient pourrait réduire avec des médicaments.

Notre groupe fournit des moniteurs de rythme cardiaque portables à des patients ayant souffert de brefs épisodes de FA après une chirurgie, et compare leurs résultats à ceux de patients n’ayant pas souffert de FA post-chirurgie. Notre objectif consiste à concevoir une stratégie pour déterminer quels patients souffrent vraiment de FA et pourraient avoir avantage à prendre des médicaments pour prévenir les AVC.

Changer soi-même le monde conformément à sa vision

Le cheminement personnel d’une chercheuse pour améliorer les résultats de santé des mères et des nouveau-nés

Dre Erna Snelgrove-Clarke
Université Dalhousie

C’est une volonté de changement qui m’a amenée vers la recherche en santé. Je veux soutenir une utilisation plus constante des données probantes pour améliorer les résultats de santé des mères et des nouveau-nés. Nous devons travailler de manière concertée, en utilisant les pratiques exemplaires pour concevoir une stratégie de changement. Nous pouvons créer un climat et un contexte favorables aux pratiques exemplaires lorsque nous accordons de la valeur à la santé, aux données scientifiques, à la perspective des patients et à l’expertise des cliniciens.

Malgré la disponibilité des données probantes, diverses pratiques sont appliquées de façon inconstante dans le système de santé. Les patientes constatent des différences entre fournisseurs au niveau de certaines pratiques comme la surveillance du rythme cardiaque du bébé durant l’accouchement, la gestion du deuxième stade de l’accouchement lorsque la mère est prête ou se prépare à expulser le bébé, et le soutien à l’allaitement.

Pourquoi les patientes constatent-elles ces différences? L’utilisation des meilleures données probantes est influencée par de nombreux facteurs : les données comme telles, les cliniciens, le contexte et la participation du patient à la prise de décision. La réunion de ces facteurs en vue d’une application plus constante des données probantes est un travail stimulant, excitant et essentiel pour améliorer les résultats de santé.

La santé des hommes : de l’ombre à la lumière

Créer des espaces sûrs et des programmes sensibles à la spécificité des sexes pour promouvoir la santé des hommes et de leurs familles

Dr John Oliffe
Université de la Colombie-Britannique

En 2003, le Dr John Oliffe a fondé le Programme de recherche en santé des hommes dans le but de faire ressortir les éléments positifs d'une masculinité multidimensionnelle et multiculturelle, comme la serviabilité, le leadership, l'empathie et la responsabilisation. Avec son équipe de recherche dévouée, à l'École de sciences infirmières de l'Université de la Colombie-Britannique, le programme s'est développé pour inclure une série d'interventions novatrices guidées par des données empiriques et a mis de l'avant des activités d'application des connaissances axées sur différents problèmes de santé des hommes. Cela comprend des interventions de promotion de la santé et de cybersanté ciblant la dépression et le suicide chez les hommes, le traitement du cancer de la prostate au niveau psychosocial, et la cessation du tabagisme.

En utilisant des approches axées sur les forces pour affirmer et exploiter les éléments positifs de la masculinité, le Programme de recherche en santé des hommes (en anglais seulement) offre des espaces sécuritaires et des programmes sensibles à la spécificité des sexes pour promouvoir la santé des hommes et de leurs familles.

Une carrière consacrée à l’étude du placenta : un élément clé du système de maintien des fonctions vitales du fœtus

Durant sa carrière de quatre décennies, le Dr Peeyush Lala a mis au jour « l’histoire fascinante du placenta »

Dr Peeyush K. Lala
Université Western Ontario

Ma recherche (en anglais seulement) au cours des quatre dernières décennies a mené au dévoilement de l'histoire fascinante du placenta, l'organe qui nourrit le fœtus en lui transmettant l'oxygène et les éléments nutritifs puisés à même le sang artériel de la mère. Cette recherche a contribué à élucider le double paradoxe « du placenta comme corps étranger dans l'utérus, qui demeure protégé contre les attaques immunitaires de la mère », et « du placenta comme structure hautement invasive semblable à une tumeur mais qui, contrairement à une tumeur, ne détruit pas l'utérus ».

Quarante années de recherche ont abouti à la découverte de mécanismes qui permettent le développement des cancers du placenta, d'une nouvelle immunothérapie contre certains cancers et d'un nouveau biomarqueur sanguin pour prédire la « prééclampsie », une grave maladie associée à la grossesse qui se déclenche dans le placenta.

Promouvoir des approches « pratiques » de prévention du cancer

Des chercheurs travaillent à faire passer la prévention du cancer de possibilité à réalité

Dre Carolyn Gotay
Université de la Colombie-Britannique

Le cancer constitue aujourd'hui une des plus grandes menaces pour la santé des Canadiens. Environ une personne sur deux au pays recevra un diagnostic de cancer au cours de sa vie, et plus de 80 000 Canadiens en mourront cette année. Nous savons qu'environ la moitié des cas de cancer pourraient être évités par des changements au mode de vie : cesser de fumer, maintenir un poids santé, faire de l'exercice régulièrement, mieux manger, boire avec modération (ou pas du tout) et dormir suffisamment. Notre recherche au Centre d'excellence en prévention du cancer a démontré que des stratégies diverses pouvaient influer positivement sur les risques de cancer : de « nouvelles technologies » intégrant des messages automatisés personnalisés; des approches « pratiques », comme des cours de cuisine pour les hommes atteints d'un cancer de la prostate et leurs conjointes; et une touche personnelle, comme un entraîneur individuel en sommeil. La plupart des cancers peuvent être évités, et notre recherche vise à transformer cette possibilité en réalité.

Protéger le corps et l’esprit contre le cancer par le yoga et la méditation

Améliorer le bien-être physique et affectif des cancéreux et des survivants du cancer

Dre Linda E. Carlson
Université de Calgary

J'ai commencé à travailler dans le domaine des interventions de soutien en cancérologie il y a 20 ans. En tant que psychologue clinique spécialisée en oncologie psychosociale, je désirais aider les gens à composer avec les symptômes et les effets secondaires débilitants – comme la fatigue, la douleur, l'insomnie, l'anxiété, le stress, la dépression et la crainte d'une rechute – qui persistent si souvent bien après le traitement d'un cancer.

Avec mon équipe, j'ai conçu un programme combinant yoga et méditation de pleine conscience, pour ensuite effectuer une série d'études à financement national visant à en démontrer les avantages pour les patients, dont l'amélioration du sommeil, de l'humeur et de la qualité de vie, la réduction du stress et même, des changements au niveau des hormones de stress, de la fonction immunitaire et de la structure de l'ADN. Nous avons été les premiers au monde à démontrer scientifiquement les bienfaits de la méditation dans le traitement du cancer et, depuis, des programmes offrant des services similaires voient le jour partout dans le monde.

« Mindfulness: A key for personal and collective evolution », une conférence TEDx avec Linda Carlson (en anglais seulement)

Libre d’être soi-même, inconditionnellement

Des chiens et des chevaux mis à contribution dans le rétablissement des personnes souffrant de dépendances

Dre Colleen Anne Dell
Université de la Saskatchewan

Notre équipe travaille avec des collaborateurs canins et chevaux thérapeutiques) afin de mieux comprendre le lien entre l’animal et l’humain et son impact sur le bien-être dans le contexte des dépendances. On connaît bien l’importance de créer des liens pour guérir d’une dépendance, mais cela peut être difficile pour des personnes ayant été jugées et stigmatisées en raison de leur maladie. Afin de surmonter cette réalité, notre équipe travaille avec des clients, des personnes traitées en établissement, des prisonniers et des usagers de cliniques de méthadone, de concert avec leurs animaux d’assistance.

Comme un client l'a simplement exprimé : « Je suis à l'aise avec le chien de thérapie, ce qui me permet d'être simplement moi-même ». Lorsque cette magie opère, cela offre une occasion incomparable d'établir un lien thérapeutique à l'intérieur d'un système de santé qui, bien que conçu pour aider, est aussi connu pour isoler. Notre équipe financée par les IRSC est honorée de pouvoir contribuer à ce champ de connaissance unique avec nos divers partenaires communautaires et universitaires.

Vous pouvez suivre nos aventures dans Facebook à Anna-Belle & Subie's Adventures.

La santé en termes simples pour favoriser l’autonomie des patients

Dre Holly Witteman
Université Laval

Notre groupe conçoit et met à l’essai des façons d’aider les gens à prendre des décisions pour leur santé en fonction des meilleures données médicales et des priorités des personnes concernées. Plusieurs facteurs peuvent rendre ce travail difficile : la complexité des statistiques, le fardeau émotif des décisions et la courte durée des consultations. Cela dit, les outils électroniques d’aide à la décision peuvent s’avérer utiles s’ils sont conviviaux, accessibles et bien conçus. Pour créer de tels outils, nous collaborons avec les patients, les médecins, le personnel infirmier et d’autres acteurs. Nous commençons par un processus itératif de conception et des tests d’utilisabilité en laboratoire, puis nous mesurons l’expérience des utilisateurs dans les cliniques et les domiciles, et l’utilité des outils par des essais contrôlés randomisés en ligne. Nous mettrons ces outils à la disposition des Canadiens par différents moyens, comme les portails d’accès aux dossiers médicaux électroniques des patients.

Le pouvoir protecteur du lait maternel

Dre Meghan Azad
Université du Manitoba

Mon laboratoire (en anglais seulement) étudie les déterminants en bas âge de la santé tout au long de la vie. Notre recherche porte actuellement sur le rôle de l’alimentation de la mère et de l’allaitement du nouveau-né dans l’apparition et la prévention des maladies chroniques. Nos résultats de l’étude CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development) montrent que l’allaitement au sein est en corrélation avec des risques réduits d’asthme et d’obésité au cours de la petite enfance. Pour comprendre cela, nous analysons le lait maternel afin de mesurer les nutriments, les facteurs immunitaires, les microbes et les hormones – et étudions leur effet sur le développement du microbiome du nouveau-né (l’ensemble des microorganismes vivant dans les intestins du nouveau-né). Cette recherche guidera de nouvelles stratégies de promotion de la santé et de prévention de la maladie, aidera à optimiser les directives nutritionnelles pour les mères et les bébés, et éclairera les politiques connexes pour favoriser la santé materno-infantile.

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Une mutation de l’ADN peut être à l’origine du cancer

Dr Mani Larijani
Université Memorial de Terre Neuve

Le Dr Larijani étudie les mécanismes qui causent la mutation de l'ADN de nos gènes. Dans un organisme sain, ces mécanismes modifient des gènes particuliers dans les cellules immunitaires pour accroître leur capacité de lutter contre les infections. Malheureusement, ils entraînent souvent la mutation de gènes environnants. La mutation des cellules cancéreuses qui se produit alors rend celles-ci plus agressives et résistantes au traitement, ce qui cause et exacerbe le cancer. Le travail du Dr Larijani vise plusieurs buts : premièrement, visualiser à quoi ressemblent ces processus de mutation de l'ADN à l'instant même où ils provoquent le cancer; deuxièmement, distinguer leur fonctionnement dans la cellule saine par rapport à la cellule cancéreuse; troisièmement, déterminer comment ils agissent sur la réponse immunitaire. Le laboratoire du Dr Larijani a récemment fait une découverte à l'origine d'un changement de paradigme qui a suscité l'attention internationale. Ses chercheurs y ont découvert que les mécanismes de mutation de l'ADN alternent constamment entre deux formes différentes : une version dangereuse qui cause le cancer, et une forme inactive, inoffensive. C'est sur cette base que le Dr Larijani s'emploie à concevoir un nouveau type de médicament contre le cancer et à améliorer la façon dont le système immunitaire reconnaît le cancer.

Une fenêtre sur les circuits cérébraux

Dr Kurt Haas
Université de la Colombie Britannique

Mon laboratoire au centre Djavad Mowafaghian pour la santé du cerveau à l'Université de la Colombie-Britannique a une approche très innovatrice de la science. Nous mettons au point des techniques pour contrôler l'expression des gènes dans des cellules cérébrales individuelles, et concevons et construisons des microscopes ultra rapides capables de capter l'activité dynamique en 3D et la croissance des neurones dans les cerveaux en développement d'animaux en état de veille. Nous utilisons ces techniques pour répondre à des questions fondamentales au sujet de la manière dont les circuits cérébraux fonctionnels se forment et encodent l'information, ainsi que pour comprendre comment ces processus déraillent pour causer la maladie. Je m'intéresse en particulier aux origines de l'autisme et de l'épilepsie. Pour l'autisme, mon laboratoire met en évidence des mutations génétiques sous-jacentes et détermine exactement de quelle manière elles modifient la structure et la fonction des circuits du cerveau. Nous nous attendons à ce que nos conclusions soient le point de départ d'efforts pour créer des produits thérapeutiques destinés à prévenir et à traiter ce trouble. 

Aider les jeunes cerveaux à se rétablir d’une commotion cérébrale

Dr Roger Zemek
Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO)

Les visites à l'hôpital d'enfants pour une commotion cérébrale ont quadruplé au cours de la dernière décennie. Bien que la plupart des enfants s'en rétablissent en quelques semaines, 30 % d'entre eux continuent d'éprouver des symptômes qui peuvent se répercuter sur leur qualité de vie. Le Dr Roger Zemek et son équipe de recherche à l'Hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario (CHEO) ont mené une étude dans les neuf services d'urgence du réseau Recherche en urgence pédiatrique du Canada (PERC) qui a porté sur plus de 3 000 enfants commotionnés. Nous pouvons maintenant mieux prédire quels enfants risquent plus de souffrir de symptômes post-commotion cérébrale persistants. Nous avons également appris que le risque de symptômes continus est moins grand chez les enfants qui reprennent l'activité physique plus tôt que chez ceux qui demeurent inactifs plus longtemps. Ces résultats ont été publiés dans le réputé Journal of the American Medical Association (JAMA) en 2016. L'équipe du Dr Zemek essaie maintenant de savoir quel est le meilleur moment pour recommencer l'activité physique – et le meilleur type d'exercice à pratiquer – pour favoriser le rétablissement après une commotion cérébrale. Au bout du compte, les résultats obtenus aideront les médecins à établir des plans de traitement personnalisés, reposant sur des données probantes, pour ce traumatisme cérébral commun. 

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Les conséquences tentaculaires de l’intimidation

Dre Tracy Vaillancourt
Université d’Ottawa

La violence détruit des personnes et des communautés, ainsi que des religions et des économies nationales. Elle crée des problèmes de santé physique et mentale, et se répercute sur la productivité. Le programme de recherche de la Dre Vaillancourt documente les causes, le cours développemental et les conséquences de la violence, en accordant une attention particulière à l'intimidation. Depuis trop longtemps, l'intimidation est considérée par beaucoup comme un fait normal de l'enfance. Toutefois, la recherche sur ses effets à long terme déboulonne ce mythe, et démontre que ses conséquences négatives sont durables et de grande portée. La Dre Vaillancourt examine actuellement l'incidence de l'intimidation sur la santé mentale en suivant une vaste cohorte de Canadiens, de l'enfance à l'âge adulte. Sa recherche montre que, dans beaucoup de cas, les problèmes à ce chapitre sont le résultat des mauvais traitements infligés par les pairs et non un facteur précipitant les mauvais traitements. Ces résultats mettent en évidence l'urgent besoin de prioriser la réduction de l'intimidation comme moyen d'améliorer la santé mentale.

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Pourquoi certains enfants sont asthmatiques, mais pas d’autres

Dr Stuart Turvey
Université de la Colombie Britannique

Les poumons, c'est pour la vie, même si l'on n'y pense pas toujours. Pourtant, même les nourrissons et les enfants peuvent souffrir de graves maladies pulmonaires comme l'asthme. Au Canada, environ une personne sur trois est asthmatique, souvent dès l'enfance. Il n'y a pas de remède pour l'asthme. Même quand elles se sentent bien, les personnes asthmatiques ont toujours la maladie, qui peut se manifester à n'importe quel moment. On ne sait pas clairement pourquoi seulement certaines personnes sont asthmatiques, mais il semble qu'une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques (héréditaires) soit en cause. Le Dr Stuart Turvey, en partenariat avec de nombreux cliniciens et chercheurs de partout au Canada, codirige l'étude CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development). Cette étude de cohorte de naissance nationale, à laquelle participent près de 3 500 jeunes enfants canadiens et leurs familles, explore de quelle façon la génétique et les expositions environnementales en bas âge influent sur l'apparition de l'asthme, d'allergies et d'autres maladies chroniques. Cette recherche nous permettra de créer de meilleurs outils pour prédire qui deviendra asthmatique, et de trouver de nouvelles façons de prévenir l'apparition de la maladie.

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Créer une molécule pour aider les personnes allergiques à mieux respirer

Dre Christine McCusker
Hôpital de Montréal pour enfants

Avec le début de la saison des pollens, 20 % des Canadiens se font rappeler qu'avec le printemps reviennent les allergies. Huit pour cent des gens ont des allergies alimentaires potentiellement mortelles, et 15 à 20 % de la population souffre d'asthme et a besoin de médication afin de pouvoir respirer librement. Pourtant, le traitement de ces maladies n'a pas changé beaucoup au cours des 20 dernières années, et nous n'avons pas de remède. Ma recherche porte sur la façon dont les allergies apparaissent, et la manière de modifier efficacement et sans danger la réponse immunitaire de notre organisme aux allergènes. Nous avons fait des progrès dans le développement d'une nouvelle molécule thérapeutique, STAT6-IP, qui bloque efficacement les symptômes d'asthme, comme le rétrécissement et l'enflure des voies aériennes, dans des modèles animaux. L'utilisation de STAT6-IP comme vaccin chez des animaux nous a également permis de prévenir le rhume des foins et l'asthme saisonnier causé par l'herbe à poux. Le traitement avec STAT6-IP de cellules sanguines de donneurs allergiques aux arachides paraît aussi prometteur pour les allergies alimentaires, la molécule semblant stopper l'activité des cellules allergiques et promouvoir des réponses non allergiques dans les cellules humaines. Ces travaux ont permis de réaliser d'importantes avancées dans la mise au point d'un traitement qui rendrait moins pénibles certaines maladies allergiques des plus débilitantes pour les humains et portent la promesse – une première – d'un « remède » contre les allergies asthmatiques, nasales et alimentaires.

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Prolonger la vie des personnes atteintes de fibrose kystique

Dre Christine Bear
Hospital for Sick Children (SickKids)

Notre laboratoire se concentre sur l'étude de la fibrose kystique. En collaboration avec des groupes en sciences cliniques et fondamentales dans tous les secteurs de SickKids et le Réseau de santé universitaire de Toronto, nous cherchons à mieux comprendre les mutations de CFTR (régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique, la protéine qui, servant de canal, permet le passage bilatéral du sel et de l'eau dans les organes, y compris les poumons) et le mécanisme d'action sous-tendant les produits thérapeutiques contre la fibrose kystique. Nous mettons actuellement au point des plateformes de médecine personnalisée pour la fibrose kystique. De la protéine CFTR isolée aux cultures dérivées de cellules souches, nos analyses permettent de pousser plus loin notre compréhension de la maladie au niveau moléculaire. Nous voulons aussi examiner des cibles thérapeutiques secondaires, comme des modificateurs pouvant agir sur la fibrose kystique. Ces outils nous rapprochent d'agents thérapeutiques personnalisés pour chaque patient, qui pourront un jour servir de traitements viables contre la fibrose kystique.

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#ItDoesn’tHaveToHurt

Dre Christine Chambers
Université Dalhousie

Tous les enfants ressentent de la douleur, et les parents ne savent pas en général comment ils peuvent les aider. Même si le Canada est un chef de file mondial de la recherche sur la douleur chez les enfants, nombre d'entre eux ne reçoivent pas les soins pour la douleur dont ils ont besoin. La Dre Christine Chambers et son équipe de recherche travaillent avec les parents pour améliorer la prise en charge de la douleur pour les enfants canadiens et leurs familles. Elles ont créé un partenariat science-médias novateur avec le site YummyMummyClub.ca (YMC) d'Erica Ehm, qui leur permet d'atteindre plus de 6 millions de parents canadiens par mois et de traiter avec eux de recherche sur la prise en charge de la douleur chez l'enfant dans le cadre d'une initiative sur les médias sociaux appelée #ItDoesntHaveToHurt. Tirant parti de l'expertise d'YMC dans la création de contenus numériques multiplateformes, intégrés et convaincants, et de son réseau d'influenceurs parentaux, #ItDoesntHaveToHurt s'adresse aux parents et les renseigne sur la douleur chez les enfants au moyen d'articles de blogue, de vidéos sur YouTube, de séances sur Twitter, de sondages sur Facebook et d'images sur Instagram. Au cours de la dernière année, des contenus de #ItDoesntHaveToHurt ont été vus plus de 130 millions de fois dans le monde et, à plusieurs occasions, sont devenus des sujets tendance sur les médias sociaux.

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